‹ Traite complet des maladies des femmes (volume 3)Chapitre 69 sur 86 · DELA FIÈVRE DE LAIT · texte numérisé non relu

DELA FIÈVRE DE LAIT

la sécrétion laiteuse. Ordinairement des sueurs abondantes ramènent le calme , et les lochies recommencent à couler comme avant la crise.

Les femmes qui nourrissent ont peu ou point de fièvre de lait, surtout lorsqu’elles ont eu la précaution de faire téter leur enfant dans les premières heures qui ont suivi raccouchement. Il en est de même de celles qui transpirent beaucoup, qui sont le plus souvent exemptes de cette fièvre , ou , du moins, chez lesquelles elle est ordinairement moins forte.

Le traitement de la fièvre de lait ne doit, en quelque sorte , consister que dans des moyens hygiéniques. Si la sécrétion laiteuse est considérable , et si la femme ne nourrit pas, on doit la soumettre à une diète sévère , et lui prescrire des boissons adoucissantes et légèrement diaphorétiques , telles que des infusions de mauve et de tilleul , de violettes et de Heurs de bourrache avec addition de gomme. Si la fièvre était par trop intense, on pourrait' la modérer au moyen d’une petite saignée au bras; mais, en général, elle n’exige que les soins indiqués plus haut.

Dans le cas où les seins sont trop gonllés et douloureux, il faut lâcher de les désemplir par la succion de l’enfant, si la femme nourrit, et, dans le cas contraire, les frictionner légèrement avec de l’huile d’olive tiède, et les couvrir avec des étoupes fines, ou un mouchoir de mousseline maintenu avec une serviette molie; il faut avoir soin de changer cet ap-

I âgo LÉSIONS «MATIVES V LA. REPRODUCTION.

pareil aussitôt qu il est mouillé : on favorisera en même temps l'écoulement des lochies au moyen de fumigations dans le vagin, ou , encore mieux, avec des injections émollientes et légèrement narcotiques, faites avec une décoction de racines de guimauve et une tête de pavot. C’est surtout lorsque l’écoulement lochial se suspend avant ou après la révolution laiteuse, que ces moyens devront être mis en usage.

Après la fièvre de lait , si la langue est blanche , jaune ou verdâtre , la bouche amère et pâteuse, et s’il y a manque d’appétit, on prescrira avec avantage un léger purgatif, tel que la manne, l’huile de ricin, l eau de Sedlitz, le sulfate ou le phosphate de soude, et meme le sulfate de potasse, qui, â tort ou à raison, jouit d’une ancienne réputation de purgatif anti-laiteux. Dans les cas où la langue est rouge et lancéolée, et quand il y a des signes non douteux d’une inflammation gastro-intestinale, faction de ces purgatifs serait toujours nuisible; aussi doit-on alors les proscrire : de même qu'ils deviennent inutiles, si les forces et l’appétit se manifestent vite et franchement.

On doit défendre les autres prétendus anti-laiteux, tels que la pervenche, qui accélère le pouls et fatigue l’estomac : cependant , on pourra permettre la tisane de canne de Provence aux personnes qui lui accordent quelque confiance, car son action est â peu près insignifiante et inofiènsive.

DE L A PÉRITONITE PUERPERALE.

lagi

Page 1