EXPLICATION DE LA PLANCHE XXII
Syphilide pnstuto-crustacée de la région palmaire à divers degrés de développement : pustules, croules et desijuaniniation.
Dessitié d'après nature et lith, par f.Bioii
PLANCHE XXIII
SYPHIUDE TUBERCUI.O-CRUSTACÉZ: ANNULAIRE. ACCIDENT DE TRANSITION.
OBSERVATION
M. commerçant, âgé de 32 ans, brun, détaillé moyenne etd’un embonpoint médiocre, était né de parents sains. Il avait été vacciné et jouissait d’une très-bonne santé, lorsqu’il y a six ans, il s’aperçut, huit jours après des rapports sexuels, d’une ulcération h la base du gland. Cette ulcération avait déjà une étendue que le malade compare à celle d’une lentille , ce qui prouve qu’elle ne datait pas du jour où il avait constaté son existence. Abandonnée à elle-même, cette ulcération continua ses progrès. Des engorgements ganglionnaires surgirent aux deux régions inguino-crurales, mais indolents et peu volumineux, ils se dissipèrent sans suppuration. L’ulcération toujours indolente , suppurait fort peu ; l’espèce de noyau qui formait la base dure et saillante où elle était assise, persista longtemps encore après sa cicatrisation.
Aucun traitement n’étant fait, une céphalée générale nocturne, de la gène dans les mouvements du cou, survinrent au bout de six semaines. Le malade fut ensuite affecté de plusieurs engorgements des ganglions cervicaux postérieurs et d’une éruption croûteuse au cuir chevelu , accompagnée d’une alopécie presque complète.
Au bout d’un an, apparût sur la face, une éruption nouvelle, qui avait le menton pour siège principal : elle était formée par des petites tumeurs , pleines, solides, résistantes, sans douleur ni démangeaison ; ces tumeurs étaient peu saillantes, sans croûtes ni ulcération, et occupaient toute l’épaisseur de la peau.
On prescrivit au malade la liqueur de Van- Swieten : il en continua l’usage pendant cinq mois, après lesquels tous les accidents avaient disparu.
Au bout de deux ans, sans autre cause appré¬
ciable qu’une marche forcée, un des ganglions inguinaux s’engorgea : l’inflammation suivit la marche aiguë et se termina par une suppuration abondante. Le malade n’avait en aucun rapport sexuel depuis six mois. On lui fit prendre, pendant six semaines, tantôt des pilules de Dupuylren, tantôt de la liqueur de Van-Swieten. Il était resté ensuite pendant deux ans et demie avec toutes les apparences d’une santé parfaite, lorsqu’une autre éruption (conséquence nouvelle du seul accident primitif qu’il avait antérieurement contracté), se développa sur l’avant-bras gauche avec les mêmes caractères que celle qu’il avait eue déjà à la face et sur le menton. On prescrivit de nouveau la liqueur de Van-Swielen et deux mois après, tout avait disparu.
Quatre mois plus tard, apparut enfin l’éruption qui fait le sujet de la planche ; elle datait d’un an, quand le malade fut soumis à notre observation ; elle avait pour siège les deux tiers de l’avant-bras droit, et avait progressé du centre à la circonférence. L’espèce d’anneau qu’elle formait était le résultat d’une série de groupes de tubercules, dont le sommet était couvert de croûtes épaisses, sous lesquelles existaient des ulcérations peu profondes.
Là où cet anneau tuberculeux s’arrêtait, la peau était parfaitement saine; tandis que dans l’espace qu’il circonscrivait, la cicatrice mince qui avait succédé aux tubercules était comme chagrinée et d’une teinte vineuse.
Le malade n’avait jamais eu de fièvre, et celte dernière éruption ne lui causait ni douleur ni démangeaisons.
Voici le traitement qu’il subit :