GUÊPES
rées jaunes et rouges ; mais ce lait a besoin cl être confirme
par de nouvelles recherches.
GUÊPES. La matière noirâtre qui se trouve clans les cellules des guêpes donne avec Peau une couleur analogue à la sépia et qui a encore plus d’éclat.
HANNETONS. Le suc brun qui se trouve dans un canal près des jointures du corselet des hannetons ( Scarabeus melolothra) desséché , a été recommandé comme couleur brune de peinture. Les hannetons sont recueillis pour cet objet vers le milieu du mois de mars (plus tard ils n ont plus de suc brun); on les casse au-dessus de l’abdomen , le suc brun est enlevé à l’aide d un pinceau et mis dans un vase ou une coquille pour être desséché.
KERMÈS. (Coccis granum.) Cochenille du nord. Le mot kermès est arabe et veut dire petit ver. Hans le moyen w on le désignait sous le nom de vermiculas , et en France
sons le nom de vermillon .
Histoire . Le kermès était déjà connu dans le Levant du temps de Moïse; il était employé dans l’Inde principalement pour teindre la soie; plus tard les Grecs et les Romains connurent cette substance. Pline en parle , sous le nom de coccigranum , et dit qu’il poussait sur le chêne en Afrique , en Sicile , etc. , une petite excroissance qui ressemblait à un bourgeon et qu’on appelait cusculuim ; les Espagnols payaient avec cette matière la moitié de leur tribut; celle de Sardaigne était la plus mauvaise. Il observe qu’avec cette matière on teignait en pourpre , et que les environs d’Émérida en Lusitanie livrent la meilleure.
Lorsque , après la chute de l’empire romain , on cessa de teindre avec le pourpre , le kermès servait généralement pour obtenir cette couleur, et il était pour plusieurs pays un
55 a KERMÈS.
objet important d’exportation. Dans le sud de l’Europe, on connaissait principalement le kermès du chêne vert que l’on recueillait. On en recueillait en Orient , en Espagne , en Portugal , et dans le sud de la France.
Dans le Nord on recueillait une autre espèce de kermès qui se développait sur la racine et sur la tige de plusieurs plantes; il se trouvait dans le commerce en partie sous le nom de kermès , et en partie sous le nom de sang de Saint- Jean.
En Allemagne , dans les neuvième , douzième , treizième et quatorzième siècle , les paysans serfs devaient livrer aux couvens et aux chefs , parmi les autres tributs agricoles , une certaine quantité de kermès. On le recueillait à la Saint-Jean , entre 1 1 heures et midi, avec des cérémonies religieuses , et on le désignait pour cela sous le nom de sang de Saint-Jean. On le trouvait aussi en Bohême dans la marche de Brandebourg, dans la Poméranie, dans la Prusse , la Saxe , la Pologne et l’Ukraine.
A Venise on consommait beaucoup de kermès pour la fabrication de Pécarlate, qui portait le nom de cette ville. Dans le livre de teinture de Plietos , publié à Venise en 1 548 , il est observé que pour la bonne écarlate il fallait employer des graines d’Allemagne , et que pour i livre de laine il fallait employer 6 à 8 livres de kermès de Brandebourg ou 12 à i4 livres du Levant. Ailleurs il regarde le kermès d’Arménie comme le meilleur , après venait celui d’Asie et celui d’Espagne. Dans un autre endroit il regarde celui de Provence comme le meilleur.
Quand, après la découverte de l’Amérique, la cochenille fut connue , elle fut employée de préférence à cause de la beauté de sa couleur et du prix de la teinture, qui est moins élevé; le kermès disparut successivement, et dans beaucoup d’endroits on a même perdu le souvenir de cette ma-
tière colorante. En Espagne, vers 1768, le gouvernement chercha à encourager sa production et son emploi.
Le kermès est le corps desséché et les œufs de quelques espèces de kermès ou de coccus. Les principaux sont : lq coccus quercus , le coccus polonicus , le coccus fragariœ ,1e coccus uva ursi .
Coccus quercus . Cet insecte vit dans le sud de l’Europe et dans l’Orient sur le chêne de kermès (1). La femelle est de la grosseur d’un petit pois, d’un rouge brunâtre brillant couvert d’une poussière blanche , sans ailes; elle se fixe peu après sa naissance aux feuilles ou aux tiges des feuilles , et se nourrit de leur suc. Le mâle est ailé , plus petit, plus vif. Déjà dans le mois de mars on trouve des mâles et des femelles en quantité sur les feuilles du chêne , qui ont éclos en automne , et qui ont passé l’hiver sans prendre beaucoup d’accroissement. En avril ils s’accouplent , les mâles meurent peu de temps après ; la femelle reste immobile , et vers la fin du mois de mai il se développe sous elle plusieurs milliers d’œufs rouges qui éclosent dans l’intérieur de son corps; la mère meurt, et avec son corps les préserve de l’influence de l’air. Après quelques semaines les jeunes s’échappent. Le corps de la mère n’est plus alors qu’une écorce blanchâtre vide. Quelques œufs n’éclosent que plus tard , et produisent les insectes qui passent Fhiver (2).
(1) Dans le raidi de la France on cultive cet arbuste pour le kermès : on le coupe souvent, parce que ces insectes se propagent plus facilement sur les jeunes pousses que sur les vieux troncs.
(2) ( Lippold et Funkes. ) Cette indication n’est pas entièrement exacte, car les oeufs restent dedans ou dessous le corps delà femelle,
1 qui après ce temps prend peu à peu la grosseur d’une prunelle , et prend une teinte toujours plus foncée. Aussi les jeunes du mois de mars ne ! doivent pas provenir de cette ponte mais de la seconde , qui dans le midi i de la France a lieu en septembre. Le corps laineux qui entoure la mère et les œufs, et qui adhère à la plante, ne se dissout pas dans l’alcool, ne
Avant que les œufs n’éclosent on ramasse la mère morte avec les œufs (1) , et on les empêche d’éclore en les exposant à la vapeur du vinaigre chaud ou en les mettant 10 à 12 heures dans du vinaigre chaud et laissant sécher. Une partie reste sur les arbres pour la récolte suivante , mais quand les jeunes sont éclos on recueille encore les écorces vides.
Une seconde récolte a lieu en septembre; elle donne du kermès plus petit et moins riche en couleur. En Espagne on vend à part la poussière fine qui se détache de ces animaux. D’après quelques indications, dans la Provence, au commencement du printemps, le kermès n’est pas plus gros qu’un grain de millet, d’un très-beau rouge , et ressemble à une nacelle renversée : il est entièrement entouré d’un duvet qui lui sert de nid. Plus tard il prend la grosseur d’un petit pois , le duvet le recouvre sous la forme d’une poussière grisâtre , et la partie inférieure du corps est remplie d’une liqueur rouge. Dans le milieu ou à la fin du printemps de l’année suivante , il ressemble 'à un fruit du genièvre , et contient 2000 petits œufs qui ressemblent à des graines de pavot et qui contiennent un suc rouge (2).
Dans le sud de la France, Avignon fait principalement
se fond pas à la chaleur de l’eau bouillante, brûle avec flamme sur les charbons, et a beaucoup d’analogie avec le caoutchouc.
(1) Dans le Languedoc cette opération se fait du milieu de mai au milieu de juin , plus tard quand la tempe'rature est froide. Une forte pluie d’orage dc'truit la récolte. Ordinairement la cueillette se fait par des femmes avaut le jour, parce que les pointes des feuilles sont amolies par la rosée, et que le kermès a plus de poids. Elles se laissent pousser les ongles pour pouvoir détacher le kermès plus facilement. Lue femme peu ramasser 2 livres de kermès par jour. Dans le commencement il est lourd et humide , et pour cela il n’est payé que moitié de celui de la ün de la récolte.
(1) On reconnaît l’époque la plus convenable pour faire la récolte, à la couleur violette de l'insecte , et à la facilité avec laquelle on le détache de la- racine.
le commerce du kermès. On ne ie recueille pas dans les environs , mais dans le département des Bouches-du-Rhône. La moitié de la récolte qui , séchée , s’élève à environ 60 quintaux, passe h Avignon (Nemnig).
Kermès de Pologne. ( Coccus polonicus. ) Il se trouve sur la racine du scleranthus perennis et du scleranthus annuus , dans des terrains sablonneux , principalement en Pologne et en Ukraine. La femelle est arrondie , allongée , rougepourpre ou brime , elle se nourrit du suc de la racine ainsi que le mâle; plus tard les mâles prennent des ailes et fécondent les femelles, qui se fixent à la racine et y meurent, en laissant dans leurs corps des œufs qui éclosent plus tard.
Le kermès se récolte en Ukraine vers la Saint-Jean, et en Pologne dans les mois de mai et de juin, avant que les œufs n’éclosent , en enlevant la plante avec une bêche et la remettant après avoir enlevé les insectes , que l’on traite avec du vinaigre ou de l’eau chaude pour empêcher les œufs d’éclore, et faisant sécher au soleil. Quelquefois on sépare aussi les œufs de leur enveloppe , et on les agglomère par une légère pression. Cette matière est plus estimée des teinturiers que le kermès entier.
Ce kermès a les mêmes propriétés tinctoriales que le précédent; i livre de ce kermès doit suffire, d’après Wolf, pour teindre 20 livres de laine. Hermbstaedt n’en obtenait i cependant pas une belle couleur , et en employait 5 fois autant que de cochenille. En Pologne on le fait bouillir avec 1 de la bière aigre , et on teint la laine alunée dans cette décoction. Les Turcs , les Arméniens et les Cosaques teignent avec le kermès les maroquins, le drap, la soie, la crinière i et la queue des chevaux. Les femmes turques extraient la i couleur avec du vin ou du suc de citron et de grenades , et \ se servent de cet extrait pour se teindre les ongles.
Kermès de fraisier. ( Coccus fragariœ, ) Ce kermès existe
en Europe, mais principalement en Sibérie, sur la racine du fraisier commun , et probablement aussi sur d’autres plantes. La femelle est rouge ; elle a une trompe noire , un corselet ridé , et l’anus environné de poils noirâtres ; le mâle n’est pas encore connu. En Russie les paysans le recueillent et l’emploient pour teindre le lin en cramoisi.
( Coccus uva ursi. ) Ce kermès se trouve sur la pousseroîle commune (le raisin d’ours); il est deux fois plus gros que le kermès polonais, et teint avec l’alun en beau rouge. Il paraît qu’on en récolte en Russie.
On connaît encore plusieurs plantes qui nourrissent des insectes qui jouissent des mêmes propriétés tinctoriales que les kermès, mais qui sont peu connus. Les principales sont les suivantes :
Tormantille des champs. ( Tormentilla arvensis . )
Lycopode. [Ly copodium complanatum. ) C’est sur cette plante qu’en Ukraine on trouve la plupart des kermès.
Poterium sanguisorba.
Pimpinella saæifraga .
Nardus siricla .
Polentella anserina .
Hieracium pilosella.
Hypericum perforatum.
Enca vulgaris.
Ceraslium arvense.
Potintella replans .
Mairie aria,
A ira canes cens.
A renaria s erp illifo lia .
On trouve sur le chêne, sous l’écorce , un ver rouge qui peut être employé comme le kermès.
Le bon kermès est rouge foncé , plein, d’une odeur agréable, d’une saveur âpre et piquante. La matière colorante
KERMÈS. 55y
rouge est soluble dans Peau et l’alcool ; les acides la rendent jaunâtre et brunâtre , les alcalis violette ou cramoisi ; le sulfate de fer la rend noire.
La matière colorante du kermès possède les mêmes propriétés chimiques que la cochenille. L’extrait alcoolique devient jaune à la lumière; la décoction aqueuse n’éprouve pas cette transformation. Avec alun cette matière teint rouge de sang; avec sulfate de fer, gris d’agathe; avec sulfate de fer et tartre , joli gris ; avec sulfate de cuivre et tartre, vert olive; avec tartre et sel d’étain, couleur cannelle vive ; avec addition de plus d’alun et de tartre , lilas ; avec du vitriol blanc de Goszlar et tartre, violet (Hellot).
Avec sel d’étain , par le procédé employé pour la cochenille, on obtient avec 12 parties de kermès pour 1 de cochenille une couleur écarlate (1) aussi belle que par la cochenille (BancrofF).
Bancroff obtenait en général , avec le kermès de France et des mordans terreux et métalliques , les mêmes résultats qu’avec la cochenille, et concluait de là que la matière colorante du kermès était la même que celle de la cochenille. Il observa aussi que la couleur du kermès était plus solide que celle de la cochenille, ce qu’il attribuait, ainsi que Hellot, à la matière astringente qu’elle contient toujours. Avant, on avait déjà remarqué la plus grande solidité des
(1) On obtenait l’écarlate de Venise sur laine , en la faisant bouillir une demi-heure avec égalé partie de son, et ensuite 2 heures dans un bain fait avec de l’eau de son acidifie par la fermentation et qui contenait i/5 de son poids d’alun et moitié autant de tartre rouge. Après on sortait le drap de la chaudière , on le laissait pendant 6 jours humecté de cette liqueur, et on le teignait dans de l’eau douce avec du kermès pulvérisé, on prenait 3 parties de kermès neuf sur 4 parties de laine, ou \ parties d’ancien. Pour des étoffes on prend 1/4 de moins ( Hellot ). L’écarlate teinte par le kermès était désignée sous le nom d’écarlate de graine , parce que l’on croyait que le kermès était une se-
mence.
couleurs du kermès (1) ; mais on ne pouvait pas les obtenir aussi vives que celles de la cochenille. Les couleurs rouges des tapisseries de Bruxelles, qui ont été produites par le kermès , n ont point perdu de leur éclat.
Hellot dit qu avant de teindre dans le bain de kermès il fallait y jeter une poignée de mauvaise laine , cette dernière attirait une matière noirâtre. L'étoffe teinte après, prenait une plus belle nuance.
Les bonnets rouges pour le Levant se teignent à Orléans avec une partie de garance et une partie de kermès. On appelle cette couleur demi -écarlate de kermès. Quelques fabricans ajoutent aussi du bois de Fernambouc.
LAQUE, insecte. Lac, laque, gomme-laque, laque en bâton.
Histoire . Dans les Indes orientales la laque en bâton est employée depuis long-temps pour teindre les tissus grossiers de coton , c est-à-dire les toiles de tentes,* dans la Barbarie, en Portugal , etc. , pour teindre les maroquins. En Angleterre , en France et en Allemagne , elle n’est devenue en lisage que récemment. Cependant avant on l’employait en Allemagne pour teindre le cuir, le papier, les pierres, etc., mais rarement pour l’écarlate; aussi la laque en bâton était peu répandue dans le commerce ; la laque en tablette
ou en grain ne contient que peu ou point de matière colorante.
Stephens , chirurgien de la compagnie des Indes orien-
U jOn peut enlever les taches de graisse des draps ecarlat.es teints a^ec kermes, tandis que cela ne re'ussit que rarement sur ceux cpii sont teint» avec la cochenille sans alte'rer la couleur. Pour teindre 4 paities de soie rouge cramoisi, dans l’Inde, on prend i partie de eimts , i partie d alun et i partie de fleurs du pistachier (qui doivent probablement remplacer la noix de galle. )
LAQUE. 55g
taies, paraît avoir préparé le premier, à Keerpoye , la matière colorante delà laque en bâton, que Flemming, inspecteur des objets de teinture, fit connaître le 7 juillet 1796* Il en fut donné un échantillon à BancrofF, afin qu’il examinât si et comment on pouvait l’employer. Son jugement fut favorable , et quelques années après cette matière colorante fut introduite en petits gâteaux sous le nom de îaklak® Son usage a augmenté si rapidement que , d’après BancrofF,, elle remplaçait 1/2 million de livres de cochenille. Cependant plus tard la qualité de cette matière devint très-inégale , et en 1810 les teinturiers étaient presque décidés à renoncer à son usage. Après cette époque on la prépara en Angleterre plus convenablement ; depuis , l’usage s’en est très -répandu : elle a remplacé complètement la cochenille dans plusieurs cas. Les frères OfFenheimer, à Vienne, préparaient une matière colorante plus riche au moyen de la laque en bâton. Ils la livrèrent au commerce en 181 5, sous le nom de rouge d’ OfFenheimer®
BancrolF, Strecius, Dingler, Hermbstaedt, firent des observations importantes sur la teinture au moyen de cette matière colorante.
La laque en bâton est une résine colorée qui est produite par un insecte particulier ( coccus lacca) sur plusieurs plantes. Ces plantes sont :
Le ficus reli glosa , le ficus indica , le rhamnus jujuba , le croton lacciferum , et le butea firondosa , qui poussent dans le Bengale, Je Malabar, le Pegu, et autres parties des Indes orientales»
L’insecte de la laque a la grosseur d’un poux ordinaire; il est rouge , rond , plat , avec 1 2 cercles abdominaux, queue bifurquée , antennes , et 6 pattes qui ont la moitié de la Iongeur du corps. Les mâles sont deux fois plus grands , et ont 4 ailes; il y a un mâle pour 5, 000 femelles.
ô6o LAQUE.
En novembre ou décembre les jeunes insectes s’échappent des œufs qui étaient placés sous la femelle morte (1); ils se meuvent un peu, et se fixent sur les branches. Ils y forment de petites masses mamelonnées , les bords du corps paraissent être collés par une liqueur transparente dont la quantité va en croissant jusqu’à la fin de mars , et qui forme une cellule. L’animal ressemble à cette époque à un sac ovale sans vie , de la grosseur d’une cochenille. Dans le commencement on y voit une belle liqueur rouge , plus tard on observe aussi des œufs, et en octobre et novembre 20 à 5o jeunes, qui, quand la liqueur rouge est épuisée, percent un trou dans le dos de leur mère, et sortent : la cellule vide reste sur les branches.
Les cellules sont formées du suc laiteux de la plante , qui sert de nourriture aux insectes , et qui produit ensuite la matière colorante rouge qui se trouve mêlée dans la résine , et en plus grande quantité dans le corps des insectes, dans les œufs , et encore plus dans la liqueur rouge qui sert de nourriture aux jeunes. Quand ces derniers sont sortis les cellules contiennent beaucoup moins de couleur; par cette raison on casse les branches avant cette époque , et on les fait sécher au soleil. Dans les Indes orientales cette opération se fait deux fois par an ; la première en mars , la seconde en octobre.
Laque en bâton . Les cellules qui adhèrent aux branches sont mises dans le commerce sous le nom de laque en bâton. Cette matière est rouge foncé , transparente , dure , d’une cassure conchoïde brillante; et d’après John, 120 parties sont composées comme il suit :
(0 Vers ce temps les branches en sont tellement recouvertes qu’elles paraissent couvertes d’une poussière rouge 5 elles se dessèchent, parce que les insectes en tirent trop de suc. Beaucoup pe'rissent cependant par d’autres insectes et par le mauvais temps ; les oiseaux les transportent d’un arbre a un autre , parce qu’ils s’attachent à leurs pieds.
Résine commune odorante. 80,00
Résine insoluble dans l’éther 20,00
Matière colorante analogue à celle de la cochenille. 4,^o
Matière amère balsamique 0,00
Extrait jaune-fauve. .; o,5o
Acide de la laque en bâton 0,7b
Matière grasse , espèce de cire. ^ . 5,co
Peaux des insectes, et couleur de cochenille. . . 2,5o
Sels 1,25
Terres 0,75
Perte • . . 4,70
D'après Franke.
Résine . • .60,7
Matière de la laque 28,5
Matière colorante. 6,
Laque en grain. Lorsqu’on enlève la résine des branches, et qu’après l’avoir pulvérisée grossièrement on la traite par l’eau , on extrait la plus grande partie de la matière colorante, et il reste une matière grenue qui constitue la laque en grain. Elle contient beaucoup moins de matière colorante que la laque en bâton, et elle est beaucoup moins soluble. John a trouvé dans 100 parties :
Résine. 66,7
Cire 1,7
Matière de laque 16,7
Matière amère balzamique §,5
Matière colorante. ......... 0,9
Extrait jaune-fauve 0,4
Enveloppe des insectes 2,1
Acide de la laque 0,0
Lactate, sulfate, muriate de potasse,
phosphate de chaux et de fer. . . 1,0
Terres 6,6
Perte 4>2
Tom. I.
Laque en feuilles . En fondant la laque en grain et en bâton on la met facilement en lames minces , qui constituent la laque en feuilles (1). Elle contient peu de malieie colorante rouge; elle est principalement employée pour les cires à cacheter et les vernis.
Laklak ♦ En traitant la laque en bâton finement pulvérisée (2) par de l’eau contenant une petite quantité de soude (5), et laissant le liquide sur la poudre jusqu’à ce qu’il ait dissous suffisamment de couleur, filtrant, et ajoutant de la dissolution d’alun , il se forme un précipité qui est composé de matière colorante , de résine et d alumine. Il paraît dans le commerce en petits pains carrés sous le nom de laklak : 2 ou 5 parties équivalent à 1 partie de cochenille.
D’après John , 100 parties de laklak contiennent :
Matière colorante 5o
Résine 4°
Terre. . 9
Lak des teinturiers. Comme dans la préparation précédente il se dissout beaucoup de résine , qui est précipitée en combinaison avec la matière colorante; et comme cette combinaison se dissout difficilement dans l’eau et les acides que l’on emploie en teinture , et que la présence de 1 alu-
(1 ) Dans l’Inde on met la laque en grain dans de longs sacs de colon, on les fait tenir par i hommes sur un feu de charbon pour que la laque fonde , et alors on la fait sortir des sacs par la torsion. La résiné tombe sur des tuyaux lisses de platanus (musa paradisa). Les plaques sont encore amincies pendant qu’elles sont chaudes, (en les étirant.
(,) Tout dépend d’une bonne pulvérisation -, alors il est avantageux de faire moudre la matière, il faut aussi observer que les parties qui contiennent le plus de couleur se pulvérisent les premieies. Si alors on tamise à différentes époques , le premier quart de la poudre contient les 3/i de la quantité totale de couleur.
(3) La soude est préférable à la potasse, parce que le sulfate de potasse ne convient pas aussi bien à l’écarlate que le sulfate de soude.
mine est nuisible à l’écarlate (1), on a employé en Angleterre un autre procédé pour extraire la matière colorante de la laque en bâton. La nouvelle matière que l’on obtient ainsi porte le nom de îak des teinturiers; elle possède i/4 plus de force teignante que le îaklak; elle a une couleur plus foncée et plus égale. John a trouvé dans 100 parties ,
Matière colorante 5o
Résine 26
Matière solide composée d’alumine, de plâtre, craie et sable. 22
Le procédé que l’on emploie en Angleterre n’a pas encore été publié; mais probablement on emploie pour la dissolution de l’eau acidée par l’acide sulfurique , on sature avec de la chaux, et on précipite avec un peu d’alun (2). O11 obtient aussi la matière colorante très-pure en traitant la laque en bâton par de l’eau contenant de l’alun (5), et précipitant par un peu de soude (4).
Rouge cl’ OJfenheimeir. Cette matière est semblable à la îak des teinturiers, mais elle est beaucoup plus pure; elle est en poudre rouge, et fut mise dans le commerce par les frères Offenheimer en 181 5. O11 dit que 100 parties contiennent 90 parties de matière colorante, et qu’il n’en fallait pas plus que de cochenille pour obtenir les différons rouges.
(1) On peut cependant éviter l’effet nuisible de l’alumine en employant du muriate d’étain en grand excès. L’acide muriatique se combine alors avec l’alumine, et l’oxide d’étain avec la couleur.
(2) Si on ne sature pas tout l’acide avec de la chaux , la matière colorante reste encore dissoute , et peut être obtenue par l’évaporation après avoir séparé le dépôt et saturé complètement l’acide par la soude.
(3) Ce qui ne se dissout pas, peut être enlevé ensuite par de l’eau contenant de l’acide sulfurique.
(4) On peut n’employer ni alun ni soude, et précipiter la dissolution aqueuse par le sel d’étain.
Action de V air et de la lumière . La matière colorante de la laque ne parait pas être altérée par l’air; une dissolution acide ou alcaline de cette matière colorante s’altère par l’évaporation; la lumière change en jaune la couleur de la dissolution alcoolique.
Action de Veau. L’eau dissout facilement cette matière colorante ; mais comme elle est mêlée avec de la résine dans la laque en bâton et dans la laklak , elle n’en dissout que peu du premier et presque point du second. L’eau froide en dissout plus que l’eau chaude, parce que cette dernière ramollit la résine, qui alors retient plus fortement la matière colorante. La liqueur obtenue de la laque en bâton par l’eau froide étant évaporée donne une poudre rouge soluble , avec laquelle Bancroff teignait en écarlate aussi bien qu’avec la cochenille; mais ce procédé n’est pas praticable en grand , parce que pendant l’évaporation la matière colorante est altérée par l’air (i).
Action des alcalis. Les liqueurs alcalines dissolvent facilement la matière colorante , mais elles dissolvent en même temps une quantité considérable de résine.
Action des acides. L’acide nitrique rend la matière colorante jaunâtre , et finit par la détruire. L’acide sulfurique et l’acide muriatique rehaussent la teinte de la matière colorante; de l’eau acidifiée par ces acides en dissout une grande quantité. Due mesure d’acide sulfurique étendue
(i) On pourrait cependant l’extraire à l’aide d’une presse , etevaporer dans le vide. Hellot employait de l’eau de chaux, la de'coction d’agaric , de racine d’aristoloche et de grande consolide ( symphitum off'.) pour dissoudre la matière colorante de la gomme-laque. Il précipitait l’extrait par l’alun et obtenait i/5 du poids de la gomme-laque en une poudre rouge avec laquelle il teignait comme avec de la cochenille , excepte pourtant qu’il trempait d’abord la poudre dans de l’eau chaude, et l’arrosait avec la dissolution d’etain par laquelle le rouge' pourpre passait an rouge de feu.
de 100 parties d’eau dissout 10 fois pins de matières colorantes que 100 parties d’eau pure. On emploie alors un de ces acides pour dissoudre la matière colorante. Les laques doivent être finement pulvérisées.
Prescriptions pour la préparation de ces dissolutions :
i° On met 4 parties de laklak avec 5 livres d’acide sulfurique concentré (i) ; on laisse le mélange 24 heures en été et 48 heures en hiver; on y verse alors 02 livres d’eau bouillante , on remue , et on abandonne encore la liqueur 24 heures ; on verse le liquide clair dans une chaudière de plomb , et 011 lave le résidu avec de l’eau jusqu’à ce qu’elle ne se colore plus (2). La teinture ainsi obtenue est réunie à la première; on sature les 4/5 de l’acide avec de la chaux (5) , et on sépare le précipité. C’est le procédé le plus généralement suivi à Londres.
20 On broie 52 parties de lak des teinturiers avec 10 à 12 parties d’acide sulfurique de i,85 de densité, ou avec 12 à 14 parties d’acide muriatique de 1,1 3 de densité (l’un et l’autre acide étendu de 3 fois son poids d’eau). On abandonne le mélange 48 heures en hiver et 24 heures en été. Alors on le liquéfie autant qu’il est nécessaire avec de l’eau de rivière (Streccius).
(1) On emploie des vases de verre, et pour remuer, cies tiges de verre ou de plomb.
(2) On peut encore extraire le re'sidu par de l’eau contenant de la soude, et quand la liqueur est colore'e on ajoute de l’acide sulfuriqne et plus tard de l’eau bouillante.
(3 Sur 5 livres d’acide sulfurique on prend 2 livres ue chaux vive pulverisee. Tout l’acide ne doit pas être sature, parce que le drap se teint mieux dans une teinture acidêe. On peut aussi saturer une partie de l’acide sulfurique par la soude, 1 1/2 à 2 livres au plus par livre d'acide sulfurique , ce qui ne nuit pas à la teinture, parce que le sulfate de soude n’altère pas la couleur 5 si la dissolution avait etc faite avec l’acide muriatique, la soude ne pourrait pas être employée parce que le muriate de soude agit sur la couleur.
5° On délaie 5 2 parties de lak des teinturiers avec 12 parties d’acide muriatique à 1,1 48 de densité , que l’on étend d’un égal poids d’eau. On abandonne le mélange pendant 24 heures en remuant de temps en temps, et à la fin on liquéfie la liqueur avec de l’eau (Dingler).
Beaucoup de teinturiers traitent les deux espèces de laque par l’acide sulfurique , mais seulement pour détruire l’action de la résine et rendre la matière colorante soluble dans l’eau , sans enlever d’avance les matières résineuses et insolubles. Bans ce cas , pour 2 livres de laklak 1 livre d’acide sulfurique est suffisante , et pour 1 livre de laque de teinturiers seulement 2/5 de livre. On mélange l’acide avec la poudre humectée , 011 remue bien , et l’on abandonne le mélange pendant 1 jour en été, et au moins pendant 5 jours en hiver.
BancrofFne regardait pas l’acide muriatique comme aussi avantageux que l’acide sulfurique. Streccius le regarde comme meilleur, parce qu’il ne donne pas une nuance jaune à la couleur , et qu’il n’attaque pas autant les fibres de la laine (1).
Action des sels . La matière colorante de la laque en bâton se comporte avec les sels de la même manière que celle de la cochenille; mais les sels de fer et l’ammoniaque ne la rendent pas aussi foncée , et par celte raison les étoffes teintes avec la laque ne se tachent pas aussi facilement par la boue, la sueur, l’urine, que celles qui sont teintes avec la cochenille.
Propriétés tinctoriales. A l’état frais les œufs et le suc rouge contenu dans les cellules donnent une plus belle
(1) Par la même raison en employant de l’acide sulfurique il faut prendre moins de matières colorantes jaunes , et il faut prendre plus d’alun, que l’on peut mettre de côté quand on emploie de l’acide muriatique.
couleur que quand ils sont secs. Roxburg , qui a fait le premier ces observations , proposait de préparer dans 1 Inde des couleurs rouges avec la laque en bâton fraîche.
En général , la matière colorante sèche se comporte en teinture comme la cochenille ; mais elle donne des couleurs plus solides , quoique moins belles et moins vives , à moins que la couleur ne soit entièrement pure et exempte de résine. Elles résistent mieux aux acides; les alcalis et le savon
l’attaquent. La matière colorante dissoute dans des liqueurs acides se fixe sans mordant sur la laine. Avec des mordans 011 obtient la même nuance qu’avec la cochenille.
Écarlate sur laine. Pour obtenir de l’écarlate sur laine ou prend , comme avec la cochenille , une dissolution d’étain ( 1/6 à 1/8), mais en plus grande quantité, 1/4 à 1/0 de plus, et on donne avant un fond jaune, ou bien on ajoute du tartre à la dissolution de laque (1). Cependant il est préférable de faire bouillir la laine avant avec la dissolution d’étain , mais de n’ajouter la décoction de laque que quand le bain s’est un peu refroidi , et de ne teindre qu à une chaleur modérée. Il faut aussi rincer le drap après la teinture lorsqu’il est encore chaud, parce que les parties résineuses se détachent plus difficilement après le refroidissement. La liqueur que l’on a employée peut servir en y ajoutant de la couleur, et on peut l’employer ainsi jusqu’à ce qu’elle soit trouble et chargée des matières insolubles de la laque.
Dingler fait chauffer de l’eau dans une chaudière d’étain, y suspend une livre de bois jaune dans un petit sac, fait bouillir l’eau , et y ajoute peu à peu ïo livres de tartre; écume après la dissolution ; on ajoute ensuite 20 iivresde oi-
(ï) Par exemple, avec 1/10 de crème de tartre et autant de qnercitron que l’on emploie en teignant avec la cochenille.
tro-muriate d'étain (1), on passe 2 fois l’étoffe, onia tort; on ajoute au bain une dissolution de 8 livres de laque des teinturiers dans l’acide muriatique; on fait bouillir rapidement, on travaille 1 étoffé 1 heure 1/2 dans la liqueur bouillante, on rince et on bat jusqu’à ce qu’elle ne colore plus l’eau. On obtient ainsi une belle écarlate très-vive. Pour les étoffes de laine d impression on ajoute à la dissolution delà matière colorante, du tartre et de la dissolution d’étain , et on l’épaissit avec de la gomme adraganthe. Pour le rose clair on peut prendre une dissolution de 2 onces de laque des teinturiers liquéfiée avec 5 livres d’eau , 8 onces de dissolution d’étain , 2 gros de crème de tartre , et la quantité nécessaire de gomme.
Streccius prenait pour le bouillon , quand il voulait teindre avec la dissolution de laque dans l’acide sulfurique, sur 1 livre de sel ou d’étoffe de laine :
1 à 2 onces de bois de fustet , 1 2 onces d’alun, 2 onc. 1/2 de creme de tartre , et 5 gros de sel d’étain contenant de l’ammoniaque ;
Ou 1/2 once d’écorce de quercitron , 1 once d’alun, 2 onces 1/2 de crème de tartre, et 5 gros de sel d’étain contenant de l’ammoniaque.
Pour la dissolution faite avec l’acide muriatique :
1 once 1/2 à 2 onces de bois de fustet, 1 gros d’alun, 2 onces 1/2 de crème de tartre, et 5 gros de sel d’étain;
Ou 1 once de quercitron, 1/2 once d’alun, 2 onces 1/2 de crème de tartre, et 5 gros de sel d’étain.
Plus d alun donne une nuance bleuâtre à la couleur ; quand la laque est dissoute dans beaucoup d’acide , on peut prendre plus d alun , mais il faut rester dans les li-
(0 On peut teindre encore dans le bain déjà employé, mais on prend 1 At moins de boisjaune , de tartre et sel d’étain. On peut le conserver quelque temps.
mites convenables pour que l’alumine en excès ne puisse pas précipiter inutilement une partie de la matière colorante.
Le bouillage durait 2 heures; alors on aérait , et on laissait pendant la nuit; le matin on passait pendant une demiheure dans le bain de couleur bouillant , on aérait, on rinçait et on séchait. On préparait le bain de couleur en faisant bouillir de l’eau; ,y versant alors la dissolution de laque , on faisait jeter quelques bouillons , on écumait, et on y passait l’étoffe. La dissolution de laque, qui est rouge de tuile , devient rouge-brun en la versant dans la liqueur. Après la teinture le bain doit être clair, et il ne doit s’y être formé qu’un faible précipité rouge-jaune. Quand le bain reste d’un rouge jaunâtre et que le précipité est rouge, la laque n’est pas complètement dissoute.
Pour teindre 1 livre de fil écarlate saturée , Streccius employait 2 onces de laque des teinturiers ordinaire, et moins de laque des teinturiers purifiée, et 2 onces 1/2 à 5 onces de laklak purifiée.
Cramoisi sur laine . D’après Streccius , on n’obtient pas bien le cramoisi avec l’alun par la méthode ordinaire. Il obtenait un cramoisi assez beau en prenant pour le bouillon sur 1 livre de fil, 1 once d’alun, 2 onces 1/2 de tartre, et 2 gros de sel de tartre; teignant avec 2 onces 1/2 de laque des teinturiers dissoute dans l’acide muriatique, et avivant par de l’eau tiède faiblement alcaline; mais il obtenait un pourpre beaucoup plus beau quand il employait 1 once à î once 1/2 de muriate d’alumine au lieu d’alun, et un pourpre encore plus beau quand il employait un peu plus de sel d’étain.
Si on veut teindre avec la laque des étoiles en pourpre , en rose, ou cramoisi , on ajoute du quercitron ou du fustet , et on prend moitié autant d’eau qu’à l'ordinaire. On rince alors l’étoffe , et on la met dans une cuve renfermant de
Sjü LAK.
l’eau dans laquelle on a dissout du sous-carbonate de soude ou de l’ammoniaque d’urine pourrie. Un peu de roucouou de cudebear produirait le même effet , mais la nuance ne serait pas aussi belle.
Une étoffe teinte avec la laque devient d’un cramoisi solide en ajoutant au bain de la chaux vive en poudre en quantité suffisante pour saturer l’acide, et laissant l’étoffe bouillir 1/4 d’heure avec. Il ne faut point alors de dissolution d’étain.
Sur coton et lin . La matière colorante de la laque se fixe aussi peu solidement sur le lin et le coton que celle de la cochenille (Bancroff). On a cependant trouvé en Allemagne un procédé pour fixer sur coton et lin la matière colorante de la laque par un procédé analogue au rouge d’Andrinople.
Hermbstaedt commençait par traiter le coton par un mordant huileux et alcalin , ensuite par l’acétate d’alumine ou le tartre et le sel d’étain, et teignait enfin avec la laque. Il obtenait la plus belle couleur quand il traitait le coton 2 fois avec de l’alumine et le muriate d’étain.
Dingler a obtenu la plus belle écarlate en employant des bains huileux , passant à une décoction de sumac , traitant ensuite par le muriate d’étain neutre , et enfin par le bain de laque.
Sur soie. La simple décoction de laque en bâton teint la laine en cramoisi , et pourpre quand on procède comme avec la cochenille. La dissolution acide de la laque ne teint pas bien , parce que l’acide empêche l’alunage de la soie. Streccius , avec l’alun et une dissolution d’étain, obtenait seulement un rouge de sang , mais pensait qu’on obtiendrait de meilleurs résultats avec le muriate d’alumine et le sel d’étain.
LAK. M. Vauquehn a examiné une laque peu connue ,
LAK. 57i
qui est contenue dans des cellules formées par des insectes sur des branches de quelques arbustes des Indes orientales. Les Indiens les désignent sous le nom de lak scha , à cause de l’innombrable quantité d’insectes qui l’habitent (lak en indien signifie 1 00,000 ). La matière qui forme les cellules ressemble à de l’ambre ; dans chaque cellule , outre une matière blanche , se trouve un sac avec un suc rouge de pourpre; son odeur est celle de la terre d’ombre; cette matière est sans goût , insoluble dans l’eau et l’alcool , et très-facilement so-
lubie dans de l’eau acidifiée par l’acide sulfurique ou l’acide muriatique. L’un et l’autre la rend rouge vif, et on observe une effervescence qui provient du carbonate de chaux quelle contient. Les alcalis la précipitent des acides lorsqu’on ne les ajoute pas en excès; les liqueurs alcalines la dissolvent avec une couleur violette; les acides la précipitent.
Le lin non aluné ne se teint pas dans les dissolutions acides ou alcalines; mais traité avec le sel d’étain il prend une belle nuance presque écarlate. La soie se teint moins bien; la couleur est assez solide. Cette matière pourrait alors être employée en teinture.
Sur lu teinture avec lu luque chje , par Ls. George. ( Annals
of phylosophy , 1826.)
Lors de l’introduction de la laque on employa l’acide sulfurique, ou un mélange d’acide sulfurique et d’acide muriatique, pour dissoudre la résine avec laquelle la matière colorante est combinée. Mais depuis 1 introduction de la laque dye on emploie seulement l’acide muriatique. Le mordant employé est connu des teinturiers sous le nom d esprit de laque. On l’obtient en dissolvant 0 livres d étain dans 60 livres d’acide muriatique fumant (p. s. i? 19)» disse-
Sys LAK,
lution est incolore et fumante. Cette dissolution ne diffère de celle dont on fait usage dans la teinture écarlate qu’en ce qu’elle contient une plus grande proportion d’oxide d’étain. L’eau-forte la plus estimée des teinturiers est formée d’acide muriatique pesant 1,17, auquel on ajoute 1/20 d’acide nitrique pesant 1,19; pour faire la dissolution on verse 28 livres de cette eau dans un vase de grès légèrement conique ; on y jette à diverses reprises , et en remuant à chaque fois , de l’étain granulé fin , jusqu’à ce qu’il y en ait 4 livres de dissous. On peut faire usage de la dissolution 12 heures après qu’on l’a laissée refroidir et déposer. Pour teindre on ajoute 3/4 de pinte d’esprit de laque pour chaque livre de laque dye ; on abandonne alors le mélange 6 heures avant d’en faire usage. Les étoffes , avant d’être teintes , doivent être nettoyées avec de la terre à foulon. Pour teindre 1 00 liv res de drap de pelisse (drap d’un tissu mince et ouvert ) , on remplit presque entièrement d’eau claire un vase de la capacité de 5oo gallons , et l’on allume le feu dans le fourneau; puis à la température de Go à 66° centig. , on jette dans ce liquide une poignée de son et une demi-pinte de dissolution d’étain; on enlève alors les écumes qui se forment au moment où l’eau approche de l’ébullition. Lorsque le mélange bout on y verse 10 livres 1/2 de laque dye, préalablement mêlée avec 7 pintes d’esprit de laque et 3 parties 1/2 de dissolution d’étain; un moment après on ajoute 10 livres 1/2 de tartre et 4 livres de jeunes pousses de sumac ( rkus cotinus ) renfermées dans un sac de toile, et l’on fait bouillir pendant 5 minutes. On retire alors le feu du fourneau, on verse dans les cuves à teindre 20 gallons d’eau froide et 10 pintes 1/2 de dissolution d’étain; on y plonge les étoffes , et on les y retourne rapidement pendant 10 minutes; puis on rallume le feu, et on retourne l’étoffe plus lentement; on fait bouillir la liqueur aussitôt que
possible pendant une heure ; on lave l’étoffe avec soin h la rivière, ensuite on la lave à l’eau seule dans l’appareil à foulon. Ces proportions donnent une teinte écarlate brillante tirant sur le bleu. Si l’on veut une teinte plus orange , on substitue Yargol blanc de Florence au tartre , et l’on emploie plus de sumac. La laque dye peut être substituée à la cochenille pour la plupart des nuances oranges , mais dans les nuances plus délicates , le rose , par exemple , la grande proportion d’acide employée pour dissoudre la laque dye détruit le brillant de la couleur. L’auteur a trouvé qu’en employant la matière colorante pure on peut obtenir toutes les nuances que donne la cochenille.
MATIÈRES JAUNES AZOTÉES. L’acide nitrique a la propriété de teindre en jaune les matières animales et les matières végétales azotées. Si on fait bouillir, par exemple, de la laine , du blanc d’œuf coagulé , de la viande , avec de l’acide nitrique pur ou un peu étendu , il se dégage de l’azote , de l’acide nitreux , et la matière devient jaune. Plus tard elle se dissout , et la liqueur est d’un jaune foncé; elle contient alors une matière particulière jaune amère, une matière jaune grasse , et une matière acide de même couleur, qui d’après Fourcroi et Vauquelin provient de l’oxigénation de la fibrine et constitue un acide particulier. Mais d’après Berzélius c’est une combinaison d’acide nitrique, d’acide nitreux, d’acide malique et de matière animale décomposée.
Teinture avec acide nitrique. Cette propriété de l’acide nitrique de teindre en jaune les matières animales est connue depuis long-temps, elle le fut en même temps que l’acide nitrique. Bergmann le recommanda d’abord pour teindre. Grnelin a fait sur cet objet des essais étendus. Ce dernier a trouvé que l’acide nitrique ainsi que les nitrates
acides teignent la soie, la laine , ainsi que d’autres matières animales, en jaune , mais ne colorent pas le lin et le coton; que parce traitement la soie et la laine ne souffraient pas sensiblement quand on n’employait pas des acides trop forts et à une trop grande chaleur, qu’on ne les laissait pas trop long-temps dans le bain, et que l’on rinçait dans l’eau aussitôt que la matière avait pris la teinte jaune; que le lavage dans un bain de potasse rehaussait la couleur, la rendait plus jaune citron, plus tard jaune d’or et plus solide , et prévenait toute action des acides ; mais que le lavage au savon nuisait à l’éclat de la couleur, et que l’été on pouvait teindre ainsi sans chaleur artificielle, mais que pendant l’hiver une chaleur douce accélérait beaucoup Faction de l’acide. La couleur obtenue par l’un ou l’autre de ces procédés résistait à la lumière, à l’air, à l’eau , au vinaigre et aux autres liqueurs acides.
Lampadius donnait la prescription suivante pour teindre en jaune la soie au moyen de l’acide nitrique , et qui plus tard fut fréquemment employée par les teinturiers. On liquéfie 8 parties d’acide nitrique fumant avec 1 partie d’eau, on y met la soie préalablement humectée jusqu’à ce qu’elle ait pris une nuance jaune faible (1/2 heure). On la plonge alors aussitôt dans une dissolution de potasse ( 1 de potasse et 8 d’eau) , où on la laisse jusqu’à ce que la couleur soit d’un beau jaune d’or; alors on rince.
Fabroni prescrit de laisser la soie plus ou moins long temps dans 1 partie d’acide nitrique à 24° et 64 parties d’alcool à 55°, de sécher et rincer.
Par ce procédé la couleur jaune est produite par la substance même que l’on teint , par conséquent les fibres doivent être attaqués , mais quand l’opération est faite avec
le soin convenable , l’affaiblissement des fibres est presque nul.
J’ai essayé aussi de teindre avec la matière colorante jaune obtenue à part par le traitement des matières animales par l’acide nitrique, en la dégageant de toutes les matières acides , et j’ai obtenu des résultats satisfaisant. De la chair de bœuf fut bouillie avec de l’acide nitrique étendu, jusqu’à ce que tout fût dissout et changé en matière jaune. La liqueur fut fdtrée après le refroidissement; la graisse surnageante jaune étant ainsi séparée, j’ajoutai du carbonate de chaux jusqu’à ce que le papier de tournesol n’indiquât plus d’acide libre.
De la flanelle alunée que l’on laissait 4& heures dans la liqueur froide , d’un jaune de gomme-gutte , devenait d’un jaune vif.
Si on ajoutait un excès de sous-carbonate de potasse à la liqueur jaune , la flanelle se teignait encore en jaune , mais la couleur était plus matte. Si on saturait la potasse par du vinaigre , et si on ajoutait ce dernier en excès, la couleur devenait d’un jaune plus clair et plus vif.
Si on faisait bouillir la flanelle alunée dans la liqueur , on obtenait une couleur plus saturée.
La flanelle moins alunée se teignait également en jaune, mais la couleur était moins belle. La laine traitée comme la chair musculaire produit également une matière jaune qui jouit de la même propriété ; à froid elle teignait en jaune plus vif et presque jaune citron.
Toutes les étoffes teintes avec cette matière jaune ne perdaient pas par le lavage à l’eau de savon à froid, cependant par des lavages réitérés la couleur devenait un peu plus pâle. Le bouillage avec une dissolution de savon la détruisait entièrement ; ce qui fait voir que cette matière colorante est de nature grasse et se dissout dans le savon; par la même raison elle se fixe moins bien sur lin et coton que sur laine , elle se fixe au contraire très-bien sur la soie.
Elle est très-propre pour teindre les papiers et les peaux animales.
Par le bouillage de la moelle du lycoperdon bovista avec l’acide nitrique , j’ai également obtenu une couleur jaune, et il restait une matière jaune grasse peu soluble dans l’eau, beaucoup plus dans l’ammoniaque caustique , qui rendait sa couleur un peu plus foncée. La laine se teignait jaune de soufre dans la dissolution froide ; dans la liqueur chaude depuis jaune de gomme-gutte jusqu’à l’orange clair. Un bain de savon ou d’ammoniaque enjolivait la couleur.
MOMIES. Les momies anciennes donnent à l’eau une couleur brune , et sont employées comme couleur de peinture; maintenant on les emploie plus rarement.
PAPILLONS. Dans un grand nombre de papillons les ailes sont recouvertes d’une poudre cristalline d’un grand éclat. On ne l’a point employée, à cause de la petite quantité qui s’en trouve sur chaque individu. Il paraît cependant que dans quelques pays du sud, où ces animaux sont plus grands et en plus grand nombre , on l’emploie quelquefois en peinture.
POURPRE MOL US QUE. Histoire . Le suc du pourpre a été employé vers l’an 1 4^9 avant Jésus-Christ, à Tyr, pour teindre ; les étoffes teintes avec cette matière portaient le nom de pourpre de Tyr. On raconte qu’un pâtre dont le chien avait cassé une coquille de pourpre, et qui fut taché en rouge poupre, fixa son attention , et qu’il teignit par ce moyen un vêtement pour sa maîtresse. On dit que le pâtre s’appelait Hérault, et la nymphe Tyr. Du temps de Moïse les Egyptiens connaissaient la pourpre. Homère en parle dans l’Iliade et l’Odyssée. Elle fut connue à Piome presque à l’époque de sa fondation, elle n’était que rarement employée , et seulement dans les grandes fêtes et les cérémonies re-
POURPRE MOLUSQUE. $77
ligieuses , par les prêtres , les magistrats et les rois.
Plus tard , sous l’empire romain , la pourpre fut dé fendue à tous les individus qui n’appartenaient point à la famille impériale , et les délinquans étaient punis de mort. Sous Théodose il ne restait que deux teintureries de pourpre; une à Tyr, l’autre à Constantinople. La première fut détruite par les Sarrasins, et la dernière par les Turcs; avec elle disparut la teinture de la vraie pourpre. Elle fut remplacée par la pourpre obtenue du kermès.
Les savans même doutèrent long-temps s’il existait des pourpres. En i685 Guillaume Cole, à Minchert, entendit parler d’un individu qui , sur les côtes d’Irlande , marquait des étoffes de lin fin avec une belle couleur pourpre obtenue par la liqueur d’un testacé, et après plusieurs essais infructueux il trouva des pourpres sur les rivages du Sommersetshire (1). En 1710 , Réaumur trouva cet animal sur les rivages du Poitou. En 1706 , Duhamel en trouva en grande quantité sur les rivages de la Provence; plus tard on apprit qu’une espèce était employée en Norwège pour marquer le linge , et que d’autres se trouvaient sur les côtes de Panama , et étaient employées par les naturels depuis les temps les plus reculés. Vers 1770 , le pasteur Stoems donna des détails circonstanciés sur l’espèce qui sert en Norwège.
Les pourpres contiennent dans plusieurs parties un suc blanc , visqueux , qui à la lumière se teint en vert , ensuite en pourpre , et exhale pendant ce changement une odeur aillacée désagréable (2). La dernière couleur résiste à la lumière , à l’eau , au savon et aux acides , et se fixe sans mordant sur la laine , la soie et le lin , quand on plonge ces corps dans du suc incolore étendu ou non.
(x) En 1684 R envoya à la société royale , du lin teint avec cette matière.
(a) Bancroff pensait qu’il se dégageait de l’hydrogène phosphore.
Tom. I. 37
378 POURPRE MOLÜSQUE.
Production de la couleur . Le suc blanc est appliqué sur le lin à une faible lumière (à une forte lumière les changemens arrivent beaucoup trop promptement ) , il devient d’abord vert pâle, ensuite vert foncé , vert de mer, rouge-pourpre , et un peu plus tard rouge-pourpre foncé. Ces change mens se développent plus vite quand le suc a été liquéfié que quand il ne l’a pas été; plus rapidement dans le gaz hydrogène que dans Poxigène. Ils se développent plus vite quand on ajoute au suc de l’alcool , de l’huile volatile , du chlore, de l’acide muriatique , du muriate d’étain , de la potasse caustique ou du sous-carbonate de potasse. Ils se développent plus rapidement dans les rayons désoxigénans que dans le rayon rouge, dans une lumière forte plus rapidement que dans une lumière faible, presque instantanément au foyer d’une lentille. Ils n’ont pas lieu quand les étoiles enduites sont mises promptement dans un lieu obscur. (Celles que BancrofF mettait entre 2 papiers restaient d’un jaune pâle; cependant après 9 ans la lumière les faisait passer au rouge pourpre, et plus rapidement à l’état humide qu’à l’état sec. ) L’acide nitrique , l’acide citrique , l’acide acétique , l’acide tartrique et l’acide sulfurique ralentissaient les changemens. Toutes ces expériences font voir que les changemens de couleurs proviennent d’une désoxigénation du suc blanc.
Action de la lumière . Aussitôt que la couleur est devenue rouge-pourpre foncé, la lumière n’altère plus la couleur, et pour cela elle appartient à la classe des couleurs les plus solides.
Action des alcalis . Les alcalis 11e détruisent ni la couleur verte ni la couleur rouge. Si on plonge une étoffe teinte en rouge-pourpre dans une dissolution de potasse , sa couleur devient plus vive (plus jaune), et conserve cette nuance à la lumière ( Bancroff). Si on lave les étoffes pourpres avec
POURPRE MOLUSQUE. 675
de l’eau de savon chaude , et qu’on les expose pendant un jour à la lumière , la couleur devient d’un cramoisi brillant , et obtient son plus grand éclat (Colé); si on lave dans une lessive , la couleur devient plus claire. O11 peut ainsi aviver des couleurs foncées ( Stroems ) .
A dion des acides. L’acide muriatique concentré ne change pas la couleur de pourpre; le chlore étendu la change peu, le chlore pur la détruit ; l’acide sulfurique fort la rend un peu plus bleue , l’acide nitrique fumant plus claire ( Bancroff).
Action des sels. Si on mêle avec le suc blanc incolore du sublimé corrosif ou du sulfate de fer , et qu’on l’applique sur des étoffes, le pourpre qui se forme joue dans le bleu (Bancroff). Le suc des œufs de pourpre teint le sublimé corrosif en bleu , et forme un précipité de même couleur dans sa dissolution.
Propriétés tinctoriales . Le suc incolore du pourpre se fixe sans mordant sur les étoffes quand il passe au rouge. Tant que la couleur n’est passée qu’au vert , elle peut être enlevée par l’eau bouillante, le savon, la soude et l’alun (Duhamel ). La teinture repose alors uniquement dans l’immersion des étoffes dans ce suc, et l’exposition à la lumière; mais comme il est épais et visqueux; , on le délaie dans un liquide. Stroems recommande pour cela le lait aigri. Avec l’eau, ainsi que l’eau-de-vie, il nVotenait pas une couleur de pourpre pure. Les œufs ainsi que les petits peuvent être écrasés; alors il faut presser le suc, le délayer dans du vinaigre , et y plonger les étoffes»
Pourpre . On n’est pas encore d’accord sur l’espèce de molusque que les anciens employaient. La description de Pline fait voir qu’on employait p lusieurs espèces de ces teslacés. ( ixe livre de son Histoire naturelle .)
Le pourpre porte dans le milieu de la bouche le suc si
580 POURPRE MOLUSQUK.
précieux pour la teinture ; là se trouve un vaisseau blanc et très -peu d humidité; le restant du corps n’en contient point. On cherche à les prendre vivans, parce qu’avec la vie ils perdent aussi ce suc. Pour les plus grands on enlève d’abord la coquille. A Tyr on écrasait les plus petits avec leur coquille.
Les molusques dans lesquels de nouveaux essais ont fait reconnaître un suc blanc propre à la teinture sont i
Le buccinum lapillus qui se trouve sur les rivages de la France , de l’Angleterre, de la Norwège, etc. (i). Il est pointu, rond comme un œuf, rayé; il a de i pouce 1/2 à 2 pouces de circonférence; il est d’une couleur blanche verdâtre. Le suc est dans une petite vessie près de la tête.
Réaumur a trouve à cote de ces coquilles, sur les rochers, des petits grains blancs, qu’il prenait pour les œufs du pourpre. Leur goût était seulement salé, tandis que le suc du molusque avait une saveur forte. Le suc de ces œufs teignait à la lumière en rouge -pourpre. Il les recommandait pour la teinture, parce que la matière colorante s’en extrait plus facilement. Ils se trouvaient en si grande quantité, qu’un
homme en peu de temps pouvait en recueillir un boisseau et demi.
Suivant Bancroff, le suc se trouve dans une petite vessie dessous la coquille , près de la tête , qui contient à peu près s à 3 gouttes de liqueur semblable au pus.
D après Stroems , le suc se trouve dans les organes de la génération; 1 utérus contient 3 divisions séparées par des peaux et des fibres : dans la première se trouve un suc brun, dans la seconde un suc jaune très-visqueux , dans la troisième, la plus petite , un suc noir qui au microscope paraît
, î j C est avec cette espece que Cote', Réaumur, Duhamel, Stroems et Ranci o fl ont fait leurs essais. C'est cette espèce qui est employe'e eu Norwège pour marquer le linge.
POURPRE MOLUSQUE. 58 1
vert foncé. Tous ces sucs deviennent à ia lumière d’abord verdâtres, et ensuite couleur de pourpre,* le pâle prend une couleur moins profonde que le noir ; le suc blanc des œufs exposé au soleil prend également cette couleur, ainsi que les jeunes. Ce molusque se nourrit principalement de lepus balanoïdes . ( Lin. )
D’après Ullao, on trouve près de Panama une espèce de buccin qui est quelquefois plus gros qu’une noix , et qui est employée depuis un temps immémorial pour teindre les étoffes de coton,* le suc est blanc, et devient successivement vert et couleur de pourpre. Les habitans enlèvent la coquille , pressent l’animal avec un couteau , de la tête à la partie inférieure , enlèvent la partie du corps où le suc s’est ramassé, et jettent le reste; alors ils passent les fds dans la liqueur. La couleur n’est altérée ni par la lumière ni par le lavage. D’après Gotesby, il se trouve une espèce de buccin près les îles Bahama , avec lequel on peut teindre également en pourpre. D’après Josselyn , on trouve â Peschatavay, à 5o lieues en mer à l’est de Boston , un buecin semblable; d’après Nieuhoff, il se trouve sur les îles Batavia. En i8o5, Maw trouva des pourpres dans la baie des Teiucos, près Sainte-Catherine, dans l’Amérique du Sud. Les habitans s’en servaient pour teindre du fil de coton.
D’après Muiller, plusieurs coquilles fluviatiles contiennent un suc rouge analogue à celui du pourpre : telle est celle qu’il désigne sous le nom de planorbis purpura , et l’ hélix comea. Il existe en outre d’autres molusques testacés qui lancent un très-beau suc rouge; les principaux sont :
XI hélix janthina , qui vit dans la Méditerranée. Son corps est visqueux, vessiculaire, bleu (d’après Coluinna, l’intérieur est rougeâtre et l’extérieur bleu de pourpre). La coquille de celle de la Méditerranée est jaune , rose ou violette, celle de l’Orient est d’un beau bleu-violet. Ce molusque
583 POURPRE MOLUSQUE.
vit au fond de la mer, mais vient à la surface dans les temps d’orale, et vogue avec sa coquille comme dans une nacelle. On en voit souvent plusieurs milliers ensemble.
D’après Coîumna, cet animal lance un suc pourpre-violet avec lequel il se colore lui-même. Si on blesse ranimai dans le dos, il s’écoule quelques gouttes d’un liquide bleu-pourpre dont la couleur est très-belle, et adhère si fort au papier et au lin, qu’on ne peut pas l’enlever par le lavage. La coquille est de la même couleur; cependant la pointe est blanche. Cook a trouvé cette coquille, ainsi que X hélix violacea , près de Ténériffe, et a observé que chaque individu contenait plein une petite cuillère de suc , qu’il laissait écouler au moindre attouchement. Ce suc était d’une belle couleur rouge , et teignait les étoffes de lin.
Prysonnel cite dans le 5e volume des Transactions philosophiques y un molusque qui vit dans les mers des Antilles, qui a dans le dos une cavité remplie d’un suc rougeâtre. Quand on touche l’animal il rentre sur lui-même , et lance le suc. Il est d’un rouge foncé , et teint solidement le lin.
Brown cite dans son History of Jamaika un molusque plus grand , qui se trouve fréquemment dans les mers d’Amérique , et qui , quand on le touche , émet une grande quantité d’un suc visqueux couleur de pourpre, qui rend l’eau opaque de manière à le rendre invisible. Ce suc teint le lin en beau pourpre foncé. La couleur n’était détruite ni par les acides , ni par les alcalis , mais passait facilement par le lavage. Brown cite encore un molusque de l’Océan, le cochlea ima , qui lance une liqueur semblable à la précédente.
Mardi rapporte, dans la description d’un voyage en Chypre , que malgré toutes ses recherches il n’a pu trouver sur le rivage de Tyr, aujourd’hui Sur, de coquilles dans