‹ Traite complet des maladies des femmes (volume 3)Chapitre 57 sur 86 · DE LA SYNCOPE · texte numérisé non relu

DE LA SYNCOPE

ment, avec suspension de la respiration. Cette sorte de mort momentanée, qui en général ne se prolonge pas au delà de quatre à cinq minutes, se reproduit périodiquement chez certaines femmes, tous les mois, toutes les semaines , tous les deux ou trois jours et même plus souvent. Pendant l’accès, la figure et la peau, ainsi que les muqueuses des yeux, des lèvres et de la bouche, sont décolorées et présentent Ja pâleur de la mort ; les sens sont paralysés, les sensations tout à fait milles, et il y a perte complète de connaissance. Les attaques s’annoncent par des bâillements, des tintements d’oreilles, et une douleur sourde à l’cpigastre ; elles finissent parle rétablissement insensible de la respiration et des pulsations artérielles, et souvent par le vomissement des aliments contenus dans l’estomac.

Les causes prédisposantes de la syncope chez les femmes enceintes, dépendent d'un trouble porté par la grossesse dans toutes les fonctions; les causes déterminantes sont quelquefois les mouvements brusques du fœtus, la position verticale ou à genoux, surtout si elle se prolonge, la vue de certains objets, une émotion vive, un bruit soudain, l’odeur de certaines fleurs ou de certains corps ; enfin la pléthore ou un état d’anémie peuvent aussi produire la syncope chez les femmes grosses.

La syncope est presque toujours plus grave poulie fœtus que pour la mère, chez qui la suspension un

peu prolongée de la circulation compromet moins l’existence.

Le traitement de cet accident de la grossesse consiste à rappeler toutes les fonctions de la vie, principalement celles de la circulation et de la respiration. On y parvient en général assez facilement, en faisant étendre la femme sur un plan horizontal ; en la débarrassant des liens et des vêtements qui pourraient lui gêner la poitrine, le ventre, le cou et même les membres ; en lui faisant respirer des odeurs fortes, telles que l’ammoniaque liquide, de l’acide acétique pur, ou des plumes brûlées, enfin en lui pratiquant sur la région du cœur des frictions sèches ou avec des compresses imbibées d’eau de vie, d’eau de Cologne ou de mélisse. On a également le soin de l’exposer à un air frais, de lui asperger la figure avec de l’eau froide, d’appliquer des sinaspismes aux bras et aux jambes, que l’on peut également couvrir de linges trempés dans de l’eau très-chaude. Lorsque la malade a repris connaissance, on lui fait avaler un peu d’élixir de Garus, ou un peu de vin, ou toute autre liqueur alcoolique coupée avec de l’eau.

Pour prévenir autant que possible le retour des accès, surtout si la femme est pléthorique, ou aura recours à la saignée, à l’exercice modéré et aux antispasmodiques.

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