‹ Traité complet des propriétés, de la préparation et de l'emploi des matières tinctoriales et des couleurs (volume 2)Chapitre 113 sur 124 · ÉCREVISSES · texte numérisé non relu

ÉCREVISSES

sur soie un aussi bon effet que sur laine; les couleurs étaient plus pâles. L’eau de chaux donnait un beau pourpre, ainsi que le nitrate de cobalt; le muriate de barite donnait un beau lilas. En laissant tremper la soie 2 heures dans une dissolution de sulfate d’étain étendue de cinq fois son poids d’eau , séchant à moitié et teignant dans un bain de 4 parties de cochenille et 5 de quercitron , il obtenait une couleur qui se rapprochait beaucoup de l’écarlate; elle acquérait encore plus de corps quand l’étoffe était plongée une seconde fois dans une dissolution faible de sulfate et de muriate d’étain, et repassée encore une fois dans le bain de teinture; la couleur devenait d’une belle teinte écarlate lorsqu’on ajoutait au bain un peu de carthame (1).

ÉCREVISSES. Les écrevisses fluvîatiles prennent, comme on sait, dans l’eau bouillante une couleur rouge : elle provient d’une matière colorante résineuse qui est contenue dans i’écorce calcaire entre deux peaux; dans la peau extérieure elle est d’un vert brunâtre, et ne devient rouge que par la chaleur dans l’airou l’oxigène, mais non pas dans l’hydrogène et l’acide carbonique : cette nuance rouge se développe également par la fermentation, les alcalis et les acides; dans la peau intérieure cette matière est déjà rougeâtre. Lassaigne et Macaire observèrent les premiers cette matière.

On peut obtenir cette matière colorante en faisant bouillir les coquilles avec de l’alcool , et faisant évaporer.

Elle est rouge , analogue à la graisse , fait des taches durables et colorées , ne s’altère point avec le temps , fond à la chaleur, brûle avec dégagement d’ammoniaque , et laisse

(1) En 1 7 5 1 , SchefFer donnait un procédé pour produire de l’écarlate sur soie, et Manquer, en 1768, en donna également un qui ne différait pas de celui de SchefFer , ou du moins dont les changemens étaient sans importance; mais ni l’un ni l’autre n’a été confirmé par l’expérience.

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