PL. XII
A la commissure droite il reste seulement une petite fissure.
Même traitement. On donne les trois quarts de la portion alimentaire.
Le 27, les accidents syphilitiques ont disparu complètement.
Le 29, le malade sort de l’hôpital.
EXPLICATION DE
Fig- 1. Organes génitaux de Thau....)Sujet de la premièreobserxation.
Le pi’épuce a été renversé afin de laisser voir l’ulcération qui siège sur sa muqueuse, l’induration par laquelle il se trouve envahi, l’a privé de sa souplesse normale, et l’on peut remarquer particulièrement au voisinage de la couronne du gland, qu’il demeure tendu et ne s’applique pas exactement sur la verge en suivant son contour.
Pour ce qui est de l’ulcère en lui-même, sa surface se trouve légèrement déprimée au-dessous du niveau des pai'ties saines, elle présente tant à son centre qu’à sa circonférenceirrégulièredes points sur lesquels il est facile de reconnaître le début de la période de réparation. L’ulcère de la peau de la verge est particulièrement remarquable par sa base élevée et par les points noirâtres qui indiquent la gangrène interstitielle qui est venue activer le travail ulcératif. Ici l’on voit, à la circonférence des tissus ulcérés, une espèce d’anneau induré, sa surface est rugueuse et l’épiderme s’en détache par petites squammes, en laissant à découvert des tissus sur lesquels on remarque une sorte d’injection ponctuée.
Dans la région inguinale gauche, on voit une tuméfaciion longitudinale, occasionnée par l’inflammation ganglionnaire.
Du côté droit, deux petites tumeurs,duesà la même cause, se montrent à peu de distance l’une de l’autre.
La peau qui recouvre ces tumeurs n’a que fort peu
LA PLANCHE XIT.
changé d’aspect, elle est seulement un peu plus lisse à cause de la distension qu’elle éprouve.
F'S- 2, Verge de M..., sujet de la seconde observation. Le prépuce est renversé de manière à laisser voir l’ulcération qui siège sur la muqueuse.
On peut juger de l’étendue de l’induration de la base par la saillie de l’anneau qui circonscrit la surface ulcérée. On voit sur les côtés les plis que forme la muqueuse dans les points où les tissus demeurés sains ont conservé leur souplesse, tandis que tout ce qui est envahi par l’induration reste uniformément tendu.
Autour de la surface ulcérée on remarque un cercle blanchâtre, indice d’un début de cicatrice. Au centre les caractères de la période de progrès existent encore, et quelques points noirâtres indiquent la gangrène interstitielle qui est venu compliquer la maladie.
Fig. 3. Pouce de la main droite de Just..., sujet de la troisième observation.
Dessin fait le 1 septembre. Le pus qui souillait la surface de l’ulcère a été abstergé afin de laisser voir les bourgeons charnusqui la recouvrent et lui donnent l’aspect d’un tissu végétant.
Ici l’induration offre une saillie et une étendue très considérables, le diamètre transversal du chancre dépasse l’épaisseur du doigt, et l’on voit à la circonférence un anneau formé par la peau indurée et qui semble avoir été refoulée par un mouvement excentrique.
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t lith.par Emile Beau d î.Bign.
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PLANCHE Xm
ULCÈRE PRIMITIF INDURÉ A LA PÉRIODE DE RÉPARATION, ENGORGEMENT INDOLENT ET INDURATION DES GANGLIONS INGUINAUX. ÉRUPTION SIPHILITIQUE POLYMORPHE : MACULES, PAPULES, VÉSICULES, PUSTULES, SQUAMMES.
OBSERVATION
Gill...., âgé de 25 ans, garde magasin, entré le iS octobre 4839, salle 7, n° 44.
Ce malade, assez fortement constitué, est d’une taille moyenne. Sa peau est blanche et fine ; il a été vacciné.
Il n’avait jamais eu d’affections vénériennes, lorsque cinq à six jours après un coït qui eut lieu le 30 juillet 1839, il éprouva de la douleur au côté gauche de l’angle péno-scrolal, et remarqua la présence ù'nnpelit bouton écorché et qui suppurait.
Pendant les premiers jours, il se borna à des soins de propreté, et le mal fit peu de progrès.
Du 10 au 11 août à peu près, le point malade devint très douloureux, puis dans une assez grande étendue à la circonférence, la peau se colora en rouge vif; on fit des pansements avec de la décoction de guimauve.
Bientôt l’ulcération s’agrandit avec plus d’activité en même temps qu’un eczéma envahissait de proche en proche la peau de la verge et celle du scrotum; les pansements à la guimauve furent continués.
Vers le 10 septembre, à droite et à gauche, les régions inguinales présentèrent quelques ganglions tuméfiés, mais qui n’occasionnaient que fort lieu de douleur à la pression.
A cette époque déjà, l’ulcération de la verge avait une étendue à peu près d’un quart moindre que celle qui est indiquée dans la planche : son fond était partout grisâtre, ses hords étaient durs et décollés. Du 15 au 20 sept., la tuméfaction ganglionnaire fit des progrès dans l’aine gauche. Enfin, sur le tronc et sur les membres, le malade s’aperçut de 1 apparition de nombreuses taches rouges, auxquelles succédèrent bientôt des vésicules; trois jours plus tard, la gorge devint très douloureuse. Du côté de la verge et des bourses, l’eczéma, qui depuis longtemps était demeuré slalionnaire, PL. xm.
parut s’étendre sous l’influence d’une récrudescence d’acuité, et le tissu cutané qu’il avait envahi se tuméfia. On continuait toujours les pansements avec l’eau de guimauve, et l’on appliquait des cataplasmes sur les bubons.
La maladie de Gill ne laissait pas de s’ag¬
graver malgré qu’il gardât le repos depuis assez longtemps, et qu’il se fût soumis à un régime rafraîchissant. Il crut alors devoir se présenter à l’hôpital, où il fut admis, le 15 octobre 1839.
Le jour de son entrée, voici les symptômes qui furent notés par M. Ricord :
Le côté gauche du fourreau, l’angle penoscrotal et la partie supérieure du scrotum dans ce point, sont le siège d’une ulcération irrégulièrement arrondie et de près de quatre centimètres d'étendue dans son plus grand diamètre.
Cette ulcération,arrivée aujourd’hui à la période do réparation dans toute son étendue , et ne fournissant plus de pus inoculable, offre partout un fond rose qui s’élève déjà presque au niveau des bords. Ceux-ci adhérents dans toute la circonférence , et amincis , s’inclinent sur le fond en y projetant leur part de cicatrice ; tandis qu’un cercle blanc grisâtre qui les entoure a remplacé l’auréole rouge de la période ulcérative ou de progrès. L’ulcère, du reste, est supporté par une base de peu d’épaisseur, mais dure et donnant au toucher la sensation que fournissent certains cartilages. La peau des autres parties du fourreau et des bourses un peu épaissie, offre encore des traces d’eczéma rubrum, et le tissu cellulaire qui la double est affecté d’œdème dur. Dans la région inguino-crurale droite, on rencontre quelques ganglions lymphatiques superficiels engorgés et indolents; mais dans celle de gauche,
Un de ces ganglions a déjà acquis un certain volume ; celui-ci est adhérent par sa base ; la peau qui le recouvre et qui a changé de couleur, ne saurait être déplacée, et il est un peu douloureux au toucher.
Les accidents primitifs et successifs persistent encore; mais arrivés à celte période où ils tendent à la guérison , ou subissent sur place la transformation qui établit le chaînon des accidents primitifs aux accidents constitutionnels, sont déjà suivis de symptômes secondaires, La peau, dans différentes régions du torse, des membres et de la face, offre une éruption peu confluente, qui se présente sous la forme de macules, ressemblant, dans quelques points à des piqûres de puce, et ayant, dans d’autres où elles sont plus étendues, l’aspect rubéolique d’un rouge assez vif et animé, régulièrement arrondies et disparaissant sous la pression du doigt. Parmi les taches de grandeur variée, dont quelques unes sont déjà un peu saillantes et comme papuleuses, tandis que d’autres sont restées au niveau de la peau saine, se dessine une autre éruption qui n’en est qu’un terme plus avancé, on une sorte de terminaison par suppuration. Celte éruption visiculeuse, simple dans quelques endroits et psydraciée à base papuleuse, entourée d’une auréole d’un rouge un peu foncé dans d’autres, tend déjà à s’éteindi’e sur plusieurs points où elle est couverte de squammes ou de croûtes brunâtres. Sur le front et sur les épaules on la prendrait tout à coup, et à cause de la particularité du siège, pour une éruption d’acné; mais dans son ensemble et sur les autres parties du corps, c’est incontestablement à la varicelle qu’elle ressemble le plus.
Aucun mouvement fébril n’a précédé ou n’accompagne l’éruption qui ne produit ni douleur ni démangeaison.Les ganglions cervicaux postérieurs sont légèrement engorgés, sans éruption croûteusedu cuir chevelu et sans alopécie. Les amygdales étaient le siège des plaques muqueuses saillantes, grisâtres et légèrement exulcérées; enfin, à part les phénomènes qui viennent d’être notés, il n’existe aucune autre lésion, ni aucun trouble fonctionnel.
Le 17 octobre, on panse l’ulcération penoscrotale avec la pommade au calomel et à l’opium, on prescrit une pilule de prolo-iodure de mercure par jour; on donne le sirop et la tisane sudorifiques; pour régime alimentaire, quart de portion.
Le 24, sous l’influence du repos, l’œdème du scrotum a beaucoup diminué. L’eczéma a presque complètement disparu , les bords de l’ulcération
demeurent saillants et durs , mais le fond paraît plus rose, çà et là quelques bourgeons charnus commencent à se développer. L’éruption cutanée n’a pas fait de progrès; elle paraît influencée par le traitement, les vésicules s’affaissent, se dessèchent et se recouvrent de squammes légères.
Depuis le 21 octobre, le malade prend trois pilules de proto-iodure de mercure par jour, on continue le sirop et la tisane sudorifiques.
On panse toujours avec la pommade au calomel et à l’opium.
Même régime alimentaire ; les voies digestives se maintiennent en bon état.
Le 29, partout l’œdéme a disparu. Il ne reste aucune trace d’eczéma. L’induration du chancre péno-scrolal a beaucoup diminué et des bourgeons de bonne nature se sont produits. Les bords de l’ulcération sont presque au niveau de la surface. Dans l’aine droite, la tenlion ganglionnaire a disparu, et du côté gauche la tumeur inguinale a perdu les deux tiers de son volume.
L’éruption cutanée s’éteint partout; les aréoles qui entouraient les vésicules et les papules ont pris une teinte brunâtre, et beaucoup de squammes se détachent en laissant à découvert des tissus lisses et très légèrement déprimés.
Le malade prend trois pilules de proto-ioduro de mercure chaque jour. On continue le sirop et la tisane sudorifiques.
Mêmes pansements.
Le régime alimentaire est porté aux trois quarts de portion.
Le 3 novembre, il reste à peine une légère tension ganglionnaire dans l’aine droite. L’étendue de la surface de l’ulcération péno-scroiale est réduite de moitié, et l’induration de ses bords et de sa base a presque disparu. Pour hâter la cicatrisation , on cautérise superficiellement avec le nitrate d’argent et l’on panse avec de la charpie imbibée de vin aromatique.
L’éruption cutanée continue à s’éteindre ; les points desquels les squammes se sont détachées se décolorent, les papules s’affaissent et la chute des squammes continue. 11 en reste à peine quelques-unes sur le tronc. Le malade prend quatre pilules de proto-iodure de mercure par jour. L(> 1" novembre, les gencives avaient un peu rougi et s’étaient légèrement tuméfiées; mais, sous l'influence d’un gargarisme avec l’acide chlorhydrique, la stomatite n’a pas fait de progrès.
On continue le sirop et la tisane sudorifiques.
Même régime alimentaire.
Le 7, dans les deux régions inguinales, il ne
l’este aucune trace de tuméfaction ganglionnaire, l’ulcération péno-scrotale est cicatrisée sans laisser d’induration. Tous les points du tissu cutané envahis par la syphilïde ne présentent que des taches légèrement brunâtres; en plusieurs endroits, où l’éruption paraît avoir avorté, la coloration brune est à peine sensible.
Les amygdales qui, depuis le 1" novembre, ne présentent plus de plaques muqueuses, paraissent à l’état normal ; les fonctions digestives se font bien.
Même traitement, même régime alimentaire.
Le 11 novembre, tous les accidents sipbilitiques que nous avons signalés ont disparu, et les taches brunâtres qui indiquent le siège de l’éruption tendent à se décolorer graduellement.
Le malade sort de l’hêpital.
Le 17 janvier 1840, Gil... estadmis de nouveau dans le service de M. Ricord, salle 7, n“ 33. Depuis le 11 novembre, jour de sa sortie, il n’a fait aucun traitement, et même avait repris ses occupations assez fatiguantes, lorsque, vers la fin de novembre, sans prodromes marqués, il s’aperçut d’une recrudescence de l’affection cutanée; la gorge devint douloureuse, les environs de l’anus , ainsi que les lèvres devinrent malades, et sur la cicatrice de l’ulcère péno-scrotal, des plaques papuleuses ne tardèrent pas à s’ulcérer superficiellement ; enfin, une éruption générale se développa de nouveau.
La maladie marchait lentement, mais s’aggravait d’une manière incessante. Dès lors, Gil... se décida à rentrer à l’hêpital.
Aujourd’hui la syphilide doit être rangée dans la classe des éruptions squammeuses sur le tronc et sur les membres. Les replis de l’anus et la peau voisine, sont le siège de papules muqueuses ; la face interne des lèvres, les piliers antérieurs du voile du palais, et les amygdales, offrent des plaques muqueuses; sur la cicatrice de l’ulcération péno-scrotale , et sur la muqueuse du gland on remarque des papules muqueuses ulcérées ; enfin, il existe une éruption croùteuse du cuir chevelu , et les cheveux se détachent avec facilité.
Le 18 janvier, lendemain du jour de son entrée, le malade fut mis à l’usage des pilules de protoiodure de mercure, du sirop etde la tisane sudorifiques; en même temps, il fit usage d’un gargarisme composé d’après la formule suivante : Décoction concentrée de ciguë et de morelle, à parties égales, 200 grammes ; deuto-chlorure de mercure , 10 centigrammes.
Le 28 janvier, la maladie paraît enrayée; on donne, depuis trois jours, deux pilules de prolo-iodure de mercure. Sous l’influence des pansements, au calcmel et au chlorure de soude, les papules muqueuses des diverses régions sont notablement modifiées, au gland il reste à peine des traces des plaques exulcérées. Les gargarismes ont produit une amélioration rapide dans l’état de la gorge qui n’est plus douloureuse.
Depuis quatre jours, le malade reçoit la demiportion d’aliments.
Le 10 février, les papules muqueuses ont presque disparu et l’éruption cutanée marche activement vers la guérison; une bonne partie des squammes s’est détachée, et les tissus laissés à dé ■ couvert offrent déjà sur plusieurs points des taches brunes et déprimées, qui indiquent les parties où la nouvelle éruption s’est éteinte.
On continue le traitement par les pilules, le sirop et la tisane sudorifiques. On suspend les pansements au calomel et au chlorure.
Le régime alimentaire est porté aux trois quarts de portion.
Le 19, il ne reste plus de squammes; les croûtes du cuir chevelu ont disparu depuis trois ou quatre jours. Enfin, partout l’éruption est éteinte.
Le malade prend chaque jour trois pilules de proto-iodure de mercure, sirop et tisane sudorifiques. Les voies digestives se maintiennent en bon état.
Même régime alimentaire.
Le 28 février, tout est guéri ; les derniers points dont les squammes se sont détachées n’offrent plus que des taches brunâtres déprimées.
Le malade sort de l’hôpital.