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ACCIDENT TERTIAIRE DE LA GORGE

OBSEllYATlON.

(Fu:. 3.)

M. C^^^, qui SC présenta à mon observation le 27 août 48-47, était âgé de trente-six ans et d’une assez forte constitution; né de parents sains, vacciné dans son enfance , il avait toujours joui d’une bonne santé jusqu’en 4839, époque à laquelle il fut affecté d’une blennorrhagie simple, qui céda en peu de jours à l’emploi des anti-phlogistiques et du copahu.

En 4844 , il contracta un chancre qui avait pour siège la base du gland et qui ne larda pas à présenter une grande induration. Des engorgements survinrent dans les régions inguinales, mais ces engorgements étaient peu développés et presque indolents.

Le seul traitement qui fut appliqué consista dans

des pansements avec du cérat. Sous leur inllucnce, le chancre cicatrisa lentement, et deux mois étaient à peine écoulés que le malade fut pris de douleurs sus-orbitaires nocturnes. 11 lui survint un engorgement des ganglions lymphatiques de la région postérieure du cou, et ensuite une éruption croùtcuse du cuir chevelu, des taches rouges apparurent disséminées sur toute la surface du corps.

Le malade fut alors soumis, pendant trois mois, à un traitement mercuriel (pilules de Dupuytren), et tous les accidents disparurent.

Vers la fin de 48-45, apparut une ulcération profonde de la partie postérieure du pharynx. Celte

ulcération fui traitée et promptement guérie par l’io- (lure de potassium, dont on continua l’usage pendant trois mois. Depuis lors, il n’y avait eu aucun accident nouveau, lorsque des douleurs de tôle nocturnes, qui avaient pour siège la région occipitale, se manifestèrent. Une surdité de l’oreille gauclie et de la gêne dans la déglutition survinrent ensuite. Presque en môme temps une induration dans l’épaisseur du gland, qui avait pour siège les deux côtés du méat urinaire, se manifesta, mais sans aucune douleur et sans aucune trace apparente d’ulcération.

Voici ce que je constatai quand le malade se soumit à mon observation : Le pharynx, à sa partie postérieure et en arrière du voile du palais, était le siège d’une ulcération profonde, à bords irrégulièrement découpés, dont le fond, d’une couleur jaune-grisâtre, paraissait tapissé d’une fausse membrane. On ne pouvait préciser les limites de celte ulcération, car il n’était pas possible d’en découvrir la surface entière ni en abaissant la langue, ni en relevant avec elforl le voile du palais. Au côté gauche de celle ulcération, existait un gonflement assez considérable, qui probablement était la cause de la surdité, puisqu’il paraissait avoir envahi les environs de la trompe d’Euslache. La déglutition était pénible, cl les mouvements latéraux du cou éveillaient un peu de douleur.

Il existait un amaigrissement notable; le teint était terreux, l’haleine fétide, le malin surtout. On ne remarquait aucune altération de la phonation.

Dans l’épaisseur du gland, ainsi que nous l’avons signalé déjà, on observait deux tubercules arrondis , parfaitement circonscrits et de la grosseur d’un petit pois; ils étaient indolents au loucher, et la semi-muqueuse qui les recouvrait apparaissait plus loncée que dans les parties voisines. Les ganglions des régions inguinales ne présentaient aucun gonflement. Ces tubercules avaient assez d’analogie avec les tubercules tertiaires de la langue, dont j’ai déjà publié des observations. J’ai eu occasion d’en rencontrer plusieurs fois de semblables dans l’épaisseur du col de l’utérus, bien que leur présence paraisse avoir été pour ainsi dire méconnue jusqu’à ce jour.

Malgré les doutes qui peuvent exister à propos de la paternité, en dépit de la loi qui admet le précepte : « Ispaler est qucmnupliæ démonsirant, » je crois imj)orlant de signaler ici ce qui, dans cette observation, a trait à la question de l’hérédité du côté du père, et

qui se trouve en rapport avec ce qu’on peut observer d’une manière plus rigoureuse quand il s’agit de la transmission par hérédité de la mère à l’enfant. L’expérience apprend qu’à la période des accidents tertiaires les parents peuvent donner naissance à des enfants qui ne présentent aueun symptôme de syphilis.

A l’époque de son mariage, qui eut lieu en 1843 , M. C*** ne présentait aucune manifestation syphilitique, et treize mois après, sa femme accoucha d’un enfant parfaitement sain. Cet enfant jouit encore aujourd’hui d’une bonne santé. Cependant M.

était sous l’influence de la diathèse syphilitique, car les premières ulcérations profondes de la gorge apparurent quinze mois après le premier accouchement de sa femme, et, chose remarquable, onze mois avant la dernière récidive des ulcérations tertiaires de la gorge de notre malade, il eut un second enfant qui, comme le premier, était parfaitement sain.

Quant à madame elle a constamment joui

d’une bonne santé.

Voici le dernier Irailemcnl qui a été administré :

Tous les jours, 3 verres d'une décoction de quassia amara.

Dans chaque verre, on menait une cuillerée à bouche de sirop de gentiane.

Pendant les huit premiers jours, on prescrivit, en outre, un gramme d’iodure de potassium qui occasionna un coryza assez intense accompagné et suivi d’une fluxion assez violente do§ conjonctives. Mais ces accidents n’ayant eu qu’une durée éphémère, on put, de huit jours en huit jours, augmenter d’un gramme la dose de l’iodure de potassium. On s’arrêta à la dose de 3 grammes par jour.

En môme temps, tous les jours le malade se gargarisait avec un liquide composé de 200 grammes d’eau distillée pour 4 grammes de teinture d’iode et 50 centigrammes d’iodure de potassium.

L’ulcération de la gorge était cicatrisée quinze jours après l’usage de ce traitement. La surdité disparut aussi bientôt; néanmoins le traitement dut ôlre continué pendant trois mois, après lesquels l’embonpoint et tous les signes d’une bonne santé reparurent.

L’observation de ce malade est une nouvelle preuve de la régularité dans l’évolution successive des accidents syphilitiques cl de la persistance de la diathèse, en dépit des traitements méthodiques les mieux appropriés aux dilfércntes phases de la maladie.

EXPLICATION DE LA

Celle figure représente une ulcération tertiaire qui a pour siège le voile du palais et la base de la luette.

Celte ulcération profonde, 'a bords taillés a pie, a fond grisâtre, a succédé à un tubercule profond.

Celle planche représente une ulcération profonde de la

PLANCHE XXXIV

gorge et du voile du palais, qui a succédé a des tubercules terliaires.

Fig. 3. Cette figure représente une ulcération profonde dupbarynv à sa partie supérieure.

Celte ulcération a succédé à un tubercule tertiaire.

Peint et Lift.d’après nalurejarPBiini.

Lift. d'Artus rut de la Harpe 6o

PLANCHE XXXY

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