CE LA SUTURE
toure d un fil ciré qui rapproche les lèvres de la plaie, à la manière de la suture entortillée.
Enfin M. Noégèlè a fait connaître un troisième procédé, qui diffère si peu de celui de M. LewzihsJd, que nous nous bornons a dire qu’il s’exécute également au moyen d une sonde courbe renfermant un ressort terminé par un fer de lance dont le chas porte un fil ciré. Le mécanisme et l’application de l’instrument sont d ailleurs les mêmes que dans le procédé de M. Lewzinski.
M. Ehrmcinn de Strasbourg et après lui M. Deyber, ont obtenu la guérison de fistules vagino- vésicales, au moyen de la suture appliquée avec le secours d’une aiguille courbe qui fut portée dans le vagin sur un porte-aiguille semblable à celui dont M. le professeur Roux fait usage pour la staphvloraphie. Les fils furent croisés de telle sorte que le premier avait un bout qui sortait par le côté droit et 1 autre par le côté opposé. Le second fil fut placé
en sens inverse, puis tous les chefs furent noués de chaque côté.
M. Sclireger, quia obtenu un très beau résultat de la suture, de Pelletier, l’a mise en pratique à l’aide d’une aiguille courbée et d’une pince spéciale; lorsque les fils furent mis en place, il en passa les extrémités a travers un certain nombre de grains de chapelet et fit ensuite un nœud sur le dernier.
M. Chranam a également pratiqué la suture avec
succès en employant à peu près le même procédé que MM. Ehrmann] et Deyber : au bout de cinq jours, on trouva les fils tombés sans que les nœuds se fussent déserrés et la guérison était complète.
Enfin le 28 août 1828, M. Malagodi de Bologne a été aussi heureux que les praticiens que nous venons de citer en appliquant la suture pour réunir les bords d’une fistule vésico-vaginale , cet habile chirurgien décrit lui-meme 1 operation dans les termes suivants :
« J’introduisis l’index de la main droite recouvert d’un doigtier en peau, dans l’ouverture fistuleuse ; je fléchis les deux dernières phalanges en guise de crochet, et amenai le plus possible, en le tirant pai en bas, le bord calleux gauche de cette ouverture à l’orifice du vagin. Je pris alors de la main opposée un bistouri droit, et je coupai sur mon doigt au moyen d’une incision semi-lunaire, le bord que j’avais fait saillir. Je répétai la même opération du côté opposé en changeant toutefois de main, c’est-à-dire en introduisant et opérant avec la main droite. En rafraîchissant ainsi les bords de la plaie, je n’avais pas encore atteint le but que je m’étais proposé, d'établir, comme dans toutes les blessures, la réunion par première intension. Trois cordonnets portant à chacune de leurs extrémités une aiguille très courbe et très petite , et une tige sur laquelle les aiguilles pouvaient être fixées et laissées à volonté, furent les instruments
DK LA SUTUilK DKS EiSTULES VAGINALES. /jSÇ
dont je m’étais muni pour pratiquer cette réunion. J introduisis 1 indicateur droit dans 1 ouverture avivée, de manière que le dos de la main regardait le corps de la malade, le pouce en bas et le petit doigt en haut, et je ramenai sous mes yeux la lèvre gauche de 1 ouverture vagino-vésicale. Pressant alors de la main gauche une aiguille fixée sur son manche, je 1 enfonçai près de l’angle postérieur de la plaie, en la îaisant pénétrer avec le secours du doigt d’arrière en avant. Après cette première aiguille, j’en passai une seconde de la meme manière , puis une troisième, à des distances égales ; de telle façon qu ayant répété la même opération du côté opposé, je nouai les cordons deux à deux, et je pus amener ainsi à un contact immédiat et dans toute leur longueur, les bords de la plaie que j’avais appropriés au moyen de deux incisions semi -lunaires.
Je remis la malade dans son lit en lui recommandant de rester couchée sur le dos. Je lui introduisis dans la vessie, par l’urètre, une sonde à demeure, destinée à faire écouler dans un vase placé plus bas toute l’urine qui serait versée par les uretères. Cette précaution me paraissait indispensable pour que la stagnation de l’urine ne troublât pas la réunion immédiate que je voulais obtenir.
Pendant le cours de la seconde journée , l’urine passa par la sonde et pas une goutte par la plaie.
n en fut pas de même le lendemain , où je trouvai
baigné de ce liquide , le peu de charpie que j avais introduit dans le vagin ; je replaçai la malade le quatrième jour , dans la position de l’opération. Je vis que les deux points de suture postérieurs s étaient maintenus; je les enlevai, et la réunion se montra parfaitement accomplie là où les bords étaient restés en contact. Le point antérieur au contraire avait déchiré la lèvre gauche de la plaie ; il en était résulté qu’un tiers à peu près de l’ouverture primitive ne s’était pas cicatrisé. Je ne désespérai pas néanmoins d’obtenir la guérison complète , bien que la cautérisation par le nitrate d’argent n eut produit aucun avantage , quand l’ouverture fistuleuse permettait le passage du doigt. J’espérai que le même moyen serait plus efficace alors que cette ouverture avait été réduite au diamètre d’une sonde ordinaire. J’eus donc recours à la cautérisation, et au bout de trois semaines environ , j’obtins une amélioration sensible. La sonde fut constamment laissée dans la la vessie. Je continuai encore l’emploi du caustique pendant quelques semaines, et la malade fut complètement guérie vers le commencement de janvier. » Quoique la suture soit d’une application très difficile, et lors même que son emploi n’a pas été couronné de succès entre les mains d'aussi habiles praticiens que MM. Roux , Dieffcnbcich , Duges , Roboukam et quelques autres , nous pensons qu’elle est encore le meilleur moyen à employer dans les
FISTULES VAGINALES. PROCEDES DE l’aUTEUR. 487
cas de fistules transversales ou obliques dont les bords ne peuvent être rapprochés convenablement, et la cure obtenue soit avec la cautérisation soit avec le secours des méthodes dont nous avons encore à nous occuper.