‹ Traité complet des maladies vénériennesChapitre 53 sur 121 · EXPLICATION DE LA PLANCHE XXI · texte numérisé non relu

EXPLICATION DE LA PLANCHE XXI

Fig. 1.

Fig. 2 Fig. 3.

Ulcère primitif non induré de la gencive à la période de progrès.

Ulcéré primitif non induré tlii frein (chancre te'rébrant du frein), parapliimosis.

La même ulcération vue après l.-i résection du frein.

Fig. 4. Ulcère primitif induré à gangrène interstitielle : période de réparation dans quelques ■ oints. — Syphilide vésiculo-pustuleuse à divers degrés de développement.

PLANCHE XXII

SYPHILIDE PUSTULO-CRUSTACÉE PALMAIRE, RÉCIDIVE D’ACCIDENTS SECONDAIRES, FORME TARDIVE.

OBSERVATION

P***, âgé de 36 ans, menuisier . issu de parents sains, avait été vacciné dans son enfance. Il avait les cheveux bruns, le tempérament sanguin et la constitution robuste.

En 1839, à la suite d’un coït impur avec une fdle publique, il contracta un chancre qui avait la base du gland pour siège. Le premier jour qu’il s’en aperçut, il appliqua dessus de la cendre de pipe : ce fut en vain, l’ulcération persista. Alors il la pansa avec de la charpie enduite d’onguent napo litain.

Cette ulcération, dont le fond était dur et saillant, suppurait fort peu et n’était pas douloureuse.

Au bout de deux mois, elle fut cicatrisée complètement. Plusieurs engorgements indolents des ganglions inguinaux, qui étaient la conséquence du chancre induré, avaient aussi disparu, à peu près h la même époque, et sans suppurer.

Le malade se croyait guéri, lorsqu’il éprouva des douleurs céphaliques nocturnes, bientôt suivies d’une alopécie et d’une éruption croûteuse du cuir chevelu. Son corps fut couvert détachés rouges 5 celte éruption n’avait été précédée ni accompagnée de fièvre ; jamais non plus elle n’avait occasionné de démangeaisons.

Un médecin, qui fut alors consulté, prescrivit Pl. xxn.

l’usage de la tisane de salsepareille et de la liqueur de Van-Swieten.

Ce traitement continué pendant trois mois, détermina un peu de salivation ; mais il fit assez promptement disparaître les premiers accidents secondaires.

Jusqu’au mois de septembre 1840, P*** parut jouir d’une assez bonne santé, et ne contracta pas de nouveaux accidents primitifs. Mais , un jour , pendant qu’il travaillait, il éprouva, dans la paume des mains, une sensibilité inaccoutumée , et il y découvrit plusieurs tacbes d’un rouge sombre. Ces taches, confluentes en quelques points, devinrent peu à peu brunes saillantes, et suppurèrenlbientôt.

La plante des pieds était le siège d'accidents lout-à-fait semblables. Du reste, celte éruption des mains et des pieds n’occasionnait aucune douleur.

Quand le malade se présenta à notre observation, il avait la peau de la face interne des mains calleuse et l’épiderme en était corné. La paume des deux mains était le siège d’une éruption de pustules, isolées en quelques points et groupées dans d’autres. Là où le développement des pustules était moins avancé , l’épiderme apparaissait plus épais, ramolli, fendillé et soulevé par un amas de pus concrélé.

Dans les endroits où les pustules avaient été confluentes, on voyait de véritables croûtes d’un brun verdâtre, épaisses ei rugueuses, qui ressemblaient à de la corne par leur dureté.

Ces croûtes, en se contractant, avaient fait craquer l'épiderme, et les lambeaux recroquevillés de cette membrane, formaient un liséré blanc autour d'elles.

Au-dessous des croûtes, il y avaitdesulcérations blafardes et superficielles: quelques-unes, qui se trouvaient cicatrisées après la chute des croûtes, furent recouvertes par un épiderme de formation nouvelle, et en quelque sorte encadrées par l’ancien épiderme corné.

On soumit le malade à l’usage du traitement suivant :

Tous les jours 3 verres d’une décoction de feuilles de saponaire édulcorée avec du sirop de Cuisinier.

Tous les soirs une des pilules dont voici la formule :

^ Proto iodure de mercure, l ^ ..

Thridace. h" "

Extrait théba'ique. t gram.

Extrait de ciguë. 6 gram.

M. S. A. pour 60 pilules.

Tous les huit jours on donnait au malade une pilule de plus, et il en prit jusqu’à quatre par jour. En même temps , on lui administrait, tous les deux jours, une fumigation avec 8 grammes de cinabre.

On recouvrit l’éruption avec du sparadrap de Vigo cummercurio. L’éruption avait complètement disparu au bout de cinq semaines. Cependant l’usage du traitement fut continué pendant quatre mois encore après la guérison.

Page 1