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plus de ronges, que l’odeur est plus forte et que les fibres sont plus longues.
Composition. D après Dufour, les fleurs de carthame sont composées sur 100 parties : matière colorante rouge o,o5; matière extractive soluble dans l’eau et l’alcool , avec couleur jaune, acétate et muriate de potasse 1,42; extractif seulement soluble dans l’eau , consistant en matière colorante jaune, plâtre et sulfate de potasse 2,68; matière jaune-verte, qui paraît être de l’albumine végétale o,55,* résine 0,00; cire 0,09; fibre ligneuse 4,96; alumine et chaux o,o5; oxide de fer rouge 1,02; sable 0,12; sable et petites parties de la plante o, 54 ; humidité 0,62; perte 0,07.
Les matières colorantes du carthame sont une matière colorante jaune facilement soluble dans l’eau, et une matière rouge insoluble dans l’eau et soluble dans les liqueurs alcalines. Doebereiner regarde la matière colorante rouge comme un acide, et lui a donné le nom d’acide carthamique, et la matière jaune comme une base. La matière rouge forme, d’après lui, avec les alcalis des sels incolores, décomposés par les acides tartrique, acétique,' etc. , qui précipitent l’acide en rouge-rose vif.
Action de la chaleur. La chaleur a une influence remarquable sur le carthame, et surtout sur sa matière colorante rouge : elle la rend jaune et sans éclat. Il faut alors extraire la matière colorante rouge à froid , et on obtient des couleurs d’autant plus vives que la température de l’air ou celle de la liqueur sont plus basses.
Action de la lumière. La lumière détruit rapidement la matière colorante rouge , et jusqu’ici on n’a trouvé aucun moyen pour la préserver de cette action : inconvénient qui ferait entièrement disparaître l’usage du carthame si sa cou* leur n’était pas si brillante. Par cette raison on sèche le carthame h l’ombre, on teint dans des lieux obscurs, et on
CARTHAME.
préserve le plus possible les étoffes teintes de la lumière.
Action de ï ai 7. L’âge détruit rapidement la matière colorante du cartliame, et dans quelques années elle a disparu. Le cartliame donne alors des couleurs faibles , mates. On a fait l’observation que celui qui est humide se conserve moins que celui qui est complètement sec. On ne sait pas encore si cette altération provient de l’absorption de i’oxigène, ou d’une fermentation intérieure. On ne sait pas non plus à quoi est due la formation de matière colorante qui a lieu pendant le séchage.
Action de l eau . L eau pure dissout facilement la matière colorante jaune du cartliame; cependant il est nécessaire de le malaxer continuellement, et il faut le laisser tremper encore lorsqu'il ne teint plus l’eau, et renouveler ensuite les lavages. Doebereiner conseille d’ajouter à l’eau un peu de vinaigre pour accélérer le travail. L’eau dure ordinaire peut dissoudre un peu de matière colorante rouge, et ne doit point être employée pour les lavages.
Action de V alcool. L’alcool dissout la matière colorante avec une belle couleur rouge-rose , et la cède aux étoffes. Les huiles grasses et volatiles n’ont point d’action sur elle.
Action des alcalis . Les liquides alcalins dissolvent la matière colorante rouge du cartliame lavé. La liqueur est d’un rouge-jaune. La matière colorante jaune devient plus foncée par les alcalis, et à la fin rouge-brun.
Action des acides. Les acides précipitent la matière colorante rouge de sa dissolution dans les alcalis, sous la forme d’une poudre rouge fine. Cette poudre est connue dans le commerce sous le nom de rouge de cartliame , rouge végétal, et sert comme fard; en peinture et en teinture on le préfère au cartliame. Ordinairement 011 précipite cette matière par le jus de citron , et on préfère celui qui a fer-
CARTHAME. yl3
menté, parce qu’il donne de plus belles couleurs que celui qm est frais (,). Le jus d’épine - vinette , des sorbes, des g. oseilles,! acide sulfurique très-étendu et le tartre sont employés pour le même objet. Trop d’acide sulfurique rend la couleur jaunâtre. 1
diction des sels, L alun rend îqnno i0 i* i « ,
, 11 itllü JaiîIîe ta dissolution alca-
me ac la matière colorante , ci brune après 2 4 heures : il
se produit alors un précipité jaune.
, Action des sels métalliques . La matière colorante jaune donne avec la plupart des dissolutions métalliques des précipités fauves ou jaune pâle; cependant ceux que Ton obtient avec l’acétate de plomb et le sulfate de cuivre ( et un peu de potasse) sont d’une belle nuance. Beckmann obtenait avec acétate de plomb un précipité jaune-orange, avec sel detam un précipité jaune, avec sulfate de cuivre un précipité vert d’olive. La matière colorante rouge est précipitée de sa dissolution alcaline en jaune, ou jaune -rouge
pu* le &el d étain; par les sels de fer et de cuivre en jaunevert. v
L’infusion de noix de galle produit un précipité abondant dans la dissolution de la matière colorante jaune,
Pîopnetés tinctoriales. La matière colorante jaune du carthame n est presque pas employée pour teindre; aussi pour 1 ordinaire elle est enlevée par des lavages, comme nous l’avons dit plus haut. Avec alun la dissolution teint en
jaune, mais la couleur n’est ni belle ni solide (2). Avec la
vi) La cause de cette différence provient probablement de ce que le mucilage s oppose a la fixation de la couleur, et qu’il est détruit par Ja fermentation, et peut-être aussi de ce qu’il ne désoxigène pas la mau re colorante j dans le premier cas les acides citrique ou tar trique purs seraient préférables.
2 ) L» après Beckmann , à poids égal, le carthame contient plus de maticic colorante jaune que le bois jaune ,
2ï4 carthame.
matière colorante rouge on teint principalement la soie , ensuite le coton et le lin , mais jamais la laine , parce que l’on peut produire sur cette dernière des couleurs aussi belles et plus solides à meilleur marché. En général cette couleur est coûteuse, parce que 1000 parties de carthame contiennent seulement 5 parties de matière colorante rouge. *
Teinture sur soie . On produit sur soie avec le carthame les belles nuances écarlate et rose que Ton obtient sur laine au moyen de la cochenille. On arrose pour cet objet le carthame lavé avec de l’eau froide dans laquelle on a dissous un peu de potasse ou de soude (1) ; on filtre la liqueur aussitôt qu’elle a dissous la matière colorante , on verse autant de jus de citron (2) qu’il est nécessaire pour précipiter la matière colorante , et on passe les étoffés dans la iiqueui ; quand elles ont atteint la nuance demandée 011 les lave; quand 011 veut les avoir encore plus rouges, on avive dans de l’eau acidée par le jus de citron , et on sèche à 1 ombre.
Les bains de carthame doivent être promptement employés, parce qu’ils s’altèrent vite. Avec différentes additions on fait varier les nuances : par exemple , pour obtenir le rouge de chair en dissolvant un peu de savon dans le bain de carthame étendu , il empêche que la couleur se fixe trop vite; pour des nuances foncées on ajoute un peu de roucou , par économie. On obtient des couleurs de feu en teignant d’abord par le roucou, et ensuite par le. carthame; ponceau en teignant avec le vroucou et passant dans un
üurrer recommande le sous-carbonate de soude custallisc. On emploie 4 livres 1/2 de sous-carbonate de sonde, pour 12 livres de carthame non lave, on pétrit le carthame avec le sel de soude, api es 4 heures on ajoute 6 livres d’eau, on laisse le tout pendant îa nuit, et on passe.
(2) Fogler obtenait des couleurs plus solides avec du jus de soibes .
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bain de vinaigre pour enlever l’alcali qui peut rester, et ensuite dans le bain de carthame.
Teinture sur coton et lin. Les étoffes de coton et de lin sont fréquemment teintes avec le carthame , quoique la couleur soit aussi fugace que sur soie. Le procédé est analogue à celui de la soie. Les plumes et les papiers fins sont quelquefois teints avec le carthame , principalement avec alun et tartre. /
Beckmann a essayé de fixer la couleur sur coton par un procédé analogue à celui du rouge turc , mais avec peu de succès.
Teinture avec le rouge de carthame. On le broie avec de l’eau, de manière à obtenir une pâte très-fine,* on délaye dans l’eau , et on teint dans la dissolution. Cette manière de teindre est plus simple qu’avec le carthame; elle est aussi applicable pour l’impression.
Espèces. On connaît dans le commerce plusieurs espèces de carthame, très - différentes par les qualités. Ces différences proviennent plus de la préparation qu’ils ont éprouvée que de la nature des plantes et du climat. On distingue les premières et les secondes fleurs, '
Dans le carthame d’Egypte on estime plus celui du Caire que celui de la Haute-Egypte ; le premier est plus pur, plus rouge, plus humide, et plus riche en couleur que celui d’Europe : pour cette raison il est préféré. L’Egypte coproduit annuellement de i5 à 18,000 quintaux (1)* En 1807 il en fut exporté 2, 5 70 quintaux.
Le carthame des Indes orientales est inférieur à celui d’Egypte à peu près dans le rapport de 5 à 4*
Le carthame de l’Amérique du sud paraît approcher beaucoup de celui de l’Egypte.
(1) En iSao on évaluait le produit à i53ooo quintaux de France ancien poids.
CASCALOTE.
Le carthame d’Italie ( Remanie ) vaut moitié de celui d’Egypte.
Le carthame de la Thuringe est plus sec , plus impur que celui d’Égypte , et lui est inférieur. En enlevant la matière colorante jaune il est beaucoup meilleur (i).
Carthame de Hongrie. D’après de Kerz, celui des environs de Dehrezinestlc plus riche en couleur, il est d’un prix plus élevé que celui d’Égypte. Depuis peu on trouve dans le commerce du carthame de Hongrie qui est perfectionné, et qui est en grande partie privé de sa matière colorante jaune ; il est alors d’un plus beau rouge , sans fibres jaunes , et il produit 2 à 4 fois plus d’effet que celui d’Égypte.
GASCALOIE. ( Mimosa juliflora. ) Californie et Mexique. Celte plante est peu connue. Les feuilles donnent un noir très - profond , comme l’a fait connaître en 1722 M. Reinhard Forster à la société royale de Londres. Bancroff croit que cette plante appartient à l’espèce Mimosa juliflora.
CASSIA. ( Cassia senna . ) Égypte.
Les feuilles connues sous le nom de séné sont employées en pharmacie. Elles donnent d’après mes essais une décoction d un jaune obscur , qui passe au jaune foncé par tapotasse , devient plus claire par les acides, plus foncée1 par le sel de fer, et à l’air un peu brunâtre.
La laine non alunée y prend un beau jaune rougeâtre , la laine alunée y devient d’un joli jaune; traitée par le sel d’étain , elle prend une nuance vive de jaune-citron.
(1) Cette opération se faisait sur le Rhin, mais imparfaitement à cause de la { erte de poids. Le carthame était placé dans des sacs que l’on plaçait dans le fleuve et que l’on travaillait avec les pieds. Pour laver un sac de 60 livres de carthame un ouvrier employait 2 jours.
CATECHU. ai7
GATE CH U. ( Terra catcchu , Terra japonica.) ïndes orientales. Catacambe . ( Jus d’areka épaissi.)
Le ca te ch u est une décoction épaissie de plantes contenant du tannin; il est principalement préparé avec |*i noix d’areka , le bois du mimosa catechu , les feuilles de naucléa catechu, et autres plantes contenant du tannin.
Les noix d’areka coupées en petits morceaux sont arrosées dans un vase de terre (1) avec de l’eau salpêtrée. On y ajoute un peu d’écorce de kantai -babeîa (espèce de mimosa.) Le vase est fermé par un couvercle fixé avec de l’argile (afin que la température s’élève davantage); après une ébullition de 2 heures 011 diminue graduellement le feu pendant 5 à 6 heures. Quand la chaudière est refroidie on enlève les noix avec une écumoire ( les noix sont séchées sur des claies et sont préférées aux noix rouges, pour la mastication; elles portent alors le nom de chiknisuperî ) : on évapore la décoction jusqu’à consistance sirupeuse , on l’enlève du feu, on la roule en petits morceaux, et on la laisse sécher à l’ombre.
Composition . Les principaux élémens du catechu sont du tannin et de l’extractif. Le premier peut être séparé en dissolvant ce catechu dans l’eau froide , et versant de la s;é-
latine tant qu il se forme un précipité. L’extractif reste dans la liqueur, qui est d’un rouge brunâtre ; sa saveur est un peu astringente et ensuite sucrée. Le tannin du catechu diffère de celui de la galle, en ce qu’il ne précipite
0) Le Goux de llex dit qu’un vase de cuivre serait nuisible qu'un vase de fer teindrait la décoction en noir et lui donnerait un goût ferrugineux • c’est ce qui se conçoit facilement puisque le tannin for me avec le fer une couleur noire. Cependant il paraît que d’autres espèces de catechu sont bouillies à dessein dans un vase de fer, pour qu’ils prennent une couleur noire : Heyne dit positivement, que la noix est bouillie dans une chaudière de fer.
al8 ' CATECHU.
pas le fer en noir , mais avec une nuance olivâtre. Le même phénomène est produit par le tannin de plusieurs plantes d’Europe , par exemple , celui de l’écorce de grenade » de la racine de tormentille et de la fougère.
Usages . Le catechu est employé dans les Indes pour tanner les peaux. On tanne le cuir avec cette substance dans l’espace de 5 jours (ce que rend possible la haute température de ces climats). En Angleterre on a cherché à l'employer à cet usage , mais sans succès. Une livre remplace 7 à 8 livres d’écorce de chêne.
On l’emploie fréquemment dans l’Inde et en Europe pour la teinture, mais principalement dans les imprimeries d’indiennes. Il donne des couleurs très-solides. Avec le vert-degris et le sel ammoniaque on obtient une couleur de bronze; avec le muriate d’étain , jaune brunâtre; avec le sel de deutoxide d’étain, brun de cuir (avec addition du nitrate de cuivre, bronze foncé) ; avec nitrate d’alumine, brun de cuivre rougeâtre ( avec addition de moitié de nitrate de cuivre , gris d’olive rougeâtre ) ; avec le nitrate de fer, un gris foncé brunâtre , etc. A la teinture du mordoré café , il rend la garance presque inutile: et avec i livre de catechu on peut donner à un fond brun ou noirâtre une teinte aussi saturée qu’en employant 6 livres de la meilleure garance. (Dinglers.)
Le catechu est aussi employé en médecine.
Espèces. Il en vient en Angleterre deux espèces, une de Bombay, et l’autre du Bengale : la première est d’un rouge brun, l’autre est plus friable couleur de chocolat , sa fracture présente des veines d’un rouge-brun.
Les différentes espèces de catechu diffèrent beaucoup les unes des autres suivant la nature des plantes qui ont servi à les préparer, ci le rang de la décoction qui les a fournies; ceux des premières décoctions sont rouge ionce ; celui des secondes décoctions est moins astringent ; enfin il est sou-