DE LA PLÉTHORE SANGUINE
Les changements physiologiques qui ont lieu pendant la grossesse expliquent suffisamment les dérangements de la circulation qui accompagnent cet état.
1)E IA PLÉTHORE SAMGUllNE. 1^35
Quelques médecins ont regardé la pléthore comme étant presque la seule cause des maladies des femmes enceintes; cette opinion devenue vulgaire est vraie, surtout pour les hémorrhagies dont nous venons de parler et pour d’autres lésions de la circulation dont nous allons nous occuper.
La pléthore ou l’augmentation anormale du sang, se manifeste principalement chez les femmes sanguines et d’une forte constitution, surtout chez celles qui étaient abondamment réglées avant la grossesse. Les causes qui concourent à produire la pléthore sont, indépendamment de la rétention du flux menstruel, l'activité augmentée de la nutrition pendant la gestation, et souvent aussi un défaut d’exercice et une nourriture trop succulente.
Les phénomènes qui annoncent cet état de prédominance du sang chez les femmes enceintes sont la plénitude, la dureté du pouls, un sentiment de gonflement des membres qui gène les mouvements. La surface du corps est plus chaude et plus colorée; la bouche est le siège d’un goût de sang; les gencives sont douloureuses, les yeux, les lèvres et les narines sont rouges et injectées; les veines sont gonflées ei saillantes; la tète est lourde et disposée au sommeil ; il y a des tintements d’oreilles, des étourdissements, des épistaxis et des signes de congestion vers la région pelvienne.
Quoique les symptômes de la pléthore puissent
ISî5/| LESIONS RELATIVES A LA REPRODUCTION.
manifester à tontes les époques de la grossesse, c’est en général vers le sixième ou septième mois qu’ils prennent le plus d’intensité. Dans quelques cas, quoique toujours incommodes et même insupportables, ils peuvent avoir lieu pendant longtemps sans déranger beaucoup la santé ; mais alors il survient des hémorrhagies qui quelquefois peuvent avoir les suites les plus graves.
Le traitement prophylactique et thérapeutique de la pléthore consiste dans un régime peu nourrissant et principalement composé de végétaux ; dans des boissons délayantes, les lavements émollients, les laxatifs, un exercice modéré, et surtout dans l’emploi de la saignée. Le temps de la grossesse où l’on doit tirer du sang ne peut être déterminé; en général, il ne faut saigner que lorsqu'il y a nécessité de le faire, mais seulement alors. La quantité de sang doit être suffisante pour faire cesser l’état pléthorique, et jamais assez copieuse pour affaiblir la malade. Nous devons dire cependant que, pour prévenir la pléthore, un grand nombre de médecins ont l'habitude de saigner toutes les femmes entre le quatrième et le cinquième mois de la grossesse. Cette méthode, qui est bonne dans plusieurs cas, est irrationnelle et même nuisible dans beaucoup d'autres. Il faut s’abstenir de la saignée lorsque les femmes n’éprouvent que de légers signes d’un surcroît d’activité de l'hématose.