ARTICLE VII
DU TRAITJiMENT DE l'iNFLAMMATION DE LA MEMBRANE MUQUEUSE GÉNITO-UUINAIRE CHEZ LA FEMME.
Tout ce que j'ai dit relativement à la thérapeutique de l'urétrite , peut s'appliquer à celle des inflammations de la membrane muqueuse génilo-urinaire chez la femme. Ces phlegmasies guérissent très-bien aussi, suivant la remarque de Bell, quand on les abandonne à elles-mêmes, pourvu que les malades observent les soins de la propreté , s'astreignent h un régime convenable, et préservent les parties affectées de l'action des causes capables d'accroître leur état d'irritation. Mais l'art peut en accélérer la guérison, calmer la violence des accidens dont elles se compliquent parfois, et remédier h ceux qui éclatent souvent lorsque les préceptes de l'hygiène ont été violés. La marche à suivre est la même que dans l'urétrite , et l'on doit également opter alors entre les méthodes antiphlogistique, révulsive et perturbatrice, ou les combiner diversement ensemble.
La méthode anliphlogistique convient surtout lorsque l'irritation s'est propagée aux organes urinaires, et que la malade éprouve des douleurs vives , de la fièvre , de la difficulté à uriner. La saignée du pied , les sangsues à la vulve , les bains tièdes, généraux ou partiels, les bains de vapeurs, les injections avec du lait chaud ou un liquide mucilagineux, les lavemens émolliens, les laxatifs doux , comme la pulpe de casse et l'huile de ricin, le repos dans le lit, les boissons acidulées , et la diète absolue , ou du moins un régime Irès-sobre , végétal , rafraîchis-
sanl et pou subslanticl, tels sont les moyens qui rétablissent le calme en peu do jours, et qui amènent la guàrison, quand on insiste sur leur emploi. Il faut toulelois diminuer leur énergie h proportion de ramendement qu'ils procurent, et ramener peu h peu la malade à son genre de vie habituel. Dans les cas où le mal est plus léger, le repos, lee boissons délayantes et les bains suffîscnt, mais quelques applications de sangsues hâtent toujours le rétablissement de la santé. Il convient d'oindre le périnée et la partie interne des cuisses avec du cérat blanc, pour les garantir du contact de l'exhalation puriformc, (jui les irriterait; mais les pessaires enduits de sain-doux, de graisse ou d'huile d'olives , loin de calmer les douleurs, comme le pensent ceux qui ont proposé d'y recourir, ne font, au contraire, que les rendre plus aiguës et plus gênantes.
Presque tous les auteurs rejettent la méthode révulj^ive, qu'ils croient, les uns dangereuse, les autres im puissante, ou du moins inutile dans la plupart des cas. Ainsi, naguère encore, on a assuré que le baume de Copahu et le poivre cubèbe ne jouissaient d'aucune elFicacité chez les femmes ; ce qui aurait dû faire penser que la vertu antidotale attribuée à ces deux substances dans l'urétrite de l'homme, ne leur est point inhérente , mais tient uniquement h la manière dont les organes auxquels elles sont appliquées réagissent sur ceux que les liens de la sympathie unissent avec eux. Le fait est qu'il existe , chez la plupart des femmes , une connexion si intime entre la membrane muqueuse du canal intestinal et celle des voies génito-urinaires , que cette dcrnirr;^ se ressent plus ou moins vivement des stimula-
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lions portées sur l'antre, principalement lorsqu'ellc-même est déjà tombée dans les conditions palhologiques. Cependant ce phénomène n'est pas tellement général, même dans les grandes villes , car il s'observe rarement dans les campagnes, qu'on ne rencontre assez souvent des femmes chez lesquelles les excitans , les siimulans, les toniques, administrés par la voie de l'estomac , suppriment en peu de temps les flux par le vagin , pourvu que la phlegmasie soit à son début , ou qu'on l'ait d'abord calmée par les antiphlogistiques.
Les mêmes précautions doivent être observées à l'égard de la méthode perturbatrice. En s'y conformant on a quelquefois recours avec succès aux injections répétées six ou huit fois par jour, soit avec l'eau de chaux , seule ou mêlée d'alcool, soit avec une légère dissolution de sublimé dans l'eau distillée, soit enfin à celle d'un demigros de potasse caustique dans six onces de véhicule. On a recommandé aussi les liqueurs opiacées. Swediaur a vu celles d'opium causeries douleurs les plus vives, et une irritation qui alla jusqu'à produire des évanonissemens. Il est à craindre qu'elh s ne fassent passer la phlegmasie au mode chronique. Enfin, on doit toujours les suspendre à l'approche des règles.
Quand il survient des abcès dans les grandes lèvres ou le vagin, on fait avorter l'inflammation par les sangsues et les applications réfrigérantes; si l'on n'y parvient pas, on couvre la tiimeur d'un cataplasme émollient, et on y fait une large ouverture dès que la fluctuation devient sensible.
Le traitement de la phlegmasie passée à l'état chronique présente les mêmes indications et les mêmes difli-
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cultes que celui de l'urctrile chronique. De même que chez l'homme, il importe de s'assurer si la maladie est purement locale, ou si son existence ne se rattache pas à celle d'une irritation gastro-intestinale chronique, cas dans lequel elle se confond entièrement avec la leucorrhée, et exige l'emploi des mêmes moyens. Ce dernier cas a lieu surtout chez les femmes publiques, h cause de leur^ intempérance. Les méthodes antiphlogistique et révulsive combinées, dans le premier cas, et l'anliphlogislique seule, tant locale que générale, dans le second, sont les moyens h l'aide desquels on combat cette affection, qui se montre encore bien plus souvent rebelle que le suintement habituel chez les hommes. Le régime, l'abstinence du coït, l'exercice, l'air de la campagne, des vêlemens chauds et un exutoire, sont fréquemment plus efficaces que toutes les ressources de la médecine proprement dite.
Les rétrécissemens de l'urètre se traitent, chez la femme, d'après les mêmes principes que chez l'homme; mais la cautérisation est préférable à la dilatation, à cause de la difficulté qu'on éprouve à maintenir les sondes en place, et parce que ces instrumens gênent les malades, qui ont toujours besoin de recourir h une main étrangère pour les introduire.
DES MALADIES VlÎMiRIENMCS. iSyt)