‹ Traité complet des maladies vénériennesChapitre 37 sur 121 · EXPLICATION DE LA PLANCHE XV BIS · texte numérisé non relu

EXPLICATION DE LA PLANCHE XV BIS

Fi/j. i. Sypliilide exaiitliématique et vésiculeuse.

La forme annulaire domine. Cercles de roséole et plaques d’érythème.

Herpès miliaire circiné et en groupes, fritis A gauche : injection des vaisseaux de la conjonctive et de la sclérotique. Cercle précornéen. Altération de la coloration de l’iris. Déformation de la pupille. Exhalation plastique dans le champ pupillaire.

Fùj. 2. Syphilide vésiculeuse herpctiforme. L’éruption que ce malade avait à la face est un magnifique specimen de la forme herpétique en groupe et circinée. Elle est tellement analogue, quant aux antécédents, au mode d’évolution, à la marche, à la terminaison et à l’influence du traitement, à celle du malade qui a fourni le sujet de la planche xxvn . que nous n’avons pas cru nécessaire de recommencer une nouvelle description qui aurait ressemblé à la première. La seule chose à

noter, c’estqua ce malade n’.ivait eu qu’un chancre induré pour tout antécédent.

Du reste, cette forme de syphilide qui , à l’époque où on ne savait pas encore la rapporter à sa véritable cause, avait été considérée comme très rare dans un hôpital spécialement destiné aux affections de la peau, est cependant assez commune; car, dans les 5 derniers mois qui viennent de s’écouler, les élèves qui fréquentent la clinique de l’hôpital du Midi, ont pu en observer 5 cas des mieux caractérisés.

Chez (leux de ces malades qui cachaient leurs antécédents, et qui, par cette dissimulation, auraient pu laisser du doute sur la véritable nature de leur maladie , ou qui, selon une doctrine absurde , auraient pu être considérés comme affectés d’une syphilis constitutionnelle d'emblée, on trouva pour point de départ, un chancre de l’anus, dont l’existence avait été révélée par l’engorgement délateur et indolent des ganglions inguinaux externes.

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Si IlyacinthoSt-Michel. 33.

Dessiné à'flprèsnature fiilirli par F Bion..

lmp Lirli.de A Artns.

Dessiné d'après nalureelliih par F.Bion

PLANCHE XV

STPHILIDE EXANTHÉMATIQUE ET PAPULO-SQUAMMEUSE LENTIGULÉE DE LA PAUME DES MAINS ET DE LA PLANTE DES PIEDS.

M. âgé de vingt-six ans, né de parents sains, vacciné dans son enfance et d’un tempérament bilieux, avait été sujet aux affections rhumatismales. Il contracta, en 1838, une blennorrhagie qui guérit par les antiphlogistiques et les balsamiques.

En 1839, il eut un chancre urélral suivi d’une adénite inguinale qui suppura. On lui administra un traitement mercuriel; il ne survint aucun accident.

Au mois d’août 1844, une ulcération apparut au voisinage du frein; huit ou dix jours après, le malade observa l’engorgement de quelques ganglions dans les deux régions inguinales. Le chancre cicatrisa en trois semaines, sous l’influence de pansements avec le cérat mercuriel.

Le 25 novembre 1844, M. vint me consulter, et voici les symptômes que je constatai : Il y avait une induration persistante dans le point qui avait été le siège du chancre ; plusieurs ganglions des deux régions inguinales étaient tuméfiés, mais indolents. Les ganglions de la région cervicale postérieure étaient aussi tuméfiés et indolents.

Il y avait six semaines que le malade était tourmenté de douleurs céphaliques sus-orbitaires nocturnes, et de douleurs vagues nocturnes au voisinage des articulations, quand il lui survint une éruption exanthématique confluente, surtout sur la partie antérieure du torse et dans le sens de la flexion des membres : elle s’était manifestée presque partout en môme temps avec tous les caractères d’une roséole lenticulée; jamais elle n’avait été prurigineuse; la fièvre ne l’avait ni précédée ni accompagnée. Cette éruption siégeait aussi sur la paume des mains et sur la plante des pieds; elle avait là le même aspect que sur les autres parties du corps; seulement, parmi les points maculés on distinguait des papules re¬

couvertes de squamraes un peu dures et épaisses.

La face dorsale des mains n’était pas affectée par l’éruption.

On soumit le malade à l’usage de la tisane de douce-amère, et du proto-iodure de mercure, à la dose de 5, puis de 10 centigrammes par jour.

Tous les deux jours, on administrait une fumigation, avec 12 grammes de cinabre. Tous les soirs, dans le but de hâter la disparition de l’éruption, M. ***■ faisait une friction sur la paume des mains avec la pommade suivante :

Qj!. Précipité blanc, 4 grammes.

Cérat soufré, 30 grammes.

Mêlez.

Après quinze jours de ce traitement, tout avait disparu. Cependant le malade prit, en outre, douze fumigations de cinabre , et continua le reste du traitement pendant trois mois.

La plante des pieds et la paume des mains peuvent être le siège de toutes les éruptions syphilitiques : souvent, comme dans l’observation que je viens de donner, les syphilides y apparaissent en même temps que sur toutes les autres parties du corps, mais il n’est pas rare de les voir se manifester dans ces régions seulement; elles peuvent y être tellement discrètes, qu’on a vu des malades n’avoir qu’une ou deux taches.

Les éruptions palmaires et plantaires produisent souvent des fissures et des gerçures douloureuses, par le fait des mouvements qui tiraillent les tissus devenus rigides.

11 est important de remarquer encore que c’est à la paume des mains et à la plante des pieds que la couleur cuivrée spéciale aux syphilides a le plus de tendance à se prononcer.

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