‹ Traité complet des maladies vénériennesChapitre 113 sur 121 · PL. XLVIII · texte numérisé non relu

PL. XLVIII

Après l’opération , les parties furent enveloppées de compresses imbibées d’eau froide, et on fit prendre au malade, tous les soirs : 30 centigrammes de thridace et de camphre divisés en deux pilules.

Les tissus se dégorgèrent peu à peu, sans beaucoup suppurer, et le travail de cicatrisation fut assez rapide. Cependant quelques végétations repulliilèrent : les unes sessiles, furent cautérisées avec le nitrate acide de mercure; les autres pédiculées, furent excisées.

Le malade qui a fourni le sujet de la figure 1 de la planche 4-8, tout à fait analogue à la figure 2 (moins la perforation du prépuce), était affecté d’un phimosis congénital. Il n’avait jamais eu de

maladie vénérienne ; seulement, six mois avant le jour où il vint réclamer nos soins, il avait éprouvé des démangeaisons violentes au gland et au prépuce, à la suite desquelles une suppuration fétide et mucoso-purulente s’était établie. Puis survinrent des végétations, qui n’avaient été ni contagieuses ni la conséquence d’une contagion. Ce qui le prouve, c’est que, la seule femme avec laquelle il avait entretenu des rapports, jusqu’au jour où le développement exubérant de ses végétations les rendit impossibles, n’avait de son côté jamais été malade. Depuis, il n’avait subi aucun traitement, et aucun autre symptôme ne s’était manifesté.

11 fut traité par nous, absolument comme le malade qui fait le sujet de la fig. 2.

EXPLICATION DE LA PLANCHE XLVIIl.

Fjg. 1. Phimosis congénilal. Gonflement considérable de la verge, occasionné par une masse de ve'gétations frambésiées, incarcérées dans le prépuce et analogues à celles qu’on voit sur son limbe.

Fig. 2. Phimosis accidentel. Gonflementconsidérabledelaverge;

perforation à la partie inférieure du prépuce, précédée d’un escarrhe gangréneuse, qui, lors de sa chute, donna issue à la masse de végétations qu’on observe.

Peint d’après nature et nth. par KtSioii.

PLANCHE XLIX

VÉGÉTATIONS FRAMBŒSZÉES.

OBSERVATIONS

Le malade qui a été l’objet de la fig. 1. était âgé de 25 ans. Il jouissait habituellement d’une très bonne santé, et bien qu’il eût eu plusieurs fois des rapports avec des femmes dont il n’était pas toujours sûr, il ne se rappelle pas avoir jamais eu aucun accident vénérien.

Il n’avait jamais éprouvé ni douleur, ni gêne en urinant, lorsqu’il ya 3 mois, il remarqua que le jet de l’urine était devenu tout-à-coup irrégulier et qu’il pissait en arrosoir (nousconservons ici son expression). Le plus souvent, dans les intervalles de l’émission de l’urine, le méat urinaire était agglutiné; toutefois il n’exis¬

tait aucune espèce de sécrétion anormale. C’est en décollant les bords agglutinés du méat urinaire qn’il s’aperçut un jour de l’existence d’une végétation, en forme de crête de coq, qui surgissait à l’entrée de l’nrètre.

Quand le malade vint nous consulter, cette végétation était d’une couleur grisâtre, sèche, analogue à de la corne à son extrémité libre , tandis qu’à son point d’insertion elle était rouge, granulée et très vasculaire.

Il a suffi d’une simple excision à l’aide de ciseaux courbés sur le plat pour en débarrasser définitivement le malade.

Le malade qui a fourni le sujet de la fig. 2. était âgé de 30 ans et d’une bonne constitution. Il avaiteu plusienrs blennorrhagies qui furent toutes traitées par les anti-phlogistiques et les balsamiques. Jamais aucun symptôme syphilitique ne s’était manifesté chez lui.

La dernière blennorrhagie qu’il avait eue datait de 6 mois. Comme elle avait résisté à l’usage desanti-blennorrhagiques ordinaires, un médecin se décida à prescrire un traitement par la liqueur de Van-Swieten, que le malade suivit pendant 2 mois. Quelques injections avec le sulfate de zinc avaient aussi été employées.

Quand lè malade se soumit h notre examen, il éprouvait, depuis trois mois déjà, de la difficulté dans l’émission de l’urine, dont le jet était faible, irrégulier, et bifurqué. A la même époque, il avait constaté l’existence de plusieurs végétations. ïou-

PL. xux.

tefois, il ne pouvait les voir qu’en écartant fortement les bordsdu méat urinaire, et il était même obligé en quelque sorte, de renverser l’urêtre en dehors, afin de les mettre à découvert. Ces végétations prirent un accroissement assez rapide, et gênaient, de plus en plus, l’émission de l’urine.

On les excisa à l’aide de ciseaux, courbés sur le plat ; mais l’écoulement blennorrhoïde persistant ainsi que la difficulté d’uriner, il fallut explorer le canal, afin de s’assurer s’il n’existait pas quelqu’autre obstacle.

11 fut impossible d’introduire une sonde métallique d’un moyen calibre, et on ne parvint à parcourir l’urètre dans toute l’étendue de son trajet, qu’à l’aide d’une bougie en gomme élastique n° 10 de la filière millimétrique. C’était à la région spongieuse, qu’on éprouvait de la difficulté à faire manœuvrer l'instrument dont la pointe était

arrêtée par un tissu facile à déchirer et qui laissait échapper une assez grande quantité de sang.

H s’agissait donc là, d’un de ces cas de rétrécissement dû à ce que les anciens appelaient carnosités ou caroncules de l’urètre.

Voici le procédé employé pour détruire ces végétations : on introduisit dans l’urètre, un fil d'argent courbé en anse, dont les»deux chefs étaient engagés dans une canule métallique. Au fur et à mesure qu’une végétation se trouvait engagée

dans l’anse métallique, il suffisait de pousser la canule en avant pour l’exciser. Mais, il fallut revenir à cette manœuvre à plusieurs reprises et à plusieurs jours d’intervalle , pour parvenir à tout détruire.

L’écoulement blennorrhoïde avait augmenté pendant tout le temps que nécessita l’opération ; quand toutes les végétations furent excisées, il diminua peu à peu, et au bout de quinze jours il avait complètement cessé.

Le malade qui a été le sujet de la üg. 3, était âgé de 25 ans. 11 était fréquemment affecté d’éruptions herpétiques au gland et au prépuce, il paraît même qu’il avait eu un eczema des bourses, peu de temps avantde s’être aperçu de l’existence des végétations.

Le gland demeurait habituellement recouvert, mais le prépuce était assez large pour permettre de le découvrir facilement.

11 n’avait pas vu de femme depuis trois mois, quand il ressentit pour la première fois quelques démangeaisons à la base du gland, suivies de rougeur et d’une sécrétion anormale peu abondante.

Bientôt se manifestèrent de petites granulations rouges, molles, friables, saignant à la moindre pression, au moindre contact. Peu à peu, elles donnèrent lieu , par leur développement, aux masses de végétations frambœsiées que représente la fig. 3-

Ces végétations étaient le siège de démangeaisons assez vives: il s’en écoulait une sécrétion fé¬

tide assez abondante ; elles avaient une couleur êbuge vif, quand elles étaient restées longtemps recouvertes par le prépuce. Si le malade les maintenait à découvert et exposées au cpntact de l’air, bientôt leur couleur rouge diminuait, elles devenaient grisâtres, dures, et leur sécrétion diminuait aussi.

Du reste, le malade n’éprouvait aucune douleur, si ce n’est quand il voulait essayer des rapports sexuels, ou quand il subissait accidentellement quelques froissements violents.

Jusqu’au jour où il vint nous consulter, il n’avait fait aucune espèce de traitement. Nous nous contentâmes de pratiquer l’excision des végétations, et la guérison fut complète.

Cependant, h cause de sa disposition herpétique, le malade fit usage de quelques purgatifs salins; prit des bains de Barèges et de la tisane de douce-amère édulcorée avec du sirop de furaeterre.

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