‹ Traité complet des maladies vénériennes, contenant l'exposition de leurs symptomes et de leur traitement rationnel (volume 2)Chapitre 29 sur 29 · OT · texte numérisé non relu

OT

PES MALADIES VKXli RIENXES. l\1'/

rhumes et aux fluxions de nature catarrhensc; et j'en ai vu plusieurs, chez lesquels un rhume opiniâtre, quoique peu violent, a précédé immédiatement la premièi'e apparition des accidens rachitiqucs. Ces observations m'ont l'ait quelquefois douter si l'acre catarrheux n'était pas , en certaines rencontres , converti lui-même* en matière virulente du rachitis ou des scrofules. Quoiqu'il en soit, il est du moins très-certain quelesaflcctions catarrheuses sont un puissant excitateur de ces maladies virulentes. » Laissons de coté la théorie humorale de Pujol; nous voyons qu'il avait reconnu que les irritations chroniques du système muqueux étaient la source des affections attribuées à deux virus dont personne n'admet plus aujourd'hui l'existence. Pourquoi n'en serait-il pas de même des effets qu'on rapporte à un troisième virus, tout aussi hypothétique que les autres , puisqu'il n'y a rien \k qui répugne aux loià con&ùés de l'organisme, et puisque nous poûv'oûs appuyer de l'autorité d'Hippocrate cette théorie , qui a Tavantage de purger la pathologie d'une foule d'étrange* sublililés, et de ramener la thérapeutique à <les méthodoà aussi simples qu'efficaces, en faveur desquelles parfe éga^^ lemeïit l'exemple des grands maîtres de l'antiquité (i) ?' lo". Un dernier point me reste à examiner , c'est celui ^c la transmulabilité du vii^s ténérien en d'autres; principes lûorbiliques , priGipaJërnent en virus scrofule UK*

(i) Voltaire a imprimé le sceau du ridicule h la doctriue de l'iiérédité de la syphilis, en mcthuit les paroles suivautes dans la bouche du chirurgien 5idrac ; « 11 y a lon^-lcuips (jue j'exerce la chirurgie , et j'avoue que je dois à la vérole la plus grande partie xlc ma fortune. Mais je ne l'eu déteste pas moins. Jladame Sidrac me la communiqua dès la première nuit de nos noces ; et comme p-'est uuç

Cette opinion , combattue par Van Swieten et Cullen » régnait aii^ant Boerhaave, qui n'osa pas la rejeter entièrement, et clic s'est propagée jusqu'à nous. Elle se confond avec l'hypothèse de la transfusion héréditaire du virus vénérien , puisqu'on admet que ce virus , mitigé et devenu très-obscur chez les parens , peut passer à leurs cnfans sous la l'orme de rachitisme ou de scrofules. Alors, dit-on , le mercure cesse d'être spécifique : la forme insolite qu'a prise le vice vénérien suppose en lui une dégénération quelconque, une nouvelle manière d'èlre, capable de soustraire sa cause matérielle aux agens médicinaux qui la combattaient avec succès quand elle avait ses qualités antérieures et vraiment véroliques.

Les objections précédentes se reproduisent ici dans toute leur force; mais d'autres s'y joignent encore, et viennent les corroborer. Puisque le virus vénérien est en quelque sorte soustrait à l'empire de la vie , puisque c'est un agent spécial et indépendant de l'organisme , dans lequel il erre et circule à son gré , comment peut-il se modifier, se transformer en un autre? En vertu de quelle loi se comporte-t-il ainsi? Est-ce par pur caprice? ou bien a-t-il , comme tous les êtres organisés , des périodes climactériques, semblables à celles qu'on a assignées h la syphilis elle-même, érigée de cette manière non seulement en être réel et distinct , mais encore en être animé et vivant ?

femme cxcessiTcmenl délicate sur ce qui peut entamer son lioniieur, elle publia, clans tous les papiers de Londres, qu'elle était, à la vérité, atlaquéc du mal immonde, mais qu'elle l'avait apporte du ventre de madame sa mère , et ((ue c'était une aucicnne LaLilude de famille. »

DES MALADIES VlîXÉRIENTfES. 4^9

Cette prtHendue transformation n'est autre chose qu'une succession d'irritations dans des tissus différens. On en a la preuve dans les ulcères chroniques de la peau, dont le dessèchement , selon la remarque de Glisson , devient souvent la cause occasionnelle d'un rachitisme complet. «Cela est si vrai, dit Pujol , qu'il n'est pas nécessaire que, pour être changés en virus rachitique, les acres éruptifs soient rapportés dans le courant de la circulation par les flots d'un pus répercuté; car la rougeole, maladie où il ne se fait aucune suppuration , laisse souvent après elle, tout aussi bien que la petite vérole, des semences scrofuleuses et rachiliques. » Je ne conclus pas de là que les véritables maladies vénériennes puissent devenir la cause occasionnelle des scrofules ou du rachitisme , surtout après une ou plusieurs générations, mais j'en conclus que ces dernières maladies peuvent être déterminées par les irritations viscérales chroniques qu'on a encadrées sans raison dans le domaine de la syphilis.

Ce n'est pas seulement l'acte générateur qu'on a supposé capable do modifier la virulence du principe vénérien. Cédant toujours ti l'idée que cet agent occulte jouit d'une existence indépendante , Bell et son copiste Swcdiaur ont admis , d'après les ravages extraordinaires qu'on observe quelquefois , qu'il offrait lui-même différentes modifications, et qu'il pouvait être plus ou moins acre, plus ou moins venimeux. C'est cette hypothèse que MM. Rose et Carmichael ont régularisée , chacun h sa manière, en établissant plusieurs virus vénériens. Il était phis simple et plus naturel, sans contredit, d'attribuer CCS prétendues modifications h la constitution du malade.

43o TRAITÉ

h son état de santé précédent , au plus ou moins grand degré d'irritabilité du corps en général ou des organes afleclés en particulier, enfin aux circonstances extérieures, d'autant plus qu'on les voyait être plus communes dans certains temps que dans d'autres; mais la marche qu'on a suivie atteste au moins l'insufTisance d'un système dans lequel tous les faits cessèrent de prendre place dès qu'on les eut mieux étudiés , et elle n'est pas un des moindres argumens qu'on puisse faire valoir contre une théorie qui est contrainte de multiplier d'une manière si étrange les entités indisccrnaLles.

Je crois avoir démontré , dans ce chapitre , que la docli^ine du virus vénérien est un chaos inextricable de contradictions, de subterfuges, de restrictions; un mélange bizarre des théories humorales, chimiques et organiques, qui ont dominé tour à lour en médecine. Il me paraît aussi qu'on peut en conclure et poser en principe :

i". Que le virus vénérien n'existe pas;

2°. Que les maladies vénériennes primitives sont le produit de l'irritation causée en premier Heu, sur les suriaces vivantes , par le pus que sécrètent les membranes muqueuses génitales enflammées ou ulcérées;

5". Que les affections secondaires dépendent de la sympathie qui existe entre toutes les parties de l'organisme , et qui n'est la même ni chcxHous les sujets , ni entre tous les organes , ni dans toutes les circonstances de la vie;

4°- Qu'aucune de ces mahulics n'est héréditaire.

Page 1