‹ Traite complet des maladies des femmes (volume 2)Chapitre 84 sur 102 · EXTIRPATION DE LA MATRICE DEPLACEE · texte numérisé non relu

EXTIRPATION DE LA MATRICE DEPLACEE

de l'organe. Ce procédé, employé par MM. Récamier et Marjolin , sur une femme dont l’utérus fortement abaissé , était le siège d’un fongus cancéreux, a été suivi d’un succès incomplet; car la malade a succombé deux mois après l’opération.

Le professeur Delpech (1), dont la chirurgie et l’humanité déplorent la perte récente , a pratiqué la même opération sur une femme de soixante-six ans , en procédant de la manière suivante : après avoir fait placer la malade comme pour l’opération de la taille , il divisa d’abord avec soin toute la paroi antérieure du vagin attaquée par le cancer, puis après avoir séparé avec précaution la partie antérieure du rectum qui se trouvait également engagée, il enleva la tumeur complètement isolée, fit la ligature des artères divisées, et remplit le vide laissé entre les parois vaginales qui restèrent , avec une éponge fine destinée à tenir les parties refoulées.

Le procédé de M. Langenbeck diffère de ceux que nous venons d’indiquer , en ce sens que cet habile chirurgien croit utile de disséquer minutieusement de l’extérieur à l’intérieur, la totalité du péritoine utérin , de sorte que cette membrane séreuse se trouve intacte après l’enlèvement de la matrice. Cette opération pratiquée par M. Langenbeck sur une femme affectée d’un prolapsus incomplet avec dégénérescence squirrheuse, fut couronnée du plus

(1) Mémorial des hôpitaux du midi, tom. II, page 612.

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heureux succès , car la malade s’est parfaitement rétablie. L’ablation de l’utérus exécutée par ce dernier procédé , est si longue et si difficile , que nous ne pensons pas que M. Langenbeck trouve des imitateurs, d’autant plus que l’utilité de la dissection de tout le péritoine utérin ne nous parait pas encore démontrée.

La séparation de la matrice au moyen d’une ligature, cause des douleurs très vives et expose en outre à comprendre dans le lien, soit l’urètre comme l’a vu Ruysch, soit un anse d’intestin et même la vessie. Pour produire moins de douleur et rendre en même temps la section plus prompte, Faivre, et après lui M. TVindsor ont traversé le pédicule avec un double ruban destiné à en étrangler séparément les deux moitiés. Si malgré les inconvénients que nous venons de signaler , on voulait avoir recours à l’une de ces manières d’opérer par étranglement, nous pensons qu’il serait plus avantageux d’exciser aussitôt toute la masse qui se trouve au-dessous delà ligature simple ou double que d’attendre que la séparation fût produite seulement par la constriction des liens. Pour éviter autant que possible de blesser les intestins ou la vessie, il faudrait imprimer quelques secousses au bassin qui devrait être placé de manière à se trouver plus élevé que les autres parties du corps. Néanmoins, lorsque l’ablation de l’utérus déplacé sera la seule planche de salut qui puisse laisser

ANTEVERSION ET RETROVERSION DE LA MATRICE. 267

quelque espoir de sauver la malade, on devra , pour opérer la séparation de l’organe , préférer l’instrument tranchant à la ligature , parce que par l’excision , l’opération est moins douloureuse , plus prompte, et offre en outre une plus forte proportion de succès que par l’étranglement.

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