UNION DES GRANDES LÈVRES. I UQ
cupe la partie inférieure de la vulve, il y a toujours un écoulement de l’urine dans le vagin, qui par son accumulation peut produire des ravages, tels que l’ulcération des parois de ce canal , des fistules du rectum et du périnée , et une foule d’autres accidents.
Schultzius (1 ) rapporte qu’une petite fille de quatre ans ne rendait ses urines, depuis sa naissance, que goutte à goutte et avec des difficultés et des douleurs extrêmes. Les parents de cette enfant croyant qu’elle avait une pierre dans la vessie, consultèrent un chirurgien qui reconnut l’union presque complète des grandes lèvres, et qui fit cesser leur adhérence et rétablit le cours facile de l’urine, au moyen d’une incision faite avec un bistouri à lame convexe.
L’union complète ou partielle des grandes lèvres n’est pas toujours congéniale; elle peut dépendre de certaines maladies accidentelles : ainsi elle est quelquefois causée par une vive inflammation de la vulve, survenue spontanément ou à la suite d’un accouchement laborieux (2) , d’une brûlu-
(1) Schultzius, miscel. car. germ.obs. 5, decemb. 1, annoSlO.
(2) Marcellus Donatus, de Medica, histor. mirab, lib. 6, cap. 2. Riolan le père , art. bene medendi , sect. 4 , tract. 2, cap. 1 . Félix Plater, Observ., lib. 1, p. 258. Gaspard Baubin, Teatr. anatom., lib. i, cap. 59, et de Ilcrmaphrodilis, lib. 1, cap. 38. Fabrice de Hilden, Observât, centur., lib. 6 , obs. 67. Riolan
s le fils, Enchirid. anatom ., lib. Il, cap. 57, et Anlropograph. fib. 2 , cap. 55, p. 197. Thomas Bartholin , Ilistor. anatom .,
l5ü LÉSIONS DE FORME ET DE DÉVELOPPEMENT.
re (1), d’une affection vénérienne (2), d’une blessure ou d’une déchirure (3). Elle peut être également décent. 11, histor. 5i. Rudolpli, Jacob, Camerarius , Mise. nov. curios. gernian. , centur. 9 et 10, obs. 73. J. Conrad Beckerus, de inculpatci , § 18 et suiv. Roonhuysen. Observ. chirurg. Observ. 2, page 125. Heisler, Instituliones chirurg. Tom. II. page 952.
(1) G. de Sorbait , Ephern. Curios. natur. de cttr. 1 , ann. 3, observ. 275, et Chambon qui, dans son Traité des maladies des femmes , chap. 37. page 299 , rapporte , d’après cet auteur , qu’une jeune fille de huit ans qui se chauffait avec un pot de terre rempli de charbons embrasés, et recouvert de cendres , fit un mouvement qui renversa son vase, de manière qu’il en résulta une brûlure de la vulve et de la partie inférieure du vagin. Comme on apporta peu d’attention aux suites de cet accident, les deux bords internes des grandes lèvres se réunirent en se cicatrisant, et il ne resta au milieu de la vulve qu’un petit trou, par lequel les règles s’écoulèrent régulièrement à chaque époque. Plus tard , cette jeune fille se livra aux caresses d’un jeune homme qu’elle aimait , et devint enceinte malgré l’étroit diamètre de son orifice vulvaire. On incisa d’abord les adhérences depuisl’ouverturepar laquelle les règles s’écoulaient ordinairement, jusqu’au dessous de l’orifice de l’urèlre; mais la dilatation n’étant pas suffisante pour le passage du fœtus , l’incision fut prolongée, et l’accouchement se termina heureusement.
(2) Anton. Beniveni , de abditis nonnullis morb. et san.causis, cap. 31 , et la Lancette Française , Gazette des Hôpitaux, n. 51, t. VII. Mars 1833.
(3) L’illustre Dupuytren a rapporté, dans ses Leçons orales, qu’une jeune fille, séduite et devenue mère, fut accouchée avec précipitation et violence ; il en résulta une profonde déchirure au périnée, et une vive inflammation à la vulve. Le savant professeur ayant été appelé, pratiqua trois points de suture ; deux ans s’étaient écoulés sans qu’il entendît parler de celte jeune personne, lorsqu’elle se présenta à lui pour le prier de ne pas