PLOMB
L’oxide de plomb l'orme avec l’oxide d’étain , la silice et la potasse , par la fusion , un verre blanc et laiteux employé dans les couleurs d’émail et les couvertes de faïence.
Le plomb se combine avec l’hydrogène sulfuré, et forme un corps solide, insoluble, brun, que l’on a nouvellement employé en teinture. On passe l’étoffe dans une dissolution d’acétate de plomb , on tord , on laisse sécher à l’ombre , on lave et on passe dans une dissolution d’hydrogène sulfuré ( 1 ) . On obtient ainsi une nuance très -nourrie de vigogne
clair à vigogne brun foncé, suivant la force du mordant et celle de la liqueur sulfurée. La laine se teint mieux que les autres matières; après viennent la soie et le coton, et en dernier lieu le lin. Ces couleurs résistent à l’air, sont trèspeu changées par un acide faible , un alcali faible et les dissolutions de savon bouillantes; elles sont aussi très-bon marché, parce que quelques parties d’acétate de plomb suffisent pour 1000 parties de laine.
Cette même matière est employée pour l’impression;
1 acetate de plomb doit être épaissi par de 1 amidon, ou de la colle ( non pas avec de la gomme , parce qu’elle le décompose ) : on imprime , et on passe à l’hydrogène sulfuré.
Les substances animales sont teintes en noir par le plomb ; on emploie cette propriété pour teindre les cheveux et les fourrures. Pour le premier objet il suffit de se peigner souvent avec un peigne de plomb ; mais le plus souvent on empreint le papier qui enveloppe les cheveux avec une
(1) L’hydrogène sulfuré s’obtient en fondant 2 parties de limaille de fer et une partie de soufre, pulvérisant la matière et la traitant dans un ballon par l’acide sulfurique faible à une chaleur douce, et recevant les gaz qui se dégagent dans des vases pleins d’eau. L’hydrogène sulfuré gazeux agit moins bien et moins uniformément.
SILICE. i4t
pâte formée de 2 parties delitharge, 1 partie de chaux vive * et 2 parties de craie. La flanelle bouillie dans l’eau de chaux et la litharge devient noire , mais l’étoffe est altérée par l’eau de chaux; la couleur résiste à l’air et au savon, mais non pas aux acides.
Dans le traitement de certains minerais de plomb il se dégage des vapeurs blanches que l’on peut recueillir dans de grandes cheminées horizontales ; elles sont formées de carbonate de plomb et d’oxide d’antimoine : on peut les utiliser comme le blanc de plomb. Dans le Northumberland on en recueille des quantités assez considérables, qui sont versées dans le commerce sous le nom d’écume de plomb ; ce dernier contient 1 partie de carbonate de plomb et 5 parties d’oxide d’antimoine.
Pour la préparation et l’emploi des couleurs de plomb dont nous venons de parler, savoir : le plomb jaune , le minium , le blanc de plomb , le jaune minéral , le jaune de Naples et le jaune de chrome , voyez le second volume.
SILICE. Les pierres siliceuses ( quartz ) sont très-dures , difficiles à pulvériser, et ne peuvent jamais atteindre le degré de finesse nécessaire pour être employées comme couleur; ou, pour nous servir des termes de l’art, la poudre de silice ne foisonne pas ; d’ailleurs elle a si peu d’affinité pour l’eau, que l’on ne peut pas la délayer dans ce liquide.
Si on pouvait l’obtenir en grand dans un état de division suffisant (par exemple en la précipitant d’une dissolution) on aurait une couleur passable , qui , par des mélanges destinés à la fixer , aurait l’avantage d’être inaltérable.
La silice se combine avec la potasse et la soude, et forme le verre , qui peut se combiner avec la plupart des oxides métalliques , et donner des verres colorés , des pierres pré cieuses artificielles. ( Voyez le second volume.) Quel-
i4a TITANE.
ques verres colorés , pulvérisées très -lin, sont employés comme couleurs; cependant jusqu’ici on ne trouve dans le commerce que le verre Lieu ( silice , potasse , oxide de cobalt ) , sous le nom de smaît , d’azur. 11 est probable qu’on emploiera par la suite d’autres couleurs de cette nature.
TITANE. Le titane est peu répandu dans la nature; on ne l’y rencontre qu’à l’état d’oxide , principalement dans le schorl rouge du Saint - Gothard. Gomme ce dernier minéral est en masses assez considérables, il serait possible que le titane pût être employé par la suite en teinture.
L’oxide de ce métal est blanc, et devient jaune par la chaleur. Il ne se dissout dans les acides qu’après avoir été traité par la potasse. Les dissolutions sont précipitées par leprussiatc dépotasse en brun-jaune ; mais quand il contient du fer, en un beau vert; par l’hydrosulfate de potasse en vert bleuâtre; par la décoction de galle, en jaune foncé; par l’étain, en pourpre brunâtre ; par le zinc, en violet. Les deux derniers, après quelques jours , se transforment en oxide blanc.
Si on fond une partie de schorl rouge de Saint-Gothard avec 6 parties de potasse , et qu’on lessive la masse refroidie , il reste une poudre blanche ( carbonate de titane ) , qui se dissout facilement dans l’acide muriatique. Cette dissolution donne avec le prussiate de potasse un précipité d’un vert foncé brillant , qui se fixe sur les étoffes.
Le phosphate de titane fondu forme un émail jaune de paille , qui peut être utilisé.
TUNGSTÈNE. Ce métal est gris d’acier; il est assez rare dans la nature.
Il forme deux combinaisons avec l’oxigène , un acide et un oxide. L’oxide est brun; l’acide est d’un jaune de soufre et insoluble dans l’eau. Il se combine avec les bases salifia-
URANE. 143
Lies , et forme des sels solubles avec la soude , la potasse, l’ammoniaque et la magnésie. Avec le soufre il forme une combinaison bleu foncé; avec l’acide prussique, un bleu brillant et solide, qui se fixe sur les étoffes. Si on fait passer un courant d’acide hydriodique dans une dissolution de tungstate d’ammoniaque, et ajoutant un peu d’acide nitrique, il se forme un précipité d’un vert-brun qui , par un excès d’hydriodate d’ammoniaque , devient vert , et ensuite bleu indigo. Ce métal, à cause de sa rareté, est sans usage.
URANE. Ce métal ne se trouve qu’en petite quantité dans la nature et à l’état d’oxide.
Il est gris de fer , peu brillant , forme avec l’oxigène un protoxide gris-noir, et un deutoxide jaune orangé. Le premier existe dans le pech-biende, et devient jaune en absorbant de l’eau et de l’oxigène. Le second se trouve dans plusieurs minéraux; il est souvent mêlé avec du cuivre , qui lui donne un aspect verdâtre.
Les sels d’urane ont en général une couleur jaune, le prussiate de potasse les précipite en rouge-brun; l’hydrosulfate de potasse, en brun jaunâtre; la décoction de noix de galle en brun-chocolat. L’oxide d’urane fondu avec du sous-carbonate de soude ou avec du borax forme un corps vitreux de couleur brune.
L’urane est jusqu’ici sans usage comme couleur.
ZINC. Le zinc est d’un gris-bleuâtre , il est très-répandu dans le commerce. Depuis peu on l’a employé avec avantage dans quelques couleurs.
L’oxide de zinc est blanc , et s’obtient par la combustion du métal. Le zinc bride avec une flamme bleuâtre , et l’oxide se dépose sur les corps environnant en flocons
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blancs (fleur de zinc); une partie reste dans le creuset. A l’état d’hydrate il est également blanc , et s’obtient plus facilement en précipitant les dissolutions de sels de zinc par la soude ou la potasse. On emploie ce dernier, comme les fleurs de zinc , dans la peinture à l’huile , sous le nom de blanc de zinc. Il ne perd pas sa teinte par l’huile; il a sur le blanc de plomb l’avantage de ne pas devenir noir par les vapeurs sulfureuses; mais il ne couvre pas autant et sèche plus lentement. On peut aussi l’employer mêlé avec de la craie ou de l’alumine.
Soumis à la chaleur rouge pendant 2 heures, l’oxide de zinc devient d’un jaune-citron (jaune de zinc); il devient également jaune quand on lemhaufle avec 1 partie de potasse et 1/2 partie d’alun, et donne alors une couleur égale jaune de naple , et qui même le surpasse.
Le sous-carbonate de zinc est blanc, ainsi que le borate , mais ce dernier devient jaune au feu. La plupart des autres combinaisons sont blanches , excepté le séléniate de zinc , qui est jaune, et l’hydro-séléniate, qui est rouge. Jusqu’ici
ces sels sont sans usages.