GALLE
la pellicule extérieure de la feuille ou de la queue et des calices, et y dépose un œuf. Le suc est extravasé, environne l’œuf, forme une enveloppe qui grossit par couches concentriques, et produit autour de l’œuf un abri clos. L insecte s y développé , et à une certaine époejue, perce la croûte de la noix de galle et s’envole. Jusqu’à l’époque de la sortie de l’insecte , les noix de galle sont de couleur foncée et sans trous; plus tard elles deviennent blanches ou jaunâtres , et percées : elles sont alors beaucoup plus légères, et contiennent i/4 moins de tannin. On estime alors principalement dans le commerce celles qui sont noires et non percées; elles sont connues sous le nom de gaîies noires. Les noix de galle paraissent être d’autant meilleures qu’elles ont été récoltées dans un pays plus au sud. On trouve aussi quelquefois, mais rarement, des noix de galle blanches qui ne sont pas percées.
Si on fait bouillir plusieurs fois des noix de galle avec 10 fois leur poids d’eau, il se dissout les 7/8 de la matière. La décoction est brunâtre, et contient du tannin, de l’acide gaîlique , un peu de matière colorante, du mucilage, de l’extractif, de la chaux, et quelques sels. M, Davy a obtenu avec 5oo parties de noix de galle une décoction qui par l’évaporation a donné i85 parties solides; ces dernières étaient formées de i5o parties de tannin, de 5i parties d’acide gaîlique et extractif, i5 parties de mucilage et extractif, 12 parties de chaux et de sels. Par conséquent les noix de galle contiennent plus des 5/4 de leur poids de tannin.
Dans les noix de galle humides ou dans les résidus de l’évaporation des décoctions il se forme de l’acide gaîlique par une espèce de fermentation ; par conséquent il est avantageux de les laisser pendant 1 mois, avant de s’en servir, dans un lieu humide, à la température de 16 à 20° Piéaumur; elles
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s’amollissent, moisissent, et tombent à la fin en une pâte blanchâtre. Si elles sont moulues iî se développe une fermentation vineuse, et il se dégage beaucoup d’acide carbonique; elles acquièrent en même temps de l’acide gallique et un acide particulier (acide ellagique). C’est sur cet effet produit par la fermantation qu’est fondé le procédé de M. Braconnot pour extraire l’acide gallique de galle , mais ce chimiste ne considère la fermentation que comme facilitant la cristallisation de l’acide gallique par la destruction des parties mucilagineuses.
Ce procédé consiste à verser assez d’eau sur la noix de galle pour qu’elle en soit presque entièrement recouverte , et à abandonner le tout pendant quelques jours à une température de 2 5 à 5o°; les galles s’imbibent et se gonflent peu à peu , puis elles subissent bientôt une sorte de fermentation alcoolique , du moins à en juger par l’odeur qu’elles répandent. Lorsque cette réaction intestine est achevée, on enferme les noix dans une toile , et on les soumet â la presse ; puis on traite le marc par l’eau bouillante , et on trouve que la fermentation a détruit à un tel point les substances extractives et astringentes contenues dans la noix de galle , que cette décoction du marc, évaporée, convenablement , donne par simple refroidissement une cristallisation fort abondante d’acide gallique; résultat qu’il eut été impossible d’obtenir auparavant , â raison de la grande viscosité que donnent les substances destructibles par la fermentation , à la décoction des noix de galle qui ne l’ont point subie.
Une des propriétés les plus remarquables de la décoction de noix de galle , est de précipiter presque tous les métaux de leur dissolution avec différentes couleurs. D’après Doebereiner , la décoction de galle désoxigène plusieurs métaux, et réduit les oxides d’or et d’argent. Il pense que les