ENGORGEMENTS CHRONIQUES DES MAMELLES. QIO
Les mamelles sont encore sujettes à d’autres indurations chroniques qui présentent plus ou moins d'analogie avec celles que nous venons de signaler et dont il est important de les distinguer, parce qu’on n’a pas besoin de les extirper pour obtenir une guérison radicale ; parmi les affections de cette classe, sont: 1° l’engorgement résultant du trouble de la menstruation ; 2° l’engorgement des vaisseaux lymphatiques ; 3° l’engorgement scrophuleux.
L’engorgement qui, à la suite d’un trouble dans l’évacuation périodique des règles, se forme dans une partie du sein, s’observe le plus souvent à l’âge de quinze à vingt- cinq ans ; l’induration qui en résulte est toujours très sensible au toucher, surtout aux époques correspondantes à celles où les menstrues avaient l’habitude de paraître. La douleur du sein est alors tellement augmentée qu’elle s’irradie souvent de la mamelle malade jusqu’aux bras et même jusqu’aux extrémités des doigts du même membre. Cette espèce d’induration qui a été désignée sous le nom de tumeur irritable des mamelles , par le célèbre A. Cooper (loc. cit. p. 405), ne réclame jamais l’ablation du sein, d’autant plus qu’elle se résout comme par enchantement, aussitôt qu’on a pu rétablir l’écoulement normal des règles. Nous croyons devoir dire aussi que l’absence de la fluctuation, des symptômes fébriles, des élancements pulsati fs, et les circonstances commémoratives , subiront toujours
pour empêcher de confondre cette affection avec un abcès des mamelles.
Le gonflement des vaisseaux lymphatiques qui vont de la mamelle aux glandes axillaires, cède ordinairement avec assez de facilité aux boissons amères et sudorifiques, aux fomentations narcotiques, et aux frictions mercurielles et iodurées. Enfin les tumeurs scrophuleuses , auxquelles succèdent quelquefois des ulcères d’apparence cancéreuse, dont on les distingue facilement par l’absence des élancements , le peu de sensibilité , et la nature de la suppuration etc., résistent rarement à un régime et à un traitement anti-scrophuleux, surtout à l’usage interne et externe des préparations pharmaceutiques dont l’iode est la base.
Nous ajouterons pour terminer ce que nous avions à dire sur les engorgements des mamelles , que ceux que l’on remarque à la suite des abcès de ces organes, ne tardent pas à se résoudre sous l’influence des évacuations sanguines locales, et d’un traitement antiphlogistique méthodiquement employé. Comme nous traiterons des abcès du sein en parlant des maladies qiu se développent à la suite des couches ou pendant l’allaitement , nous ne nous étendrons pas plus longuement sur ce sujet.
Litho. d' Artus, rue
Pl.l