DE LA TOUX
La toux , comme la dyspnée qui survient chez les femmes dans les premiers temps de la gestation, dépend d’un état nerveux qui est le résultat de l’influence sympathique de la matrice sur les organes pulmonaires. Cette toux nerveuse, quoique la moins dangereuse de toutes, doit être distinguée de celle qui est le résultat d une bronchite ou d’une congestion pulmonaire, car les moyens thérapeuti-
ques qu’elle réclame sont tout à fait différents. Dans la toux nerveuse, il n’y a point d’expectoration, et la toux est toujours sèche, à moins qu’un rhume ne vienne la compliquer; la toux catarrhale produite par le froid, est au contraire accompagnée d’expectoration muqueuse, d’enrouement., souvent de mal de gorge, de pesanteur de tête, et d’un léger frisson le soir avec ou sans fièvre; aucun de ces4 symptômes n’a lieu dans la toux nerveuse.
Celle qui est le résultat d’un engorgement pulmonaire se manifeste ordinairement vers la fin de la grossesse et a pour cause occasionnelle l’augmentation du volume de l’utérus qui refoule le diaphragme et les intestins et rétrécit par conséquent la cavité du thorax. Dans ce cas, les femmes ont le pouls dur et plein, le visage rouge et animé; elles se plaignent de maux de tète, de gène et d’anxiété , surtout après le repas, et quelques unes sont sujettes à des hémorrhagies na/ales ou bronchiques.
En général, quelsque soient le caractère et la cause de la toux, elle constitue un accident qui doit toujours fixer l’attention du médecin, parceque les secousses violentes qu’elle imprime aux viscères abdominaux, surtout à la matrice peuvent devenir des causes d hémorrhagie utérine et d’avortemenl, ou au moins dans quelques cas être fort incommodes en déterminant l’expulsion brusque et involontaire de l’urine. D’ailleurs, la toux dont l’intensité est le plus
DK LA TOUX.
souvent augmentée par les phénomènes de la gestation, peut en se prolongeant déterminer une inflammation pulmonaire, ou au moins avoir l’inconvénient de troubler le sommeil de la malade , de provoquer des vomissements, ou même d’augmenter d’intensité après l'accouchement, ce qui en général n’a pas lieu pour les autres complications de la grossesse.
Le traitement de la toux nerveuse consiste dans l'emploi des opiacés lorsqu’elle est légère, et de la saignée quand elle est violente et continue. On joint à ces moyens , les loocks, les boissons gommées, les infusions béchiques, de violettes, de tussilage, d’hysopc,de coquelicot, de bourrache, édulcorées avec du sirop de gomme, d’érysimum, de capillaire ; les sinapismes sur les membres, les lavements laxatifs, enfin les frictions sur la région sternale avec de la pommade stibiée d’Autenrieth . On peut également opposer les mêmes moyens, et surtout la saignée, à la toux qui dépend d’un engorgement pulmonaire: il en est de même de la toux catarrhale qui exige moins souvent l’emploi des émissions sanguines, et que l'on combat en général victorieusement, lorsqu’elle est chronique, au moyen d’une tisane de lichcn-d’lslande prise avec un peu de lait ou édulcorée avec du sirop de capillaire ou d’érysimum.