G AB ANGE
ou sèche , on porte dans le bain de garance échauffé presque jusqu’au bouillon , et dans lequel on a ajouté du sang(i). On travaille à fond 24 heures (2) , 011 tord légèrement, on rince et on sèche à l’air. Le coton est d’un rouge foncé presque rouge-brun (3). La belle nuance rouge s’obtient seulement par une ébullition de 24 heures dans un bain faiblement alcalin (4)* Quand il a acquis la teinte convenable on le refroidit en versant de l’eau froide , on lave a fond, on fait sécher, on plie et on presse.
Le procédé des Arméniens décrit par Pallas est un peu différent. Il dit qu’ils trempent le coton 7 nuits consécutives dans l’huile de poisson , qu’ils le sortent le jour et l’exposent à l’air et au soleil; après on rince , on engalle ( avec sumac et noix de galle ) , on alune et on teint. Les procédés employés à Masulipatan et Pulikat, décrits par Bourdiers, sont semblables ; car on trempe le coton trois fois dans de l’huile de sésame ou dans la graisse de cochon, 011 exprime la graisse et on l’expose chaque fois au soleil : après ces opérations on lave et on teint. L’un et l’autre procédé servent à con-
noix de galle, 2 puds 1/2 d’alun exempt de fer, et 5 uchads d’eau. Avant on engallait et on alunait séparément ; mais on a récemment réuni les deux opérations et on a obtenu les mêmes résultats. ( Dingler n’est cependant pas de cet avis, parce que l’alun forme un précipité avec le sumac quand le bain n’est pas à une température élevée).
(1) Pour 1,000 pièces d’étoffes on prend à 26 puds de garance moulue (provenant de 32 puds de racine), 24 seaux de sang de bœuf frais ou 20 de vieux , et 6 uchads d’eau.
(2) Dingler pense que la grande quantité de matière que les Buchars teignent à la fois, rend nécessaire ce long bouillage.
(3) Vutt.icli attribue cette couleur à une combinaison savonneuse de l’albumine du sang avec l’acide de la garance , et à une combinaison du phosphate de fer que contient le sang avec l’acide gallique qui est dans l’étoffe.
(4) Sur 1,000 pièces on prend 20 puds de schadrik et 5 uchads d’eau ; l’ébullitfon se fait dans une chaudière de fonte couverte.
firmer l’opinion de Dingler sur la teinture en rouge turc.
Procédé allemand perfectionné , d’après Dingler (1). Ce procédé , applicable aux fds et aux tissus, se compose des opérations suivantes : mordant de fiente savonneux huileux , fermentation , fort séchage ; mordant savonneux huileux , fort séchage ; mordant alcalin , séchage , trempage , rinçage du mordant non combiné , séchage ; engallage , séchage; alunage , séchage, trempage dans l’eau contenant de la craie , rinçage ; garançage , aérage , rinçage ; avivage dans de l’eau alcaline, et ensuite dans un bain renfermant du sel d’étain, lavage, séchage.
On travaille à fond le fil ou l’étoffe dans un bain de mordant composé de fiente et d’huile (2) , on le tord bien, et on le couche dans une caisse que l’on couvre avec un couvercle chargé de poids; il reste cinq jours dans cet état. Après 24 heures ces matières s’échauffent , et il se produit une fermentation à la suite de laquelle le coton est complètement pénétré par le mordant , et qui accélère l’altération de l’huile (3). On laisse le fil 1 jour à l’air en le retournant, à la chute du jour on le sèche dans une chambre
(1) Ce proce'de' est de'crit très au long dans le journal de Dingler, vol. 4* Page 33g à 077.
(2) Ce bain est préparé' ainsi : on broie 25 livres de fumier de mouton frais ou 35 livres de fumier de vache , avec une dissolution de potasse caustique pure qui a 3° à l’aréomètre deBecks, et on fait passer à travers un tamis de fil de laiton ; la liqueur est mise dans un grand vase de bois. On y verse une dissolution à chaud compose'e de 2 livres d’huile ou de savon dans 16 livres de lessive de potasse à 3°, on y ajoute ensuite 3o livres d’huile inférieure d’olive ou d’huile de haleine, on agite pendant i/4 d’heure , alors on ajoute par partie 4 livres cle lessive chaude à 3° : on remue jusqu’à ce que la liqueur soit homogène. Cette proportion de mordant suffit pour 100 livres de coton en fil, ou 90 livres d’e'toffes non blanchies (ou 100 livres blanchies).
(3) Ce procédé remplace quelques passages au mordant. Le fumier accélère la fermentation.
chaude dans laquelle la chaleur est portée pendant 6 à 8 heures à 56° Réaumur (î). Le fil ou étoffe y resté jusqu’au second passage au mordant savonneux. Ce second mordant se fait comme le premier; après on porte le fii non dans l’étuve , mais on l’expose aussitôt à l’air pour le sécher, et la nuit on le porte dans la chambre chaude.
Le troisième et le quatrième mordant se font de la même manière , mais on n’y met pas de fiente (2). Le cinquième mordant est composé d’une lessive à 20. Après ce dernier on fait également bien sécher (3).
On enlève alors le mordant non combiné (4) , en mettant le fil 6 heures dans l’eau tiède renfermant de la potasse (5). On rince dans le bain , on tord (6) , on rince à fond. On expose à l’air, et on termine le séchage à la chambre chaude.
Quand les fils sont secs on engalle (7) aussi chaud que
(1) Un fort et continu se'chage est essentiellement nécessaire, parce qu’il oxide les huiles. Le coton prend plus facilement le second mordant , et le premier est mieux fixé.
(2) On l’obtient en délayant 20 livres d’huile dans une dissolution de 1 livre 1/2 de savon dans une lessive à 3Ü, et ajoutant peu à peu 3oo liv. de lessive à 3°.
(3) Du premier au quatrième trempage il faut à chaque fois mettre l’étoffe dans une chambre chauffée à 5o° R., pendant 12 à i5 heures, et 58 heures après le cinquième bain.
(4) Cette opération porte le nom de dégraissage.
(5) On prends parties d’eau à 200 R., et 1 partie de lessive à 20.
(6) Cette opération doit se faire rapidement pour que les fils ne restent pas long-temps sans être tordus.
(7) Le bain de galle est formé de 36 livres de sumac de Sicile que l’on fait bouillir pendant 3 heures avec 260 livres d’eau, on passe au tamis ; le résidu est lessivé avec igo livres. La décoction de sumac est chauffée avec 12 livres de noix de galle, ou 20 livres de knoppern l’un et l’autre pulvérisé, on porte au bouillon, on abandonne la liqueur pendant la nuit dans la chaudière couverte , et on l’emploie le matin suivant.
GARANCÈ. 3i5
Ja main peut le supporter, on travaille à fond. On lait sécher d’abord à l’air (1), et ensuite dans la chambré chaude chauffée moins fortement; on passe alors au bain d’alun tiède, auquel on ajoute de la craie pour saturer une partie de l’acide (2) ; on laisse en tas pendant la nuit (5) , on sèche à l’air, et ensuite dans la chambre chaude. Quand les fds sont secs on les passe dans de l’eau chaude renfermant de la craie pulvérisée ( 1 once 1/2 par livre) , on tord, on rince, et on procède au garançage.
Pour teindre on remplit la chaudière d’eau , on allume le feu, on ajoute pour chaque livre de garance 1 once 1/2 de craie finement pulvérisée; la garance ( 1 livre 1/4 par livre de fil) (4) est mise dans la chaudière, on agite, et on travaille le fil à fond. Le feu doit être réglé de manière que le bain 11’arrive au bouillon qu’après 2 heures 1/2 à 5 heures. Le bouillon est continué pendant une heure; alors on aère le fil , après le refroidissement on rince. Les tissus sont mis dans le bain quand il marque 20°. On les travaille au moulinet, en faisant arriver la chaleur de 3o h 4°° pendant la première heure , à 6o° Réaumur à la deuxième , et à la troisième on laisse arriverait bouillon, que l’on continue une 1/2 heure. Alors on laisse les fils encore une 1/2 heure dans le bain sans les travailler. En tout le garançage dure 4 heures (5).
(1) Par ce traitement le coton se tanne et sèche alors très-facilement 5 si le coton n’est pas seche' aussitôt après l’engallage, le coton se noircit. Mais d’après Dingler cela n’est pas nuisible à la beauté de la couleur.
(2) La dissolution d’alun froide ne pénétrerait pas uniformément dans les fibres 5 la dissolution trop chaude dissoudrait une partie d acide gallique.
(3) Cette opération peut être suprimée , mais elle est utile.
(4) La couleur est d’autant, plus belle que la garance est de meilleure qualité. 1 partie de garance de Hollande et 2 parties de garance d Alsace, donnent un très-beau rouge.
(5) Dingler regarde comme inutile d’ajouter du sumac ou de la noix
Après la teinture les étoffes sont lavées , foulées et mises dans un bain savonneux alcalin (1) à une grande chaleur (s), par lequel les parties fauves de la noix de galle et de la garance sont dissoutes : la couleur rouge prend alors tout son éclat. Cette opération porte le nom d’avivage; on la répète dans une semblable liqueur , à laquelle on ajoute du sulfate et du muriate d’étain (3), par lequel la couleur devient plus vive et donne davantage dans le rose. A la finies étoffes sont rincées et séchées à l’ombre.
Procédé employé à FAberfeld . Elberfeld est une des villes d’Allemagne où la teinture en rouge turc a été exécutée dans le principe avec le plus de succès. Le procédé en question est composé des travaux suivans :
Nettoyage des fils de coton par un bouillage de 4 heures dans une lessive alcaline (4) , refroidissement et rinçage.
Travail à fond 4 fois dans un mordant de fiente alcalin
de gahe au bain de garance, parce que la couleur qui en re'sulte est détruite dans ravivage. Il doute aussi de l’utilité du sang.
(1) On dissout i5 livres dépotasse et 5o livres d’huile savonneuse dans 45 livres d’eau. Cette proportion suffît pour 120 livres de fd ou 35 à 4o pièces d’indiennes.
(2) Pour augmenter la température , l’opération se fait en vase clos à une pression plus ou moins élevée • on peut employer la presse à vapeur de Rommershausen , page Les parties fauves s’enlèvent également par la pression d’une pompe à eau.
(3Î I oui pieparer ce liquide on dissout par le bouillage 2 livres de potasse caustique pure, et 8 livres d’huile savonneuse dans de l’eau; on verse la dissolution dans la chaudière pleine d’eau bouillante , et on ajoute quand elle bout vivement ( parce que sans cela le sel d’étain se décomposerait ) une dissolution de 3/4 de livre de sulfate d’étain cristallisé dissous dans 2 pintes d’eau. Si on prend du muriate d’étain la couleur devient plus rouge d’écarlate.
(4) On prend 3 livres de bonne potasse sur 120 livres de fd et la quantité nécessaire d’eau pour les couvrir.
GARANCE. 3i7
et huileux (1), dans lequel il reste pendant la nuit. On laisse égoutter pendant une heure; tordage, séchage. Ce traitement dans le mordant de fiente, chaque fois avec séchage , est répété encore 5 fois , et quand à la fin le mordant est diminué on prend moins de fil à la fois.
Travail dans le bain alcalin huileux (2), tordage et séchage. Ce traitement est répété 4 fois.
Trempage pendant la nuit dans de beau de rivière , rinçage faible sans tordre (5), séchage à l’air.
Mordant formé d’une décoction tiède ( 5o° Réaumur ) de sumac et de noix de galle (4) , après lequel le fil est toujours un peu battu , et où le fil reste pendant la nuit (5) ; fort tordage et séchage (pour le mieux à l’air).
Alunage avec addition de potasse et de craie (6), tordage ; travail répété dans le bain , où il reste pendant la nuit.
Égouttage, le jour suivant fort rinçage; empilage dans une cuve pleine d’eau.
Le jour suivant rinçage répété; couchage dans l’eau qui
(1 ) 3oo livres d’eau , 1 5 livres de potasse , 1 seau de fiente de mouton , et 12 livres 1 (2 d’huile d’olive.
(а) 18 livres de potasse, 120 mesures (à 2 livres) d’eau, et 6 mesures d’buile d’olive.
(3) Si on rince trop peu la couleur ne devient pas belle, si on rince tropla couleur ne supporte pas l’avivage.
(4) On fait bouillir 3o livres de sumac de Sicile dans l’eau, on passe la décoction , on la verse sur 5 livres de noix de galle d’Alep pulverise'e, on ajoute assez d’eau pour que toute la liqueur forme i3o mesures, et on réchauffe. Avec 1 mesure 1/2 on travaille toujours 2 livres de fil.
(5) Cela se fait parce que plus tard il se laisse mieux humecter que quand on le sèche de suite.
(б) On obtient ce bain en dissolvant 3o livres d alun pur dans 120 liv. d’eau • on chauffe jusqu’au bouillon , et on ajoute alors 2 livres de potasse en dissolution et 2 livres de craie pulvérisée.
a servi au trempage (1), dans laquelle le fil reste jusqu’à l’opération de la teinture : le séchage avant empêcherait la teinture d’être égale.
Le garançage se fait avec addition de sang, de sumac et de noix de galle (2); on laisse venir le bain au bouillon dans 7/4 d’heure , et on entretient l’ébullition pendant une 1/2 heure (5). Les 7 premiers quarts d’heure les fils sont agités 5 fois , et alors on les repose quelques minutes.
Le fil est rincé , séché , bouilli pendant 24 à 56 heures dans une chaudière couverte (4) > avec un bain alcalin huileux (5) ; alors on rince 2 fois , on le met 2 jours dans de l’eau propre, et on sèche.
A la fin on obtient le plus grand éclat en faisant bouillir 2 à 5 heures dans un bain de savon renfermant de l’étain 1 les fils sont encore rincés deux fois, mis dans de feau , et séchés.
Si le coton n’est pas encore d’un ton très-vif, on peut le
(1) Ce travail a pour objet de décomposer l’alun qui se trouve sur les fibres. Cependant l’emploi des liqueurs grasses est prejudiciable.
(2) A Elberfeld et ailleurs , on a observe' que l’on obtenait de belles couleurs en mêlant les garances de Brabant et de Zélande; mais pas quand on les emploie isolément. Il est toujours avantageux d’employer différentes espèces de garance en même temps.
(3) On teint 24 livres de fil à la fois. La chaudière est remplie d’eau ; on y délaie 10 mesures de sang de bœuf et 12 livres de garance de Zélande , 12 livres de garance de Brabant , 2 livres de sumac et 1/2 livre de noix de galle. S’il se forme une écume blanche la matière colorante de la garance est bien extraite; dans le cas contraire il faut ajouter un peu de noix de galle.
(4) La couleur ne devient belle qu’après 18 à 24 heures du bouillon. Si le fil se rince clair et s’il paraît rouge de feu dans l’eau, il a suffisamment bouilli. Cependant il n’est pasnuisiblé de le laisser bouillir quelques heures de plus.
(5) 5 livres de savon blanc de Marseille , 12 livres de potasse et la quantité nécessaire d’eau.
GARANCE. 3i9
mettre 2 à 5 heures dans une dissolution d’alun; mais ce traitement, ainsi que Je précédent, peuvent être supprimés quand la nuance est assez belle après le premier avivage.
Procédé de Papilloîi. Papillon apprit ce procédé en Franc© et l’exécuta ensuite à Glascow. Il le fit connaître au docteur Black; mais il s’en était réservé l’usage un certain nombre d’années , après lesquelles il a été publié. Il a été décrit dans l’ouvrage de BancrofF sur la teinture.
Nous décrirons rapidement les travaux de ce procédé.
Bouillage de 5 heures dans une lessive alcaline sur laquelle un œuf peut flotter (1) , lavage , séchage.
Trempage de 24 heures dans un bain alcalin huileux de fumier de vache (2), tordage, séchage. Ces trois opérations sont répétées trois fois ; à la dernière on lave avant le séchage.
Trempage dans un bain semblable sans fumier. Cette opération porte le nom de trempe blanche , et la précédente trempe grise.
Tempage (24 heures) dans une décoction de noix de galle tiède (5), tordage, séchage (sans lavage).
Alunage ( 24 heures) avec addition de potasse (4), tordage, séchage (sans laver). Ce travail est répété après le séchage , on rince et on sèche encore.
(1) Sur 100 livres de coton, ioo livres soude alicante , 20 livres de potasse, 100 livres de chaux.
(2) Ce bain renferme encore d’autres substances (inutiles ), On de'laie 2 seaux ( bails ) de fumier de mouton dans io seaux de lessive de soude, on verse deux bouteilles de quart d’acide sulfurique j 1 livre gomme arabique- 1 livre sel ammoniac, (l’un et l’autre dissous dans de la lessive faible , et 25 livres d’huile d’olive délayc'e dans 2 seaux de lessive faible de s ude ).
(3) On l’obtient en faisant bouillir 2,5 livres de noix de galle pulve'rise'e avec 10 seaux d’eau.
(4) Sur 25 livres d’alun . 2 seaux d’eau de faible lessive de soude, préparation sans bouillon.
Garançage avec sang (1). On tient d’abord à une douce chaleur, et à la fin 1 heure au bouillon; on laisse tomber dans le bain, et on laisse bouillir le bain 1 heure : lavage, séchage.
Trempage (6 heures) dans un bain composé d’égale partie des bains de trempe blanche et grise; égouttage (sans lavage ) et séchage.
Bouillage ( i heure) dans un bain de savon (2) alcalin; lavage et séchage.
Procédé d' Hauszemann. Hauszemann (5) traite le coton ou le lin 2 à 4 fois dans une dissolution de potasse aluminée (4) , qui est délayée avec i/38 d’huile de lin. On sèche et on rince à chaque fois, et on sèche après la dernière opération; on procède au garançage après un nouveau rinçage. Le garançage se fait avec 1/6 de craie ( 3 heures ) , et on avive. Pour le rose il prenait 1 livre de garance par livre de coton; pour le rouge de carmin 2 à 3 livres , et pour le
rouge le plus profond 4 livres.
On dit que le rouge ainsi obtenu surpasse le rouge turc. On obtient les nuances claires et des nuances foncées, en employant des liqueurs blanchissantes. Le fil de lin doit être passé 4 fois au mordant, et avant complètement blanchi. L’avivage se fait dans de 1 eau , a laquelle on ajoute du sa von, de la potasse et du son renferme dans un sac.
(1) 2 gallons 1/2 de sang de bœuf avec 28 seaux d’eau tiede, 2.5 livres de garance , on y plonge 10 livres de coton.
(2) 16 gallons d’eau, 10 livres savon, 4 seaux de lessive de soude.
(3) Nouveau procédé de teinture Hauszmann , Leipsick, i8o3.
(4) Une partie de potasse est dissoute dans 3 parties d eau , et rendue caustique parla chaux, on y ajoute une dissolution d alun jusqu à ce qu’il se forme un précipité. Après le refroidissement le sulfate de potasse se cristallise; on le sépare. Il faut employer ce moraant de suite . on le conserve dans des vases clos. Parce que l’acide caroonique de l’air absorbe l’alcali et précipite l’alumine.
GARANCE. 3ai
Ronge turc sur chanvre et lin . Le chanvre et le lin sont rarement teints en rouge turc. Vilalis , en 1814, a donné pour cet objet un procédé , et l’académie de Rouen a constaté que les fils prenaient ainsi une nuance vive, saturée et solide. Nous en donnerons une courte description. Il ne diffère que par quelques manipulations de celui employé pour le coton.
Trempage de 5 jours des fils ( 100 livres ) dans de l’eau à 1 5° ( therm. cent. ), égouttage , rinçage à fond (i ) ; bouillage de 6 heures dans 5oo litres de lessive de soude caustique à 2° (Baumé), égouttage, lavage, séchage à l’air; nouveau bouillage de 5 heures dans une lessive à 1/20, lavage et séchage. Ce travail a pour but le blanchissage.
Trempage (2) dans des bains alcalins huileux avec fiente de mouton ( i5 livres de fumier, 100 litres de lessive de soude à 20, et 6 livres d’huile d’olive tournante) , séchage au commencement jusqu’à moitié, à l’air, ensuite séchage dans une chambre chauffée de 5o à 55°. Un séchage complet est important , parce que sans cela la couleur ne se fixerait pas bien (5).
La dernière opération ^est répétée de la même manière.
Trempage dans un bain laiteux (huile, soude) de 1 5 1 livres de lessive à 20, et 10 livres d’huile. On abandonne le fd 12 heures sur une table; séchage à l’air, et ensuite dans, la chambre chaude.
(1) Le lavage doit être fait d’une manière differente que pour le coton, sans cela les fils se crêperaient.
(2) Le trempage se fait à 3 fois dans un vase; on travaille seulement 1 livre à la fois. On tord chaque fois. A la fin on ouvre les êcheveaux pour que les fils sc détachent; et on fait sécher. 11 ne faut pas que le fil reste en tas, parce qu’il s’enflammerait facilement.
(3) Dingler observe que quand on emploie la potasse au lieu de la soude , un séchage plus complet est nécessaire.
Tom. ï.
Répétition du même travail.
Travail dans i5o litres de lessive à 2°, dans laquelle on a versé le restant de la liqueur laiteuse; séchage à l’air et dans la chambre. Même travail , répété avec la même quantité de lessive de soude et avec le reste de l’opération précédente (î).
Trempage îo à 12 heures dans de l’eau tiède (2), tordage , lavage à la rivière ; tordage , séchage à l’air et à l’étuve. Ce travail a pour objet d’enlever les huiles non combinées ; il porte le nom de dégraissage.
Engallage dans une décoction de 2 5 livres de galle en sorte avec 6 seaux d’eau , que l’on refroidit après avec 6 seaux d’eau froide, de manière que l’on puisse y tenir la main; tordage, séchage à l’air et à l’étuve.
Alunage dans le bain tiède (i5 livres alun et 6 à 7 seaux d’eau); on laisse 12 heures sur une table; lent séchage à l’air, à l’ombre et enfin à l’étuve.
Lavage à fond (3) , séchage à l’air et à l’étuve.
Passage dans un bain huileux ( 6 livres d’huile et 1 5o litres de lessive de soude à 20 ) , séchage à l’air et dans la chambre.
Répétition de ce travail.
Trempage dans i5o livres de lessive de soude à 20 1/2, dans laquelle on met le mordant des deux bains précédens; séchage à l’air et dans la chambre.
Engallage avec les résidus du premier engallage , que l’on a fait bouillir; séchage à l’air et dans la chambre.
Alunage, avec une dissolution de i5 livres d’alun, de la même manière que plus haut; lavage.
(ij Ce qui reste de la liqueur s’appelle sikion , et sert pour l’avivage.
(2) L’eau qui reste peut servir pour faire bouillir les fils rouges.
(3) Si on n’enlevait pas tout l’alun non combiné, il serait décomposé par l’alcali du mordant suivant, et l’huile qui serait séparée produirait des taches.
GARANCE. 3 a3
Garançage avec sang (1); pendant les 5 premiers quarts d’heure on laisse monter la liqueur jusqu’au bouillon; on ne remue plus les fils , on les laisse plonger au bouillon pendant 5/4 d’heure; égouttage, refroidissement, lavage à fond, et nouveau garançage composé de la même manière , sans sécher avant.
Le fil a alors une couleur brun -rouge; pour la rendre rouge de Turquie, on procède à l’avivage comme pour le coton (2), 5 à 6 heures (5) ; séchage d’abord à l’air , ensuite dans la chambre; avivage dans un bain de sel d’étain savonneux (4) , rinçage à chaud et séchage. Ce dernier travail porte le nom de rosage.
Procédé du rouge turc pour impression. Siber indique le procédé suivant. Les tissus complètement blanchis sont passés à un mordant de fumier huileux et alcalin (5) , tordus et séchés aussitôt à l’étuve; bain de lessive de soude à i°, tordage , séchage; nouveau bain alcalin huileux sans fiente (6), séchage ; passage 5 fois dans une lessive de potasse de 1 1/2 à 20, séchage chaque fois, trempage pendant 2 heures dans de l’eau froide, rinçage, battage, tordage et séchage.
(1) On teint facilement 25 livres à la fois. La chaudière contient 25 seaux d’eau, auxquels on ajoute i5o livres de garance du sud de la France, inêle'es en partie d’abord avec 20 à 25 litres de sang de bœut ou de mouton (d’après Bingler 1 livre 1/2 à 2 livres suffisent pour 1 livre de coton ou de lia ) .
(2; 5 à 600 litres de lessive de soude à i° , dans laquelle on met 8 liv. de savon blanc de Marseille. Le bouillage se fait dans une chaudière fermée.
(3) S’il ne produit pas l’effet désire on le re'pète.
(4) 12 livres de savon dans 36 seaux d’eau. 1 livre de sel d’étain dissous dans 1 litre d’eau auquel on ajoute 1 once d’acide nitrique à 20°.
(5) Sur 5o pièces de 22 aunes en prend 8 livres d’huile tournante, 5 livres de fiente de vache, et 3oo livres de lessive de potasse à 20.
(6) 9 livres d’huile , 3oo livres ( 76 litres ) de lessive de potasse à 20.
On imprime les endroits qui doivent être teints en rouge avec un mordant composé de i livre d’alun, 5/4 d acétate de plomb, 4 livres d’eau , et la quantité nécessaire de gomme ou de farine d’amidon; on laisse 8 jours les étoffes imprimées dans la cbambre a secher , on piocede au bousage , on rince, on teint dans un bain de gaiance contenant de la noix de galle et du sang (î) (par chauffage de 5 heures et bouillage de i/4d heure ) ; on bat et on i ince à fond. On met les étoffes 4 jours sur le gazon; on les fait
bouillir une heure dans un bain de savon (4 livres de savon d’huile) , rinçage, exposition de 5 jours sur le gazon; répétition du bain de savon et de l’exposition sur le gazon, jusqu’à ce que les réserves soient complètement blanches.
Procédés pour teindre les tissus de coton et de lin en toutes nuances de violet et de lilas. [Polytech. journ. , oct. 1826.)
Les fils de lin et de coton sont successivement traités de la manière suivante :
i° Le coton est mis pendant 4^5 heures dans une lessive à i° en ébullition ( 600 livres d’eau, 6 livres de potasse pour 100 livres de coton); l’évaporation est terminée quand le coton tombe de lui-même au fond de la chaudière. O11 fait
sécher à l’air, et ensuite à 1 étuve.
Les fils de lin doivent être blanchis complètement.
20 O11 passe les fils de lin ou de coton successivement dans 10 bains huileux. Pour les 2 premiers on prend 1/4 de livre d’huile par livre d’écheveaux, et une lessive de 2 à 5°; le bain est maintenu h 2b0 Réaumur. Après le premier bain les écheveaux sont mis en tas sur une table pendant 48 h. ,
(i)35 livres de garance d’Avignon, 4 livres de galle blanche.
de sang et 8 onces de noix
GARANCE. 3a5
couverts avec une couverture de laine; ensuite on tait sécher à l’air , et on finit par faire sécher à l’étuve, dont la température doit s’élever graduellement à 48° Réaumur. Après le deuxième bain on fait sécher de suite a l’air, et on porte à l’étuve.
Pour les 5e, 4% 5e, 6e, 7e et 8e bains on ajoute 1/2 livre d’huile par livre de coton à un bain alcalin huileux nouvellement préparé , ou mieux à un résidu des bains précédens. Après chaque bain on fait sécher à l’air et on chauffe dans l’étuve : les écheveaux de lin exigent 4 bains de plus que ceux de coton.
5° On procède ensuite au dégraissage. Le meilleur procédé consiste à tremper les fils pendant 56 à 48 heures dans une lessive à 26° Réaumur et à 2% formée de 2 parties de bonne potasse et de 98 parties d’eau. O11 travaille successivement les écheveaux 2 à 2 ; après, les écheveaux tordus sont portés au lavoir, et placés dans une eau courante jusqu’à ce qu’il n’en sorte plus de matières grasses. En hiver il est bon de les laisser quelque temps dans de l’eau chaude avant de les laver. Quand les écheveaux sont bien lavés 011 fait séchera l’air, et ensuite à l’étuve.
4° On applique ensuite le mordant.
Pour le violet foncé , le mordant pour 100 livres de coton ou de lin se compose de 7 livres sulfate de fer, 1 i/4 sulfate de cuivre, 2 1/2 acide sulfurique, et 100 livres d’eau. Pour former le bain on mêle parties égales de cette dissolution et d’eau ordinaire , on travaille les écheveaux 2 à 2 , et on fait sécher à l’air.
Pour le violet , 100 livres d’eau , 2 livres sulfate de fer , 1 livre d’acide sulfurique concentré.
Pour le violet clair, 100 livres d eau , i 2 onces de sulfate de fer, 4 onces d’acide sulfurique concentré.
Les nuances sont d’autant plus foncées que l’on emploie moins d’eau.
Pour les lilas on ajoute aux mordans précédens une liqueur composée de 25 livres d’eau bouillante, 12 livres d’alun, 10 livres d’acétate de plomb; on décante, et on mêle à la liqueur claire 5o livres de sullate de 1er.
Mordant pour les lilas. 100 livres d’eau, 5 de vinaigre, et 4 livres de la liqueur précédente. L’addition d’une plus grande quantité de cette dernière liqueur donnera des lilas plus foncés.
Mordant pour brun-cerise. 100 livres d’eau, 1 1/2 d’alumine, 3 livres de liqueur pour les lilas.
Mordant pour les fleurs de pêcher. 100 livres d’eau, 3 livres de liqueur, 1 1/2 d’alumine.
Les écheveaux imprégnés de mordans sont fortement tordus, et séchés à l’air; ensuite 011 les plonge dans l’eau chaude, à laquelle on ajoute 1 once de craie délayée par livre d’écheveaux. On lave ensuite a l’eau courante.
5° Les écheveaux se teignent ensuite comme pour le rouge d’Ândrinople. Il résulte d’un grand nombre d’expériences que sous le rapport de la beauté et de la solidité de la couleur, les garances fines et demi-fines de Hollande sont supérieures à toutes les autres. Celles d’Alsace valent mieux que celles d’Avignon.
On emploie 1 livre de garance pour 1 livre d’écheveaux, et 1 once de craie pulvérisée que l’on mêle au bain de garance; on y ajoute un peu de sang de bœuf ou de mouton.
La noix de galle est exclue de cette teinture.
G0 L’avivage s’exécute en faisant bouillir les écheveaux à un feu modéré pendant 8 à 10 heures dans 2 bains, dont le premier se compose , pour 100 livres d’écheveaux, de 8 liv. de savon d’huile, 5 livres de potasse, et d’une suffisante quantité d’eau non crue; et le deuxième de 8 livres de sa-
GARANCE. 3a7
von et de 4 livres de potasse pour la même quantité d’eau et de fils.
70 Rosage. On fait une décoction de 6 livres de savon et de 5 à 4 onces de sels d’étain pour 100 livres d’écheveaux; quand le mélange est bouillant on y plonge les écheveaux pendant 5/4 d’heure ; enfin on lave et on fait sécher.
Differentes sortes de garance .
Garance de Hollande ( de Zélande ). La garance est principalement cultivée en Hollande, dans i’île de Zélande et de Schouven (1); on en cultive un peu dans le Brabant. Récemment la culture a diminué (2).
On plante par bouture dans le mois de mai; on laisse la racine 3 ans dans la terre : la récolte se fait en septembre. On met 12 racines par petits tas, et le soir on fait des tas plus gros , que l’on laisse à l’air 2 a 3 jours (5) : elles perdent une partie de leur humidité, se flétrissent , et deviennent molles. Aussitôt on les sèche dans des fours chauffés au moyen de la tourbe ou du charbon de terre. On bat, on vanne pour les dégager du sable et des impuretés , on les casse et on les sèche complètement dans une chambre chaude , en les étalant sur une toile de crin reposant sur des châssis de bois; ce séchage exige 24 heures.
(1) Le terrain de cette île est une terre marécageuse, grasse, salée. Peut-être les engrais salés seraient utiles à la culture de la garance. On y cultive l’espèce Rubia tinctorurn, joliis annuis, caule aculeato.
(2) Nemuich observe qu’on se plaint que la garance y dégénère par le temps, et qu’on désire en avoir de nouvelle d’Alsace. Dans les meilleures années on en récolte annuellement j 5, ooo tonneaux, dans les années inférieures 7 à 8,000 ; la moyenne de 10 ans est de 10,000, pesant chacun 1000 livres. Le produit annuel est de a,5oo,ooo florins. La plupart est expédiée en Angleterre.
(3) Probablement il se fait ici une légère fermentation qui facilite ensuite le séchage.
Les racines sèches sont alors passées au moulin. Les écorces et les racines de mauvaise qualité se pulvérisent les premières; on les sépare, et on obtient les différentes sortes suivantes.
On beroofder. Composée de toute la racine de la garance, de bois et écorce.
Twee en één. Composée de 2/0 de la racine, et i/5 de partie extérieure seule.
Één en één. Composée d’égale partie de racine entière et de partie intérieure seulement.
Malien ou korfe. Poussière du vannage, qui est principalement composée de poussière de l’écorce et des petites racines. Elle n’est pas aussi bonne pour le rouge; elle est ordinairement employée pour les noirs et les bruns. Souvent on l’écrase encore une fois , et on la désigne sous le nom d’ overgeslampte malien.
Stoof vagsel. Balayures des séchoirs. Fréquemment elle est mêlé au mullen.
Moolen vagsel ou Beer. Balayures des moulins.
Des ordonnances avaient décidé que 100 livres de garance ne devaient pas contenir plus de 2 livres d’impuretés; 100 livres d’onberoofder, pas plus de 8 livres; 100 livres de génie en én (partie intérieure pure), pas plus de 12.
En 1810 il fut ordonné de faire les tonneaux en chêne et non en sapin , parce que ces derniers nuisent a la garance.
Garance de Silésie. Dans les environs de Breslaw on cultive la garance depuis l’année 1007 (1); elle était connue dans le commerce sous le nom de rouge de Breslaw. Elle est presque aussi fine que la farine; elle n’est pas aussi riche en couleur que la garance de Zélande ou de France; il en faut 1/4 de plus pour produire le même effet. On enlève la
(1) Ella y fut apportée par Huiler, tisserand. Vingt et un ans après, cet objet formait déjà un important article de commerce.
racine au printemps ou en automne. Celle qui est extraite au printemps est préférable à celle qui est extraite en automne, parce que l’on pulvérise moins de petites racines, et qu’elle renferme moins d’impuretés. Le séchage se fait dans un poêle.
Garance cï Alsace et cl’ Oberrheiner . La culture de la garance fut introduite en Alsace vers l’année 1760 par Franzen , propriétaire à Haguenau. Elle n’acquit d importance réelle que lorsque Hoffmann , parent de ce même Franzen , lui donna de l’extension et monta à Geïselbrunn le premier moulin à garance. Depuis , cette branche d’industrie s est très-étendue. En 1790 la récolte annuelle s élevait de 4° à 5o,ooo quintaux; mais pendant le système continental elle s’éleva seulement à i5,ooo, parce qu’avant l’Angleterre en tirait ainsi que la France et l’Allemagne. Plusieurs fabricans exploitent cette industrie avec un soin particulier; elle est plus fine que celle de Zélande , et la matière colorante s’extrait à une plus basse température. On sèche la racine sur des claies placées dans des chambres chaudes. Les racines sont en couches de 2 à 4 doigts. Les racines sèches sont battues , vannées , séparées suivant la grandeur, séchées de nouveau, jusqu’à ce qu’elles se cassent facilement; elles passent ensuite au moulin, et les poudres sont séparées suivant leur qualité.
Garance française. La garance est principalement cultivée dans les environs d’Avignon (1); elle est très-riche en couleur. La culture de la garance se fait en partie par des semences et en partie par boutures. Les premières sont laissées 24 heures dans une décoction de garance à laquelle onajoute
(i') La culture de la garance a etc introduite dans le comtat d Avignon par un Persan, nomme Joliam Althen , epu avait etc fait prisonnier par les Arabes et conduit en Natolie où il apprit la culture de la garance. Annales des Arts , O’Relly , u- jS.
33o GARANCE.
un peu d’eau-de-vie , pour empêcher que le mélange ne s’échauffe. On remue 5 fois, et on verse le tout dans une vieille décoction de fumier de cheval. On remue constamment les semences pendant les 2 ou 5 jours qu’elles restent dans cette décoction , afin qu’elles ne germent pas; on laisse sécher pour qu’elles ne collent pas ensemble, et on sème.
Dans la seconde année on transplante. Alors seulement on coupe l’herbe (1). Si cette opération est faite plus tard , la croissance de la racine en souffre. Chaque fois que l’on coupe l’herbe ou que l’on recueille de la semence , on donne du pied à la plante. La troisième ou quatrième année la racine est extraite, séchée sur des claies à l’ombre, jusqu’à ce qu’en la tordant on n’aperçoive plus d’humidité. Les racines sont alors séchées dans un four (2), et ensuite battues , vannées pour séparer les impuretés et les petites racines : elles sont expédiées dans cet état ou moulues.
La racine de garance est mise dans le commerce sous le nom d’alizari ; celle qui est pulvérisée porte le nom de garance : elle est divisée en plusieurs sortes (5). La poudre obtenue la dernière est toujours la meilleure.
À Avignon on distingue la garance surfine , fine et ordinaire; en sorte 2e et 5e qualité, et bilon : le dernier provient des petits morceaux qui restent au battage.
Dans quelques endroits on appelle garance non robée la
(1) Elle sert pour la nourriture des animaux; elle rend rouge Le lait des vaches, et le beurre jaune. En Zélandeelle n’est pas utilise'e.
(2) Les racines trop fortement se'chees donnent de la garance de mauvaise qualité.
(3) D’après quelques renseignemens, on humecte la garance avant le moulage, pour augmenter la vivacité de la couleur; 100 livres avec 1 liv. d’alun onde i à 2 livrés de miel, ou 2 livres de soude dans 10 cannes d’eau, ou avec 10 cannes de vinaigre ç|e vin , et on ajoute quelquefois de la fiente de mouton ( 3 livres ),
poudre qu’on obtient par le vannage de la racine qui a passé une fois par le moulin; celle que l’on obtient de la racine qui a passé 2 fois au moulin , garance demi-robée; et celle que l’on obtient de la racine entière , garance grappée : la dernière est plus estimée. Cependant la garance demnrobée, quand elle provient de racines passées, est préférable.
O11 laisse la poudre attirer de l’humidité pendant la nuit; on la presse dans des tonneaux que l’on conserve dans des magasins humides, où la garance s’améliore avec l’âge.
En France on produit annuellement : en Alsace, pour 1,200,000 fr. ; dans le département de Vaucluse, autant; dans les départemens de l’Hérault , des Bouches-du-Rhône , pour 4,000,000 de fr. Dans l’année 1789 l’introduction a été de 790,000 fr. , l’exportation de ï52,îoo fr. Dans les 4 années qui ont précédé 1812, l’exportation annuelle était de i,955,5oo fr. , l’introduction de 284, 47^ fr* (1) : alors la Hollande faisait partie de la France.
Garance d’ Autriche et du Bannat . Celte garance ne se trouve pas dans le commerce étranger; elle est très- inférieure à celle de Hollande et d’Alsace. La Bohême produisait il y a un siècle beaucoup de garance , mais les guerres du dix-huitième siècle détruisirent cette culture.
Garance d' Angleterre . La garance était autrefois cultivée en Angleterre, elle l’est très-peu maintenant , parce que la Hollande, Smyrne , le sud de la France et les Indes orientales livrent cet article à des prix plus modérés. En 1819, la valeur de l’introduction dans l’Angleterre et l’Ecosse s’élevait à la somme de 721,712; en 1820, 206, 55 1; en 1821, 299,570; en 1822 , 584,948 : en 1820, 54,854 hvr. sterl.
Garance du Levant. De ns plusieurs parties du Levant la garance est cultivée , et expédiée, sans être moulue, sous le
(1) Chaptal ; Industrie .
33 y GARAIS CK.
nom d’alizari : le meilleur est celui de la Béotie et de la plaine de Thèbes. Il est préférable à celui d’Europe , ce qu’on attribue à l’espèce ( qui est cultivée dans le sud de la France ) , à l’âge élevé des racines , et au séchage à 1 air
libre (1).
À Trieste on estime principalement celui de Smyrne, de Chypre; moins celui de Tripoli.
Gara?ice des Indes orientales. La société française des Indes orientales introduisit en 1760 une espèce de garance sous le nom de racine de mongister, et quelques années plus tard la société anglaise des Indes orientales en introduisit une sous le nom de inajesto , dont l’usage a récemment augmente en Angleterre. On la nomme manjit ou mangeet , et se nomme chez les Indiens majoth ou manjitha; dans la langue sanscrite majishtha. On emploie aussi bien les tiges que les racines ; les premières sont même préférables , ce qui est le contraire de la garance. D’après Bancroff, la couleur sur lin et coton n’est pas aussi solide que celle de notre garance; mais sur la laineelle est plus brillante et presque aussi solide, surtout quand on emploie le mordant d’étain. On obtient une couleur qui approche beaucoup de celle que donne la cochenille , mais seulement un peu plus jaune. Cet inconvénient peut disparaître par une addition de cochenille. O11 peut alors à moins de frais teindre écarlate; la couleur est aussi solide que celle de la cochenille. En Angleterre on teint la mousseline alunée en superbe rouge avec le manjit mais à l’aide d’une addition inconnue.
Avec fer et autres sels métalliques on obtient les mêmes nuances qu’avec la garance (Bancroff).
Garances frelatées. En Hollande on frelatait très-fréquemment les garances avec de la poudre de brique, d’ardoise, du sable jaunâtre , etc. Depuis 5o à 40 ans il s’est présente
(1) Les racines ont de 5 à 6 ans.
GARDÈNE. 333
une fraude encore plus nuisible; on employait une terre ocreuse des environs de Berg-op-Zoom , que l’œil le plus exercé ne peut pas découvrir. Celte matière forme dans la teinture des taches ocreuses qu’on ne peut pas enlever.
Dans le sud de la France on mêle quelquefois à la garance de l’écorce de pin pulvérisée; ce qui aoccasioné quelques mesures de la chambre de commerce d’Avignon.
Pour découvrir la présence de l’écorce de pin on broie la garance avec du sulfate de fer efïleuri ( i/4 de son poids ), et on délaie avec de l’eau. On reconnaît déjà au précipité lent la présence de l’écorce de pin , mais encore plus à ce que la liqueur, qui avec la garance pure reste rouge ou jaunâtre , devient noirâtre. ( On peut facilement reconnaître une addition de 5 pour 100 d’écorces; ‘2 5 pour 100 rendent la liqueur entièrement noire. ) Si on ajoute alors quelques gouttes d’acide nitrique, il se forme sur la liqueur une couche noire. Pour reconnaître de l’ocre ou du bol , on humecte la garance avec de l’acide nitrique; quand toutes les parties de la garance ont pris une couleur d’or , on y verse de l’eau pure, on agite, et après quelques instans de repos on verse la liqueur ainsi que la garance, qui surnage; les parties terreuses restent au fond du vase, et leur couleur n’est pas changée. En les séchant on reconnaît facilement si elles sont formées de bol ou d’ocre jaune ou rouge.
GARDÈNE. Jasmin du Cap. ( Gardena genipa , genipa americana . ) Sud Amérique; arbre.
(i Gardénia rcuidia , genipa aculeata , raadia aculeata. ) Jamaïque.
Le fruit vert du premier, coupé et exposé à l’air , prend une teinte bleu foncé vif, et sert aux habitans du sud de l’Amérique pour teindre leur peau. La couleur ne disparaît que par le renouvellement de l'épiderme* ( Bancroff ne put la