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EXPLICATION DE LA PLANCHE XXVII

Cette planche représente le dos du malade sur lequel l’éruption avait plus d’analogie avec l'acné.

DeEShvà cl'aprôBnature ficlifk-parF Bivin.

PLANCHE XXVII

SYPHÎLÎDE PUSTULEUSE IRISEE (ACCIDENT SECONDAIRE); ÉRUPTION POLYMORPHE.

OBSERVATION

(Michel), né en Irlande, âgé de 26 ans, profession de charpentier, était né de parents très-sains. Vacciné dans son enfance, il avait toujours joui d’une -bonne santé et n’avait jamais eu aucune maladie de la peau.

Il y a six ans (1840), il contracta une blennorrhagie sans complications , qui fut traitée par les antiphlogistiques et les balsamiques et qui guérit assez rapidement, sans aucun accident consécutif.

Au mois de février 1846, 8 jours après des rapports avec une fdle publique, le malade s’aperçut Aune ulcération à la base du gland. Cette ulcération, presque indolente , suppurait peu et offrait déjà une induration manifeste qui augmenta assez rapidement. Les ganglions inguinaux, des deuÆ côtes, se tuméfièrent sans prendre beaucoup de volume et sans être douloureux. 11 ne fit aucun traitement. Lorsqu’il entra à l’hôpital du Midi, le 7 avril 1846, salle 2, il souffrait déjà depuis quinze jours de douleurs rhumatoïdes préarticulaires nocturnes, dérouleurs lombaires et de céphalée sus et péri-orbitaires ayant le même caractère. Les ganglions cervicaux postérieurs et mastoïdiens étaient engorgés, résistants, indolents; les mouvements du cou étaient un peu gênés. La teinte générale de la peau était pâle, le pouls lent, les pupilles un peu dilatées. Le cuir chevelu était le siège d’une éruption papulo-impétigineuse (papules croûteuses); sur le torse et sur les membres existait une éruption érythémateuse lenticulée, discrète, sans prurit. L’exanthème avait une teinted’un rouge assez vif, et les macules s’effaçaient sous la pression, pour reparaître aussitôt qu’on la suspendait. Cette éruption, qu’on rendait d’autant plus manifeste qu’on laissait le malade un peu exposé à l’action de l’air, s’était faite partout en même temps. Sans les autres signes qui l’avaient précédée ou qui l’accompagnaient, il aurait PL. XXVII BIS.

été impossible, par sa forme et sa coloration, de la différencier d’une éruption vulgaire.

Dans l’espace de trois semaines, et bien qu’un traitement eût été commencé par le proto-iodure de mercure à la dose de 5 centigrammes par jour, on vit succéder aux macules de début une éruption ecthymateuse varioliforme ; quelques pustules offraient même à leur début la dépression ombiliquée de l’ecthyma varioleux. C’était Aabord un développement papuleux de la macule , puis un soulèvement de l’épiderme par une sérosité trouble purulente,^ offrant peu à peu les caractères du pus, qui en séchant donnait lieu à des croûtes brunes foncées , rugeuses, méplates, dures et adhérentes. Ces croûtes étaient enchâssées dans la peau avec un liseré d’épiderme grisâtre relevé autour d’elles et entouré lui-même d’une aréole subinüammatoire d’un rouge foncé vineux. Celles de ces croûtes qui se détachaient prématurément laissaient à découvert une surface exulcérée; mais dans quelques points, aux membres inférieurs, les ulcérations pénétraient plus profondément; toutefois les ulcérations n’avaient aucune tendance à s’accroître. Là où les croûtes avaient séjourné plus longtemps, les surfaces mises à nu étaient lisses, d’un rouge vineux qui ne disparaissait, plus sous la pression, ou auquel succédait une teinte fauve.

En même temps que cette éruption le malade fut pris d’une laimopalhie érythémateuse avec dysphonie et dysphagie et bientôt d’ulcérations arrondies, peu profondes et à fond grisâtre des amygdales. Il y eut aussi un peu de surdité.

Le proto-iodure de mercure, uni aux boissons amères, fut successivement porté à la dose de 10, 15 et 20 centigr. par jour. Au bout de deux mois de ce traitement, sans qu’il survînt de salivation, le malade était guéri des symptômes qu’il avait présentés.

Mais alors, el bien qu’il conlinuàt l’usage de son traitement, il fut pris de démangeaisons à la peau, qui avaient pour earactère particulier de ne se manifester que vers onze heures du soir. A ces démangeaisons succéda une nouvelle éruption cutanée, de forme ecthymateuse qui avait les mêmes caractères que la première. Mais, cette fois, l’ecthyma se compliqua d’une éruption vésiculo-pustuleuse herpétiforme circinnée, à cercles concentriques dans quelques points, et encadrant les pustules ecthymateuses, ce qui donnait à l’éruption la forme irisée.

Les vésiculo-pustules herpétiques s’étaient formées lentement et graduellement par un soulèvement de l’épiderme et par de la sérosité trouble devenue bientôt purulente. Il fallut plus de cinq semaines pour que celte éruption, qui siégeait sur un fond rouge sombre cuivré, subît un travail de résorption dans quelques points pour donner lieu à une desquammalion mince, pelliculée, grisâtre, et pour former, dans d’autres points, par le fait de la dessication du pus, des croûtes granulées arrondies et brunâtres. L’usage du proto-iodure de mercure fut continué à la dose déjà indiquée; mais on ajouta au traitement l’administration à l’intérieur du tarlrate de fer et de potasse à la dose de 3 grammes par jour. Le malade prit aussi des bains de Barèges et des fumigations de cinabre à

jour alterne. Tout disparut après deux mois de rêtraitement, mais l’induration du chancre persistait encore; aussi quand il sortit de l’hôpila!, on conseilla; au malade de continuer l’usage de son Irailemenî.

La forme complexe de syphilide dont ce malade fut afieclé n’est pas excessivement rare. Je l’ai rencontrée souvent sur des malades qui avaient déjà subi, le traitement mercuriel. H semble, chez ces sujets, que la syphilis el le mercure mettent en jeu un autre élément d’affection cutanée, qui, dans quelques circonstances, peut devenir une contre-indicalioa à l’emploi du mercure. C’est surtout chez les individus lymphatiques et prédisposés aux affections vulgaires de la peau, et chez les individus chloro-anémiques que ces formes se montrent plus particulièrement.

Les syphilides irisées complexes présenleni plusieurs variétés : tantôt l’éruption centrale consistedans une plaque squammeuse entourée d’une aréole maculeuse ou papulo-squammeuse; tantôt, somme dans l’observation que nous venons de donner, c’esl «» ecthyma entouré de cercles vésiculo-pustuleux herpéliformes ou impétigineux; tantôt, enfin, l’éruplioB centrale, tuberculeuse ou pustulo-tuberculeuse, esl entourée de papules squammeuses, de tubercules superficiels ou de pustules d’eclhyma. L’iconographie ea fournit des exemples.

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