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DELA PYROSIS, DE LA DYSPHAGIE ET DES AIGREURS

La pyrosis est une affection qui consiste dans un sentiment de chaleur brûlante dans [l’estomac avec éructation d’un liquide âcre qui produit dans tout le

trajet qu’il parcourt et jusque dans la bouche une sensation d’ardeur très pénible.

Les causes de cette affection sont presque toujours inappréciables; cependant elle survient le plus ordinairement chez les personnes qui usent d’aliments gras et de difficile digestion, de fritures, de salaisons, de fromage vieux, de liqueurs alcooliques. Chez les femmes enceintes, ce phénomène survient le plus souvent dans les premiers mois de la grossesse, sans qu’on puisse lui attribuer une autre cause que l’influence sympathique de l’utérus sur l’estomac.

La pyrosis essentielle ou symptomatique de la grossesse est en général une maladie dont le pronostic n’est pas grave ; car lorsqu’elle survient dans les premiers temps de la conception, elle cesse vers le quatrième mois, ou bien lorsqu’elle arrive dans les derniers temps de la grossesse, elle se termine à l’époque de l’accouchement.

Le traitement de la pyrosis des femmes enceintes consiste le plus souvent dans l’administration de la magnésie, de l’eau de chaux combinée avec celle des antispasmodiques et des opiacés donnés dans les paroxismes, tels que l’extrait de valériane, le sirop d'éther, et surtout l’opium. On joint à ces moyens la diète lactée et végétale et les boissons adoucissantes et mucilagineuses. Quelquefois on se trouve bien de l’emploi des préparations martiales, entre autres, le sous-

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carbonate de fer et les eaux ferrugineuses. On a obtenu encore de bons résultats de l’usage interne de la noix vomique en poudre, à la dose de un à trois grains, deux fois par jour. Enfin, lorsque la maladie se reproduit par accès, on combat ces derniers avec avantage, an moyen du sulfate de quinine combiné avec un peu d’opium.

La dysphagie ou difficulté d’avaler, caractérisée par une contraction spasmodique de l’œsophage et la sensation d’un corps arrêté dans le gosier, est souvent un phénomène résultant de l’influence sympathique de la matrice pendant la grossesse. Quoique, dans ce cas, ce symptôme nerveux soit ordinairement passager et sans importance, il exige cependant quelquefois un traitement qui consiste dans l’emploi des antispasmodiques, et dans quelques frictions sur les régions latérales et antérieures du cou, avec du baume de Fioraventi ou du baume tranquille. Nous nous sommes bien trouvé de la pommade suivante :

% Extrait de belladone. . 3 grammes,

idem de datura stramonium 1 gramme.

Cérat 30 grammes.

Essence de citron gUe xii.

pour frictions soir et matin, sur le cou.

Nous avons aussi fait cesser la dysphagie, en donnant à la malade un peu de kirch, de rhum ou d’anisettede Bordeaux coupés avec de l’eau.

Les aigreurs constituent une indisposition des plus

1206 lésions relatives a la reproduction.

communes chez les femmes enceintes, surtout chez les blondes et celles d’un tempérament lymphatique. Souvent elles sont un symptôme de la dyspepsie, mais dans le plus grand nombre des cas, elles résultent d’une aberration du goût, puisque les malades trouvent acides tous leurs aliments, ou bien, ce qui arrive le plus souvent encore, elles sont produites par des acides qui existent réellement dans l’estomac*

Cette sensation acide, qui est plus incommode que dangereuse , et qui cesse en général vers le quatrième mois, coïncide ordinairement avec la pâleur de la face, la chaleur sur la région de l’estomac et dans le trajet de l’œsophage, et avec des rapports et même des vomissements ou des éructations accompagnés de matières aigres.

Pour combattre cette affection on conseille les toniques, surtout le quinquina, la gentiane, la rhubarbe j on prescrit aussi, afin de neutraliser directement les acides de l’estomac, les substances alcalines, la magnésie, les sous-carbonates de soude et de potasse, les pastillés de Vichy, et surtout une ou deux cuillerées d’eau de chaux dans une demi tasse de lait, prise deux ou trois fois par jour. On joint à ces moyens un régime tonique, des viandes rôties, des potages au gras, un exercice modéré et l’habitation à la campagne, ou au moins dans un air sec et tempéré.

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