‹ Traité complet des maladies vénériennes, contenant l'exposition de leurs symptomes et de leur traitement rationnelChapitre 41 sur 48 · DU TRAITEMENT DU PARAPIILMOSIS · texte numérisé non relu

DU TRAITEMENT DU PARAPIILMOSIS

Le traitement du paraphimosis varie suivant le degré de constriction du gland et le plus ou moins d'ancienneté de l'étranglement, car cette affection est susceptible de se présenter h l'état aigu, ou sous la forme chronique.

Dans les cas môme les plus légers, le paraphimosis est assez grave pour mériter une sérieuse attention. Si la constriction ([ue détermine le contour du prépuce est peu considérable et la maladie récente, l'immersion de la verge dans l'eau à la glace, et les fomentations émollientes, favorisent quelquefois la réduction, que l'on pratique ensuite en repoussant d'une main le gland en arrière, tandis que de l'autre on cherche à ramener le prépuce au devant de lui , les parties ayant été préalablement huilées ou enduites de cérat. Il faut être très-réservé sur l'emploi de ces deux moyens, à la suite desquels, quand le taxis échoue, on voit survenir une réaction qui peut entraîner la gangrène du membre viril. Cependant on réussit quelquefois lorsqu'on exécute les tentatives de réduction avec beaucoup de prudence , et qu'avant de les exercer, on dégorge les tissus inlila-és, en les serrant et les pétrissant entre les doigts.

Si le gland est tellement douloureux et enflammé qu'il ne soit pas possible de tenter la réduction sans causer les plus vives douleurs, il faut s'abstenir de toute violence,

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<•! ;ij)j)liqii(M' sans h(^sitcr im grand nombre do san^snrs sur les parties lnnn4i('?es. Celle abondante saig;née locale permet bientôt de nitablir facilement la situation des parties. Klle dispense, dans la plupart des cas, de recourir Ji ropération.

CiCtte dernière ne doit être pratiquée qiu^ ((uand,tous les autres moyens ayant échoué , la verge menace de tomber en gangrène. Pour l'exécuter, on saisit le pénis avec la main gauche, dont le pouce est placé en haut et les doigts regardent en bas, tandis qu'avec l'autre main on glisse, sous chaque sillon formé par le prépuce, un bistouri dont le tranchant est dirigé vers le haut , et qui coupe ainsi les brides de dedans en dehors, sur les parties latérales de l'organe, afin d'éviter les artères qui parcourent sa face supérieure. Aussitôt que l'étranglement n'existe plus, on ramène le prépuce h sa situation normale, et l'on plonge la verge dans un bain tiède, pour favoriser l'écoulement salutaire du sang.

Le malade éprouve toujours un soulagement marqué après la réduction du paraphimosis. L'inflammation , le gonflement et la douleur diminuent peu à peu. Des bajns locaux et des injections sous le prépuce suflisent , dans les cas simples, pour terminer le traitement. S'il existe des ulcérations , on les combat par les moyens que j'ai indiqués précédemment. 11 convient toutefois de faire observer que, soit dans ce dernier cas, soit dans celui d'urétrite, on voit ([uelquefois le gland, et plus sovivent le prépuce, irrités par la consîriction et la distension qu'ils ont subies, s'enflauuner et donner lieu h un phimosis secondaire, qu'on doit combattre absolument de même que s'il était primitif.

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Quelques auteurs recoinmaiicienl d'amputer la verge lorsque la gangrène commence à se manifester. Au lieu de suivre ce précepte , il faut recourir à l'incision de^ brides et aux saignées locales abondantes , pour borner les ravages de la mortification, en faisant cesser l'étranglement et diminuant l'irritation des parties malades. Il est rare, même dans les cas les plus graves , que la gangrène s'empare de la totalité du gland, et des applications émollieutes suffisent pour hàler la chùle des escarres. On se contente ensuite de pansemens simples , jusqu'à la parfaite cicatrisation des plaies.

Assez ordinairement, lorsque le paraphimosis revêt la forme chronique, il paraît sur le gland, sur les bourrelets du prépuce et au fond des sillons, des phlyclènes et des ulcérations, qui amènent le dégorgement des parties tuméfiées et le relâchement des brides; mais souventaussi l'inllammation peu active qui accompagne ce travail , toujours fort lent, donne lieu à des adhérences telles, entre la surAice des corps caverneux et la portion du prépuce qui étrangle la verge , qu'on ne peut plus désormais ramener ce repli cutané sur le gland. Les adhérences de cette nature doivent être respectées. Il faut seulement combattre, par les émolliens , les sangsues, les moucheturcs', l'irritation qui pourrait encore subsister, après quoi l'on accélère la résolution des engorgemens par des applications astringentes, telles que les lotions et les fomentations avec le sous-acétate de plomb.

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