PLOMB
II se forme <1 abord une poudre d’un gris jaunâtre qui est un mélange de plomb et d’oxide, et plus tard une poudre jaune; 100 parties de litharge sont composée de 92, 807 plomb, et 7, i43 oxigène. Cet oxide entre facilement en fusion, et se transforme par le refroidissement en une masse d’un jaune plus ou moins rougeâtre, composées de lames brillantes. La
litharge est employée , et comme couleur , et pour d’autres usages.
Le deutoxide de plomb ( minium ) s’obtient par une calcination long-temps prolongée de la litharge; il est en poudre d un rouge écarlate; en le calcinant de nouveau il prend d abord une teinte plus brillante qui passe ensuite au violet; il contient 89,66 de plomb, et 10, 54 oxigène. Le minium sert comme couleur , mais principalement pour les vernis de poteries , le flint-glass.
L oxide puce s’obtient en traitant à froid le minium par 1 acide nitrique. Il est brun foncé, par une douce chaleur il peid une partie de son oxigène et se transforme en minium; il contient 86,66 plomb, et i3,53 oxigène. Il est sans usage comme couleur.
Le proloxide de plomb forme avec l’acide carbonique un sel blanc ( sous-carbonate de plomb , céruse , blanc de plomb ) , qui est très-employé dans la peinture à l’huile, à cause de sa belle couleur blanche et de son opacité. Il contient 83,58 d’oxide de plomb, et 16,42 d’acide carbonique.
L oxide de plomb combine avec l’acide acétique forme plusieurs sels; celui qui est neutre est connu dans le commerce sous le nom de sel de saturne , sucre de plomb ; il contient 68,71 oxide de plomb, 3i, 29 acide acétique. Le sous-acétate est formé de 89, 60 oxide de plomb, 6, 80 acide acétique, 3, 60 eau : il est d’un blanc mat, très-peu soluble. Il existe aussi un autre sous-acétate avec moins de base encore ,
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et qui est formé de 86, 82 d’oxide, et 1 5, 1 8 acide ; il est également blanc , mais soluble. Les sous-acétates peuvent être employés comme couleur; l’acétate neutre sert comme mordant.
L’oxide de plomb forme avec l’acide sulfurique un sel blanc insoluble (sulfate de plomb ) , qui peut être employé comme le blanc de plomb ; souvent il est mêlé avec ce dernier; il a l’inconvénient de ne pas couvrir autant, et de perdre une partie de sa blancheur lorsqu’il est mêlé avec Thuile, mais il al’avantage de ne pas s’altérer si facilement (1).
Le plomb combiné avec l’iode forme un corps insoluble d’un beau jaune , volatil à une haute température ; ce composé est encore sans usage.
Le plomb forme avec le chlore un corps blanc fusible , qui par le refroidissement se prend en une masse translucide connue sous le nom de plomb corné. Le chlorure de plomb est composé de y4,6 plomb, 20,4 chlore; on peut l’obtenir en précipitant un sel soluble de plomb par l’acide muriatique, le sel marin, ou tout autre muriate. En broyant du sel marin et de la litharge avec un peu d’eau on obtient un sous-muriate de plomb (2) qui peut être employé comme le blanc de plomb , mais avec moins d’avantage. Le chlorure rougi au feu devient jaune, et se prend par le refroidissement en une masse cristalline d’un jaune foncé ou citron ,
(1) Le sulfate do plomb s’obtient comme résidu de differentes operations chimiques, principalement quand on traite l’alun par l’ace tate de plomb pour obtenir l’acétate d’alumine. On peut obtenir ce sel économiquement en dissolvant la litharge dans de l’acide nitrique, précipitant par l’acide sulfurique. La liqueur peut servir à dissoudre une nouvelle quantité' de litharge. Récemment le sulfate de plomb a été employé à la place de minium pour les vernis de poteries et le verre.
(2) L’acide du sel marin se combine avec le plomb, et la soude est mise en liberté. Ce procédé a été employé pour obtenir la soude du sel marin.
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qui peut être considérée comme un sous-chlorure ; on le désigne alors sous le nom de lurbith jaune , jaune de Cassler , jaune minéral ; il est employé * comme couleur. Ordinairement on obtient cette couleur en fondant ensemble de la litharge ou du minium avec un muriate , sel marin ou sel ammoniac. Aucune de ces combinaisons n’est employée en teinture , cependant Kurrer assurait que le chlorure de plomb teignait la laine brun-olive , et que la couleur devenait plus profonde par l’action de la lumière dans l’espace de i5 jours. Avec l’acide antimonieux le plomb forme une combinaison qui par la chaleur devient jaune ; mêlée avec quelques substances étrangères , elle est connue sous le nom de jaune de Naples, qui est très-employé en peinture comme le jaune de Cassler.
L’acide molybdique forme avec le plomb une poudre d’un beau jaune ( molybdate de plomb ), qui n’a point encore été utilisée , mais qui pourrait l’être en teinture et en peinture.
L’acide chromique forme avec le plomb des combinaisons insolubles dans l’eau , connues dans le commerce sous le nom de jaune de chrome , et qui sont très-estimées en peinture et pour les couleurs d’émail ; on les prépare ordinairement en versant une dissolution de chromate de potasse dans une dissolution d’un sel de plomb. Le précipité est d’un jaune-citron quand il y a dans les liqueurs de l’acide en excès ; il est d’un jaune-orange quand elles sont saturées; rouge jaunâtre et rouge foncé selon que la potasse ou l’oxide de plomb domine et qu’on fait chauffer. On rencontre dans la nature le chromate de plomb , il est cristallisé en prismes quadrangulaires d’un rouge-aurore; ces cristaux pulvérisés deviennent d’un jaune-orange.
Lasseigne a récemment employé le chromate de plomb pour teindre en jaune la soie, le lin et le coton. 11 passait
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d’abord les étoffes dans une dissolution d’acétate de plomb (1) et ensuite dans une dissolution de chromate de potasse (2) chaude; on peut répéter ce traitement cjuand la teinte 11 est pas assez nourrie ; la couleur est d un jaune d 01 , et supporte 1 eau de savon froide , mais non pas celle qui est chaude ; le vinaigre reproduit les couleurs qui ont été altérées par les alcalis. Cette couleur n’a pas le brillant de celles que l’on obtient par les î? es. elle a même l’inconvénient de devenir rouge à 1 air , de passer au bistre par les exhalaisons sulfureuses , et d’être détruite par les alcalis.
Pour fixer cette couleur par impression r on imprime avec un mordant composé d’acide tartrique et de nitrate de plomb épaissi avec de l’argile; après la dessiccation on passe dans un bain de chlorure de chaux qui enlève le fond à l’endroit ou le mordant a été appliqué , puis on passe dans un bain de chromate de potasse acidifié par l’acide nitrique. L’acétate de plomb ne peut pas remplacer le nitrate, parce qu il est trop facilement décomposable par l’acide tartrique.
(1) IJ iaut que 1 aeefate de plomb soit neutre. S’il est avec un excès de base, la couleur n est pas d’un si beau jaune, à moins qu’on ne trempe ensuite 1 étoffe dans du vinaigre où elle devient d’un beau jaune-citron ; avec 1 acétate neutre la couleur est d’un jaune d’or que l’acide acétique ne change pas en jaune-citron. Il est alors avantageux de neutraliser la
, dissolution de plomb avec de l’acide acétique • un excès d’acide rend la couleur plus claire et plus pure : une addition de potasse rend la couleur orange foncé. On a propose un autre procédé qui consiste à passer 1 1 étoffé dans du chromate de potasse, et après dans une dissolution cl’a- | cétate de plomb.
(2) Le chromate de potasse s’obtient en calcinant un mélange de ! parties égales de chromate de fer naturel et de salpêtre ou dépotasse;
lessivant le produit , traitant de la même manière le résidu. La liqueur ( contient le chromate dépotasse; on la fait évaporer après l’avoir neu- ; tralisé par de l’acide acétique ou de l’acide nitrique.