‹ Traite complet des maladies des femmes (volume 2)Chapitre 39 sur 102 · APPLICATION DU SPECULUM. I I I · texte numérisé non relu

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saillir dans le spéculum, nous avons inventé une espèce de levier plein et concave , au moyen duquel on ramène en avant le museau de tanche dévié. Cet instrument qu’on applique beaucoup plus facilement que la cuillière fenétrée de madame B oivin , qui est trop large , porte également à son autre extrémité une pince à coulant destinée à maintenir une éponge, un pinceau de charpie ou un tampon de linge, pour déterger le museau de tanche, ou pour le cautériser, selon l’indication.

Arrivé au fond du vagin, afin d’augmenter la saillie de l’utérus, on dira à la malade de faire des efforts comme pour aller à la garde-robe ; lorsque le col utérin sera bien à découvert, on devra nettoyer avec une petite éponge ou des bourdonnets de charpie fixée sur la pince de notre levier ou sur notre érigne à quatre branches, on devra, disons-nous nettoyer toutes les mucosités qui ont été chassées devant le museau de tanche que l’on pourra examiner parfaitement, au moyen d’une bougie ailumée et placée entre l’orifice du vagin et un miroir métallique concave et poli que nous avons appelé hystéroscope et que nous avons inventé pour donner une grande clarté au fond du spéculum. Les rayons de la bougie qui se portent sur le miroir, étant réfléchis par celui-ci, forment en convergeant, un cône lumineux dont le sommet se trouve sur le col de la matrice et la base sur le miroir même ; on est sûr par ce moyen

d’explorer parfaitement l’organe malade et de découvrir certaines altérations qu’il eûl été impossible de voir sans ce réflecteur.

Nous devons encore ajouter ici qu’il n’est pas indifférent de se servir d’un spéculum de tel métal plutôt que de tel autre. Ceux qui sont en argent, en étain ou en acier poli , sont préférables. Il faut surtout éviter qu’il soient de deux métaux comme ceux que l'on fait en plaqué, parce que nous avons remarqué que lorsqu’il en était ainsi, leur application devenait plus douloureuse , attendu que le contact des deux métaux, et les mucosités acides du vagin faisaient développer des phénomènes voltaïques qui réagissent assez fortement sur l’utérus.

Quel que soit d’ailleurs le spéculum que l'on emploie, il faut procéder à son application selon les règles que nous venons d’indiquer, et avoir soin de tourner en haut le manche de l’instrument parce qu’étant placé en bas on risquerait de se trouver embarrassé par cette tige qui pourrait aller arc-bouter contre le lit et gêner ainsi l’introduction dans le le vagin.

Quoique l’utilité du spéculum utérin soit incontestable dans un grand nombre de cas, il y a, comme pour le toucher, des circonstances qui doivent faire différer et même rejeter tout-à-fait son application. Ainsi les inflammations vives du vagin , l’étroitesse de ce canal chez les vieilles femmes et chez

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les jeunes filles non déflorées, les brides membraneuses , la présence de l'hymen et toutes les circonstances qui font différer le toucher, doivent également faire rejeter l’emploi du spéculum , jusqu’à ce qu’on ait pu remédier à toutes les contrindications par des soins ou des opérations préparatoires.

L’application de cet instrument doit être tout-àfait prohibée dans les cas d’ulcérations profondes du col et du vagin, ce qui exposerait à des déchirures vaginales et à des hémorrhagies graves ; son application est également inutile et même dangereuse , lorsqu’au moyen du toucher , on a constaté l’existence de larges végétations carcinomateuses ou d’un champignon volumineux siégeant sur le col utérin ; enfin nous ajouterons encore qu’avant de procéder à toute espèce d’examen des organes génitaux internes , on fera vider le rectum au moyen d’un lavement, pour éviter que les obstacles qui pourraient s’opposer à l’entrée de l’instrument explorateur, n’occasionnent aussi quelque méprise dans le toucher.

Quoique l’application du spéculum exige toujours, du moins pour les femmes honnêtes, un grand sacrifice à leur pudeur, cette considération ne devra jamais arrêter le praticien lorsqu’il soupçonnera l’existence d’une lésion grave ou susceptible de le devenir. On devra donc insister auprès des malades, et tâcher de les décider à un examen pour lequel elles éprouvent toujours tant de répugnance.

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C’est, alors qu’il est surtout important d inspirer la plus grande confiance et d’employer la douceur et le ménagement capables de diminuer l’embarras moral et les douleurs physiques, qui sont les conséquences ordinaires de ces sortes d’explorations.

Nous ne terminerons pas ce chapitre sans dire que parmi les moyens explorateurs de la matrice , on compte encore l’emploi du stéthoscope que Fodèré , M. Major , et surtout M. de Kergaradec ont proposé pour reconnaître les battements du cœur du fœtus , et distinguer ainsi la grossesse de diverses affections qui déterminent un plus ou moins grand développement de l’organe gestateur, telles que l’hydropisie et la tympanite interne, etc. Cet instrument, que nous avons rendu plus commode et plus portatif , en le faisant confectionner avec des tubes rentrant les uns dans les autres, comme ceux d’une lunette d’approche , doit être appliqué entre le bord antérieur du bassin et le niveau de l’ombilic, d’autant plus haut que la gestation est plus avancée et après avoir eu la précaution de faire coucher la femme.

Le bruit du cœur du fœtus qui donne de 100 à 140 ou 1 50 pulsations par minute, tandis que celui du cœur de la femme n-en fournit que 60 à 75, est un signe certain de 'la grossesse et de la vie du fœtus, de même que la force des battements indique en général la vigueur et la santé de ce dernier. Si les pulsations fœtales bien manifestement perçues, coin-

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ridaient avec un très petit développement de l’utérus , on acquerrait ainsi la preuve d'une grossesse extra-utérine. Cependant l’absence des battements du cœur du fœtus, comme celle de ses mouvements actifs et passifs , ne sont pas des preuves concluantes de la vie de ce dernier , et même de l’existence de l’état de gestation. Comme l’emploi du stéthoscope est, dans ce cas, un moyen d’exploration plus obstétrical que médico-chirurgical proprement parlant, nous croyons pouvoir nous dispenser de nous étendre davantage sur ce sujet, en ajoutant cependant que le métroscope proposé par M. Nauche pour entendre les bruits et percevoir les mouvements qui se manifestent dans le vagin et la matrice, est selon nous, un moyen moins fidèle que le stéthoscope ordinaire.

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