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PLANCHE PREMIÈRE

VLCÈRES PRIMITIFS A DÉBDT PDSTÜLEDX : INOCULATION RÉGULIÈRE.

OBSERVATION

Fren, âgé de vingt-six ans, boucher, entré le 31 janvier 1840, salle 2, n" 7.

11 y a quatre ans, ce malade contracta, pour la première fois, une blennorrhagie. L’écoulement fut peu abondant, et disparut après huit jours de durée, sans qu’on eût besoin de recourir à aucun traitement.

L’affection actuelle dont le malade s’est aperçu quatre jours après le coït infectant, date de deux mois et demi. Il y eut d’abord des démangeaisons assez vives ; puis trois pustules parurent au limbe du prépuce , partie inférieure; elles suivirent la marche de l’inoculation artificielle, et après leur rupture, on put constater la présence de trois ulcères primitifs.

Pendant un mois, Fren.... se traita chez lui par le vin de salsepareille, la poudre tempérante, la pommade mercurielle. Loin de guérir, les ulcérations firent des progrès marqués, et bientôt plus en arriére, sur le fourreau, se montrèrent d’autres chancres folliculaires à début pustuleux. En môme temps, des symptômes inflammatoires se manifestèrent, et Fren vint se présenter à la consultation de l’hô¬

pital. Aujourd’hui, les parties malades sont rouges, et très enflammées. Il y a un phimosis incomplet (jui, malgré l'oedème, permet pourtant d’explorer le gland, sur lequel on voit, près du frein, quelques ulcères à fond gris-jaunâtre, offrant tous les caractères de la période de progrès. Les ulcérations du limbe du prépuce, premier siège de la maladie, présentent déjà , à la circonférence, un anneau blanchâtre, indication du début de la période de réparation. Enfin, sur la peau de la verge, par suite de l’inflammation qui s’accompagne d’un gonflement érysipélateux, les ulcères folliculaires à début pustuleux ont été compliqués de gangrène partielle. Dans faîne droite, on remarque une légère tuméfaction ganglionnaire, et la pression occasionne une douleur assez vive. On fait faire des lotions avec une solution

concentrée d’opium, et l’on panse avec de la charpie imbibée de ce même liquide.

Boisson délayante, diète.

Le 1" février, on a pratiqué une inoculation à la cuisse gauche du malade avec le pus recueilli sur l’ulcération du gland. Le 2 février, le travail résultant de finoculation, marche d’une manière régulière, mais plus lente que ce qu’on aurait dû attendre, si on avait jugé de fétat général par les symptômes que nous avons décrits. Ce fait est assez remarquable, en ce qu’il prouve que l’état érysipélateux des organes génitaux n’est que le résultat local du traitement intempestivement employé avant l’entrée du malade à l’hôpital.

Afin de préserver la petite pustule de tout accident qui pourrait en déterminer la rupture, on la recouvre avec un verre de montre.

Le 3 février, la pustule est formée; on la dessine à neuf heures du matin; l’aréole rouge qui l’entoure est déjà nettement prononcée; les tissus, légèrement tendus, sont peu élevés.

Même traitement, même régime.

Le 4 février, la pustule fait des progrès.

Du côté des organes génitaux, il y a moins d’inflammation , on peut découvrir le gland avec assez de facilité. La tension ganglionnaire de faîne droite a cédé au repos et aux antiphlogistiques généraux.

On continue f usage des opiacés, la tisane de chiendent et de réglisse; on donne des soupes et des bouillons.

Le 5, la pustule se développe régulièrement dans tous ses éléments; l’épiderme est soulevé partout, et la forme ombiliquée que l’on remarque ordinairement , tend à disparaître.

Le 6, la pustule a presque triplé de volume depuis hier. Ce développement paraît dû au décolement

de l’épiderme en dehors des limites de l’ulcération régulière qui entame ordinairement toute l’épaisseur de la peau. L’état imflammatoire des organes génitaux diminue de plus en plus ; il y a peu de tuméfaction.

On continue les opiacés; le malade est mis au quart de portion.

Le 7, même genre de progrès dans la marche de la pustule, qui s’étend évidemment par un décolement superficiel. Afin de s’assurer de l’état des tissus on déchire l’épiderme, et les parties dénudées offrent à leur centre un ulcère à bords taillés à pic, entamant toute l’épaisseur de la peau. Son étendue est celle du chancre résultant de l’inoculation régulière, et peut être évaluée à la moitié, à peu près, de la surface qui formait la base totale de la pustule. Autour de l’ulcère, la portion de peau dont l’épiderme a été détaché par le pus, présente les traces d’une ulcération superficielle. Du côté de la verge, amélioration remarquable des symptômes. Il reste peu de tuméfaction.

Le 8, on cautérise le chancre de la cuisse, et les pansements sont faits avec de la charpie imbibée de vin aromatique.

Même régime.

Le 10, les ulcérations de la verge présentent un bon aspect; les escarres superficielles produites par la mortification, dans les pustules des inoculations folliculaires de la peau de la verge, sont partout détachées. La cautérisation avec le nitrate d’argent et les applications de charpie imbibée de vin aromatique peuvent avoir lieu partout.

EXPLICATION DE LA

i. Organes génitaux vus de face (L' février). Sur le limbe du prépuce, épaissi et plissé, on remarque les ulcères, premiers symptômes de la maladie. Leur centre offre les caractères de la période de progrès, tandis qu’à la circonférence un anneau blanchâtre indique le début de la période de réparation. Plus en arrière, on voit une escarre gangréneuse résultant de la mortification qui a frappé la pustule d’un chancre folliculaire. Plus loin encore, on voit une pustule entière dont le sommet présente un escarre Ijrunâtre. La moitié antérieure de la verge offre un état érysipélateux, dont l’intensité est surtout remarquable dans la partie du prépuce qui forme saillie en avant du gland. Fig. 2. Organes génitaux, disposés de manière à présenter de face , les chancres folliculaires à l’état pustuleux, ainsi que la

saillie du prépuce en avant du gland. Près du limbe, on voit une escarre noirâtre, résultat de la mortification d’une pustule, et latéralement, une inoculation folliculaire qui date de deux jours. Plus Ijas, se présente de face la grosse pustule à sommet gangréneux , dessinée sur la fig. I'''. Enfin , sur les limites des parties enflammées se trouve un autre chancre folliculaire ayant produit un soulèvement notable de la peau.

Fig. ô. Pustule régulière, résultant de l’inoculation pratiquée le l'r février; dessin fait le 5, à neuf heures du matin. On remarque à la circonférence un léger empâtement de la peau, et dont l’intensité décroît en s’éloignant du centre

Le régime alimentaire est porté à la demi-portion.

Le 14, presque partout, la période de réparation fait des progrès, ou bien elle s’établit. Au limbe du prépuce, la base des ulcères offre un peu d’induration. On applique sur ce point la pommade au calomel; ailleurs, on continue les pansements avec le vin aromatique, et la cautérisation avec le nitrate d’argent.

Le 18, la cicatrisation marche bien; l’ulcération du gland est guérie.

On continue le même traitement.

Le 22 février, Fren.... est obligé de sortir pour affaires; il rentre le 25.

L’induration de la basq des chancres du prépuce persiste, et leur cicatrisation n’est pas complète ; on continue le pansement avec la pommade, et l’on ajoute au traitement l’usage d’une pilule de proto-iodure de mercure par jour, du sirop et de la tisane sudorifiques.

Le 28, la cicatrisation est partout terminée : on continue le traitement général.

Le 4 mars, l’induration du limbe du prépuce a disparu ; il en reste à peine à la base du chancre de la cuisse.

M. Ricord dit qu’il suffira d’appliquer sur ce point un morceau de sparadrap de Vigo cum mercurio, et de continuer encore pendant quelque temps l’usage des pilules pour obtenir une résolution complète.

Fren.... sort de l’hôpital; plus tard, il s’est présenté à notre observation, et l’on a pu constater une guérison radicale. Le traitement général avait dû être continué pendant un mois après la sortie de l’hôpital.

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