‹ Traité complet des propriétés, de la préparation et de l'emploi des matières tinctoriales et des couleurs (volume 2)Chapitre 99 sur 124 · S SAFRAN · texte numérisé non relu

S SAFRAN

tion alcoolique un peu de soude, de potasse, ou du vinaigre, et traitant par l’eau le résidu de l’évaporation.

Le jaune de safran pur sec est rouge écarlate (obtenu par la méthode de Henri. ). Humecté , il est jaunâtre , sans odeur, faiblement amer, peu soluble dans l’eau, très-soluble dans 1 acool , les huiles grasses et volatiles , peu dans l’éther; il forme avec les alcalis et l’eau des dissolutions jaunes, dont les acides précipitent la matière colorante en flocons jaunes. Les acides végétaux le dissolvent cependant en petite quantité avec une couleur rouge foncé, ses cendres contiennent de l’oxide de fer. En le décomposant par l’oxide de cuivre , on obtient seulement de l’eau et de l’acide carbonique; ainsi il ne contient point d’azote.

Propriétés . L’eau et l’alcool dissolvent facilement la matière colorante du safran; l’éther pur, les huiles volatiles et grasses ne la dissolvent pas. L’acide sulfurique fait passer la couleur jaune au bleu, l’acide nitrique au vert; cependant ces couleurs changent bientôt, La lumière la détruit dans peu de temps; et comme elle a peu d’affinité pour les mon dans et qu elle est chère , on ne l’emploie pas en teinture. Le sel d étain et le nitrate de mercure précipitent la matière colorante avec une couleur rougeâtre; l’acétate de plomb en jaune; le sulfate de fer en brun foncé.

Usage. Le safran est, comme nous l’avons dit, employé pour épicer et colorer les mets (1) ; on l’emploie aussi pour teindre les sucreries , les liqueurs, les vernis, pour des couleurs de sucs et de peinture, dans l’ébénisterie , quoique Ton ait des matières colorantes meilleures et à meilleur marché (2).

(1) Comme e'picerie, le safran était autrefois très-employé : son usage est très-diminué ; mais dans le Levant son usage est toujours trèsrépandu : en 1821 la France a expe'die' pour plus d’un million de francs de safran en Allemagne, en Russie, etc.

(2) Pour les couleurs de peinture , on fait un extrait avec de Peau ou de l’alcool , et on évaporé à siccitc. On y ajoute un peu de gomme.

SALICAIRE. 48g

SALI CAIRE. Lîsimaque rouge. ( Lythrum salicaria , autrefois Lysymachia purpurea. )

lia décoction des feuilles a une couleur brun-foncé; si on ajoute un peu de sulfate de fer et d’alun , il se forme un précipité bleu-noir. La plante paraît alors contenir de l’acide prussique. (Leorier. )

Cette plante est très-propre pour tanner. Herz obtenait avec elle sur coton avec ammoniure de cuivre un beau vert olive ; avec sulfate de fer un joli noir. Avec nitrate de bismuth , Dembourney obtenait brun de châtaigne : la teinture perdait par un long bouillage.

S AL VI A COLORANS. La couleur des fleurs fraîches est soluble dans l’eau , qu’elle colore en rose. La teinture passe au rouge par les acides, et vire au bleu par les alcalis. Le muriate d’étain forme dans la dissolution un précipité qui, filtré et seche , a une teinte de carmin. Cette couleur est soluble dans l’alcool. (Bonastre, Annal, de la société linnéene de Paris , janv. 182G.)

SANTAL. ( Petrocarpus santalinis. ) Indes orientales, Ceylan,

Le plus viev* bois du tronc est employé en teinture (1) ; le plus jeune contient peu de matière colorante; l’intérieur en contient plus que l’extérieur.

La matière colorante de ce bois est résineuse, par conséquent très-soluble dans l’alcool, les liqueurs alcalines; peu dans 1 eau bouillante, et encore moins dans l’eau froide (2);

(0 tl parait dans le commerce en bûches fendues longues. Il est sans ) odeur. En dehors il est rouge fonce' presque noir, dans l’intérieur plus î clair : ses fibres sont droites.

(2) On l’obtient pure en traitant le bois par l’acool et évaporant la 3 teinture à siecite'. Le résidu est rouge, s’amollit par la chaleur, fond c à ioo°5 le chlore le change en une re'sine jaune qui contient de l’acide a muriatique ; l’acide nitrique , en une matière jaune amère : par un lonq d bouillage avec l’eau , cette matière devient jaunâtre , tandis que la lip queur, surtout par réflexion , devient bleuâtre.

Page 1