Manoeuvres
Les débranchements s'opèrent de la manière suivante :
S'il s'agit d'un train à débrancher directement dès son arrivée, sans manœuvre préalable de garage, un pointeur doit, dès que ce train est arrêté, relever sur un carnet spécial, en faisant usage dune feuille de papier chimique, pour en obtenir immédiatement un décalque, les numéros des wagons entrant dans la composition du train, qu'il inscrit dans l'ordre où ils se trouvent depuis la tête jusqu'à la queue; il s'assure, au moyen des feuilles de tonnage et des bordereaux de chargement, de la destination exacte des wagons, et une fois ce pointage opéré, il remet au chef de manœuvre le décalque de son relevé. Muni de ce relevé, le chef de manœuvre fait préparer les coupes en séparant les chaînes et en relevant sur les tampons celles dont la longueur serait de nature à occasionner des avaries aux aiguilles; il fait ensuite desserrer les tendeurs entre les wagons à décrocher; il inscrit a la craie en gros chiffres très apparents :
l'^ Sur l'un des tampons du premier wagon de la première rame, le numéro de la voie sur laquelle doit être reçue cette rame;
2^ Sur le dernier wagon de chaque rame, le numéro de la voie sur laquelle la rame suivante doit être dirigée.
Enfin, il fait conduire la manœuvre sur la voie de tiroir desservant le dos d'Ane.
S'il s'agit du débranchement d'une rame garée, le chef de manœuvre opère comme il vient d'être dit pour la préparation des coupes et pour les inscriptions à la craie à porter sur le premier wagon de la première rame et sur le dernier wagon de chaque rame. H fait ensuite conduire la manœuvre sur la voie de tiroir desservant le dos d'Ane.
Le chef de manœuvre indique à haute voix aux aiguilleurs et aux caleurs le nombre de wagons à caler et la voie qu'ils vont suivre. Ces indications sont données par lui sous la forme suivante : a Calez pour ( wagons) sur la voie n^ »
Dès qu'un aiguilleur ou un caleur s'aperçoit qu'un croisement n'est pas dégagé par la dernière rame arrêtée, ou que ce croisement risque d'être engagé par la réception de la rame suivante, il doit en avertir aussitôt le chef de manœuvre au moyen d'un porte-voix ou de coups saccadés de corne d'appel. Cet avis doit être transmis dans les mêmes conditions par tous les aiguilleurs ou caleurs qui se trouvent plus rapprochés du chef de manœuvre jusqu'à ce qu'il parvienne à ce dernier qui fait immédiatement suspendre tout nouvel envoi de wagons.
Les coups de corne d'appel donnés ou transmis par les aiguilleurs doivent être complétés par les signaux réglementaires d'arrêt faits au moyen d'un drapeau rouge ou d'une lanterne à feu rouge.
Dès que le chef de manœuvre s'a perçoit ou est prévenu par les caleurs ou par les aiguilleurs qu'un croisement est ou va être engagé, il doit présenter au décrocheur le signal d'arrêt réglementaire (drapeau ou lanterne à feu rouge) et appeler son attention au moyen de plusieurs coups saccades de corne d'appel. Le décrocheur doit immédiatement faire interrompre tout nouveau lancé. Si toutefois une rame de wagons était déjà abandonnée sur la descente au moment où l'avis de croisement engagé est donné, les aiguilleurs et caleurs devraient prendre d'office les mesures nécessaires pour arrêter cette rame; en pareil cas, il vaut mieux diriger la rame sur la voie occupée par les wagons qui engagent le croisement que de laisser se produire une prise en écharpe.
Une fois cette rame arrêtée, le chef de manœuvre la fait reprendre avec la machine et, après avoir pris les mesures utiles pour dégager le croisement obstrué, il procède à nouveau aux opérations de triage.
Dès qu*il s'aperçoit ou qu'il est avisé qu'une rame descend avec une vitesse assez faible pour faire craindre qu'elle soit rejointe par la rame suivante, il doit imposer au mécanicien un ralentissement exceptionnel.
D'ailleurs, si, en raison des circonstances locales, la descente des rames de wagons venant de la butte s'effectue dans des conditions de nature à faire craindre qu'elles se rejoignent trop fréquemment aux abords des croisements, le chef de manœuvre doit prescrire d'une façon générale le ralentissement des opérations de décrochage pour que les rames consécutives conservent l'espacement nécessaire.