‹ Traite complet des maladies des femmes (volume 2)Chapitre 38 sur 102 · APPLICATION DU SPECULUM. IO · texte numérisé non relu

APPLICATION DU SPECULUM. IO

madame Boivin, WM. Lis franc, TVeis, Dey-ber , Ricque,Guilion,Berlze,Jobert, Thomson, Ricord, et surtout M. Charrière , habile coutelier de Paris, qui en a imaginé plusieurs dont nous aurons occasion de parler dans cet ouvrage et dont nous donnons ainsi que de tous les autres, la description et les dessins dans notre dictionnaire historique et iconographique des instruments et de toutes les opérations chirurgicales.

Dans notre Mémoire sur l’amputation du col de la matrice publié en 1828, nous avons donné la description et le dessin d’un spéculum à six et à huit branches que nous avions inventé en 1 827 et que nous représentons encore dans cet ouvrage. Cet instrument, qui a la forme d’un cône dont la base est au manche quand il est fermé, et à l’autre bout quand il est ouvert, a l’avantage d’être introduit sous un petit volume et de se dilater seulement vers la matrice en écartant fortement près du col utérin, les parois du vagin, de manière à pouvoir agir facilement dans cette cavité, lorsqu’on veut pratiquer quelque opération. Pour employer ce spéculum, on doit d’abord l’armer de son embout de forme ovoïde. Cet embout qui est d’acier poli comme le spéculum dont il complète le cône, reçoit dans sa concavité les branches de ce dernier instrument, ce qui facilite son entrée et évite les douleurs que pourraient causer les inégalités du sommet du cône formé par le rap. proehement des branches.

Lorsque le spéculum a franchi la vulve et qu’il est déjà assez avancé dans le vagin, on le débarrasse de son embout que l’on pousse un peu en avant au

moyen de sa tige et que l’on retire au dehors après

avoir légèrement écarté l’ex» rémité utérine des branches, de manière à le laisser passer facilement. La dilatation de cet instrument a lieu en tournant les vis qui rapprochent l’anneau de la base immobile du cône qui est formé parle spéculum non dilaté. L’embout retiré de l’intérieur du vagin, on termine l’introduction du spéculum dont on écarte un peu les branches à mesure qu’il pénétre.

Le spéculum que nous avons imaginé est surtout extrêmement commode pour pratiquer l’excision du col de la matrice, parce que, dans tous les diamètres, il donne une grande dilatation seulement vers le col , ce qui facilite de beaucoup l’opération par les procédés que nous feronsconnaître.G’estàtortque M. le professeur Velpeau lui a reproché d’avoir l’inconvénient de pincer la muqueuse vaginale ; car il est confectionné dè manière que cet accident ne peut avoir lieu dans aucun cas.

Quand il s'agit d’une simple exploration, nous remplaçons notre spéculum par celui de M. le professeur Rêcamier, qui consiste dans un tube conoïde d’étain ou d’argent auquel nous avons ajouté un manche à charnière, d’un ponce de longueur et se repliant sur le corps de l’instrument. Le spéculum ainsi modifié estextré-

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mement commode et portatif; il joint à une grande simplicité l’avantage d être appliqué facilement et de laisser mieux voir que tous les autres en réfléchissant sur le col les rayons lumineux. D’ailleurs, n’avant point de solution de continuité, la membrane muqueuse du vagin ne peut pas masquer, comme le prétendent quelques chirurgiens, l’orifice de la matrice en faisant une saillie plus ou moins grande dans l’écartement des branches des autres spéculum composés de plusieurs pièces. Cet inconvénient, qui n'existe pas, puisque le vagin est tendu lorsque le spéculum est en place disparaîtrait facilement en faisant exécuter à l’instrument explorateur, quelques petits mouvements de rotation, tantôt dans un sens, tantôt dans l’autre.

Quel que soit d’ailleurs le spéculum qu’on veuille employer, voici les règles que l’on doit suivre pour procéder convenablement à son application.

La malade doit être couchée sur le dos et placée en travers sur le bord de son lit, de manière à avoir les deux pieds posés sur deux chaises; les membres abdominaux doivent être fortement écartés et le bassin, un peu plus élevé que la tête, sera fixé de telle sorte qu il puisse rester immobile et dépasser de quelques pouces le bord du matelas.

Tout étant disposé comme nous venons de l'indiquer, le chirurgien procédera à l’introduction du spéculum qu’il aura eu soin de chauffer un peu et

d’oindre d'huile ou de mucilage pour rendre plus facile son entrée et diminuer les douleurs que son introduction peut causer j alors après avoir écarté les grandes et les petites lèvres avec le pouce et le doigt indicateur de la main gauche, il présentera avec la main droite l’instrument ainsi préparé à l’orifice du vagin, comme s’il voulait former avec l'axe de ce canal un angle obtus rentrant en arrière ; faisant alors de légers efforts et de petits mouvements de rotation, le spéculum, qu'on appuiera un peu sur la paroi inférieure du vagin, parviendra facilement jusqu’au museau de tanche eu chassant devant lui la membrane muqueuse, formant souvent un bourrelet circulaire qui ressemble assez au col de la matrice. 11 faut prendre garde* de s’y méprendre et avoir soin d’enfoncer doucement le spéculum de manière à ne pas heurter les parties malades que l’on veut examiner.

Lorsqu’on aura aperçu le col de la matrice, on devra faire en sorte de ne pas le déprimer en arrière parce que le corps de ce viscère se trouverait par cela même dans une espèce d’antéversion qui empêcherait d explorer le museau de tanche, malgré tous les efforts que l’on ferait ; on parviendrait d’autant moins facilement à bien voir, que l'on enfoncerait davantage le spéculum qui a été souvent rejeté et regardé comme un instrument inutile, par des chirurgiens qui ne savaient pas s’en servir.

Pour redresser le col utérin qu’on ne pourrait faire

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