‹ Traite complet des maladies des femmes (volume 2)Chapitre 61 sur 102 · ÉTROITESSE OU VAGIN · texte numérisé non relu

ÉTROITESSE OU VAGIN

tation au moyen d’une forte canule , ou d’une tente quelconque. On devra , avant l'opération , acquérir la certitude que l’occlusion n’est due qu’à la présence d’une membrane, en introduisant une sonde dans la petite ouverture qui se trouve sur un des points de l’obstacle, au-dessus duquel le bout de l’instrument devra se mouvoir avec liberté, si effectivement la femme présente le genre d’occlusion incomplète que nous venons de signaler avant d’avoir fait vider la vessie à l’aide du cathétérisme et le rectum au moyen d’un lavement, parce que les matières solides ou liquides qui pourraient se trouver dans ces cavités , les rendraient plus saillantes et par conséquent plus accessibles à l’instrument tranchant.

DE L ÉTROITESSE CONGÉNIALE DU VAGUV.

L’étroitesse du vagin est un vice congénial, tandis que le rétrécissement et l’oblitération de ce canal dépendent de plusieurs causes accidentelles que nous signalerons bientôt.

Dans certains cas, on a vu le diamètre du conduit vaginal ne pas excéder cinq à six lignes ; ce vice originel de conformation, comme ceux dont nous avons déjà parlé, s’oppose à l’accomplissement des actes auxquels il est destiné par la nature. Si pour triompher de l’obstacle dans les rapprochements sexuels, on exerce des efforts brusques et réitérés, il

l66 LÉSIONS DE FORME ET DE DEVELOPPEMENT.

en résulte une inflammation considérable et un froissement qui peut déterminer un écoulement et tous les accidents de la strangurie, ce qui a fait croire que ces désordres étaient déterminés par une affection yénérienne. Lorsque, dans ces circonstances, on aura dissipé l'inflammation par l’application des topiques émollients et les autres moyens antiphlogistiques, tels que la saignée, l’application des sangsues, les bains, les narcotiques, les antispasmodiques, les boissons délayantes et tempérantes, il faudra chercher à dilater les parois vaginales, au moyen de corps dilatants et susceptibles de se gonfler ; par exemple, des morceaux d’éponges préparées, des racines de gentianes enduites de cérat, de grosses sondes et de pessaires cylindriques de caoutchout, dont on augmentera progressivement le diamètre, jusqu’à ce que le canal vulvo-utérin ait acquis des dimensions normales.

Pour remplir le même but, Hippocrate conseillait d’avoir recours à un tube d’étain. Sans suivre le conseil du père de la médecine, nous pensons qu'on pourrait employer avec avantage une sorte de dilatateur cylindrique et composé de trois ou quatre valves réunies par des charnières que l’on ferait se mouvoir et s’écarter plus ou moins, au moyen d’une vis disposée comme celle du spéculum brisé que nous avons inventé, et dont nous donnons un dessin à la fin de cet ouvrage.

BTBOITES&E DU VAGIN. 167

Gomme l’étroitesse du vagin peut n’occuper qu'une partie de ce canal, on devra, avant tout, s’assurer de son siège et de son étendue, au moyen d’une sonde qu’on cherchera à faire basculer en tous sens. Lorsque l'instrument explorateur se trouvera gêné après son introduction, et surtout lorsqu’il lui sera impossible de faire dévier son extrémité, on aura acquis la certitude que le rapprochement des parois occupe toute la longueur du canal ; mais au contraire, si les mouvements de bascule sont possibles supérieurement, on aura à faire une étroitesse bornée à quelques lignes.

Dans le cas de manque de développement des parois vaginales, les surfaces internes sont comme racornies, et semblent fibreuses et très peu dilatables. Pour faciliter leur ampliation, nous ajoutons à l’emploi des corps dilatants , celui des injections huileuses, mucilagineuses, des bains locaux, des fumigations et surtout l’usage fréquent des suppositoires de beurre de cacao introduits dans le vagin.

Les moyens que nous venons d'indiquer agissent presque toujours d’une manière efficace , et n’offrent jamais les dangers qui seraient les conséquences inévitables d’une dilatatiop obtenue par tout autre méthode. D’ailleurs, si, en agissant de la sorte, les succès ne sont pas toujours durables, on a l’avantage de pouvoir y revenir sans nul inconvénient et sans compromettre la vie des malades.

l68 LESIONS DE FORME ET DE DEVELOPPEMENT.

L’étroitesse congéniale du vagin ne s’oppose pas toujours à la conception, qui peut avoir lieu quelquefois sans intromission du pénis. Les exemples que nous avons déjà cités, page 130, et ceux que possède la science, sont trop nombreux pour qu’on puisse élever le moindre doute à cet égard. <c On trouve même, dit B oyer dans les Mémoires de l'Académie des sciences , année 1 771 , une observation d’étroitesse du vagin, qui disparut dans la grossesse, sans aucun secours de l’art. Une femme mariée à l’âge de 16 ans, avait le vagin si étroit qu’un tuyau de plume d’oie ne pouvait y entrer ; il n’était fermé par aucune membrane. A chaque époque menstruelle, on sentait dans la région de l’utérus une lésion douloureuse, due sans doute à la difficulté avec laquelle le sang traversait le vagin, qui, au sentiment du chirurgien qui la traitait, semblait être plus étroit du côté de la matrice que vers la vulve. Indépendamment des souffrances qu’elle éprouvait pendant l’écoulement des règles, cette femme était tourmentée par un mari jeune et vigoureux, qui espérait toujours se faire un passage, et qui ne réusissait pas. Enfin au bout de onze ans elle devint grosse sans que le mari cependant fût plus avancé que le premier jour. Son Chirurgien était persuadé qu’elle ne pourrait pas accoucher par les voies naturelles. Néanmoins, le cinquième mois, le vagin commença à se dilater, et continua toujours depuis; de sorte qu’il prit à la fin une

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