CHAPITRE II
Des variétés de conformation , de l'anatomie chirurgicale des organes sexuels de la femme et des sympathies de la matrice.
Comme les organes génitaux externes de la femme ne présentent rien sous le rapport anatomique qui ne soit connu de tous les médecins, nous allons nous borner à signaler ici les variétés de conformation qu’ils peuvent offrir suivant l’àge, le climat, et la constitution, et nous indiquerons surtout les dispositions d’anatomie chirurgicale qu’il est important de connaître pour éclairer le diagnostic et pour simplifier certaines opérations.
Dans les régions méridionales, les organes sexuels delà femme sont en général situés un peu plus haut et plus en avant que dans les pays froids et humides; ainsi, les Écossaises, les Anglaises et les Hollandaises, ont presque toujours la vulve moins antérieure et la matrice plus basse que les Françaises du midi, les Espagnoles et les Italiennes. Ces dernières ont également les grandes lèvres plus arrondies et pourvues d’un tissu cellulaire plus abondant et plus élastique. Chez les jeunes filles, les grandes lèvres varient en ce sens qu’elles sont plus épaisses en haut qu en bas, mais elles présentent une disposition contraire chez
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les femmes qui ont eu des enfants. Dans le premier âge, ces deux replis sont moins rapprochés, quoiqu’ils soient alors proportionellement plus saillants et plus prononcés ; vers Page de la puberté, ils se touchent en fermant la fente vulvaire et offrent une densité plus ferme qu’à toute autre époque. Après le mariage et surtout après Faccouchement, les grandes lèvres deviennent molles et procidentes, et perdent bientôt leur forme primitive et leur régularité. La muqueuse tapissant leur face interne qui chez les vierges, est d’un rouge vif, prend avec l'àge une teinte brune et violacée qui est d’autant plus sensible que les femmes ont usé plus fréquemment du coït, et ont eu un plus grand nombre d’accouchements.
A la naissance, les petites lèvres dépassent en général le niveau des grandes lèvres, mais chez les jeunes vierges elles sont cachées par ces dernières pour devenir de nouveau très-saillantes chez les femmes qui ont eu des enfants; d’abord, fermes, érectiles et d une couleur rosée, elles se flétrissent, et comme la muqueuse des grandes lèvres, elles deviennent molles, brunes ou violacées, et présentent encore plus que ces dernières, une infinité de variétés qui diffèrent également selon les races et les climats. Ainsi, chez les femmes Turques et les Persanes, les nymphes sont naturellement beaucoup plus saillantes que dans nos régions européennes, et chez quelquesunes elles acquièrent un si grand développement
qu’elles gênent le coït et constituent une infirmité si dégoûtante, que dans certains cas on est obligé d’en faire l’excision. Then-Rhine , Tackcird , Sparman, Banclts , Péron, Lesueur et presque tous les naturalistes ont parlé d’un prolongement très considérable des petites lèvres, qui est connu sous le nom de tablier des Hollei dotes, et qui semble être une conformation naturelle à certaines peuplades africaines, appelées Bogismans. Le vaillant dit que cette hideuse conformation , que cette sorte de tablier cliarnu des Ilottentotes, n’est pas une prolongation des nymphes, mais bien des grandes lèvres qui, selon lui, peuvent présenter jusqu’à huit ou neuf pouces de longueur.
Les usages des petites lèvres sont peu connus ; les anciens leur avaient donné le nom de nymphes , par allusion à celles de la fable qui présidaieat à l’écoulement des eaux. La plupart des accoucheurs pensent que comme les grandes lèvres elles ont pour usage en se déplissant de favoriser l’ampliation de la vulve. Enfin, on a dit que, douées d’une grande sensibilité , elles contribuent à augmenter les jouissances vénériennes. Le savant académicien , M. Serres , suppose que pendant la copulation, les petites lèvres sont refoulées dans le vagin, et que leur extrémité qui s'insère sur le clitoris se trouve attirée en avant et en bas , de manière à appliquer cet organe sur le dos de la verge ; d'où il résul-
te -pour la femme des sensations beaucoup plus g vives.
Comme les autres parties des organes génitaux externes, le clitoris offre des variétés de développement qu'il est important de signaler. Cette sorte de tubercule d’une sensibilité exquise, qu’on a comparé à la luette, et qui ressemble en petit au pénis de l'homme,présente à la naissance des dimensions à proportion plus considérables qu’à toute autre époque de la vie. Bientôt il cesse de croître et n'offre le plus souvent à la puberté qu’une longueur de quatre à cinq lignes, quoique chez certaines femmes il parvienne quelquefois à un développement de un à six pouces, ce qui lui donne l’apparence d’un membre viril ordinaire. Cette disposition, qui a souvent fait naître des questions relatives à l'hermaphrodisme, se remarque chez des femmes qui ordinairement présentent des traits masculins et un caractère qui les portent à préférer les occupations et les travaux qui sont dévolus aux hommes. Les personnes qui présentent une semblable anomaliedu clitoris, ont en général les seins petits et presque atrophiés; chez elles, les systèmes pileux et musculaire sont au contraire bien développés ; leur lèvre supérieure et leur menton sont barbus, leur taille est élevée : enfin elles semblent n’appartenir à aucun sexe, et abusant presque toujours de leur conformation, elles aiment à se procurer des jouissances illicites avec d’autres femmes.
Si, comme on le croit généralement, la fréquence de la conception est en raison directe des jouissances éprouvées pendant l’approche sexuelle, il est important dans les opérations chirurgicales, de respecter le plus possible le clitoris et les nymphes qui, par leur sensibilité exquise, semblent être le principal siège de la volupté.
Sous le rapport de l’anatomie chirurgicale, le vestibule n’offre rien d’intéressant, si ce n’est qu’il est le point par lequel Celse et M. Lisfranc ont conseillé de pénétrer dans la vessie pour l’extraction de la pierre chez la femme.
Le canal de l’urètre présente plusieurs variétés anatomiques, surtout à son orifice externe. On a vu ce canal s’ouvrir dans le vagin, dans le rectum et même sur le mont de Vénus; chez quelques femmes dont la vulve est étroite, quoique ayant usé du coït, l’orifice de l’urètre est plus ou moins refoulé, derrière la symphyse pubienne.
Dans ce cas le cathétérisme serait presque impossible si au moyen du doigt indicateur porté dans le vagin en arrière et en haut, on avait la précaution de ramener le canal en avant pour en découvrir l’orifice vulvaire.
Le périnée chez la femme , c'est-à-dire l’espace qui sépare l’anus delà vulve est moins large qu’on no le croit généralement. Lorsqu'il semble présenter un diamètre antéro-postérieur, plus grand que de cou-