‹ Traité complet des maladies vénériennesChapitre 1 sur 121 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Avant de commencer l’Atlas que je publie aujourd’hui, je crus utile de consulter une de nos anciennes célébrités chirurgicales. « Gardez-vous, me dit ce maître habile, d’ajouter de nouvelles images à celles qui encombrent déjà la science, et qui ne font le plus souvent que la défigurer. » J’allais être convaincu qu’il avait raison , lorsque, dans le cours de notre conversation sur les maladies des organes génitaux, le savant chirurgien qui venait de jeter une si grande défaveur sur la représentation matérielle des faits anatomiques ou chirurgicaux, pour mieux me faire comprendre la nature de quelques cas remarquables dont il avait donné l’histoire, me montra (oublieux de ce qu’il venait de me dire), les planches qui accompagnaient son travail, et quien tîlfet, C[uoique assez mal exécutées, me servirent beaucoup mieux que les bonnes descriptions que je venais d’entendre. Je sortis alors de chez lui, avec la persuasion que ce qui pénètre dans l’intelligence par plusieurs sens à la fois, s’y grave plus profondément, et c[u une description en présence, autant que possible, de la chose qu’on décrit•semble toujours plus claire, et se retient mieux.

Cependant, pour ajouter quelque chose d’utile aux travaux nombreux que la science possède déjà, il fallait bien se persuader que, depuis la planche publiée sur les maladies vénériennes, en 1496 , par Joseph Grunpek, beaucoup étaient infidèles, grossièrement

exécutées, représentant parfois tout autre chose que des maladies vénériennes, ou les rendant si mal, qu’elles devenaient méconnaissables sous un pinceau, qui semblait à plaisir en exagérer le hideux, plutôt pour effrayer les gens du monde, que pour instruire ceux qui cherchent à apprendi’e. Ce n’est pas cependant que nous n’ayons quelques bons travaux ; mais les uns sont trop volumineux et. trop chers ; les autres se trouvent disséminés dans les ouvrages sur les maladies de la peau, et il n’en est pas, enfin, qui rendent les variétés de formes et leurs filiations telles que je les ai comprises dans mes Cours publics et dans mes écrits.

J’ai donc cru nécessaire de reproduire avec le plus grand soin les cas types qui servent de base à mes doctrines, et qui doivent former le cadre complet des maladies vénériennes.

Pour prendi'e la nature sur le fait, c’est au pinceau habile de M. Émile Beau, et à celui de son digne collaborateur, M. F. Bion, que j’ai dû m’adresser. Les œuvi*es de ces deux artistes ont aujourd’hui force de loi dans la science, et leur nom est la meilleure recommandation dont on puisse accompagner un ouvrage de la nature de celui-ci. Du reste, tous les dessins sont faits d’après des malades soumis à l’examen des nombreux élèves qui suivent mes cliniques.

Quant aux observations et à la description des planches, leur rédaction a été confiée à mon élève et prosecteur, M. Battier. J’aurai aussi à citer quelquefois des observations recueillies par MM. les internes de service à l’hôpital.

Je dois ajouter, que M. le professeur Orfda, doyen de la Faculté de Médecine de Paris, auquel la science doit tant, a bien voulu me confier la direction des travaux relatifs à la collection des maladies vénériennes, qui doit enrichir le Musée Dupuytren, et que M. le docteur Thibert, attaché à la Faculté en qualité de préparateur, a été chargé de i*eprésenter en relief

Les belles pièces artificielles de M. le docteur Thibert, qui joint à l’art le plus parfait, des connaissances médicales profondes, pourront être regardées comme un complément précieux du livre que je public aujourd hui.

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