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TUBERCULE ULCÉRÉ DE LA LANGUE. (ACCIDENT SECONDAIRE TARDIF

OBSERVATION

(Fig. 1.)

âge do quaranlc-lrois ans, né de parents sains, d’un tempérament lymphatique et vacciné dans son enfance, futcn 1837 affecté d’une adénite à l’aine droite, sans autre accident. Cette adénite se termina par suppuration ; sous l’influence d’un traitement antiphlogistique et des pansements avec le vin aromatique, elle guérit au bout de trente jours.

En 1838, ce malade, peu de jours après un coït suspect, eut une inflammation aiguë du gland et du prépuce, qui, bientôt après, détermina un phimosis. Du limbe du prépuce s’écoulait une suppuration peu abondante.

Au côté gauche et à la base du gland, on sentait à travers le prcpuc>e une dureté assez prononcée. Il existait, en même temps, un léger gonilenvent des ganglions inguinaux des deux côtés. M. Cullerier admit le malade dans son service et le soumit à un traitement mercuriel parles frictions. Ce traitement dura quarante jours , après les(iuels le gland put être mis à découvert. On ne trouva alors aucune trace d’ulcération, mais la dureté dont nous avons parlé plus haut fut constatée.

En 1839, peu de jours après de nouveaux rapports sexuels, fut aflèclé d’une balano-posthite ulcéreuse, pour laquelle il vint réclamer des soinsà l’hô- [>ital du Midi. Cette affection existait depuis huit jours, lorsqu’on inocula le pus qu’elle fournissait, mais sans résultat. La guérison eut lieu sous l’influence de lotions avec une solution de 2 grammes d’azotate d’argent pour 200 grammes d’eau distillée. Après chaque lotion, on plaçait un linge sec entre.le gland et le prépuce.

resta en bonne santé jusqu’en 1843.

A cette époque, il fut pris d’un mal de gorge accompagné d’ulcérations. On le soigna à l’ilôtel-Dieu, et il guérit en quarante jours. Trois semaines après, une tuméfaction légère, sans douleur et sans ulcération , apparut à la base de la langue : peu à peu celte tuméfaction augmenta et forma des bosselures. On prescrivit del’iodure de potassium pendant trois mois.

et tous ces accidents disparurent. Trois mois plus tard, le même accident récidiva et guérit encore par les mêmes moyens.

Au mois de décembre 184G, le malade vint à l’hôpital du Midi et fut reçu dans mon service. Yoici ce que je constatai :

La base de la langue, à sa partie supérieure et moyenne, était le siège d’une ulcération allongée, profonde, à bords taillés à pic et indurés; son fond éiait grisâtre et diphlérilique. En avant de cette ulcération, on voyait un tubercule de la muqueuselinguale. Ce tubercule était dur. Un tubercule pareil avait précédé l’ulcération,

11 existait aussi plus en arrière, ol toujours à la base de la langue, une ulcération et un tubercule analogue.

Ces ulcérations et ces tubercules n’occasionnaient aucune douleur et suppuraient très-peu.

Il y avait de la gêne dans les mouvements de la langue et pendant la déglutition.

La santé générale du malade ne paraissait pas avoir souffert, seulement quelques ganglions sous-maxillaires étaient légèrement luméliés; mais ces engorgements dataient de son enfance. Ceci est im[)orlaMi à signaler, car jamais les accidents de la nature de ceux que présentait la langue dont il est ici question ne donnent lieu à l’engorgement des ganglions voisins.

Il s’agissait bien, chez ce malade, d’accidents syphilitiques tardifs ou de transition, dont l’origine devait être rapportée au chancre induré, larvé par le phimosis, et accompagné d’adénopathies indolentes.

Ces accidents n’avaient rien de commun avec l’adénite idiopathique suppurée survenue un an auparavant le chancre, ni avec la balano-posthite ulcérée qui arriva un an plus lard.

Du reste, un traitement mercuriel de quarante jours avait empêché la manifestation des accidents secondaires, sans détruire la diathèse qui détermina les accidents tardifs que nous avons vus céder tour

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