‹ Traité complet des propriétés, de la préparation et de l'emploi des matières tinctoriales et des couleurs (volume 2)Chapitre 14 sur 124 · ÉTAIN · texte numérisé non relu

ÉTAIN

lîou abaque; <1 est alors employésous le nom de potée d’étain pour l’eÿiail hlanc et pour polir i’acier, le verre, le marbre, etc.; o° en faisant détonner une partie de limaille d’étain avec une partie de salpêtre, il se forme en même temps du prussiate d’étain, qui par des lessivages suffisans

à l’eau chaude est décomposé : l’eau enlève la potasse , et l’oxide d’étain reste.

L’hydrate de deutoxide d’étain s’obtient, i° en traitant 1 oxide d etain par 1 acide nitrique : il se forme en même temps du nitrate d’ammoniaque; 2° en précipitant des sels de deutoxide d’étain par les sous-carbonates de soude ou de potasse.

L’hydrate de deutoxide d’étain a été recommandée en peinture sous le nom de blanc d’étain ; mais à cause de son pt ix eleve , et su rtout de ce que 1 huile le ternit , il est peu employé. Tingry préparait une couleur qu’il recommandait pour lemplacer le blanc de J\rems , en oxidant l’étam par une prompte dissolution dans l’acide nitrique et le mélangeant avec i/6 de fleur de zinc et i/8 d’argile. Le deutoxide d’étain est principalement employé pour les teintures eu rouge. Les rouges de cochenille peuvent être regardés comme composés des matières colorantes de la co-

parties d’étain il y a i partie d’antimoine, l’oxide est d’un gris noirâtre. Une addition de zinc donne à l’oxide une couleur d’un gris verdâtre, qui même dans la proportion de i pour ioo est facile à reconnaître l’alliage ne brûle pas à la fusion , et se recouvre de quelques points incandescens. Un addition de ^ pour îoo de bismuth rend l’oxide d’étain grisun addition de 5 pour 100, gris entremêlé de jaune, Une addition de 5 pour ioo de plomb rend l’oxide d’étain couïeur de rouille; une addition de i pour 100 se reconnaît à ce que l’alliage se fond sans se découvrir, et reste mat , et sur sa surface laisse apercevoir de petites quantités d’oxide d’étain. On reconnaît la présence du cuivre en exposant le métal à une chaleur très-forte, par une couleur rouge-rose qu’il prend lorsque le cuivre n’existe dans l’étain que ‘pour quelques centièmes.

chenille , de deutoxide d’étain , d’acide tartrique et d’acide muriatique.

L’oxide d’étain fondu avec le verre , donne des matières blanches translucides ou opaques. Il est fréquemment employé pour l’émail blanc et les pierres artificielles laiteuses.

L’étain forme avec l’acide phosphorique un sel fusible , d’un blanc d’argent ductile et folliacé , sans usage.

L’étain fondu avec i/o ou i/4 de soufre , forme une combinaison d’un gris de plomb dure et fragile; une quantité plus considérable de soufre donne naissance à une matièie jaune brillante, onctueuse, lamelleuse, connue sous le nom de mussif; elle contient 64» 64 étain , et 55, 16 soufre. L’or mussif est employé en peinture , dans certaines cires

à cacheter, etc.

Le mercure s’amalgame facilement avec l etain , et forme des combinaisons plus ou moins molles , qui sont principalement employées pour l’étamage des glaces.

FER. Le fer est brillant, gris; il forme avec l’oxigène

5 combinaisons.

Le protoxide de fer est blanc à l’hydrate. Il attire facilement l’oxigène de l’air et passe du blanc au vert et au rouge, il est alors transformé en peroxide; il contient y y, i45 de fer, 2 2,85” oxigène. Avec les acides il forme des sels blancs ou d’un vert pâle, les alcalis y produisent des précipités blancs qui deviennent d’un jaune rougeâtre à l’air (hydrate de peroxide). Le prussiate de potasse donne avec les sels de protoxide de fer des précipités blancs qui deviennent bleus à l’air. L’hydro-sulfate de potasse précipite en noir les sels de fer. La décoction de noix de galle forme également avec les sels de protoxide un précipité qui devient noir par le contact de l’air , le protoxide passe alors h l’état de peroxide.

Le deutoxide est noir , il est formé de 7 1 ,78 de fer et de 28,21 d’oxigène ( 1 ).

Le peroxide de ter est brun-rouge , combiné avec de l’eau il est d’un jaune brunâtre (2) , il est inaltérable à l’air; il est formé de 69, 54 de fer et de 5o, G6 d’oxigène. Cet oxide colot e plusieurs terres jaunes et rouges que l’on emploie en peinture , telles que les ocres, les bols , la sanguine. Il forme le rouge-brun , le rouge de Prusse , le rouge d’Angleterre, le rouge à polir. ( Voyez pour leur préparation et leur usage le 2e volume. )

D’après Doebereiner, Ritter, Stromeier, il existe un oxide de fer bleu qui pourrait être la cause de la couleur du bleu de Prusse.

Le fer, à l’état de protoxide ou de deutoxide , a une grande affinité (5) pour les étoffes du règne végétal (coton, lin , chanvre). Il se combine avec elles; et en attirant plus tard 1 oxigène de l’air se transforme en peroxide. Les sels de fer sont alors employés pour teindre les étoffes en couleur de rouille et en jaune nankin ; ces couleurs sont très-solides , mais eiles ont 1 inconvénient que les couleurs claires deviennent souvent plus foncées avec le temps, parce qu’elles attirent 1 oxigène de l’air , et par cette même cause elles attaquent les étoffes et les affaiblissent. Ces deux inconvéniens peuvent être évités, i° en combinant l’oxide de fer sur 1 étoffé avec une matière colorante végétale; 20 en mettant

10 Les parcelles de fer qui se dégagent dans le choc de l’acier contre le silex et qui se brûlent en traversant l’air, sont couvertes d’une couche de deutoxide. Les couleurs irrisées que ces parcelles présentent quelquefois, proviennent des variations d’e'paisseur de la couche d’oxide, qui est toujours très-mince.

(aj L’hydrate de peroxide contient i5à 19 parties d’eau sur 100 qui se dégageut pas la chaleur.

13) Le coton s’empare de tout le 1er renfermé dans une dissolution de ce meta!. Je me suis servi avec avantage de ce moyen pour rendre potables'des mets qui avaient pris un goût de fer.

FER

Fétoffe après ia teinture dans un bain de savon ou de son , pour éloigner Foxide en excès et Facide qui restait.

Le procédé ordinaire de cette teinture consiste à plonger F étoffe dans une dissolution d’un sel de fer (1). Onia presse, et on la lave de suite ou après l’avoir passée dans un bain alcalin (2) , pour que Facide soit saturé et abandonne plus facilement son oxide. Le dernier procédé est principalement nécessaire quand le fer a été dissous dans un acide fort, qui retient trop fortement Foxide , afin que les fibres puissent s’en emparer , et que Facide ne les attaque pas.

Les étoffes , en sortant de la dissolution , ont une teinte d’un vert sale qui devient jaune à l’air (parce que le deutoxide passe à l’état de peroxide). On peut obtenir une teinte plus foncée en passant l’étoffe dans une dissolution d’acide arsénieux ( oxide blanc d’arsenic ) , parce que ce dernier cède une partie de son oxigène au fer : après cette immersion on lave à fond. On peut rendre la teinte plus claire en traitant l’étoffe par un bain de son , de fiente de vache ou de savon.

Chaptal obtenait des couleurs solides de cuir et de nankin, en employant en même temps de Falun. ]I passait d’abord dans une dissolution de fer à 5° Baumé , ensuite dans une dissolution de potasse à 20, à laquelle on avait ajouté une quantité d’alun assez petite pour qu’il ne se formât pas de précipité. La couleur d’oxide de fer est très-relevée par ce traitement; elle devient plus veloutée, plus égale, et les

(1) On se sert ordinairement d’acétate de fer pur ou de celui que l’on obtient pas l’acide pyroligneux. ; de sulfate de fer, de nitrate de fer; ces derniers donnent des jaunes plus clairs , mais attaquent davantage les e'toffes. On emploie rarement le muriate de fer.

(2) Dissolution de soude, de potasse ou de chaux : les deux premiers sont préférables.

FEK,

étoffes sont moins attaquées ; à ta lin de l’opération ( après 5 à 6 heures d’immersion ) on tord et on lave.

Pour le nankin jaune de couleur foncée, on peut employer sur une livre de coton 1/2 livre sulfate de fer dissoute dans 16 livres d’eau, et 1/2 livre de potasse dissoute dans le même poids d’eau. HoelterhofF prescrit pour le jaune nankin, pour 20 livres de coton , 5 livres de sulfate de fer et 5 livres de potasse.

Si 011 met dans une décoction de noix de galle du coton faiblement teint par le moyen précédent, il devient grisbrun ,* dans une dissolution d’étain et de quercilron il devient d’un vert olive.

Dans les imprimeries d’indiennes on emploie pour le nankin , le chamois et autres couleurs jaunes , des dissolutions de fer épaissies avec de l’amidon et autres substances.

Le fer se combine avec le charbon dans la proportion de 3 o parties de fer et 90 parties de charbon ; le carbure de fer est gris, lamelleux, presque sans cohésion; il laisse des traces sur les corps qui en sont frottés ; il est connu sous le nom de graphite , plombagine , mine de plomb : il est employé pour faire les crayons, pour peindre le fer, les poteries inférieures; mêlé avec de l’argile et de la silice, pour faire des creusets réfractaires et pour polir (1).

Le carbonate de protoxide de fer est blanc à l’état d’hydrate; il se change rapidement à l’air en hydrate de peroxide.

L’acide pbosphorique forme avec le deutoxîde de fer une poudre bleue jusqu’ici sans usage; on la rencontre dans la nature dans quelques terres argileuses (2). Si l’acide do-

(1) Voyez pour sa préparation et ses usages le 2 e volume.

(2) Le fer bleu se trouve à Hilléntrupp en Westphaiie, dans une glaisière sur des débris de bois où il paraît s’être forme. Il est composé, d’après Bi andes, de i3, y5 oxide de fer, 3o, 320 acide pbosphorique,

i«4 FER.

mine, la couleur est verdâtre. Le phosphate naturel est quelquefois employé dans les peintures grossières. Le phosphate de peroxide avec excès de hase est brun; neutre, il est blanc comme celui de protoxide; tous deux on été recommandés, dans la peinture à l’huile, à la place du blanc de plomb , et comme couleur d’émail. Ces deux sels sont fortement émétiques.

L’acide oxalique forme avec le peroxide de fer un sel jaune citron soluble dans l’eau , qui peut être employé comme couleur à l’huile et en détrempe ; il est préférable à l’ocre pour la profondeur de sa teinte.

Avec la décoction de galle et les corps qui renferment du tannin , l’oxide de fer forme des combinaisons noires , bleuâtres ou verdâtres insolubles dans l’eau , mais qui par la gomme peuvent être tenues en suspension; elles constituent l’encre à écrire , et sont fixées sur les étoffes pour produire les couleurs grises et noires. Toutes les teintures en noir reposent sur ces combinaisons , quoique l’on puisse obtenir un noir plus agréable en mêlant plusieurs couleurs foncées sur une même étoffe (i) , et même la galle ne donne pas sur les étoffes blanches un noir complet quand elles n’ont pas

o, 700 alumine, o, 025 silice , 25, o eau. ( Schveiggers journal , nouvelle suite, I, 77). On le trouve encore dans les tourbes marécageuses et dans des couches d’argile qui sont colorées en bleu ou qui le deviennent à l’air, en Styrie près Ligist et Hockenfeld. Le fer bleu ou feuilleté de Bodenrnaîs est cristallisé , tendre, et fond à la chaleur en un émail noir. Celui de Cornvall contient, d’après Stromeier, oxide

de fer, 3i, 58a5 acide phosphorique, 27, 4843 eau. Cette composition est analogue à celle de fer bleu de] Ekartsberge qui a été faite par Kiaproth. La terre bleue de Neu-Persei paraît contenir 1/10 d’argile et 20 pour 100 d’eau.

(1) On obtient le noir le plus foncé en teignant d’abord en bleu tendre, ensuite en rouge avec garance, et en jaune avec la gaude • ou en fixant une grande quantité d’indigo.

été teintes d’abord en bien , brun on rouge (i). Cette teinture préliminaire a en outre l’avantage de diminuer beaucoup la quantité de fer et d’acide gallique qui se fixe sur 1 étoffe, ce qui conserve beaucoup plus sa ténacité (2). L’oxide de fer rend les étoffes un peu rudes et cassantes , principalement la laine ; on peut éviter cet inconvénient en ne mettant pas de fer en excès , c’est à quoi l’on parvient en passant les étoiles dans les bains de son , de fumier de vache, etc. : par cette raison 011 emploie les corps qui con • tiennent le plus d’acide gallique; on a en même temps l’avantage que les combinaisons d’acide gallique , de tannin et de fer ne se précipitent pas si facilement, parce qu’un excès d’acide gallique et de tannin les tient en dissolution. Cependant il ne faut pas que l’excès soit trop considérable , parce que la force dissolvante des deux matières est si grande , que les draps qui ont été teints en noir redeviennent gris quand on les lait bouillir dans une décoction de noix de galle.

Comme le gallate de fer n'est pas soluble dans l’eau , et que ce corps tout formé se fixe mal sur les étoffes , il faut y

(1) Par cette même raison il est avantageux d’employer en même temps plusieurs corps qui renfermentdutannin, parce que chacun donne une nuance differente de noir, et ces differentes nuances donnent un noir plus fonce'. Ordinairement on teint le drap en bleu avant de le teindre en noir, et on emploie pour cela trop fréquemment, des bois bleus à la place d’indigo et on le fixe avec du sulfate de cuivre : la couleur passe facilement au brun. Le sulfate de fer est un meilleur mordant, qui seul avec les bois bleus donne un beau noir. On obiientdes teintures plus durables en teignant d’abord en brun, teinte pour laquelle on a des couleurs à bon marché et qui se fixent facilement comme le

' brou de noix , etc,

(2) En général on regarde les draps teints en noir comme ayant moins > de ténacité que ceux qui sont d’une autre couleur : cola tient moins à la I nature de la teinture en noir, qu’à ce que l’on teint en noir les draps j qui ont été altérés en les traitant pour leur donner d’autres couleurs.

fixer d’avance ou le fer ou l’acide gallique (i). Pour les étoiles qui ont peu d’affinité pour l’oxide de fer, la soie et la laine , on commence par Fengallage; pour le lin et le coton, qui ont une grande affinité pour le fer, on peut commencer par le bain de fer.

Le 1er, aux degrés inférieurs d’oxidation , ne donne pas une teinte noire avec l’acide gallique. Ainsi , quand on emploie des sels de fer qui ne contiennent ce métal qu’à l’état de protoxide ou de deutoxide , la couleur noire ne paraît qu’apres que l’étoffe a été exposée à Pair , parce qu’alors l’oxide absorbe Foxigène de l’air et passe à l’état de peroxide; c’est pourquoi on aère souvent les étoffes pendant la teinture, et qu’on multiplie les immersions. Pour obtenir immédiatement des noirs foncés il faut employer des sels de peroxide de fer , le sulfate de fer calciné , le nitrate de fer ou de vieilles teintures de fer*

Les teintures grises s’obtiennent comme les noires, seulement on emploie des bains très-étendus , et on varie les nuances par des matières colorantes rouges , brunes , jaunes , etc. Ordinairement on emploie des bains en grande partie épuisés par des teintes plus foncées que celles que Fou veut obtenir.

Teinture en noir sur laine . Gomme la laine a peu d’affinité pour Foxide de fer, on commence par la combiner avec l’acide gallique et le tannin , opération qui porte le nom d’engallage (2). On fait ordinairement bouillir la laine 2

(r) Par la même raison ii faut après le passage au bain de galle ou de fer laver à fond, parce que toutes les matières qui ne sont pas fixées ne peuvent plus l’être, et les matières interposées empêcheraient dans le bain suivant les matières fixées de se combiner avec celles du bain, ou du moins retarderaient ces combinaisons, ou les rendraient inégales.

('<*) Ou peut remplacer la uoix de galle par tout autre corps renfermant du tannin et de la noix de galle, l’écorce de chêne, le sumac et autres substances dont il sera parlé dans la suite.

FEIl. 107

heures clans une décoction de galle ; on rince , et on passe h chaud au bain de fer; on expose à l’air, on lave , et on répète ce traitement de 2 à 4 fois , parce qu’au premier il se fixe seulement un noir brunâtre. Quand la laine a un fond bleu (1) une ou deux teintures suffisent. Fréquemment 011 ajoute à la dissolution de fer une décoction de bois bleu , ou on dissout le sel de fer dans cette décoction, ou on teint seulement avec bois bien et fer. Si on emploie du bois bleu, il est avantageux d’employer des sulfates de fer qui contiennent du sulfate de cuivre, ou d’ajouter au sulfate de fer du sulfate de cuivre ou du vert-de-gris. Pœrner a observé que par l’addition des sels de cuivre on obtenait constamment de plus beaux noirs.

Pour rendre les draps teints plus doux , on les passe dans un bain de savon , ou de garnie, auquel on ajoute quelquefois de l’écorce de bouleau.

D’après Lewis, les teinturiers anglais engallent 100 livres de drap d’abord teint en bleu, avec 5 livres noix de galle,

: et passent dans une décoction de 3o livres de bois bleu, dans laquelle on a mis 5 livres de sulfate de fer.

Streiber recommande pour le bouillon , pour 100 livres de drap, 10 livres sulfate de fer contenant du cuivre , et 6 livresde tartre rouge; et pour la dernière passe , 20 livres de bois bleu.

Strommsdorff recommandait , d’après Hoeîterhoff, pour le noir de castor, sur 100 livres de drap, 18 livres de sulfate de fer renfermant du cuivre , 9 livres de bois jaune , 3 livres de tartre rouge, et pour la dernière passe 5o livres de bois ! bleu; trempage d’un quart d’heure dans une dissolution 5 de 4 livres de potasse; rinçage, séchage et ébullition dans un bain contenant 3 livres de persicaire : cette dernière

(1) Les draps communs reçoivent ordinairement un fond brun par le brou de noix.

ïoS FER.

opération lui donne du lustre. On peut obtenir un noir meilleur marché, mais pas aussi solide, en préparant le bouillon avec 100 livres de sciure de bois de chêne, 4 livres de bois bleu , 8 livres de sulfate de fer : on fait bouillir jusqu’à ce que la teinte soit suffisante.

Vitalis prescrit pour un noir fin, un fond bleu dans la cuve d’indigo,- rinçage, foulage, ébullition de 2 heures avec 1/10 bois bleu, 1/10 galle; chauffage 2 heures sans bouillir, dans i/5 de ce bain mêlé avec i/5o de vert-de-gris; chauffage 1 heure dans le second tiers du premier bain , auquel 011 a ajouté 8/ 1 00 sulfate de fer ; aérage et traitement pendant 1 heure dans le dernier tiers du premier bain , avec une addition de i/o de sumac et i/5o de sulfate de fer, aérage et encore traitement dans le bain pendant 1 heure, rinçage et foulage : adoucissage par un bain de gaude. Le drap acquiert plus de douceur en n’employant pas dans les second et troisième bains le pyrolignate de fer à la place du sulfate.

On obtient des noirs inférieurs en donnant un fond bleu ( 1 ); lavage , chauflage de 2 heures dans un bain de bois bleu et de galle, et 2 heures de chauffage dans ce bain, après y avoir ajouté du pyrolignate ou du sulfate de fer.

Teinture en noir sursoie. La soie prend beaucoup plus difficilement la couleur noire que la laine. Par 20 à 00 passes on obtient une nuance qui n’est pas plus foncée que celle qui résulte sur la laine de 5 à 4 opérations. Le procédé ordinaire consiste à la décreuser avec i/5 de son poids de savon; ensuite on laisse tremper 24 heures, ou plus, dans une décoction de 1/2 jusqu’à 3/4 de son poids de bonne galle (2); on sèche , on rince , on passe dans une dissolution de fer à une

V1) Four clés noirs plus intérieurs encore , on donne le fond avec du brou de noix.

1/2) A Paris on prend pour io parties de soie, 2 parties de galle

douce température (i). Quand la soie est suffisamment saturée , on rince , on passe dans une décoction de bois bleu chaude (2), et alternativement dans lo bain de galle et dans le bain de bois bleu; à chaque passe on sèche et on rince jusqu’à ce que l’on ait atteint la nuance cherchée. On enlève la dureté que donne la teinture par un bain de savon.

Hermbstaedt donnait le traitement suivant : On prépare i° une cuve noire, en mettant 3 livres oxide rouge de fer et 3 livres d oxide de cuivre avec 34 quarts de vinaigre de Berlin, que Ion fait bouillir jusqu’à ce que la dissolution soit complète; on ajoute 4 livres de gomme et 8 livres de sucre brut (5); 20 une cuve pour achever, composée de

d’Alep. La soie prend beaucoup d’acide gallique et de tannin , et son poids est beaucoup augmente. Quand elle doit être vendue au poids, les teinturiers la saturent de ccs matière? , mais la couleur est moins belle. Par le décrensage la soie perd 1/ 4 de son poids , par la teinture légère elle regagne la moitié de cette perte, et par la teinture lourde, elle gagne souvent i/5de son poids primitif. Les soies saturées de noi/portant en France le nom de noir anglais. Pour le dernier on prend ordinairement de la soie non décreusée, qui se teint plus facilement, mais qui ne devient pas aussi foncée.

(1) On prend ordinairement du sulfate, de l’acétate ou du pyrolignate de fer.

(2) Quelques teinturiers ajoutent à la dissolution 1 /i 6 du poids de la sois en vert-de-gris. On peut aussi employer du sulfate de cuivre, ou du sulfate de fer renfermant du cuivre • cette addition de sulfate de cuivre est très-utile quand on teint avec les bois bleus. La dissolution de fer reçoit aussi une addition de gomme ou de malt (orge germé), pour empêcher la précipitation de la couleur, on emploie aussi d’autres substances moins efficaces, comme la persicaine, la semence de fenugrec , la coloquinte, etc. On y ajoute de la limaille de fer (pour saturer l’acide qui devient libre). On conserve long-temps le bain, que Fou renouvelle en ajoutant du sulfate de fer.

(3) Tromsdorff donne pour la composition de la cuve au noir le procédé suivant, qui est d’un aussi bon effet et à meilleur marché : on dissout

* 4 livres sulfate de fer dans 16 livres d’eau , on met goutte à goutte dans la dissolution bouillante de l’acide nitrique jusqu’à ce qu’il ne forme

5o quarts d’eau avec 5 livres sumac , 4 livres bois bleu, 3 livres galle, 2 livres bois jaune, 1/2 livre garance, et 1/4 persicaine ; on fait réduire jusqu’à 3o quarts; on tire à clair, et on ajoute 3 quarts d’eau-de-vie pour s’opposer à la fermentation. — La soie décreusée est d’abord mise dans la seconde cuve, chauffée à 5o° Réaumur pendant 3o heures; séchée, portée dans la cuve au noir chaude; travaillée pendant 5 minutes, aérée, plongée de nouveau; aérée, séchée: cette opération est répétée jusqu’à ce qu’011 ait atteint la nuance convenable. On peut la plonger encore dans le premier bain pour lui faire perdre sa teinte rougeâtre.

À la fin on fait bouillir dans un bain de savon. ( 4 livres de savon pour 100 livres de soie. )

Yitalis recommandait le procédé suivant. La soie est décreusée, rincée, séchée, engallée (avec 4 onces de galle en sorte pour 1 livre de soie; 18 heures à une douce chaleur) : séchée ; de 5 à 6 heures dans un bain de pyrolignate de fer à 5° et tiède; éventée, pressée, battue, séchée, rincée; battue , engaliée de nouveau dans le premier bain, renforcé avec 3 onces de galle; séchée, et passée dans la cuve au noir à 4° R* Le traitement est répété alternativement encore 2 ou 3 fois , avec la différence qu’à chaque fois on ajoute 1 once de galle de moins, et qu’on prend la dissolution de fer à i° de densité de moins. Si la soie doit être lustrée on ajoute au bain de fer un peu de gomme; cependant cela la rend un peu dure. A la fin , on lui donne de la douceur par un bain de savon chaud.

On peut aussi employer le procédé suivant. La soie est

plus de vapeurs rouges, et on ajoute une dissolution de 5 livres 1/2 d'acétate de plomb dans 3o livres d’eau de pluie chaude ; on laisse reposer; : on tire à clair, et. on y ajoute 1 livre de vert-de-gris dissous dans 6 livres de vinaigre bouillant, 2 livres de gomme et 4 livres de sirop.

FER

teinte dans une décoction de bois bleu; engallée pendant la nuit ; rincée , passée dans un bain chaud , de galle, sumac, sulfate de fer, graine de lin, gomme arabique, écorce de bouleau et vert-de-gris ; à la fm tordue et rincée.

Teinture en noir sur coton et lin. Le coton et le lin pren nent facilement la teinture noire. Cependant ils ne prennent une teinte très-foncée, résistant au savon, qu’autant qu’ils ont reçu d’abord un fond bleu. On se sert, pour la teinture de ces substances , d’une tonne au noir permanente , formée de dissolution de fer, à laquelle on ajoute de fécorce d’aune ou de bouleau. On porte d’abord l’étolfe dans un bain renfermant la liqueur de la tonne (i) au noir, étendue dans un bain froid ou tiède renfermant du tannin , et après on passe à la dissolution de fer ; les immersions sont alternativement répétées jusqu’à ce que la teinte soit assez foncée. A la fin on ôte l’aridité des étoffes par un bain de savon, de graine de lin , de fumier de vache , de gaude , ou autres bains adoucissons.

D’après Vitaîis , pour i livre de fil on emploie 10 onces de noix de galle et i livre de solution d’acétate de fer, de 5 à 6°Baumé. Dans son nouvel ouvrage, il donne le procédé suivant. Le fil est engallé avec 1 /8 de galle en sorte , ou moins ( en place, du bois bleu et du sumac) , à une température un peu supérieure à celle que la main peut supporter. On tord, on sèche, et on passe dans une dissolution tiède de i/ 10 de pyroîignate de fer; on évente de temps en temps,

| et on répète 2 fois ce traitement ( engaîlage et dissolution de fer) dans les mêmes bains, sans sécher. On aère, on sèche, et on adoucit dans un bain d’huile savonneuse. Sur ioo livres de fil de lin on peut prendre aussi 25 livres

(i) La tonne au noir se préparé ordinairement avec du vinaigreniais l’acide pyroligneux est préférable, il donne un noir plus velouté.

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FER

bois bleu, et 20 livres de knoppern ( Voyez ce mot dans la 2e partie), (ou 10 livre de noix de galle), i5 livres d’écorce d’aune, 10 sulfate de fer et 2/5 de sulfate de cuivre.

Ou peut prendre aussi 100 livres d’écorce de chêne, 20 livres d’écorce d’aune, i5 livres sulfate de fer; et pour la seconde teinture on ajoute au premier bain 20 livres de knoppern. A la fin on peut encore teindre dans quelques décoctions de bois bleu, et adoucir dans une décoction de sarrette.

D’ap rès d’autres auteurs, sur 100 livres de fil de coton, on prend 4o livres de knoppern, 2 5 livres de bois bleu, et la quantité nécessaire de pyrolignate de fer, que l’on mêle avec du sulfate de cuivre ou du vert-de-gris.

Hegman donne le procédé suivant pour le noir solide sur lin et coton. On teint le fil dans la cuve froide en bleu moyen; on le met 12 jusqu’à 24 heures dans une dissolution de tan ( 1 ) ; on tord , on sèche , on rince , on travaille à fond dans un bain de dissolution de fer jusqu’à ce qufil devienne gris d’acier; on le laisse dans le bain jusqu’au lendemain; on sèche , et à la fin on lave à fond; alors on teint dans une décoction de bois bleu , et à la fin on passe 1/2 heure dans une faible décoction de gaude ou de bois jaune (2); on lave, et on laisse sécher à l’ombre. La couleur est moins bon teint quand le coton n’a pas été d’abord teint en bleu. La couleur est encore moins bonne quand on teint en passant d abord au mordant de fer, et ensuite dans une décoction de bois bleu et de bois jaune.

A Piouen , on teint le fil de coton à l’indigo en bleu de

(t) On obtient cette dissolution en mettant l’écorce de chêne pulvérisée dans un tonneau, versant la quantité d’eau suffisante, soutirant par le bas 5 la liqueur employée est remise dans le tonneau.

(2) Ces bains jaunes ont pour objet d’adoucir et d’enlever la nuance brunâtre.

ciel; on engalle pendant 24 heures avec 1/4 de galle; on travaille 1/4 d'heure dans le bain de la tonne au noir (10 livres sur 1 livre). On répète ce procédé 2 fois avec plusieurs aérages. On rince et on sèche; on met 24 heures dans un bain qui a été obtenu par le bouillage de la moitié du bain de galle avec une partie d’écorce d’aune; on tord, on sèche, on passe dans un bain de gaude et d’une petite quantité de bois bleu , et enfin on passe dans un bain formé de 1/16 d’huile d’olive, et aussi peu que possible de lessive de soude.

Dans les imprimeries d’indiennes on cherche à fixer le galîate de fer déjà formé. On emploie pour cela des sels de fer qui contiennent ce métal très-oxidé, et principalement le nitrate de fer (1), quoique ce sel attaque les tissus. Si l’on prend du sulfate de fer il faut le faire un peu calciner, ou le faire bouillir un certain temps avec la galle. Cependant la couleur ainsi formée ne se fixe pas aussi bien sur les étoffes que celle qui est produite avec le nitrate de fer.

Bancroff donne (vol. Il , page 724) pour les noirs d’impression le procédé suivant, qui n’est pas préjudiciable aux étoffes, et qui donne une belle nuance. On fait bouillir 2 livres » de la meilleure galle en sorte (pulvérisée) avec 1 gallon (2) i de vinaigre, jusqu’à ce qu’on ait dissous les parties solubles.

* On passe la décoction; on verse sur le résidu autant d’eau;

> on passe également après quelque temps; on réunit les 1 deux liqueurs; on y' fait dissoudre 12 onces de sulfate de fer; et quand la dissolution est faite, on ajoute encore 1 2 onces de sulfate de fer, que l’on a mêlé d’avance avec la

(t) Si pour une de'coction de 2 livres de noix de galle. On prend 20 à J 24 onces de nitrate la couleur devient plus belle , mais elle affaiblit les f fibres. En place de galle on emploie en Allemagne le bois bleu.

(2) Le gallon a 233 pouces cubes; une mesure de Bavière 5?., 99 pouces f cubes.

Tom, I.

moitié de son poids d’acide nitrique (1); on agite jusqu a ce que le mélange soit homogène ; on l’épaissit avec de la gomme adragante ( il en faut très-peu ) , et on imprime avec; on laisse sécher, ensuite on lave dans de 1 eau de chaux et dans de l’eau pure.

Le fer forme avec l’acide prussique ( hydro-ferro-cyanique) plusieurs combinaisons que nous allons examiner, parce que leur connaissance est importante dans la fabrication du bleu de Berlin, et dans l’application des bleus vifs sur laine et sur soie. Le prussiate neutre de protoxide de fer est blanc, et devient bleu à l’air; le prussiate acide de protoxide est blanc de lait , et conserve cette couleur un certain temps à l’air. Le prussiate de deutoxide de fer est bleu clair ; celui de peroxide est bleu fonce , avec un reflet cuivreux, rude , d’une cassure conchoïde • plus ou moins pin et mêlé avec l’alumine , il constitue le bleu de Berlin ; il donne sur les étoffes un bleu fonce tres-vil résistant à la lu mière , à l’air, aux acides , mais non pas au savon et aux alcalis.

Le prussiate de peroxide s obtient en combinant de l’acide prussique avec de l’hydrate de peroxide de fer, ou en mettant en contact du prussiate de potasse ( hydro-ferrocyanale de potasse) avec un sel de peroxide de fer; ou en exposant à l’air le prussiate de protoxide ou de deutoxide de fer : dans ce dernier cas il se dégage de l’acide prussique.

Ordinairement le bleu de Berlin s’obtient en précipitant, par une lessive de sang , une dissolution a une partie de sulfate de fer exempt de cuivre, et de 2 jusqu à 4 parties d’alun; le précipité est composé d’alumine et de prussiate de protoxide de fer. On le lave long -temps avec de 1 eau

y L’acide nitrique cède une partie de son osigene au ici , et le fait passer à un degré plus eleve" d’oxidaiioa. ï)e cette maniéré on remplace avantageusement le nitrate de fer par le sulfate,

•in

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