ANATOMIE CHIRURGICALE
Dans le plus grand nombre de cas, le col de la matrice n'est pas placé perpendiculairement au centre du vagin. Si on le trouve quelquefois incliné en avant, il l’est presque toujours en arrière , surtout chez les femmes qui usent fréquemment du coït, parce que pendant la copulation, il se trouve repoussé dans ce sens par le pénis. Sans cesser d’être à l'état normal , il est plus mou et plus volumineux quelques jours avant, et pendant l’écoulement menstruel: il présente alors à peu près le développement , la consistance et la sensation qu’on lui trouve après deux mois de grossesse.
Les recherches anatomiques que nous avons faites nous ont amené à conclure que la distance du péritoine à l’extrémité du museau de tanche 11'est réellement que de neuf lignes en avant, et seulement de sept à huit lignes en arrière, parce que de ce côté la membrane séreuse abdominale descend jusque dans le vagin pour former l'excavation recto-génitale. Ces mesures qui sont portées plus loin par quelques chirurgiens sont moins considérables que chez les femmes avancées en âge, parce que le corps et le col de la matrice sont pour ainsi dire atrophiés ; ce qui est , sans doute chez elles une des causes de l'oblitération du museau de tanche, qui a été signalée depuis longtemps par plusieurs auteurs, entre autres MM. Mayer de Bonn, Ùsfranc et Velpeau , et que nous regardons avec M. Breschet, comme une disposition physiologique.
DU COL DE l/uTERUS. 77
D’après M. Velpeau e t le docteur Civcitte deSiîleron , les mesures que nous venons de donner seraient encore moins considérables surtout en arrière. Ce dernier praticien affirme dans sa thèse que la partie antérieure et supérieure du col touche le bas-fond de la vessie et lui est adhérente par une couche de
tissu cellulaire assez lâche, qui correspond exactement au milieu d’une ligne partant de l’orifice d’un uretère à l’autre ; il ajoute qu’on se trouverait précisément dans cette couche de tissu cellulaire qui unit le bas-fond de la vessie au col de la matrice, si l'on faisait sur cet organe une section horizontale , à quatre lignes au-dessus de l’extrémité inférieure de la lèvre antérieure. Si au lieu de cette section on en faisait une autre à cinq lignes plus en avant , on dépasserait la couche de tissu cellulaire et on ouvrirait infailliblement le péritoine.
M. Limite dit encore qu’en pratiquant une incision même à cinq lignes, et faite, le tranchant du bistouri dirigé en haut et en avant , on blesserait la vessie ; surtout si elle était distendue par l’urine. En arrière il existe une plus grande distance de l’extrémité inférieure de la lèvre à la lin du col chirurgical , mais ici il n’y a pas un espace celluleux comme celui qui se remarque en avant, et une section même horizontale au-dessus des limites proposées par M. Mary , exposerait à la lésion du péritoine; ici le rectum est uni au col par l’intermède de la partie supérieure du
YRgin et par une ligne au plus du tissu cellulaire. La partie supérieure du vagin s’insère et se confond avec le col, antérieurement à quatre lignes au-dessus de l’extrémité inférieure de la lèvre , postérieurement à cinq lignes au-dessus de la même extrémité delà lèvre postérieure; les fibres longitudinales et ascendantes du vagin vont ainsi former la première couche musculeuse du col et se continuer avec les fibres longitudinales superficielles de la matrice.
Avant de terminer ce que nous avons cà dire sur le col de l’utérus, nous devons ajouter que la saillie qu’il fait dans le vagin n’est pas constamment égale à celle que nous avons indiquée ci - dessus , mais . qu’elle varie à l’infini. Ainsi les femmes phthisiques ont le col utérin extrêmement saillant, les jeunes filles de neuf à dix ans font de même que le clitoris , .. proportionnellement plus proéminent que les adul- li tes, chez lesquelles il perd souvent en longueur ce qu'il gagne en grosseur ; chez les personnes avancées eu âge , il disparaît au contraire presqu’entièrement, et Semble presque toujours être complètement atrophié.
VICES DE CONFORMATION PRIMITIFS OU ACCIDEN- TELS DES ORGANES SEXUELS DE LA FEMME.
Les organes sexuels de la..femme sont sujets à des I vices de conformation, qui consistent principalement dans leur absence , leur occlusion , leur étroitesse , leur adhérence , leur volume , leur rapport et leur
des organes sexuels de la femme. 79 forme. La plupart de ces lésions dépendent, soit d’un ! défaut, d’un arrêt ou d’une aberration de leur développement, soit d’une maladie antérieure ou postérieure à la naissance.
La science n’a pas d’exemples de l’absence complète et simultanée de tous les organes génitaux internes de la femme. Dans quelques cas rares, on n’a trouvé qu’un seul ovaire, qu’une trompe et qu’une moitié de la matrice. L’absence des ovaires a été quelquefois constatée , quoique toutes les autres parties des organes sexuels fussent dans l’état naturel.
Dans une autopsie faite avec soin , M. Jadelot n’a trouvé qu’un seul ovaire; plusieurs praticiens les ont vus réduits à un très petit volume, ce qui presque toujours avait entraîné la stérilité, parce que les vésicules de Graff n'avaient pu s’y développer. On a vu également les trompes contracter quelquefois des adhérences avec le péritoine , et se fermer dans quelques cas rares, du côté de l’ovaire , ou dans un autre point plus rapproché de l’utérus.
Tlieden , Lieulaud , Bousquet , Engel , le professeur Caillot , MM. Renauldln , Breschet et quelques autres ont rapporté des cas d’absence de la matrice, et ont trouvé que le col de ce viscère existait seul , et même qu’il était resté à l’état rudimentaire.
On a vu également l’utérus divisé en deux portions égales ou inégales , soit en totalité ou en partie à l’intérieur ou à 1 extérieur, soit en dedans et en dehors
So
VICES DE CONFORMAÏIOÎT
tout-à-la fois; dans ce cas il constitue ce qu’on appelle l’utérus bicorne , qu’on observe à l’état normal chez les quadrupèdes. Il peut être alors exactement divisé en deux oi'ganes isolés et s’ouvrant chacun dans un vagin séparé , ou bien il peut présenter un col unique , quoique le corps soit partagé en deux moitiés distinctes. Chez quelques sujets la forme extérieure de l’utérus n’est pas changée, mais sa cavité est séparée par une cloison médiane et verticale.
Ou a vu, très rarement à la vérité, l’organe utérin être si peu développé que ses fonctions se trouvaient tout-à-fait annulées, physiologiquement parlant. Le baron Portai parle dans son anatomie pathologique, de deux dames dont l’utérus était aussi petit que celui des jeunes filles de neuf ou dix ans, quoiqu’elles fussent l’une et l’autre* d’un embonpoint ordinaire; chez elles le mont de Vénus n’était pas velu, et les autres parties externes delà génération n’avaient pas plus de développement que dans l'enfance. M. Renauldin a parlé également d’une femme dont la matrice était remplacée par un simple cordon du volume d’une plume à écrire, et M. Pauly cite l’observation d’une jeune personne de seize ans non réglée, et sujette depuis l’àge de neuf ans à des attaques d’hystérie, chez laquelle il dit avoir trouvé un utérus de la grosseur d une roisette , et dont le col n’avait pas trois lignes de diamètre.
Si dans le plus grand nombre des cas, les orifices
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de la matrice bilobées s’ouvrent dans le vagin simple ou double, il arrive quelquefois, comme l’ont constaté J~alisnieri , Scwiarcl et Duverney , que l’un d’eux , va se rendre dans le rectum , tandis que l’autre conserve sa position normale. Du reste, soit que le museau de tanche se trouve simple ou double , soit qu’il dépende d’un utérus bicorne ou normal , on l’a vu asaez souvent s’ouvrir dans le rectum , dans la vessie ou l’urètre et même au-dessus du pubis.
La matrice est encore, su jette à d'autres anomalies; ainsi on a trouvé souvent son col et son corps oblitérés en tout ou en partie, soit par un vice primitif d’organisation, soit accidentellement. Bichal , Lallement , Leroux , de Dijon, Buisson, Gardien, M. Lisfranc et d’autres auteurs, ont constaté comme nous l’avons fait nous-mêmes , que le col utérin pouvait acquérir une longueur et un volume considérables, et que quelquefois, au contraire, il était si petit qu'il semblait être remplacé par un petit tubercule. Sa position peut également offrir des variations et être dérangée par des adhérences contre nature, qui fixent l’une de ses faces ou l’un de ses côtés trop près de la marge du bassin.
Les vices de conformation du vagin sont aussi
fréquents cjue ceux de la matrice; son absence a été
constatée soit dans sa totalité, soit dans la moitié de
sa longueur naturelle. Son orifice vulvaire est quel-