PLANCHE PREMIÈRE
dans les mêmes proportions que la coloration rouge da l’aréole inflammatoire.
Fig. i. Dessin fait le 4 février, à neuf heures du matin ; progrès réguliers dans les éléments de la pustule.
Fig. 5. Dessin fait le 5 février, à neuf heures du matin; même progrès régulier. On aperçoit encore au centre de la pustule les traces du point piqué par la lancette ; l’épiderme est très tendu par le pus.
Fig. 6. Dessin fait le 6 février, à dix heures du matin. Le développementde la pustuleest plus considérable que dansJ’inoculatioB régulière. Cet état est dû au décolement de l’épiderme, distendu par une trop grande quantité de pus.
Fig. 7. Dessin fait le 7 février, à dix heures du matin. Même genre de progrès; la pustule, protégée par un verre de montre, ne s’est ouverte en aucun point.
Fig. 8. Dessin fait le 7 février, à onze heures du matinT On a déèhiré la pustule, et sa base présente, au centre, un ulcère à bords taillés à pic, entamant toute l’épaisseur de la peau, qui est décolée circulairem'ent dans une étendue d’un millimètre-à peu près. En dehors de l’tilcéraüon , la portion de peau dénudée par le décolement de l’épiderme, est rouge, et superficiellement ulcérée, tandis que l’ulcère central est grisâtre. Un anneau blanchâtre, formé par les lambeaux de l’épiderme déchiré, marque les limites de la base de la pustule.
PLANCHE II
ULCÈRE PRIMITIF FOLLICULAIRE; ADÉNITE VIRULENTE : INOCULATION REGULIERE.
OBSERVATION
ans, cordonnier, entre le 28 janvier 1840, salle .3, n" 1.
Per, âgé de trente trois
La première affection vénérienne dont ce malade nit été atteint fut une. blennorrhagie, résultat d’un ooït qui eut lieu à Laval, le 26 décembre dernier. L’écoulement devint bientôt abondant, et des symptômes de vive inflammation se manifestèrent. Le repos, des boissons délayantes, l’usage des antiphlogistiques généraux amenèrent une rémission notable, et Per.... se rendit à Paris.
Le 9 janvier, de nouveaux rapports sexuels eurent lieu, et, trois jours après, le malade s’aperçut de la présence d’une petite ulcération placée sur la face supérieure du gland, à droite.
L’écoulement blennorrhagique augmenta peu à la suite de l’écart de régime que nous venons de signaler, et, six jours plus tard, il était passé à l’état presque complètement muqueux. Deux jours après que le malade eut vu le chancre du gland, il éprouva dans l’aîne une douleur assez vive, et une adénite se développa avec tous les symptômes d’une vive acuité. Jus- (ju’au 28 janvier, jour de l’entrée de Per.... dans le service de M. Ricord; on s’est borné aux antiphlogistiques généraux et à un régime assez sévère.
Aujourd’hui il reste un léger suintement urétral. Sur le gland, on voit un ulcère à fond grisâtre, à bords taillés à pic, et présentant tous les caractères du chancre folliculaire. L’aréole rouge qui l’entoure est peu étendue, et paraît presque limitée à la portion des tissus qui, légèrement soulevée, offre un peu de tension. A part ce symptôme local, les organes génitaux conservent leur coloration naturelle, et ne présentent aucune apparence d’inflammation.
Dans le pli de l’aîne, siège de l’adénite, la peau est amincie, adhérente, et colorée en rouge vif. On sent une fluctuation évidente, et l’on peut juger de l’étendue du foyer que le pus occupe par l’espace
compris entre ses bords nettement tranchés, et qu’il est facile de suivre à l’aide de leur résistance assez notable.
Le 29 janvier, on ouvre le bubon, qui fournit une assez grande quantité de pus jaunâtre mal lié. La surface du foyer est parsemée de points gris ; elle offre une parfaite ressemblance avec celle des ulcères à l’état de progrès. Le chancre du gland paraît stationnaire-, son fond est toujours grisâtre. On pratique une inoculation sur la cuisse droite avec le pus qu’il fournit.
On applique des cataplasmes sur le bubon ; le chancre est pansé avec du cérat.
Pour aliment, on donne le quart de portion; tisanes rafraîchissantes.
Le 30 janvier, on inocule le pus du bubon sur la cuisse gauche.
Le 2 février, les pustules d’inoculaion sont bien formées. On continue les mêmes pansements et le même régime.
Le 3, on déchire la pustule de la cuisse droite, et l’on dessine l’ulcère caractéristique produit par l’inoculation. Son fond est grisâtre. Au centre, un voit un point offrant une coloration grise, pareille à celle du chan’ere du gland. On dessine le bubon , dont l’ouverture présente des bords ulcérés et un peu renversés en dehors. Le foyer est toujours à l’état d’ulcération en progrès, et la peau amincie <jui le recouvre offre une coloration rouge-violacé. Les ganglions voisins sont peu enflammés, et à peine sensibles à la pression.
On cautérise le chancre du gland avec la pâle de Vienne appliquée en couche peu épaisse, et de tnanièi-e à dépasser à peine les limites de rûlcératiou.
On dessine la pustule produite sur la cuisse gauche
par l’inoculation faite avec le pus du bubon, et après l’avoir déchirée, on dessine l’ulcère caractéristique qu’elle recouvrait.
On continue le même traitement et le même régime.
Le 4 février, la cautérisation pratiquée sur le chancre du gland a dépassé de fort peu les limites de l’ulcération. Une petite escarre noire adhérente recouvre les parties.
Les ulcères produits sur les deux cuisses par les inoculations ont fait des progrès réguliers. On les dessine, puis on pratique la cautérisation avec la pâte de Vienne, comme cela avait été fait pour le chancre du gland.
On donne la demi-portion ; on continue les applications de cataplasmes sur le bubon, qui suppure toujours assez abondamment.
Le 8 février, l’escarre noirâtre produite par la cautérisation à l’aide de la pâte devienne, sur le chancre du gland, s’est détachée pendant la nuit, et le fond de la plaie est d’un rouge vif. Cet état paraît indiquer, la destruction du principe virulent.
On cautérise le foyer du bubon avec le nitrate d’argent, et l’on fait les pansements avec de la charpie imbibée de vin aromatique.
Même régime.
Le 40 février, la plaie produite sur le gland par
la cautérisation est toujours rose et belle ; on la panse au vin aromatique. Sur la cuisse, les escarres résultant de l’application de pâte de Vienne, faite le 4 février, sont tombées le 42.
Le 45, la plaie du gland est presque cicatrisée-, celles des cuisses sont roses, et en voie de cicatri-: sation. Leur nature virulénte a été détruite complètement par le caustique; on les panse au vin aromatique. Pour le bubon, même pansement.
Même régime.
Le 20, les plaies d’inoculation sont partout cicatrisées.
Le foyer du bubon se resserre ; il y a bien moins de suppuration.
Même régime, même pansement.
Le 2 mars, pour obtenir un bourgeonnement favorable au recolement de la peau qui recouvre le foyer du bubon, dont le fond s’élève progressivement, on applique la poudre de cantharides.
Le 40, la réparation marche bien; la plaie de l’aîne est rose, et couverte de bourgeons de bonne nature.
Le 20 mars. Per sort guéri ; on ne peut trouver
la moindre induration sous lés cicatrices des ulcères, soit au gland, soit aux cuisses.
Il n’a donc pas été nécessaire d’avoir recours au traitement général.