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sion qu’exerce la matrice sur l’estomac et au refoulement de ce viscère dans l’œsopliage. Cette opinion n’est pas admissible, surtout dans les premiers mois; car souvent les nausées et les vomissements se manifestent immédiatement après la fécondation, et deviennent en général de moins en moins fréquents à mesure que la matrice augmente de volume et s’élève dans l'abdomen. Par les mêmes motifs, ces symptômes primitifs de la grossesse ne peuvent pas mieux être attribués à la pléthore, comme le supposaient BoerhaaveeiSmélie; ils sont alors évidemment dus à l’action sympathique de l’organe gestateur sur l’estomac. Du reste, cette influence est encore démontrée par les dérangements des fonctions digestives, lorsque la matrice est le siège d’une affection quelconque.
Les vomissements et les nausées cessent le plus ordinairement après le troisième ou le quatrième mois ; cependant il arrive, dans certains cas, qu’ils se prolongent jusqu’au moment de l’accouchement, et que, dans quelques autres, ils cessent d’abord au temps ordinaire, pour se manifester de nouveau dans les derniers mois, ce qui paraît dépendre alors de la pression que la matrice exerce sur l’estomac.
Ces accidents sympathiques varient aussi beau* coup sous le rapport de leur fréquence et des heures du jour où ils se manifestent. Le plus ordinairement, les vomissements ont lieu le matin, et alors ils cousis-
1 190 LÉSIONS RELATIVES A LA REPRODUCTION, tent seulement dans l’excrétion d’un liquide visqueux. Souvent aussi ils ont lieu pendant toute la journée, et surtout immédiatement après les repas. Les aliments solides et liquides sont rejetés, et il est des femmes qui conservent à peine quelques cuillerées d’eau sucrée , de bouillon ou de café au lait, de même que chez certaines malades les vomissements sont calmés par l’ingestion des aliments dans l’estomac.
Dans certains cas, lorsque les vomissements sont très pénibles et très fréquents, ils peuvent déterminer l’avortement, surtout s’il existe une prédisposition. S’il n’en résulte pas toujours un accident fâcheux, les fortes secousses qu’ils provoquent et la diminution des aliments dontils sont la conséquence produisent nécessairement la maigreur et l'affaiblissement de la malade.
Dans quelques cas les vomissements semblent liés à un embarras gastrique caractérisé par l’amertume de la salive, la couleur jaune de la langue, les vomituritions bilieuses. Il est très important de distinguer les vomissements qui tiennent à cette cause de ceux qui dépendent d’une influence sympathique de l’utérus sur l’estomac. En général le diagnostic est facile, lorsqu’il n’existe aucun doute sur l’existence de la grossesse.
Quoique les vomissements soient chez quelques femmes très pénibles, le pronostic en est en général
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peu fâcheux ; nous avons vu souvent la grossesse parcourir heureusement toutes ses phases, quoiqu’elle ait été accompagnée pendant tout son cours de vomissements déterminant des spasmes généraux très violents et des douleurs atroces dans la région épigastrique.
Le traitement des vomissements varie selon leur intensité, leur fréquence, et la nature des causes sous l’influence desquelles ils se produisent.
En général, lorsqu’ils sont sympathiques, on conseille un régime doux, et surtout composé d’aliments que la malade digère le mieux ; chez beaucoup de femmes, les plus indigestes et les moins convenables en apparence sont les seuls que leur estomac supporte : il vaut donc mieux leur laisser faire usage
d’une mauvaise nourriture que de n’en pas prendre du tout.
Quelques femmes se sont, également bien trouvées de l’usage, après le repas, d’un petit verre de vin de Madère ou de Frontignan, ou même d’un peu d’eau de vie, de kirch ou de rhum purs ou coupés avec de l’eau. On a obtenu quelquefois aussi de bons effets de la potion de Rivière, de l’eau de Seltz, delà racine de Colombo, de quelques gouttes de laudanum ou d’éther, de l’eau distillée de menthe, du sirop de diacode, de deux ou trois pastilles d’ipécacuanha, enfin de l’extrait de quinquina ou de sulfate
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de quinine, surtout si les vomissements et les douleurs épigastriques sont accompagnés d’un léger mouvement fébrile et semblent revêtir un caractère de régularité. Quelques praticiens ont conseillé encore, dans des cas de vomissements opiniâtres, l’application, après chaque repas, d’une grande ventouse sur la région de l'estomac -, on a également mis en usage l’application d’un emplâtre de thériaque ou d’un cataplasme arrosé de laudanum de Sydenham. Enfin, dans deux cas de vomissements purement nerveux, M. Imbert de Lyon a guéri promptement les malades par l’application d’un emplâtre de moutarde sur les dernières vertèbres dorsales.
Nous avons obtenu plusieurs fois le même résultat au moyen de frictions sur la région épigastrique avec de la pommade stibiée d’Autenrieth.
Lorsque le vomissement coïncide avec un état saburral et un embarras gastrique, on a recours à l’emploi de quelques légers purgatifs, tel que l’eau de Sedlitz, à la dose de un à trois verres, la manne, l’huile de ricin, la casse, le tamarin, la rhubarbe, infusés à la dose de deux grammes, et même à un vomitif. On joindra à ces moyens un régime approprié ou la diète, l’usage des boissons acidulés et gommeuses, la limonade, le sirop de groseilles, les bains, les lavements et les cataplasmes émollients.
Si le vomissement coïncidait avec un état de pic-
DU PTYALTSME.
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thore, surtout si les femmes, avant leur grossesse, étaient abondamment réglées, on aurait recours alors à la saignée au bras et à l’application de sangsues à l’épigastre, principalement lorsque cette région est douloureuse et offre des signes d’inflammation. On pourrait faire en même temps usage des délayants, et plus tard des antispasmodiques. Nous devons dire, du reste, qu’il est des femmes chez qui la grossesse n’est accompagnée ni de nausées ni de vomissements, et qui n’éprouvent aucun des phénomènes sympathiques que nous avons encore à faire connaître.
nU PTYALISME.
Le ptyalisme, qui chez beaucoup de femmes constitue un des premiers signes de la grossesse, est caractérisé par une sécrétion surabondante des glandes salivaires, beaucoup plus incommode que dangereuse. Cette exubérance de salivation se manifeste le plus souvent dans les premiers jours de la conception, cesse ordinairement vers le quatrième mois; mais dans certains cas se prolonge jusqu’à la fin de la gestation, ou même ne survient que quelque temps avant l’accouchement.
Le ptyalisme, qui n’est en quelque sorte qu’un symptôme précurseur, et le premier degré des nausées et du vomissement, parait dépendre, comme
1194 LÉSIONS RELATIVES A LA REPRODUCTION, eux, du surcroît de vitalité de la matrice pendant la grossesse, et des rapports sympathiques qui existent entre l’organe gestateur et les glandes salivaires.
Lorsque la salivation est peu abondante, on l’abandonne à la nature ; mais s’il est quelquefois dangereux d’arrêter subitement cette sécrétion, surtout lorsqu’elle est excessive, il est sage de la modérer lorsqu’il en résulte l’affaiblissement des malades et un dérangement dans les digestions. Il suffit le plus souvent, pour atteindre ce but, de tenir le ventre libre par des boissons délayantes et laxatives, par l’eau magnésienne , par des lavements et par un régime substantiel et de facile digestion.
On peut conseiller aussi l’usage de pastilles souffrées, de gargarismes opiacés, de potions avec de l’eau distillée de mélisse, de menthe, de cannelle, prises par cuillerées dans la journée. Si ces moyens ne réussissent pas, on pourra recourir à l’emploi de la saignée, et même à l’application de sangsues à l’angle des mâchoires.
DE L’ODONTALGIE.
L’odontalgiedes femmes enceintes peut dépendre de causes différentes, qui exigent un traitement paru ticulier.
Le plus souvent cette affection est une névralgie
de l’odontalgie. ngÔ
dentaire qui s’annonce par des douleurs plus ou moins violentes, fixées le plus ordinairement sur la mâchoire inférieure. Dans ce cas, toutes les dents de l’un ou des deux côtés de la mâchoire sont douloureuses, tandis que, lorsque l’odontalgie dépend de la carie, la douleur est fixée sur la dent malade. Quelquefois la névralgie dentaire est si aiguë, qu’elle s’irradie w toute la face et parcourt le trajet des nerfs de la septième paire. Il est bon de dire aussi que, dans les odontalgies de cette nature, il n’existe ni gonflement ni aucune trace d’altération dans les parties, ni chaleur, ni pulsations, comme cela arrive lorsque la douleur dentaire dépend d’un état inflammatoire.
Pour combattre cette affection névralgique, on prescrit les pilules de Méglin à la dose de quatre à six par jour, le sous-carbonate de fer uni à la rhubarbe, les lotions émollientes et opiacées, enfin les cataplasmes de même nature. On joint à ces moyens l’application d’un emplâtre d’extrait d’opium sur le trajet de la branche nerveuse, et celle d’un petit vésicatoire anglais derrière l’oreille, du côté malade; dans quelques cas, l’application de quatre à cinq sangsues sur les gencives ne peut qu’être fort avantageuse, et aider l’efficacité des autres moyens. Lorsque les douleurs névralgiques sont intermittentes, ce qui arrive souvent, on prescrit le sulfate de quinine unis à l’o-
Il(j6 lésions rel\tivrs a la rfpkoduction. pium ; enfin si tous ces moyens échouaient, on pourrait essayer le suivant, conseillé par Guillerneau.
R. blancs d’œuf n° 2.
Poivre commun en poudre. 60 grammes.
Battez fortement et étendez cette préparation sur de l’étoupe qui doitêtreappliquée sur la joue du côté malade.
Si l’odontalgie dépend de l’état inflammatoire des gencives , la malade éprouve de la chaleur, des pulsations sur le point affecté ; il se forme quelquefois un abcès dans l’alvéole, qui se fait jour autour de la dent et détermine des douleurs et un gonflement qui 6’étend souvent jusqu’à l’œil et l’oreille du même côté. La douleur, qui dans ce cas est entretenue par la pléthore, cède ordinairement à l’emploi de la saignée du bras et à l’application de sangsues sur les gencives. Il est utile de joindre à ces moyens l’usage des bains de pieds, des lavements, des boissons délayant tes, la diète, enfin l’attention de faire tenir la tête chaudement et de diriger vers la bouche des vapeurs émollientes.
Lorsque l’odontalgie dépend de la carie d’une dent, il faut la faire arracher promptement, à moins que la femme ne soit irritable au point de faire craindre l’avortement; dans ce cas on joindrait à l’emploi des antispasmodiques internes et externes l’application d’un vésicatoire derrière l’oreille, du côté souffrant. Si les douleurs dentaires étaient causées par