‹ Traité complet des propriétés, de la préparation et de l'emploi des matières tinctoriales et des couleurs (volume 2)Chapitre 15 sur 124 · ER · texte numérisé non relu

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aérée, jusqu’à ce qu’il devienne bleu; alors on sèche. Le bleu de Paris s obtient en précipitant le muriate de protoxide de fer avec le prussiate de potasse et de fer, ou le sulfate de fer avec la lessive de sang. On traite le précipité par l’acide muriatique étendu, et on lave. (Voyez pour plus de détails le deuxième volume. )

On ne connaît que depuis un petit nombre d’années le moyen de fixer le bleu de Prusse sur les étoffes. On forme maintenant avec cette substance et des matières colorantes jaunes de très-beaux verts. Le procédé consiste à traiter l’étoffe avec un mordant de fer (auquel on peut ajouter de l’alun , et pour les verts de la matière colorante jaune ) , et après, on plonge dans une dissolution de prussiate de potasse ( hydro-cyanate de potasse ferruré, ou hydro-ferrocyanate de potasse), à laquelle on ajoute un peu d’acide sulfurique (i), afin de rendre libre une certaine quantité d’acide prussique.

Pour teindre la laine avec le prussiate de potasse , le docteur Geitner a donné, en 1808, le procédé suivant. On commence par aîuner , on teint dans une décoction de bois bleu, et après avoir fait bouillir dans une dissolution de sulfate de fer , on passe dans une dissolution de prussiate de potasse.

Dingler et Kurrer ont donné les procédés suivons pour teindre les fils de coton avec le prussiate de fer.

i° Les fils sont trempés trois fois dans de l’acétate de fer j

(i) Dans an bain avec addition d’acide sulfurique, les e'toffes préalablement teintes en brun, noir, jaune ou gris, parles sels de fer, le quercitron , la galle , gaude , etc., deviennent bleues; parce que l’acide prussique se combine avec l’oxide de fer, et que l’acide sulfurique dissout les autres couleurs. Quand les couleurs sont fixées avec l’alun, l’acide sulfurique ne les dissout pas, et on obtient avec des étoffés fond jaune , du vert; avec celles qui ont toute autre nuance, une teinte plus fonce'e ou bleu-noir.

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tordus, aérés; passés dans un bain de chlore très-faible, bien rincés , et passés dans un bain acide de prussiate de potasse jusqu’à ce que la nuance désirée soit formée. Dans le commencement la couleur paraît louche , mais à l’air elle devient vive et saturée; avec de l’acétate de fer étendu on obtient des nuances plus claires.

2° On traite le fil par un mordant de nitrate de fer , on le plonge dans de l’eau de chaux jusqu’à ce qu’il devienne rouge; on lave, on passe au bain de prussiate de potasse, et on fait sécher lentement à l’ombre. On peut produire aussi toutes les nuances.

M. Raymond employait pour la laine le même procédé que pour la soie, avec la différence qu’il la laissait plus long-temps dans le mordant de fer; lavait plus à fond pour entraîner tout l’oxide de fer non combiné , et aussi après le bain de prussiate, pour enlever les portions de bleu de Prusse non combinées (1). ( Le drap se teint plus facilement que la laine en fil. )

M. Raymond dit le premier qui a trouvé le moyen de teindre solidement les étoffes avec le bleu de Prusse. Cette teinture est maintenant généralement répandue sous le nom de bleu Raymond ou bleu Marie-Louise; elle est plus solide à l’air, à la lumière et aux acides , et meilleur marché que celle que l’on obtient avec l’indiso.

M. Raymond fait bouillir la soieavec du savon comme pour la teindre avec l’indigo; on rince à fond, et, suivant les nuances qu’on veut obtenir , on la laisse un temps plus ou moins long dans une dissolution de sulfate de fer calciné (2) et de 1 6 parties d’eau. Cette dissolution doit être

(1) Ce dernier reste engagé dans l’intérieur de la laine si fortement, qu’il ne peut pas être entièrement enlevé par le lavage, et que la laine déteint toujours par cette opération.

(2) La réussite de l’opération dépend beaucoup du degré de caleina-

Irès-limpide. Alors on rince; après, on passe dans une dissolution de savon bouillante formée de 1 partie de savon blanc sur 4 parties de soie (1) ; on plonge de 4 à 5 fois, on rince à l’eau courante , et on bat afin que le savon et le sulfate non-combiné soient enlevés (2) ; on plonge alors l’étoffe dans une dissolution de prussiate de potasse mêlée d’acide muriatique, jusqu’à ce que l’étoffe devienne bleue (5) , on aère de temps en temps , ensuite on lave à fond pour enlever le bleu de Prusse non combiné. La couleur gagne à Pair dans l’espace de 14 jours, et devient plus uniforme par le rinçage. Pour cela il est avantageux de plonger souvent la soie dans l’eau (4). Si on veut obtenir des bleus foncés (bleu de roi) , on passe 2 fois au mordant de sulfate

îion du sulfate de fer. Trop ou trop peu, ou n’obtient pas une belle couleur. Il faut cesser la calcination aussitôt qu’il se dégage de l’acide sulfureux. On peut aussi reconnaître la bonté du sulfate de fer , en le dissolvant dans 16 parties d’eau : la dissolution doit avoir une teinte d’un jaune vif. La dissolution de fer ainsi préparée a l’avantage de ne point s’altérer à l’air, et de ne point former de précipité' ; et quoique par la calcination une grande quantité d’oxide ait été se'parëe il en reste encore suffisamment dans la liqueur; et la faible affinité de l’acide pour l’oxide oxigëne’ par la calcination , facilite sa combinaison avec l’e'toffe.

(1) On peut employer le bain de savon du dëcreusage en ajoutant 1/2 livre de savon sur a de soie et l’employer très-chaud. L’immersion dans le savon a pour objet d’oxider davantage le fer, d’augmenter sa fixité' , d’éloigner le fer non combine et de saturer l’acide.

(2) On reconnaît que le lavage a e'te suffisamment prolonge quand la liqueur ne teint plus la dissolution de prussiate de potasse.

(3) On prépai e ce bain en faisant chauffer de l’eau jusqu’à 60 degrés de ftéaumur, la versant dans un tonneau de bois blanc (les vases métalliq ues sont défavorables), et y dissolvant, sur 12 parties de soie, 1 partie de prussiate de potasse et 2 parties d’acide muriatique de 20 0 25° Baume'. Quand la liqueur devient verdâtre on y plonge la soie.

(4) Avant, M. Raymond plongeait l’étoffe dans une dissolution d’ammoniaque, mais il ne la passait pas au savon apres le mordant de fer. Plus tard il trouva qu’en employant le savon , le plongeage dans l’ammoniaque était inutile et même préjudiciable.

de fer , en passant après chacun dans un bain de savon.

Vincard donne dans son Art du Teinturier coloriste, 1820, le procédé suivant : pour 1 livre de soie, onfait dissoudre 1 once de limaille de fer dans une suffisante quantité d’acide muriatique, de manière que l’acide ne puisse plus en dissoudre; on tire la liqueur à clair , on la fait bouillir avec i/5 de son poids d’acide nitrique (1); on l’étend avec 20 parties d’eau, et 011 y plonge la soie décreusée 1/4 d’heure au plus, suivant la teinte qu’on veut obtenir; on lave, onia porte une 1/2 heure dans un bain de savon presque bouillant, on lave de nouveau, et on passe à froid dans une dissolution de prussiate de potasse mêlée d’acide ( 1 once de sel pour 1 livre de soie). La soie devient aussitôt bleue; 10 minutes après onia retire, on aère, on la met 1/4 d’heure sans la tordre dans une eau froide et limpide , et on laisse sécher.

M. Robiquet donne, dans le Dictionnaire Technologique, volume III, page 201 , le procédé suivant: On prépare un bain avec 1 partie de sulfate de fer , 1/2 partie d’acide nitrique , et la quantité d’eau nécessaire , et met la soie décreusée dans ce bain; elle se teint en jaune; si on trouve la couleur assez foncée, on lave à froid; la couleur jaune devient plus vive; on porte alors la soie dans une dissolution de savon chaude (2) , et préférablement dans celles qui ont servi au décreusage , parce que la présence des parties gommeuses diminue l’action du savon. Quand la couleur est devenue d’un rouge foncé , on lave à froid , on bat deux fois ; on plonge i5 à 20 minutes dans une dissolution de prussiate

(0 On trouve cette dissolution de fer meilleure que celle faite avec du sulfate de fer calciné, parce quelle contient le fer à Pétât de peroxide.

(2) Cette dissolution doit être très-chaude, afin que la matière grasse qui est mise en liberté par l’acide qui se trouve dans la soie ne se fixe pas sur elle.

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de fer légèrement acidifiée par l’acide sulfurique (i ) , 1 once de sel pour 1 livre de soie; on tord , et on vivifie par l’immersion dans l’eau froide à laquelle on ajoute un peu d’urine pourrie ou un peu d’ammoniaque (2) : la couleur prend alors une nuance violacée.

Les dégradations de teintes , ou passages uniformément espacés entre deux couleurs données , Tune foncée , 1 autre claire , s’opèrent sans beaucoup de difficultés pour les couleurs d’origine végétale. Il suffit, dans le plus grand nombre do cas , d’étendre progressivement d’eau le bain de teinture, pour produire ces nuances à volonté. Quand la couleur est du règne minéral, comme le bleu de Prusse , les dégradations s’exécutent plus difficilement. O11 avait fait divers essais à la manufacture des Gobelins , dans le but d’obtenir à volonté les dégradations du bleu de Prusse sur la soie. M. Chevreul , nommé depuis peu d années directeur des teintures aux Gobelins , a aussi entrepris de résoudre ce problème. Voici le procédé auquel il s’est arrêté.

Il fait dissoudre 5o grammes de persulfate de fer sec dans un litre d’eau pure ; puis il mélange successivement 1/48, i/56, 1/24, 1/12, etc., de centimètre cube de cette dissolution avec une quantité invariable d’eau , savoir 5o centimètres cubes. On plonge , durant 1 heure , 1 gramme de soie dans chacun de ces mélanges , qui doivent donner autant de nuances échelonnées. Pour les nuances trèsfoncées, on emploie le nitrate et 1 acetate de 1er, et Ion prolonge un peu plus leur contact avec la soie.

D’un autre côté , 5o grammes de prussiate triple de potasse (hydro-ferro-cyanate de potasse) sont mis dans un litre d’eau. Pour 1 gramme de soie on prend 10 centièmes

(ï) En excès Je cet acide serait très-préjudiciable.

(2) Si on emploie de l’ammoniaque on peut ajouter un peu pour diminuer l’action.

de vinaigre

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cubes de celte dissolution, avec 20 centimètres cubes d’eau, et 1 d’acide muriatique. L’immersion de la soie , préalablement passée au sel de fer, dure 1/2 heure pour les 17 premiers tons; pour les tons supérieurs on n’ajoute l’acide muriatique qu’après une immersion de 10 à 1 5 heures dans le prussiate.

Au sortir du bain on lave la soie dans des quantités d’eau pure determinees , pendant un temps aussi déterminé ; quand il reste sur la soie un excès de fer, on l’enlève avec l’acide muriatique , etc. C’est par ces lavages que les échantillons passent du vert au bleu; mais la nuance peut varier ensuite par l’exposition à l’air et à la lumière.

Ce procédé et les échantillons de soie dont il avait formé une échelle de 24 tons , furent soumis , par M. Chevreul , à 1 approbation de l’Académie des sciences , le 12 juin 1826. A là seance suivante, M. Daubrée, ancien préparateur au laboratoire des Gobeîins, mit sous les yeux de l’Académie deux dégradations pareilles dont l’une renfermait 54 tons. Exécutées en 1820, elles avaient été déposées aux Gobeîins; M. Daubree réclamait donc la priorité de cette découverte, si 1 Académie jugeait à propos de l’accueillir favorablement. Cependant il ne pensait pas qu’il fût possible, même par le procédé de M. Chevreul , de reproduire chaque nuance à volonté , condition indispensable à remplir, et dont la difficulté se trouve comme prouvée par le long retard que M. Chevreul met a reproduire quelques-unes de ses nuances épuisées par les ouvriers des Gobeîins.

La commission de! Academie n ayant point jugé à propos de faire de rapport sur les recherches de MM. Chevreul et Daubrée, nous nous permettrons les remarques suivantes. Les bleus de M. Chevreul , autant que nous avons pu en juger à la vue des échantillons employés par les ouvriers des Gobeîins , offrent moins d’harmonie entre eux que ceux

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de M. Daubrée ; les premiers sont la plupart gris d’acier, quelques-uns verdâtres et rougeâtres; il y a bien aussi quelques tons verdâtres et rougeâtres dans les seconds , mais ces accidens y sont plus rares et moins prononcés. Enfin les tons sont beaucoup plus nombreux et mieux espacés dans la dégradation de M. Daubrée que dans celle de M. Chevreul, surtout pour les tons clairs. ( Bulletin universel , section de physique , février 1827.)

Le lin et le coton se teignent rarement avec du bleu de Prusse, parce que la couleur souffre trop par les lavages répétés dans l’eau de savon, auxquels on soumet ces étoffes. On emploie cependant fréquemment ce bleu dans les imprimeries d indiennes; on le mêle avec de l’acide sulfurique ou nitrique, on y ajoute de l’alun , et on épaissit comme à l’ordinaire ; ou bien , on imprime un mordant de fer (1), on passe au bouzage, et enfin dans une dissolution de prussiate de potasse acidifiée par l’acide sulfurique.

Lne addition d alun, et mieux de dissolution de cuivre, au mordant de fer, rend la couleur plus résistante au savon.

Sur le lin et le coton, l’ammoniaque rend le bleu de Prusse violet. Cependant ces étoffes perdent cette nuance quand on enlève l’ammoniaque par le rinçage.

Autrefois on employait les procédés suivans pour les bleus vifs sur lin et coton.

i° On arrosait une partie de bleu de Prusse pulvérisé lin avec 5 à 4 parties d’acide muriatique, on abandonnait

(i) Kurrer recommandait, pour avoir de beaux bleus fonces solides, 4 livres sulfate de fer, 16 onces de sel marin, 16 onces sel ammoniac, 16 onces salpêtre, 1 livre sulfate de cuivre dans 16 kanons d’eau. On ajoute 3 6 onces acétate de plomb, et on épaissit avec amidon et gomme. La dissolution s’améliore avec le temps. Aucune, suivant [varier, ne donne un bleu aussi beau et aussi solide. Le bleu éclatant et le plus profond et le plus solide, s’obtient avec l’acétate de peroxide de fer.

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le mélange pendant 24 heures , en remuant de 5 à 6 fois pendant cet intervalle. La masse bleue obtenue était mêlée avec 20 à e5 fois autant d’eau chaude; on passait le fii dans l’acétate d’alumine, on rinçait , on passait dans la liqueur bleue tiède , et on le sortait quand il avait pris une ' teinte suffisante. Quand la matière était refroidie on rinçait,

011 séchait, on passait par de l’eau acidifiée par 1/60 d’acide sulfurique , on rinçait , et 011 séchait.

20 On teignait le fil en jaune de rouille en le passant alternativement 2 jusqu’à 5 fois dans une dissolution de sulfate de fer, de 2 à 4° » et dans une dissolution de potasse à 20; on pressait, on séchait, on rinçait , et alors on plongeait dans une dissolution chaude de prussiate de potasse acidifiée. On prenait sur 10 livres de fil 1 livre de prussiate de potasse , et 2 onces d’acide sulfurique , et plus de 2 quand la teinte paraissait lente à se développer; après le refroidissement, on rinçait et on séchait.

5° On passait l’étoffe dans un bain de sulfate ou d’acétate de fer, on teignait en gris dans une faible décoction de galle ou de bois bleu , et on passait dans le bain de prussiate de potasse acidifié.

Sur la teinture des étoffe s ele laine au moyen du bleu de Prusse , par M. Raymond fils. (Mémoire lu à l’Académie).

Jusqu’en 1819 on avait essayé vainement d’appliquer à la laine le procédé de teinture par le prussiate de potasse , qui réussit si bien sur la soie. Rien de satisfaisant ne fut présenté sur cet objet. Ce fut à cette époque que M. Raymond fils commença à se livrer tout entier à la solution de ce problème, qu’il croit avoir complètement résolu aujourd’hui. En 1820, M. Raymond avait déjà obtenu des résultats satisfaisons , attestés par des lettres de MM. Seguin d’Annonay, qui avaient fait tisser dans leur fabrique une

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coupe de drap de 12 à i5 aunes avec des laines teintes par M, Raymond avec îe bleu de Prusse. En 1820, plusieurs pièces de drap bleu , exposées par M. Raymond au Louvre , obtinrent l’approbation du jury central , qui déclara , en lui décernant une médaille d’argent , qu’il lui aurait accordé la récompense supérieure si les résultats soumis à son jugement avaient pu subir l’épreuve définitive du commerce , et recevoir la sanction de l’expérience.

Le procédé de M. Raymond se compose de deux opérations : i° le bain de rouille , qui ne doit jamais marquer moins de 1/2 degré de l’aréomètre, et qui se donne à froid, tiède ou bouillant, suivant qu’on veut obtenir une nuance plus ou moins foncée; 20 le bain de bleu, qui se sous-divise en deux parties , la première consistant à passer les draps ou les laines dans une dissolution tiède d’hydro-cyanate de potasse ; la deuxième ayant pour but la saturation complète du peroxide de fer par l’acide hydro-cyanique , dont la dissolution d’abord tiède doit être chauffée graduellement jusqu’à l’ébullition. A ces deux opérations principales, par lesquelles la matière colorante est fixée d’une manière solide sur la laine , succède le foulage au savon , dont l’objet est de dégorger l’étoffe de laine des molécules de bleu de Prusse qui n’y sont qu’interposées. Cette opération enfin est suivie de l’avivage , qui pour les bleus foncés se réduit le plus ordinairement à un bain d’eau ammoniacale, et, pour les nuances claires , à un bain bouillant d’acide tartrique. Chacune de ces opérations , c’est-à-dire le bain de rouille , celui de bleu , et parfois celui d’avivage , doit être suivie d’un lavage à l’eau courante.

M. Raymond avoue que ce procédé de teinture est moins simple que celui où l’on emploie l’indigo ; mais si l’on songe aux soins constans et minutieux qu’exige l’entretien d’une cuve au pastel, aux fréquentes maladies auxquelles elle est

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sujette, et qui déroutent souvent les teinturiers les plus habiles; si , d’un autre côté , on veut tenir compte du bas prix du bleu de Prusse , et si on a égard à la grande beauté des nuances claires que 1 on peut en tirer, et dont l’indigo ne peut approcher , on ne trouvera peut-être pas exagérée l’espérance conçue par l’inventeur , de voir un jour le bleu de Prusse remplacer l’indigo dans nos manufactures de draps. Sans doute une révolution semblable ne s’opérera pas brusquement : la routine a des racines profondes; pendant long -temps encore les consommateurs de drap voudront éprouver le bleu de Prusse comme ils éprouvent l’indigo , persuadés qu’un bleu ne saurait être bon teint s’il ne résiste à l’acide sulfurique concentré; on aura de la peine à leur faire comprendre qu’il subit qu’une couleur sur drap soit solide à l’air, à l’eau, au soleil et au frottement, pour faire autant d’usage que celle qui résiste à l’action d un acide concentré ou d’un alcali caustique, parce que les draps 11e sont jamais exposés que par accidens à ces sortes d’épreuves. [Le Globe, août 1827.)

Nous ne partageons qu’en partie l’espoir que manifeste M. Raymond; dans tous les temps on préférera les couleurs qui résistent ie plus , même aux agens dont l’action n’a lieu que par accidens , surtout pour des objets d’un prix aussi élevé que les draps fins. Cependant il est probable que

pour plusieurs objets cette teinture finira par remplacer celle de l’indigo.

D’après Boulay-Marillac , on obtient un brun rouge qui ressemble à la terre bridée de Sienne, en chauffant aurouge un mélange de phosphate de fer et d’alumine; un rou^e foncé en chauffant un mélange de phosphate de fer , de phosphate de cuivre et d’alumine , ou d’os calcinés. Si le sulfate de cuivre domine , on obtient un rouge cramoisi.

Les sels de fer, et principalement le sulfate, sont employés

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pour marquer Je linge; la couleur est assez solide, mais elle l’est moins que celle que l’on obtient avec le nitrate d’argent.

MAGNESIE. La magnésie se rencontre rarement pure dans la nature; elle est blanche, légère, douce, peu consistante. A cause de son prix élevé, elle n’est pas employée comme couleur.

En combinaison avec la silice elle constitue les talcs , pierres molles et onctueuses au toucher ( pierre de lard ) , qui sont employés pour marquer, pour diminuer le frottement , et qui entrent dans la composition des fards.

MANGANESE. Le manganèse est d’un gris blanc; le peroxide est gris d’acier, et se trouve très-répandu dans le commerce ; le deutoxide est brun rouge, et noir à l’état d’hydrate; le protoxide est blanc gris.

Le protoxide teint le verre en rouge pâle , et le deutoxide en violet.

Boulay - Marillac formait une couleur violette trèssoiide , en chauffant de l’oxide de manganèse avec du phosphate de soude et de l’alumine.

Avec le phosphate de chaux, on obtient la môme couleur, mais la matière est plus molle , et foisonne davantage.

Les autres combinaisons du manganèse n’ont pas de couleurs remarquables.

Le carbonate de manganèse est blanc , et d’après Hoffmann a plus de corps que le blanc de zinc. D’après d’autres données, ce sel est d’un blanc sale; cependant il est possible que cette nuance provienne de ce qu’une partie de l’oxide n’est pas combinée avec l’acide carbonique.

En teinture on emploie peu les oxides de manganèse ; les dissolutions de sels de manganèse donnent cependant des couleurs brunes solides sur les étoffes, quand après les avoir passées dans ces dissolutions on les met dans un bain alcalin.

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