DE LA DYSPNÉE. I
de la matrice qui refoule supérieurement le diaphragme et rétrécit par conséquent la capacité de la poitrine. Cette difficulté de respirer se remarque principalement chez les femmes qui ont la cavité pectorale étroite et le bassin peu évasé ; chez celles qui sont primipares, qui sont plutôt petites que grandes, enfin chez celles qui ont quelques déviations et quelques difformités. Dans ce cas l’oppression est quelquefois tellement grande qu’elle peut aller jusqu’à un état voisin de la suffocation. Les malades sont obligées de garder toujours une position presque verticale, ou de se mettre à genoux sur des coussins en appuyant |les coudes sur d’autres coussins plus élevés, afin de pouvoir dans cette situation un peu dormir ou au moins reposer. Désormeciux , qui rapporte l’observation d’une dame contrefaite affectée de cette espèce de dyspnée, ajoute qu’elle était ménacée de suffocation aussitôt qu’elle portait un peu le corps en arrière et qu’elle quittait la position que nous venons d’indiquer. Le même auteur dit aussi que cette malade dont la respiration était toujours incomplète, la face tuméfiée, les lèvres bleuâtres, fut obligée de rester debout pendant tout le travail de l’enfantement qui fut long et pénible et ne put être1 terminé qu’après avoir percé le crâne et vuidé le cerveau de l’enfant. Du reste, cette femme mourut trois jours après l’accouchement sans douleur cl sans fièvre, et sembla s’éteindre par une asphyxie
lente. A l’autopsie, on trouva les poumons refoulés à la partie supérieure du thorax et qui étaient d’une consistance compacte, d’un rouge brunâtre et ne crépitant que dans une très petite portion.
Le traitement de la dyspnée nerveuse c’est à dire celle qui survient dans les premiers mois de la gestation, consiste dans l’emploi des antispasmodiques et des calmants, entr’autres les infusions de feuilles d’orangers et de tilleul, le sirop de diacode, l’eau distillée de laurier cerise, l’acide hydrocyanique médical; le camphre, l’assafœtida, le musc, le castoreum dans une potion ou en pilules; enfin le sulfate de quinine combiné avec l'opium, si la difficulté de respirer affecte une marche intermittente.
A la dyspnée pléthorique, on oppose la saignée qui doit être en général de deux palettes à deux palettes et demie, et qui suffit pour dégorger les poumons et faciliter l’entrée d’une quantité suffisante d’air pour la respiration. On doit en même temps prescrire un régime plus sévère, l’emploi des laxatifs et des lavements afin d’entretenir la liberté du ventre.
Pour combattre la dernière espèce de dyspnée, on conseille à la malade, la situation la plus favorable pour la respiration, qui consiste à la maintenir dans une position à peu près verticale en lui soutenant la tête et la poitrine au moyen de coussins disposés de la manière qui lui convient le mieux. Le plus ordinairement on pratique une saignée au bras, dans le but de prévenir les étourdissements et les