‹ Traite complet des maladies des femmes (volume 3)Chapitre 45 sur 86 · DE LA GASTRALGIE · texte numérisé non relu

DE LA GASTRALGIE

La gasiralgie à laquelle les femmes enceintes sont sujettes est, comme toutes les autres gastralgies, caractérisée par une douleur aiguë, un sentiment de tiraillement et de déchirement à l’épigastre. Cette espèce de cardialgie, désignée vulgairement sous le nom de coliques ou de crampes nerveuses d' estomac, peut dans certains cas, se dissiper tout-à-coup et ne plus se reproduire 5 lorsqu’elle n’est que passagère , les fonctions n’en éprouvent aucune altération notable ; mais lorsqu’elle se prolonge avec toute sa violence, la malade, qui est de plus en plus oppressée, est obligée de s’asseoir, de tenir son corps penché et de se courber en avant en se comprimant l’épigastre. Ce qui fait distinguer les douleurs nerveuses de l’estomac, de celles qui résultent de l’inflammation de cet organe, c’est que dans la gastralgie, il y a toujours absence de fièvre, la langue présente sa couleur naturelle, les douleurs qui laissent entr’elles des paroxismes et des intervalles de repos, n’augmentent pas et sont quelquefois soulagées par la pression. Le contraire a lieu dans la gastrite qui détermine des douleurs moins atroces, mais toujours plus continues.

Nous avons vu les accès de gastralgie se manifester chez quelques femmes, aussitôt qu’elles avaient l'estomac vide, tandis que les douleurs cessaient dé*

qu’elles avaient avalé quelque substance solide ou liquide. Chez quelques autres au contraire les accidents se reproduisaient aussitôt après le repas, ou à la suite de la plus légère impression de froidaux bras, aux épaules et surtout aux pieds.

Le traitement de cette affection qui diffère peu de celui des précédents, présente deux indications fondamentales : la première consiste à agir pendant les accès, de manière à en diminuer la force et la durée, et la seconde à en prévenir autant que possible le retour.

Pour traiter les paroxismes, il faut appliquer sur la région épigastrique un large cataplasme de farine de graines de lin, aussi chaud que la malade peut le ' supporter; on fera bien de saupoudrer ce cataplasme avec un peu de farine de moutarde , mais on devra dans ce cas le laisser moins long-temps. Il est bon de prescrire aussi quelques cuillerées à bouche d’une potion antispasmodique; nous nous sommes toujours bien trouvé de la suivante :

% Eau distillée de fleurs d’oranger Idem de tilleul

jde chaque 60 grammes.

Sirop d’éther

Idem de valériane .

Idem, de diacode. .

de chaque 30 grammes.

16 grammes.

à prendre par cuillerées à café tous les quarts d’heure.

Pour prévenir le retour des accès, il est bon de prescrire l’usage des bains, des lavements, des bois-

df. l’entfralgie. 1209

sons délayantes , des applications chaudes sur l’épigastre, ou bien des frictions sur cette région avec de la pommade stibiée ; on donne aussi avec avantage, les infusions de tilleul, de fleurs d’oranger, de camomille, édulcorées avec un peu de sirop de diacode ou du sirop d’éther. On a également conseillé le sousnitrate et l’oxyde blanc de bismuth, à la dose de quatre à six grains, administrés en deux ou trois fois par jour, dans une cuillerée d’eau sucrée ou de sirop; nous avons toujours conseillé avec plus d’avantage, l’extrait de valériane et le sous-carbonate de fer pris sous la forme pilulaire. Nous avons aussi quelquefois obtenu de bons résultats, en prescrivant la glace à l’intérieur ou bien un peu d’élixir de Garus, surtout pour diminuer ou faire cesser les accès. Enfin on doit joindre à l’emploi de ces moyens un régime composé d’aliments de facile digestion, et l’usage du thé après le repas, et des eaux gazeuses de Setlz ou de St-Alban, prises en mangeant et coupées avec du vin.

DE L’ENTÉRALGIE.

Il est une autre névralgie à laquelle les femmes enceintes sont sujettes-, c’est celle qu’on désigne sous le nom d' entéralgie ou coliques nerveuses : le plus souvent cette affection, qui résulte d’un état spasmodique et sympathique de la grossesse, se manifeste

dans les premiers temps de la conception , par des douleurs intermittentes, qui changent de place, sans être jamais accompagnées de mouvement fébrile, quelle que soit d’ailleurs leur intensité, et qui ne sont pas augmentées par la pression sur les parois abdominales.

Ces espèces de coliques, qui peuvent aussi être déterminées par l’impression du froid, réclament à peu près le même traitement que la gastralgie, c’est-à-dire qu’on leur oppose les bains, les cataplasmes, les fomentations, les lavements émollients et opiacés, ainsi que quelques infusions de tilleul, de camomille, de thé, édulcorées avec du sirop d’éther et de diac.ode. Barthez, , conseillait dans ce cas un bol composé de camphre, de nitrate de potasse et d’assafétida. S’il se joignait à ces symptômes des flatuosités intestinales, on pourrait y remédier, par des frictions de baume tranquille ou par des cataplasmes chauds sur le ventre et arrosés d’huile dejusquiame et de camomille. Enfin, l’on aurait recours à la saignée, s’il y avait quelques symptômes de pléthore ou d’inflammation.

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