CAMOMILLE
CAMOMILLE. Camomille des teinturiers. ( Anthémis tinctoria.) Europe, terrains argileux; fleurs, de juin en septembre.
Camomille puante. ( Anthémis colula . ) Europe.
Camomille vulgaire. ( Mairie aria chamomilla , Chaînawiilla vulgaris. ) Europe , dans les champs.
Les fleurs et les feuilles de la première espèce donnent une belle couleur jaune-citron solide. On la fixe avec le sel marin , l’alun ou le muriate d’étain.
La décoction d’un jaune foncé donne avec le sel d’étam un précipité d’un jaune-d’or vif, avec acétate de plomb un précipité orange foncé , avec sulfate de fer un précipité vert de serin, avec sulfate de fer un vert-d’olive ; les alcalis rendent la couleur plus foncée. Elle contient du tannin; si on l’enlève en versant dans la dissolution de colle et filtrant , on obtient des couleurs plus belles ( TronsdorfT).
Les feuilles de la seconde espèce teignent également en jaune-citron.
La troisième espèce teint en jaune, et peut servir pour tanner. La soie bouillie dans une décoction de camomille, à laquelle on a ajouté de la dissolution d’étain dans l’acide tartrique , jusqu’à ce que la décoction devienne jaune , prend une belle couleur jaune. Le bain doit être chaud , mais pas bouillant ( SchefFer ).
La décoction des fleurs est d’un jaune brunâtre, et teint la laine en jaune-citron; saturée , le coton en jaune faible.
Les fleurs et les feuilles m’ont donné une belle décoction jaune; les acides la rendaient plus claire, les alcalis plus foncée, le sel d’étain joli jaune clair, le sulfate de fer brun noirâtre. La laine, le lin et le coton, alunés avec de l’alun neutre , deviennent d’un beau jaune, avec sel d’étain jaune-citron. La couleur était assez solide à la lumière.
Pœrner obtenait avec les fleurs et les parties supérieures
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de la plante de camomille, une décoction jaune brunâtre ; la potasse la rendait brun-rouge foncé ( très-étendue d’eau, jaune-d’or ). L’acide sulfurique et l’acide muriatique la décoloraient , et produisaient un précipité brunâtre qui n’était pas soluble dans l’eau, mais qui se dissolvait dans les alcalis avec une couleur jaune brunâtre. Le sulfate de fer y produisait un précipité gris-noir; le sulfate de cuivre un précipité gris brunâtre; le sel d’étain un précipité jaune clair; l’alun un précipité gris-blanc. Le drap sans mordant y prenait une teinte jaune-citron, avec sel marin une teinte joli jaune, avec alun beau et saturé jaune-citron, avec sel ammoniaque jaune-d’orange , avec sel marin et sulfate d’étain brun -jaune, etc. En général, Pœrner conclut de ces essais que la camomille teint plus faiblement que le curcuma et la sarrette, mais que la couleur est plus solide que celle du curcuma , et un peu moins que celle de la sar rette.
Les nuances obtenues avec les acides , le tartre et l’alun, sont les moins solides à l’air; celles avec sel ammoniaque et sulfate de cuivre sont les plus solides; après viennent celles qui ont été obtenues par le passage après la teinture dans un bain de sel ammoniac et de sel marin.
CAM-VOOD. Nom que l’on donne en Angleterre à un bois de teinture que l’on exporte d’Afrique. 11 donne une très-belle couleur rouge qui paraît supérieure à celle du bois de Fernambouc, car elle tourne moins au violet par tes alcalis. Elle semble mêlée à une téinte jaune qui lui donne plus d’éclat. Les établissemens français du Sénégal offriraient beaucoup de facilité pour se procurer ce bois. ( Journal de pharmacie , juin 1827. )
GANNABINE. ( Dalisa cannahia. ) Levant, dans les jardins. Se multiplie facilement, et croît dans de mauvais terrains.
aoB CANNE A SUCRE,
Les feuilles de la plante femelle teignent en superbe jaune, plus solide que celui de la gaude. On procède de la même manière qu’avec la gaude. La couleur est plus belle sur la laine que sur le coton, le lin et la soie. La laine non aîunée, que la gaude teint seulement en jaune faible fugace , est teinte par cette planté en jaune verdâtre solide. Elle mérite alors d’être cultivée à la place de la gaude ( Braconnot ).
Les jeunes pousses contiennent plus de matière colorante que les vieilles; on peut les faire couper annuellement 3 à 4 fois.
La décoction des feuilles se comporte avec les réactifs presque comme celle de la gaude. L’acétate de plomb y produit un précipité jaune pâle, qui consiste en acide et en matière colorante gommeuse. Si on verse dans la liqueur surnageante de la potasse , et qu’on ajoute encore de l’acétate de plomb , la liqueur se décolore presque entièrement, et il se forme un précipité jaune qui, séché et pulvérisé , conserve sa couleur vive (Braconnot).
Les alcalis rendent plus foncée la couleur de la décoction, les acides plus claire ; les sels de fer la rendent brun foncé; le nitrate de mercure y produit un précipité.
CANNE Â SUCRE. ( Saccharum ojflcinarum.) Indes orientales et Amérique.
La canne à sucre n’est pas employée en teinture. Le sucre qu’on en extrait , ainsi que le sucre d’amidon , se transforment par l’action de la chaleur en une matière d’un brun foncé, et à la fin d’un brun -noir (sucre brûlé). Elle est employée comme couleur de suc pour teindre les sucreries, Feau-de-vie , les liqueurs, les vins, les vinaigres, etc.
CAPUCINE (grande)* (Tropacolumnigus.) Europe. Cultivée comme salade.
CARAGAN. ao9
Le jus de la plante teint la laine en jaune solide , mais la couleur n’est pas agréable.
Les fleurs contiennent une matière d’un rouge -cerise qui devient d’un vert brunâtre par les alcalis , et plus rouge par les acides. Elle est soluble dans l’eau. Les fleurs contiennent encore une résine jaunâtre soluble dans l’alcool : ces matières sont en très-petite quantité. Les fleurs colorent l’alcool en jaune brunâtre ; mais la dissolution devient rouge de cerise par la concentration. La matière épaissie se dissout complètement dans l’eau (John).
Les fleurs contiennent aussi du soufre, car par leur fermentation elles dégagent une odeur sulfureuse. Les matières d’une saveur piquante se dégagent par l’ébullition.
CARAGAN. Faux acacia de Sibérie. ( Robinîa caragana , ) Arbuste. Nord Asie, Europe dans les jardins.
( Robinia pygmea . ) Sibérie, Europe dans les jardins.
Voyez pour le Robinia commuais l’article Acacia.
Les feuilles des deux espèces donnent de l’indigo. On procède comme avec la plante Indigofera anil . Dembourney n’obtint cependant pas de l’indigo avec les feuilles de la seconde espèce. Elles teignent jaune brunâtre.
Les pousses du Robinea à fleurs rouges teignent jaunenankin ( Dembourney ) .
GARLINE SANS TIGE. ( Carlina acaulis.) Europe, dans les lieux escarpés.
Cette plante contient du tannin.
CAROTTE. ( Daucus carotta . ) Carotte commune. Europe, dans les lieux cultivés.
La racine contient beaucoup de matière sucrée, de mucilage, et une matière colorante jaune qui existe principale" ment dans la peau extérieure ou l’écorce.
Les fleurs de la carotte sauvage teignent le papier en rouge foncé. La couleur est assez solide h l’air et au soleil;
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aIO CARTHAME.
l’acicîe sulfurique la rend rouge-rose; la décoction est rouge sale, d’une odeur agréable. Elle teint en lilas, par une ébullition de quelques minutes, la laine, la soie, le coton et le lin; en rouge-bleu par l’addition d acide sulfurique ; gris-
bleu avec de l’alun (Fogler).
Les tiges et les feuilles teignent en vert jaunâtre faible
(Dembourney ).
CARTHAME. ( Cartamas tintorius. ) Indes orientales et Égypte; cultivé en Europe dans les jardins (1).
En Égypte on connaît 10 espèces de carthame. Cette
plante demande un terrain léger.
Les fleurs contiennent une matière colorante jaune et une matière colorante rouge. On les recueille le matin quand elles sont épanouies , et qu’elles commencent à se flétrir (2). Dans certaines localités on les laisse sécher à l’ombre ; dans d’autres on les presse pour enlever le suc jaune , on les lave dans l’eau, et on les fait sécher à l’ombre
en les retournant souvent (5).
Propriétés. Les fleurs de carthame paraissent dans le commerce a l’état sec. Elles sont d’un jaune rougeâtre , d’une odeur particulière , mais non désagréable ; le carthame est d’autant meilleur qu’il contient moins de fleurs jaunes,
(1) Autrefois il était beaucoup cultivé en Thuringe et en Alsace. On Abandonna plus tard cette culture, parce que d’autres étaient plus profitables, et que le commerce de ces fleurs avait beaucoup souffert par le mélange des substances étrangères, telles que le sang de boeuf, tes fleurs du sureau, etc. Comme les tiges peuvent servir de nourriture aux animaux et que les graines sont oléagineuses, cette cul-
ture pourrait être avantageuse.
(2) En Égypte on préfère le temps de pluie.
(3) Cette dernière méthode est employée dans la Basse-Égypte , aussi le carthame de la Basse-Égypte est préféré à celui de la Haute-Égypte, où le carthame est séché imédiatement. Le pressage se fait entre deux
meules, le lavage avec des eaux salées.