ENGORGEMENTS CHRONIQUES DES MAMELLES. QIO
ferment des lvydaîides globuleuses. Dans le principe, ces tumeurs qui croissent avec beaucoup de lenteur, et qui sont le plus souvent regardées comme étant le résultat de l’inflammation chronique du sein , ne deviennent douloureuses qu aux approches de chaque évacuation menstruelle. Au bout de quelque temps une partie du kyste devient fluctuante, tandis que le reste de la tumeur conserve sa dureté primitive, et l’on ne voit changer de couleur la peau qui le recouvre, que lorsqu’il commence à s ulcérer \ ce n’est même qu’à l’époque ou 1 ulcération s opère, que la santé des malades se trouve légèrement troublée.
Ces tumeurs qui se développent depuis 1 âge de quinze ans jusqu’à soixante, sans qu on puisse en connaître la cause, peuvent être multiples, ou se présenter sous la forme d'un kyste simple. Dans 1 un ou l’autre cas on les guérit radicalement pari extiipation ; cependant lorsqu il y a un kyste simple, dir J. Cooper (1 ) s’est borné quelquefois à le percer avec une lancette, et la guérison a eu lieu à la suite de l’inflammation adhésive et suppurative qui succédait à cette petite opération (2). Enfin nous ajou-
(1) The Lancett. t. II, p. 568-3T0.
(2) Nous pensons que la ponctionne peut être suivie de guérison que lorsqu’on a affaire à un kyste acéplialocyste ; dans les kystes séreux le liquide se reproduit toujours lorsqu’il a été évacué ; l’extirpation de la tumeur est donc le seul moyen qui convienne dans tous les cas.
terons que quoique ces kystes mammaires ne constituent pas des maladies ayant un caractère grave de malignité, elles peuvent dans quelques cas dégénérer; aussi pour cette raison, et surtout pour soulager les malades et pour satisfaire leur esprit, on ne doit pas hésiter de les extirper, en faisant en sorte de ne pas ouvrir les parois du kyste qu’il faudra détacher de ses adhérences par une dissection minutieuse. Dans le cas où la tumeur aurait été ouverte et ne contiendrait qu’un liquide séreux, si surtout on n avait pas la certitude d’avoir enlevé toute la poche kystique, il faudrait cautériser la surface interne de la plaie, pour éviter la reproduction du mal.
Les tumeurs fibreuses qui se développent dans les mamelles résistent à tous les moyens thérapeutiques, et réclament aussi l’extirpation complète au moyen de l’instrument tranchant. Il en est de même d’une sorte de tumeurs mobiles, globuleuses, molles au toucher, moins bien limitées que le squirrhe et les tumeurs fibreuses qui, comme les précédentes, se rencontrent le plus souvent chez des femmes ayant toutes les apparences d’une bonne santé. Ces tumeurs qui sont des espèces de loupes, passent rarement à l’état cancéreux, quoiqu’elles puissent acquérir un volume assez considérable qui varie de la grosseur d’un pois à celle d’une grosse bille de billard; et en général elles sont indolentes et ne deviennent douloureuses qu’à l’époque des règles.