‹ Traité complet des propriétés, de la préparation et de l'emploi des matières tinctoriales et des couleurs (volume 2)Chapitre 11 sur 124 · CHAUX · texte numérisé non relu

CHAUX

ressemble ao zinc pour sa couleur , et forme avec l’oxigène un oxide d’un rouge brun qui est blanc h l’état d’hydrate.

Le cadmium forme avec le soufre une combinaison d’un jaune orange (sulfure de cadmium ) ; elle se forme aussi en précipitant un sel soluble de cadmium par de l’hydrogène sulfure, ou un hydro-sulfate. Ce sulfure cède peu pour sa couleur au chromate de plomb; par la chaleur il passe au brun et au rouge cramoisi , et en refroidissant il présente des feuilles micacées transparentes d’un jaune citron. 100 parties contiennent 77, 77 cadmium, et 22, 22 soufre.

Les autres combinaisons du cadmium ne présentent rien de remarquable sous le rapport de la couleur; aussi ce métal et ses combinaisons sont encore sans usage.

CHAUX. La chaux pure (caustique) est blanche, facile à réduire en poudre ; elle absorbe rapidement l’eau en dégageant beaucoup de chaleur , et se transforme en une matière pulvérulente connue sous le nom de chaux éteinte. La chaux éteinte renferme ordinairement sur 100 parties, 76 parties de chaux vive et 24 parties d’eau; cette dernière ne peut se dégager que par la chaleur rouge. L’hydrate de chaux abandonné à l’air en absorbe l’acide carbonique (1 ). La chaux délayée, dans l’eau forme une bouillie ( lait de chaux ) , qui est souvent employée comme couleur dans les constructions ; elle ne peut pas être employée comme couleur à l’huile , à cause de sa propriété alcaline : elle forme des savons avec les huiles , et devient jaunâtre en peu de temps. On la délaie rarement avec la colle ou le lait. Avec l’eau gommée elle s’altère moins. Comme la chaux caustique renferme souvent des oxides de

(1) La chaux se trouve principalement combinée avec l’acide carbonique et l’eau. On obtient la chaux pure en calcinant le carbonate naturel • l’eau et l’acide carbonique se dégagent ; le résidu est forme de chaux et de quelques substances étrangères qui existaient dans le souscarbonate de chaux.

1er et plusieurs autres substances étrangères, il faut choisir les morceaux les plus purs, et pour couvrir la teinte jaunâtre du fer on ajoute à la pâte de chaux un peu de charbon ou d’azur.

L’acide carbonique a une grande affinité pour la chaux, cependant l’acide carbonique n’altère la chaux de l’air que quand elle est à l’état d’hydrate , ou que l’air est humide , parce que la présence de l’eau facilite beaucoup la combinaison de la chaux et de l’acide carbonique. La chaux employée dans le badigeonnage devient avec le temps du souscarbonate de chaux. Le sous-carbonate de chaux est blanc , et contient sur 100 parties, 56,43 de chaux, 43, 5y acide carbonique. Il est très -répandu dans la nature; sa couleur est souvent un peu jaunâtre; on le connaît dans le commerce sous le nom de craie , de blanc d’Espagne, etc. La craie est souvent employée comme couleur : elle n’est pas d’un grain aussi fin que la chaux éteinte, mais elle s’emploie facilement et avec avantage avec l’huile , le lait , la colle; cette couleur est cependant très-inférieure au blanc de plomb.

La chaux forme avec l’acide sulfurique une substance blanche, qui est très-répandue dans la nature, sous le nom de pierre à plâtre, d’albâtre, etc. Le sulfate de chaux calciné perd son eau de combinaison, devient friable, blanc. Quand la calcination n’a pas été portée trop loin , le résidu a la propriété de se durcir avec l’eau ; il est alors employé sous le nom de plâtre dans les constructions , le moulage, etc. Délayé dans beaucoup d’eau, il pourrait être employé comme couleur dans le badigeonnage ; avec l’huile il devient promptement jaune.

CHROME. Ce métal a été découvert en 1 797 par M. Vauquelin. Son nom dérive de la propriété que possède son acide, de donner naissance à beaucoup de sels colorés. Un grand

nombre de ses combinaisons sont employées dans les arts, mais il n est pas aussi répandu dans le commerce qu’il serait à désirer (i ).

Le chrome est d un blanc gris, difficile à fondre, oxidable a 1 air par la chaleur; il forme trois combinaisons avec l’oxigene. Le protoxide est vert , le deutoxide est brun , et l’acide est d’un rouge foncé.

(r) On trouve dans le commerce deux mines de chrome, le plomb rouge (chromate de plomb), et le fer chrome'. Le premier vient de berezof en Sibérie, le second de Styrie, de Norwège et du nord de l’Amérique , et de Gassin, département du Var, en France. Celui de Styrie vient des environs de Kraubat- cette mine appartient à l’archiduc Jean, qui l’a découverte.

La mine de chrome de Styrie est en grain. Elle a été analysée par Klaprothj celle de Saint-Domingue se trouve dans l’île à Vache, près de Saint-Domingo , elle est en filons brillans.

yînaiyse des différentes mines de chrome.

De Styrie. — d’Amérique. — de St-Domingue.

Oxide de chrome. 55,5. — 5 1 , 6. — 36,6.

Fer oxide 33, o. — 37,2. — 37,2.

Alumine.* 6,0. — 9,7. — 21,8.

Silice 2,0. — 2,9. — 5,o.

Le chromate de fer du département du Var est composé , d’après M. Vauquelin :

Acide chronique

Oxide de fer

Alumine.

Silice

Le plomb rouge de Catharinenburg contient :

D’après Ricther.

— D’après M. Vauquelin

Acide chromique 27,7 „

Oxide de plomb 72, 3.

La mine de plomb brun de Zimaban renferme aussi du chrome. C’est à la présence de ce métal que l’émeraude doit sa couleur verte. Le spinelle doit sa couleur rouge à l’acide chronique; le chrome se trouve encore dans la plupart des 'aies, dans les grenats de Bohème , et dans les pierres météoriques.

Le protoxi de de chrome à i’état d’hydrate est d’un vert bleuâtre; quand il a perdu cette eau par la chaleur, il est d’un vert foncé; rougi plus fortement encore, il devient vert clair. I! est composé de 70 oxide, et de 00 oxigène. Chaque chauffage le rend brunâtre. La potasse le dissout en prenant une teinte verte , et l’ammoniaque en dissout très-peu en prenant une teinte rose. Depuis peu il existe dans le commerce sous le nom de chrome vert : il renferme quelquefois de l’alumine. (Voyez, pour la préparation de cette couleur, le 2e volume. )

Le deutoxide de chrome à l’état d’hydrate est brun foncé; calciné, il est noir; mis en contact avec l’acide chroraique, le mélange prend une teinte orangée. On l’obtient, i° en oxidant le protoxide par l’acide nitrique; 20 en désoxigénant l’acide chromique par le protoxide, ou l’acide sulfureux; 5° en faisant chauffer l’acide chromique. Jusqu’ici il est sans usage comme couleur.

L’acide chromique est en cristaux d’un rouge foncé, ou en poudre d’un rouge jaunâtre. L’acide chromique est trèssoluble dans l’eau : sa dissolution est jaunâtre , et forme avec les alcalis et les terres des sels jaunes; avec les oxides métalliques des sels diversement colorés (1); avec la silice il forme une combinaison d’un rose rouge qui n’est point altérée par la chaleur, et qui est souvent employée pour colorer le verre. Le protoxide de chrome forme avec l’acide carbonique un sel d’un bleu verdâtre (2); avec l’acide

(1) Les chromâtes cle plomb, de bismuth , de cuivre , sont jaunes.

Celui de zinc est jaune clair.

Celui de protoxide de mercure est rouge de tuile.

Celui d’argent est rouge pourpre.

Celui d’e'tain , vert-céladon.

Celui de cobalt, gris de cendre.

Deux de ces sels sont employés dans le commerce : le jaune de chrome , et le plomb rouge (chromate et sous-chromate de plomb).

(2) Ce sel et le nitrate de chrome sont décomposés à une température

phosphorique un composé gris do perle; avec le soufre un composé noir peu stable; avec l’acide gallique un préc,Plte brun- Aucune de ces combinaisons n’est employée. Le chroma te de potasse est employé en teinture. (Voyez l’article Plomb). J

Le chroma te de potasse est aussi employé dans les impressions d’étoffes pour des enlevages sur des fonds bleus. C est à M. Kœchlin-Schouch qu’on doit cette nouvelle application du chromate de potasse. On commence par donner à la toile, dans une cuve d’indigo , un pied de bleu plus ou moins fonce, selon 1 intensité du bleu ou du vert que l’on veut obtenir; puis on plaque la toile avec de l’acétate d’alumine à z environ , et on la passe a l eau chaude; on plaque de nouveau la toile avec une dissolution non gommée de bichromate de potasse, faite à raison de 2 onces 1/2 de ce sel sur 4 livies d eau , et enfin on imprime l’enlevage suivant :

Eau épaissie avec de l’amidon grillé 4 livres.

Acide tartrique onces.

Acide oxalique. g

Acide nitrique. 2

L addition de 1 acide nitrique n est pas nécessaire lorsque le dessin porte de gros objets.

Au moment ou la planche imprime cet enlevage sur la toile, il } a décoloration subite du bleu et production d’une odeur particulière. La toile est mise de suite après l’impression à 1 eau courante ; puis on peut la teindre en quercitron ou en gaude. On doit sécher à une température modérée les toiles imprégnées de chromate de potasse, parce qu’elles s altèrent à une température élevée; il faut éviter même à

qui dépassé peu celle de l’eau bouillante. Les acides se dégagent, et le résidu est en partie soluble dans l’eau, qu’il teint en jaune j le résidu est d une couleur foncée; la matière soluble est acide.

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