I 1 6 CAUSES GÉNÉRALES
pénible et sont destinées à remplir les fonctions les pins nombreuses et surtout les plus prolongées.
Une foule de circonstances qui s’écartent plus ou moins du but de la nature, telles que le célibat, la continence , l’abut du coït , les spasmes érotiques trop souvent provoqués, la stérilité, les accouchements laborieux, les avortements, la privation de l’alaitement, etc., sont chez les femmes les causes les plus ordinaires de la grande fréquence des affections des organes génitaux. Si dans les classes élevées de la société, et surtout dans les grandes villes, la plupart des maladies sont plus communes que dans les campagnes et chez les femmes de la classe du peuple, c’est que celles-ci se trouvent moins sous l’influence de toutes les causes perturbatrices qui se pressent et se renouvellent sans cesse autour des femmes qui vivent dans l’opulence.
La matrice étant l’organe vers lequel viennent le plus fortement retentir toutes les impressions physiques et morales, on doit encore compter parmi les causes de la plus grande fréquence des affections utérines dans les grandes villes, surtout à Paris, l’insalubrité de .l’air, les écarts hygiéniques, les veilles prolongées , les lotions cosmétiques froides et astringentes faites à la vulve pendant ou après les règles, l’emploi des chaufferettes, l’abondance de mets excitants , l’usage immodéré des glaces et des sorbets , celui du café au lait , les troubles et les
UES MALADIES DES FEMMES. I I y
grandes commotions politiques , les manœuvres secrétes , les jouissances illicites, les émotions délirantes et souvent répétées qui résultent des représentations théâtrales et des lectures passionnées, la jalousie, l’amour contrarié, les pertes de fortunes, les chagrins domestiques, les joies fortement senties, les emportements fréquents, en un mot toutes les passions vives et les grandes secousses morales (1).
On comprend facilement que toutes ces causes doivent plus fortement faire sentir leur pernicieuse influence chez les femmes des villes et principalement chez celles des classes élevées, parce qu’étant en général plus nerveuses, plus impressionnables et surtout douées d une plus grande vivacité d’imagination, elles sont par cela même plus promptes à s’alarmer pour leur famille et quelquefois pour les malheurs d’autrui. Les conséquences de leur position sociale et les modifications qui résultent de leurs habitudes, font que la sensibilité et la délicatesse de leur cœur
(1) On trouvera des exemples aussi nombreux que frap«pants, de l’influence des causes morales sur le développement d’une foule de maladies chez les femmes , dans l’ouvrage auquel notre savant confrère et ami, le docteur Descurct, a consacré plus de quinze années de recherches et de travail. Ce traité aussi important qu’élégamment et clairement écrit , doit paraître incessamment sous le titre de : La médecine des passions ou essai sur les passions considérées dans leurs rapports avec les maladies , les lois et la religion