‹ Traite complet des maladies des femmes (volume 3)Chapitre 55 sur 86 · DES PALPITATIONS · texte numérisé non relu

DES PALPITATIONS

Pendant la grossesse, le cœur est quelquefois agité par des palpitations, c’est-à-dire de mouvements tumultueux et de battements plus forts qu’à l’ordinaire. Les femmes nerveuses y sont plus sujettes que les autres; cependant celles d’un tempérament pléthorique et robuste y sont également exposées ; mais dans ce cas, l’organisation désordonnée du cœur est le résultat de la pléthore. On reconnaît cette affection à la violence et à l’irrégularité des pulsations du cœur qui quelquefois sont si prononcées que la malade en est réveillée en sursaut. Le cœur qui frappe avec force les parois de la poitrine, suspend ses pulsations à des intervalles irréguliers, et suit les mouvements du pouls qui est inégal et intermittent.

La cause de ces palpitations dépend le plus souvent d’un état nerveux et de l’irritation sympathique de la matrice ; elle peut tenir aussi à la pléthore, et peut-être dans quelques cas, à la compression qu’exerce sur les gros vaisseaux abdominaux l’organe gestateur dont le volume est de beaucoup augmenté. Nous devons convenir, du reste, que l’intermittence des accidents et leur disparution ou du moins leur diminution vers l’approche de l’accouchement où la matrice a acquis un plus grand développement, doivent laisser des doutes sur la dernière cause que nous venons de signaler.

En général, les palpitations chez les femmes enceintes constituent moins une maladie, qu’une incommodité douloureuse et pénible, dont ii importe de les débarrasser.

Lorsque cette affection est de nature nerveuse, on lui oppose les antispasmodiques, l’opium, l’éther, l’assa foetida, le sirop de pointes d’asperges, l’eau distillée du laurier cerise, la teinture ou la poudre de digitale, le sirop de thridace, enfin l’acide hydro-cyanique médical, et même la saignée. On joint à l’emploi de ces moyens celui des bains, des lavements adoucissants, et un exercice modéré en plein air. Si le trouble de la circulation se manifeste chez une femme forte et sanguine, etparait tenir à la pléthore, on combat cet état par la saignée et par un régime convenable. On a soin d’ailleurs de conseiller aux malades de se tenir pendant la nuit la tête élevée, de manger peu, surtout le soir, et de s’abstenir du vin pur, du café , des liqueurs et de toutes les substances excitantes.

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