I I 8 CAUSES GÉNÉRALES
deviennent pour elles des causes fréquentes de peines etde souffrances.
Chez les femmes de la campagne et dans les classes du peuple, les affections des organes sexuels dépendent le plus souvent de causes tout à fait opposées ; ainsi on doit surtout ranger parmi celles-ci, le séjour dans des pays marécageux, une habitation humide et obscure, les exercices violents, les coups, les chutes sur le siège, les variations atmosphériques, le refroidissement des extrémités , l’usage continuel d’aliments grossiers et de boissons alcooliques, l’action de s’asseoir ou de se coucher sur l’herbe, sur la terre, sur un banc de pierre, l’immersion dans l’eau froide, des pieds ou des mains, les emménagogues pris avec des intentions criminelles, les manœuvres faites par des mains ignorantes pendant l’accouchement, l’occupation continuelle à des travaux sédentaires dans des caves ou dans des ateliers bas et humides, les efforts à soulever un fardeau ou pour porter long-temps des objets destinés à être vendus à la ville, enfin la colère, le libertinage, l’ivrognerie, la malpropreté et une foule d’autres causes physiques et morales qu’il serait trop long de rappeler.
L’âge critique est aussi une source fréquente des affections des organes sexuels chez la femme, parce que la cessation de l’écoulement menstruel , déterminant vers le bassin une congestion, donne lieu à des hémorrhagies utérines, et à des altérations orga-
DES MALADIES DES FEMMES. I iy
niques qui le plus souvent deviennent fort graves, lorsqu’elles sont abandonnées à elles-mêmes. C’est surtout à cette période de la vie des femmes que l’on peut dire avec Horace :
Mulia ferunt anni venientes commoda secum,
Multa recedentes adimunt.
Les premiers effets des maladies de l’utérus, sont de réagir promptement sur le physique et sur le moral des femmes ; elles deviennent tristes, mélancoliques, inquièteset susceptibles; elles ont des pressentiments sinistres. Celles qui vivent dans l’opulence s éloignent du monde ou se précipitent dans le tourbillon des grandes réunions et des fêtes, comme pour s’étourdir sur un mal qu’elles redoutent sans en connaître la nature et que par un sentiment de pudeur non raisonné, elles laissent quelquefois tellement s’aggraver, que malheureusement il n’est que trop souvent au dessus des ressources de l’art. Celles surtout qui sont atteintes d’une affection cancéreuse du col de l’utérus voient bientôt disparaître leur fraîcheur et leur beauté, et la maladie qui s’accroît tous les jours avec leurs souffrances les ridé et les flétrit ,
Comme un fruit dont le cœur est ronge par un ver.
D’après cet exposé succinct des causes générales des maladies des femmes , on doit comprendre combien il faut de prudence et de sagacité pour gouverner