COBALT
la température ordinaire le contact des rayons solaires, et autant que possible celui de la lumière diffuse ; un trop grand jour provoquant la décoloration d’une partie du bleu , comme il arrive pour les chlorures alcalines étendues de beaucoup d’eau , dont la force décolorante est augmentée par la lumière.
Cette destruction des couleurs végétales dérive du fait général suivant : toutes les fois qu’on met en contact le chromate de potasse avec l’acide tartrique ou l’acide oxalique, ou bien le chromate de potasse avec une substance végétale neutre , et un acide minéral tel que l’acide sulfurique ou nitrique, etc. , il se produit une action très-vive, avec dégagement de chaleur et de substance gazeuse : le résultat principal de cette décomposition réciproque est la formation d’un corps nouveau présentant tous les caractères d’un acide, et pendant la formation de ce corps, le mélange a la propriété de détruire les couleurs végétales. (Voyez, pour plus de détails, les Annales de l'industrie Jran çaise et étrangère (février 1828). )
COBALT. Le cobalt est d’un gris faiblement rougeâtre; on le trouve dans le commerce, combiné avec le soufre et l’arsenic, sous le nom de speiss , de mine de cobalt. La substance que l’on trouve dans le commerce sous le nom de sinalt, est un mélange de silice et d’oxide de cobalt, préparé pour la fabrication du verre bleu.
On connaît deux combinaisons du cobalt avec i’oxigène; le protoxide est gris clair; quand il est très-divisé, il est bleu; mais à l’état d’hydrate il est d’un rouge brunâtre: le deutoxide est noir.
L’oxide de cobalt forme avec l’acide carbonique une poudre insoluble couleur fleur de pêcher , avec l’acide borique une matière d’un blanc rougeâtre , qui par la chaleur forme un verre bleu foncé ; avec l’acide sélénique une poudre rose in-
COBALT. gt
soluble, et quand le premier est en excès un beau vernis rouge (1) ; avec le prossiate de potasse mie poudre brune insoluble, avec î acide arsemque une poudre rose, avec Ibieide oxalique une matieie rouge-rose, insoluble dans beau, soluble dans un excès d’acide, et dans l’ammoniaque en rouge cramoisi.
La plupart des sels de cobalt sont rouges , et donnent avec les alcalis purs des précipités bleus; avec les sous-carbonates des précipités couleur fleur de pêche. Quelques-uns, entre autres le nitrate de cobalt , deviennent bleus par la concentration; cela arrive aussi lorsque l’on trace des caractères avec les dissolutions de ces sels, sur du papier, et que l’on fait chauffer. C’est sur cette propriété que sont fondées plusieurs encres sympathiques.
Avec la potasse et le verre , l’oxide de cobalt donne un vert bleu d’azur, qui pulvérisé plus ou moins fin est trèsrépandu dans le commerce sous le nom de smalt d’azur.
On obtient également une combinaison bleue en combinant l’oxide de cobalt avec l’alumine ou l’oxide d’étain. La première combinaison a été découverte par M. Thénard , et la seconde par Hœpfner. La première est connue dans le commerce sous le nom de bleu de cobalt : elle est employée en peinture pour remplacer l’outremer. Si l’on fond ensemble de 1 oxide de cobalt et de l’oxide de zinc, on obtient par la couleur jaune du dernier une matière verte connue sous le nom de vert de Piinnmanns. La préparation de ces différentes matières se trouve dans le second volume.
Boulay-Marillac préparait un émail violet et une couleur d application en fondant un mélange du phosphate acide de cobalt avec de l’alumine, ou du phosphate de chaux, ou du phosphate acide de magnésie ou du phosphate acide de
(>) Cette combinaison pourrait peut-être s’employer utilement dans la teinture.
sonde. Le dernier* occasione une vitrification à un degré inférieur à celui qui est nécessaire pour que le cobalt rende la combinaison bleue.
BancrofF a fait quelques essais sur la teinture par les sels de cobalt.
Les étoffes trempées dans des bains de soude , de potasse ou d’arséniate de potasse , et passées ensuite au nitrate de cobalt , prenaient une teinte rose peu solide.
Avec la soude , et ensuite avec une dissolution de muriate de cobalt chaude , les étoffes prennent une teinte d’un beau vert, qui, par le refroidissement, devient vert-pomme, jaune , et à la fin couleur de cuivre ; cette dernière couleur résiste au lavage par le savon; en les traitant de nouveau par une dissolution chaude de muriate de cobalt la couleur repasse au vert.
CUIVRE. Le cuivre à l’état métallique est rouge , trèsductile : danscetétat, seul, ou combiné avec d’autres corps, pulvérisé ou en lames, il est quelquefois employé pour couvrir d’autres corps.
Il forme deux combinaisons avec foxigène. Le protoxide est rouge-brun; il contient, 88,88 de cuivre, et 11,11 oxigène; à l’état d’hydrate il est d’un jaune orangé; à l’air il se transforme en hydrate de deutoxide. Le deutoxide est d’un noir brunâtre ; il contient 80 de cuivre et 20 d’oxigène; à l’état d’hydrate il est d’un bleu verdâtre ( ce dernier s’obtient en précipitant un sel de cuivre de deutoxide par la soude ou la potasse); par une douce chaleur l’hydrate abandonne l’eau qu’il renfermait , et devient noir. Le deutoxide a été employé récemment comme couleur noire pour la peinture sur porcelaine.
Le protoxide de cuivre est quelquefois employé en peinture comme couleur d’un rouge-brun. Bancroff est parvenu
à le fixer sur les étoiles , et a obtenu une teinte d’un rougebrun très-solide.
Le protoxide de cuivre forme avec l’acide carbonique une poudre rouge; le deutoxide forme avec le même acide deux combinaisons ; celui qui renferme le moins d’acide carbonique est formé de 72,07 oxide de cuivre, 19,82 acide carbonique , et 8,11 eau; l’autre contient 69,37 oxide de cuivre, e5, 45 acide carbonique, 5, 20 eau.
Le premier privé d’eau est brun , mais à l’état d’hydrate il est d’un vert d’émeraude , et dans cet état il forme la majeure partie de la rouille de cuivre , et de plusieurs terres vertes. On l’obtient en précipitant un sel soluble de cuivre chaud par un carbonate alcalin.
Le second est bleu, et paraît former la partie colorante de la pierre d’azur; on l’obtient en précipitant à froid une dissolution de cuivre par un carbonate alcalin. La couleur bleue paraît provenir de la grande quantité d’eau qu’il contient , aussi par une légère chaleur il devient vert, et chauffé plus fortement il passe au brun.
On emploie le sous-carbonate de cuivre depuis plusieurs années pour teindre les étoffes. La couleur résiste à l’air et à la lumière , mais souffre par le savon et les alcalis. Les propriétés vénéneuses de ce sel nepermettent cependant que rarement l’usage de cette teinture. Le procédé ordinaire consister tremper l’étoffe dans une dissolution de cuivre, et après dans un bain de sous-carbonate de soude ou de potasse. On peut aussi , mais avec plus de dépense, teindre en plongeant l’étoffe dans une dissolution de cuivre dans l’ammoniaque 1 et exposant à l’air , l’ammoniaque se volatilise , et 1 oxide de cuivre reste combiné avec les fibres. Kurer a obtenu un très-joli vert de pomme sur indienne en imprimant avec de l’acétate de cuivre un peu de sel marin et de la gomme , et passant dans une dissolution alcaline.
En variant de procédé on peut obtenir des bleus clairs. Les étoffes de laine deviennent d’un beau vert- céladon , quand on les fait chauffer deux heures dans un bain de savon , et les mettant ensuite pendant i/4 d’heure dans une dissolution chaude de cuivre: cette dernière ne doit pas être bouillante. On obtient une teinte d’un vert pâle en passant l’étoffe dans une dissolution de sulfate de cuivre, et saturant ensuite l’acide par la chaux.
Le deutoxide de cuivre forme deux combinaisons avec l’acide acétique. Dans l’une, l’oxide est en excès, elle est d’un vert bleuâtre , insoluble; ce sous-acétate contient 65 oxide et 5 7 acide et eau. L’autre, qui est à l’état neutre, est d’un vert-foncé très-soluble dans l’eau; il contient l\0 oxide, 5i acide acétique, et 9 eau. Le vert-de-gris est un mélange de ces deux sels; il est formé d’environ 45 de sous-acétate, et 5 7 d’acétate neutre (d’après Philipps, de 29, 5 acide acétique, 4^>5 oxide de cuivre, 25, 2 eau, et 2, o parties insolubles ). Il est souvent employé comme couleur et comme mordant.
Le cuivre forme avec l’acide oxalique un sel bleuâtre peu soluble, qui, avec une petite quantité d’ammoniaque, devient bleu d’azur; avec le tartre acide de potasse un sel bleuâtre; avec l’acide malique un sel incristallisable trèssoluble.
L’acide borique forme avec le deutoxide de cuivre une poudre verte peu soluble , qui au feu donne un verre d’un rouge foncé, le dernier n’est pas utilisé (1). Il y a quelques années un Anglais a pris une patente pour le premier,'et le recommandait comme couleur â l’huile, en détrempe et pour l’émail (2).
(1) On obtient cette combinaison en précipitant du sulfate de cuivre par une égale quantité' de borax , ou en mêlant une partie de nitrate de cuivre avec une demi-partie d’acide borique , et chauffant jusqifà ce que l’acide nitrique soit dégage.
'2) Guihlich teignait par ce procédé le lin et le coton en bleu de ciel ,
Le phosphate de cuivre est d’un vert bleuâtre , et devient brun par la chaleur, en perdant l’eau qu’il contient. Jus» qu’ici il n’est pas employé comme couleur; calciné avec de l’alumine, il peut remplacer l’azur. En faisant rougir une partie de phosphate de cuivre avec s/5 d’alumine récemment précipitée on obtient, d’après Boulai - Marillac, une matière d’un vert d’émeraude inaltérable , et très - propre pour les émaux. Si on prend moins d’alumine , la couleur tend davantage au bleu. Le phosphate de cuivre et de chaux donne une couleur plus veloutée et foisonnant davantage ( il le désignait sous le nom de vert d’outremer). On obtient un rouge inaltérable pour la peinture à l’huile, sur porcelaine , sur les émaux , en mettant de la limaille de cuivre , ou du cuivre précipité par le fer , avec du phosphate de soude et de l’alumine , ou d’autres phosphates acides , et en faisant rougir le mélange. ( Brevets <P invention , tome VI , Page 1 75- )
L’acide prussique forme avec le protoxide de cuivre un sel blanc, et avec le deutoxide un sel jaunâtre; mais quand , en même temps la liqueur renferme du fer, il se forme une combinaison d’un rouge brunâtre qui a été recommandée par Hattchet comme couleur de peinture (i) ; elle a été utilisée par Kurrer et BancrolF pour produire une belle nuance brune sur les fds et les tissus. Cette couleur ne souffre ni par les acides (le chlore excepté ) , ni par les alcalis et le savon. Bancroff obtenait une belle nuance de rouge -brun , semblable au cuivre neuf, en trempant l’étoffe qui avait
il préparait la dissolution ammoniacale en ajoutant à une dissolution d’une partie de nitrate de cuivre i à 3 parties d’ammoniaque, et passait l’e'toffe dans la dissolution froide : i partie suffisait pour 8 parties de sel.
(i) Il la préparé en ajoutant une dissolution de cuivre à une dissolution de prussiate de potasse ferrugineux, Voyez le second volume.
g6 CUIVRE.
d’abord été immergée dans le prussiate de potasse, et séchée dans une dissolution d’acétate ou de nitrate de cuivre , ou dans une dissolution de cuivre dans l’ammoniaque (1) , ce dernier donne la plus belle nuance; on pourrait aussi opérer inversement. Kurrer obtenait une belle nuance solide sur indienne en imprimant avec une dissolution ammoniacale de cuivre , et le passant ensuite dans une dissolution de prussiate de potasse; moins il se passait de temps entre l’impression et le bain de prussiate de potasse , et plus la nuance était belle , parce qu’une plus petite quantité d’ammoniaque était vaporisée , et qu’il se formait moins de sous - carbonate de cuivre par l’acide carbonique de l’air.
L’acide hydro-sulfurique forme avec le cuivre un composé d’un brun noirâtre que Bosc a nouvellement employé en teinture. Il trempait l’étoffe dans une dissolutinn d’acétate de cuivre , et ensuite dans un bain d’acide hydro-sulfurique. La soie devient d’un jaune brunâtre; dans un bain de savon bouillant la couleur passe au vert d’Amérique.
L’arsenic blanc forme avec le deutoxide de cuivre un sel vert insoluble qui est connu dans le commerce sous le nom de vert de Scheele. Cette couleur est très-brillante et très en usage pour les papiers. Kurrer la faisait sur les indiennes ; il imprimait l’étoffe avec une dissolution de cuivre ammoniacal, et la portait ensuite dans des bains d’arsenic blanc et d’eau de chaux (2).
(1) C’est à la présence du fer dans le prussiate de potasse ferrugineux qu’il doit la teinte rougeâtre : les prussiates simples donneraient des nuances d’un vert jaunâtre.
(2) Les étoffes e'taient imprimées avec 26 liv. d’ammoniaque Je cuivre épaissi avec 16 onc. de gomme ; on plongeait les étoffes dans un bain formé
L acide arsenique forme avec le cuivre un sel d’un vert bleuâtre qui se rencontre dans la nature : il peut être employé comme l’arsénite de cuivre.
Le molybdate de cuivre est bleu , soluble dans l’eau. Le chromate de cuivre est brun; l’antimonite est d’un vert d’herbe pâle ; l’antimoniate d’un vert pâle , et par la dessiccation vert-bleu; par la chaleur il devient d’un vert pistache. Ces combinaisons sont encore sans usage.
JL Le cuivre fondu avec partie égale de soufre, donne une combinaison d’un bleu foncé tirant sur le violet , qui peut être employée comme couleur bleue. Le docteur Zimmermann a observé que quand on mettait du soufre en contact avec une plaque de cuivre humectée avec de l’éther, il se formait une belle couleur bleue très-vive.
Le silicate de cuivre forme la partie colorante de l’émeraude; il est d’un beau vert. Le verre en fusion devient par le protoxide de cuivre d’un rouge-brun opaque , par le deutoxide il devient vert transparent, et dans certaines circonstances bleu (i). D’après Davy on obtient un vert- bleu avec le cuivre par un chauffage de 2 heures, de 10 parties de sous-carbonate de soude, 20 parties de quartz pulvérisé , et 3 parties de limaille de cuivre.
Le cuivre iondù avec du zinc forme le laiton ou cuivre jaune; fondu avec 1 antimoine , on obtient un alliage violet.
de 3 livres d’arsenic blanc dissous dans 160 livres d’eau bouillante et délayé ensuite dans beaucoup d’eau : la couleur devenait d’un vert jaunâtre; on passait ensuite dans un bain de chaux où la couleur devenait d’un joli vert de cuivre.
(1) La couleur bleue des hiéroglyphes et des sarcophages égyptiens est formée de silicate de cuivre mêlé d’un excès de silice et de chaux; elle ne cède point pour la vivacité de sa couleur au plus bel outremer, et paraît avoir été préparée avec beaucoup d’art. A la température ordinaire cette matière n’est attaquée ni par les acides ni par les alcalis, et résisté à la chaleur rouge.
Tom. I.