DE LA FIÈVRE DE LAIT
La fièvre de lait est moins une véritable maladie, qu’un mouvement fébrile nécessaire pour déterminer la sécrétion du lait chez les femmes récemment accouchées.
Le développement de cette fièvre laiteuse s’an-
1288 LÉSIONS RELATIVES A LA REPRODUCTION, nonce ordinairement par des élancements et des douleurs dans les mamelles , qui se tuméfient plus ou moins, mais dont la tuméfaction se prolonge quelquefois jusqu’aux glandes axillaires, et à un tel point que quelques femmes ne peuvent rapprocher les bras de la poitrine et sont obligées de les tenir écartés. Nous devons dire cependant qu’il est des cas où la fièvre s’opère sans tension des seins et presque sans mouvement fébrile.
Les symptômes qui caractérisent le travail de la sécrétion laiteuse se montrent ordinairement vers le troisième jour après l’accouchement; dans certains cas vers le premier, le second et même vers le quatrième, le cinquième et le sixième jour. Alors le pouls se développe et devient plus fréquent ; la chaleur augmente, la peau est sèche, la face se colore, les mamelles se gonflent et deviennent douloureuses ; la soif augmente, la langue se couvre d’un enduit blanchâtre, les urines sont plus rares et plus concentrées, et tous ces phénomènes sont précédés et accompagnés d’une agitationgënérale etd’une céphalalgie sans frisson. Cet état fébrile s’accroît graduellement et se dissipe leplus souvent après vingt-quatre heures, et quelquefois au bout de six, huit et douze heures.
Pendant la durée delà fièvre de lait, l’écoulement des lochies diminue ou se supprime momentanément; mais la diminution ou la suppression de cet écoulement ne doivent pas inquiéter, car elles sont la conséquence du mouvement de fièvre qui produit